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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 12:09

Le 21 décembre 2011, à l'occasion du "Jour le plus court", opération destinée à mettre en valeur le format court initiée par le Centre National de la Cinématographie, mon film Sillons... a été diffusé dans une quinzaine de lieux en France. Il y a eu, parmi eux, des salles de cinéma, des bars, des médiathèques, des prisons, mais le lieu le plus incongru, ce fut Gare Montparnasse, sur des écrans géants, avec vingt autres films (dont quatre Méliès).

Comme Sillons... a d'abord été fait pour être vu en ligne (sur ce blog notamment), comme je pensais il y a un an qu'il ne toucherait qu'un public restreint, ça ne me gênait pas - ça m'amusait même - qu'il soit montré dans un cadre dont je savais pertinemment qu'il ne rendrait aucunement justice aux œuvres (des films dans une gare, allons !). Mais à ce point-là, comme vous allez pouvoir le constater, ça pose de vraies questions. Surtout quand cette projection Gare Montparnasse fut un des événements principaux mis en valeur par la communication fort bien orchestrée du "Jour le plus court" (venue du directeur du CNC, plateau radio, etc).

Non, contrairement à l'argument publicitaire déployé à l'occasion, ce n'était pas une super idée de montrer des films aux voyageurs ou à ceux qui les attendaient dans de telles conditions (dans un lieu qui n'est que de passage ; avec une luminosité tellement forte autour qu'on voyait mal ce qui figurait sur les écrans). C'était même assez triste, surtout, tous ces films qui passaient, fantomatiques, sans que personne ne les regarde...

 

 

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 08:00

 

Vous en rêviez, vous l'attendiez...

Sur 7and7is, les films aussi reçoivent des prix...

 

 

- Prix "Tête à claque" du beau film incompris : Somewhere de Sofia Coppola

- Prix "Derrick" du polar tout mou, tout chiant et tout convenu : Légitime défense de Pierre Lacan

- Mention spéciale "Nous nous sommes tant aimés" à la chute libre de Michel Gondry pour l’ensemble de son œuvre depuis Soyez sympas, rembobinez jusqu'à l'affreux The Green Hornet

- Prix de l’égo surdimensionné :  Darren Aronofsky pour son Black Swan qui n'épatera que ceux qui trouvaient qu'Alan Parker était un des meilleurs réalisateurs du monde dans les années 80 (qui ça, moi ?)

- Prix "‘tain, tu vas te la prendre dans la gueule la planète" du plan final le plus con : Lars Von Trier (Melancholia)

- Prix "Roue libre, faites gaffe à la chute" : Le gamin au vélo (Jean-Pierre et Luc Dardenne)

- Interlude et minute de silence... "on aimait tellement leur premier film, ils nous ont tant déçu" : Duncan Jones (Source Code), Bennett Miller (Le stratège) et Miranda July (The Future)

- Prix "Ça passera mieux à la télé avec une tisane et des chaussons" : La permission de minuit de Delphine Gleize

- Prix "Fox Mulder" du film Ovni : Pater d’Alain Cavalier

- Prix "Shelley Duvall" de l’interprétation borderline mal maîtrisée : Valérie Bonneton dans Propriété interdite de Hélène Angel

- Carton rouge pour abus de cabotinage : Jeff Bridges dans Tron Legacy de Joseph Kosinski et True Grit des frères Coen

- Prix "My Own Private Idaho" du film narcoleptique : Restless de Gus Van Sant

- Prix du meilleur film de Claude Chabrol depuis vingt ans : Avant l’aube de Raphaël Jacoulot

- Prix "Télérama" du film qu’il faut avoir vu et aimé, c’est comme ça : Une séparation de Asghar Farhadi

- Prix "(…)" du film qu’on n’a pas compris : The Tree of Life de Terrence Malick

- Prix "What the fuck !" du film qu’on n’a pas compris, avec des dinosaures : The Tree of Life de Terrence Malick

- Prix "Super Dupont" du meilleur film de super héros de l’année : Captain America, The First Avenger de Joe Johnston

- Prix "Révisons nos classiques avec Tonton Steven" : Super 8 de JJ Abrams

- Prix "Michel Piccoli" de l’acteur qui sauve un film : Habemus Papam de Nanni Moretti

- Prix "DCP" du film vintage : Dernière séance de Laurent Achard

- Prix "Tout ça pour ça" du film pour lequel la longue attente est à la hauteur de la déception : Tintin et le secret de la Licorne de Steven Spielberg et Tron Legacy de Joseph Kosinski

- Prix du plus beau plan d’ouverture : un très lent fondu enchaîné dans La dernière piste de Kelly Reichardt

- Prix de la scène d’ouverture la plus drôle : Bridesmaids (Mes meilleures amies) de Paul Feig

- Prix "Direct to video" du film qu’on aurait préféré ne jamais voir : The Ward de John Carpenter

- Prix "Steve McQueen" (l’acteur, pas l’Artiste !) de l’underplaying classe : Ryan Reynolds dans Drive

- Prix "Quatre saisons" de la plus belle photographie : Un amour de jeunesse de Mia Hansen Love

- Prix "Vertigo" de la meilleure scène d’action de l’année : Mission : Impossible – Protocole fantôme de Brad Bird

- Prix "Brian de Palma" de la prouesse technique qui pue l’arnaque : The Silent House de Gustavo Hernandez

- Prix "ZZ Top" de la plus belle barbe : Joaquin Phoenix dans I’m Still Here de Casey Affleck et Vincent Gallo dans Essential Killing de Jerzy Skolimowski

- Prix "Marcel Kanche" de la découverte tardive : Quatre films d'Alan Clarke édité en DVD

- Prix de la reprise qui tue : Deep End de Jerzy Skolimowski

- Prix de la réplique qui tue : "Sériously ? It’s like you’re photoshoped !" dans Crazy, Stupid Love de John Requa et Glenn Ficarra : 

 

 

 

Et sinon, en vrai, un top 2011, ça donnerait ça...

1  Somewhere de Sofia Coppola
2  The Artist de Michel Hazanavicius
3  Bridesmaids (Mes meilleures amies) de Paul Feig
4  Avant l'aube de Raphaël Jacoulot
5  L'Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
6  Tomboy de Céline Sciamma
7  Pater d'Alain Cavalier
8  Mission : Impossible – Protocole fantôme de Brad Bird
9  La fin du silence de Roland Edzard
10 Super 8 de JJ Abrams

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 15:52

Cette année, pour la musique et pour les films, 7and7is a envie de remettre des prix... Alors voilà...


- Prix "Richard Gotainer" de l’album où plus c’est nul plus c’est mieux : Katerine, Francis et ses peintres (52 reprises dans l’espace)

- Prix "Jarvis Cocker" du beautiful loser qu’on est bien content de voir désormais hype et invité dans Taratata : Baxter Dury (Happy Soup)

- Prix "Shut the fuck up, Björk" du disque qui nous réconcilie : PJ Harvey (Let England Shake)

- Prix spécial découverte "Bon sang ! Mais j’étais où depuis 25 ans !" : Marcel Kanche (Vigiles de l’aube)

- Mention spéciale "C’est pas top, là, mais on vous aime tellement" : dEUS (Keep You Close)

- Prix "On pardonne tout" du plus beau rappel : celui de dEUS au Trianon avec Sister Dew + Worst Case Scenario + Morticiachair + Suds & Soda

- Prix "Elliott Smith" du disque qu’il est fait pour moi : Mini Mansions

- Prix du meilleur disque pas pris au sérieux par les gens très sérieux : Bichon de Julien Doré

- Prix "Almanach Vermot" du titre d’album à détourner : La taille de mon âme de Daniel Darc

- Prix "Muse" du titre d’album le plus grotesque : Velociraptor (Kasabian)

- Prix du joli concept pour ses titres de chansons déclinés : Chansons ordinaires de Miossec

- Prix "Emmet Brown" de l’album qu’on ne peut décemment pas écouter en mp3 ou en CD sous peine de briser le continuum espace/temps : Gentle Spirit (Jonathan Wilson)

- Mention au disque que les vrais fans n’aiment pas mais qui nous rappelle Texas, donc c’est bien quand même, mais on a aussi honte… un peu : Joan As Police Woman (The Deep Field)

- Prix "Caliméro" de l’artiste le plus insupportablement geignard et surcôté : James Blake

- Prix du disque fade qu’on n’a pas trop compris pourquoi ça plaisait tant : Metronomy (The English Riviera)

- Prix "spécial Inrocks" de l’imposture : Wu-Lyf (Go Tell Fire to the Mountain)

- Prix "LOL j’ai trop golri" : Stupéflip (Hypnoflip Invasion)

- Prix "ad lib" du disque qu’il est bon mais qu’il est bien trop long : Anthony Joseph (Rubber Orchestras)

- Prix "Ça va pour cette fois, mais faites gaffe, les gars" : Iron and Wine (Kiss Each Other Clean)

- Prix "carton rouge" au retour qui fout la grosse honte : The Rapture (In the Grace of Your Love)

- Mention "carton jaune" au retour tout nase et qui rend triste : The Beastie Boys (Hot Sauce Committee, Part 2)

- Prix du single le plus pourri : Good Day Today (David Lynch)

- Prix de l’album qui rattrape un single pourri : Crazy Clown Time (David Lynch)

 

Et sinon, en vrai, un Top 2011, ça donnerait ça...

1  Mini Mansions – Mini Mansions
2  Baxter Dury – Happy Soup
3  PJ Harvey – Let England Shake
4  Marcel Kanche – Vigiles de l'aube
5  Jonathan Wilson – Gentle Spirit
6  Gruff Rhys – Hotel Shampoo
7  Julien Doré - Bichon
8  Daniel Darc – La taille de mon âme
9  Kasabian – Velociraptor
10 Katerine, Francis et ses peintres – 52 reprises dans l'espace

 

 

 

 

 

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 15:48

Au début, c'était un film fait comme ça, sur une impulsion, sur une idée plastique toute simple. C'était surtout destiné aux lecteurs de ce blog. Un film à voir en streaming, sur internet, rien de plus...

Apparemment, Sillons... a touché d'autres personnes. Tant mieux !

Depuis, donc, quelques diffusions en salles, une sélection en festival (au 32e festival du film court de Villeurbanne), et d'autres, espérons, à venir.

Ah oui, il y a eu ce texte aussi - une première critique en somme - dans la gazette du Festival de Villeurbanne, la semaine dernière :

 

critique

 

Et puis, comme de petites choses ont changé depuis la première version de janvier 2011 et que le générique s'est étoffé de quelques remerciements (certains habitués s'y reconnaîtront) et d'un numéro de visa, c'est une bonne raison pour le revoir...

 

 

Sinon, pour tout savoir sur Sillons... et son actualité : https://www.facebook.com/pages/Sillons/141944789196155

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 17:06

 

_IGP4264.JPGOn commence à le savoir, Les Inrockuptibles fêtent leurs 25 ans. On en a vu passer des formules. On n’est d’ailleurs toujours pas complètement convaincu par celle axée beaucoup plus sur l’actualité sociale et politique qui fut lancée il y a un peu plus d’un an, mais on n’est toujours pas résolu à se désabonner. Vraiment pas. On n’est pas de ces puristes qui ne jurent que par le mensuel d’une époque révolue.

Enfin, bref, passons : cela n’est pas, mais alors vraiment pas, le sujet du jour.

Je voulais surtout vous parler d’un disque. Un disque promotionnel comme l’hebdomadaire continue d’en proposer à peu près une fois par mois à ses abonnés (et un peu plus occasionnellement à ceux qui l’achètent en kiosque). Aujourd’hui, ces disques, je ne les écoute plus trop. Ils se succèdent plus vite que je suis capable de les assimiler. Les pochettes sont devenues moches (enfin, celle-là, ci-contre, l'était déjà, reconnaissons-le...). Je picore dedans, passe à côté de plein de trucs. Sans doute – et ce blog en est le reflet – ne suis-je plus assez curieux. C’est ainsi. Je l'assume. Il est vrai que l’esprit de 7and7is, créé en 2006, ce n’est pas vraiment le défrichage. À quoi bon ? Un de plus ? Tout le monde fait ça. Et certains le font très bien. Il y a même un Classement des blogueurs où on peut polémiquer et découvrir en s’amusant (ici), un Top des blogueurs () (ah non, le « Top des blogueurs » vient de s’auto-détruire… rires au fond de la salle…). Mais si un blog doit reproduire les chroniques standard d’albums et ne pas développer une forme et une écriture propre, très peu pour moi. Alors, ici, non, peu de découvertes. Pas d’emballement de la semaine. Pas de hype qui chasse l’autre. Passez votre chemin.


Donc, encore une fois : << (RWD) 


_IGP4266.JPGRevenons donc à ce CD. Des disques de ce genre, au milieu des années 90, étaient bien plus précieux qu’aujourd’hui. Déjà, le magazine en proposait moins souvent. Et puis les compilations des Inrocks aujourd’hui n'ont plus le même sens, la même utilité : elles servent surtout aux amateurs un peu distants, un peu dillettantes, qui ne lisent pas les blogs ou les sites musicaux. Les blogueurs, eux et leurs lecteurs assidus avec vous diront qu'ils n'ont pas besoin des Inrocks pour découvrir un nouveau truc, voire que leurs journalistes musicaux sont des suiveurs, que les journalistes professionnels sont des vendus, et patati et patata...

Il y a quinze ans, ça n’avait rien à voir. Ces compilations avaient une véritable importance. On y découvrait des groupes, des artistes, on y écoutait les tout nouveaux morceaux d’albums hyper attendus. Les dates de sortie avaient encore un sens. Il n’y avait pas de « fuites », on ne téléchargeait pas. Nous n’avions pas encore Internet. Point de nostalgie ici. Juste un constat. C’était en 1996. Ce disque s’intitulait Un automne 96. Il y a quinze ans donc. Et quand je le regarde, je me souviens très précisément comme je l’ai écouté, comme le riff introductif (celui de Fin de siècle de Noir désir) me hanta longtemps, comme la singularité du deuxième morceau (Novocaine for the Soul de Eels) me séduisit d’emblée, comme le cinquième morceau surtout (Fell Off the Floor Man de dEUS) bouleversa tout d’un coup mes hésitants repères. Cette compilation m’aura fait acheter quelques disques qui résonnèrent très fort dans mon premier studio. Elle m’aura surtout permis de découvrir un groupe qui compte aujourd’hui parmi ceux qui me sont le plus chers (dEUS donc).

Et puis, avouons, quand on regarde la sélection effectuée rétrospectivement, que ce millésime 1996 avait une sacrée gueule, que la crème s’y trouvait, que la rentrée 1996 fut – mais ça, on ne le savait pas alors – une bien belle période pour nos discothèques indie-rock-pop-choses : Noir désir, Eels, Tricky, dEUS, Jon Spencer Blues Explosion, 16 Horsepower, Cat Power, Jean-Louis Murat, Diabologum, PJ Harvey & John Parish (quand c’était bien !), Vic Chesnutt. Rien que ça sur ce CD ! Certains, certaines (JSBX, PJ Harvey, 16 Horsepower, Tricky), j’y suis venu un peu plus tard, par d’autres portes d’entrée. Ceux-là, je le confesse, je n’ai pas été le témoin de leurs débuts magnifiques. Je devais encore, légèrement attardé, écouter en boucle Queen, Springsteen, FFF et Polnareff.   

Le comble, par exemple, c'est qu'en cet automne 1996, je crois que je suis passé complètement à côté du morceau de Jon Spencer que me proposaient les Inrocks. Celui de dEUS fut à l'inverse une déflagration, une révélation esthétique, mais je ne connaissais ni leur premier album ni Suds & Soda. Il faudrait attendre la sortie de In a Bar Under the Sea, en cette rentrée 96, pour que je m’y penche et que j’y tombe la tête la première. Un peu à la même période, grâce à une autre compilation des Inrocks, je découvrirai Elliott Smith et l’album XO. Et je crois, mais je me trompe peut-être, que le Non, non, non de Miossec, c’est aussi grâce à un de ces disques que je l’ai entendu pour la première fois.

La nostalgie encore ? Non, pas vraiment. Juste le sentiment qu’un disque ne peut plus aujourd’hui me marquer comme celui-ci a réussi à le faire. Question de contexte, question d'époque. En fait, je suis bien content d’être un vieux con, que 7and7is soit un peu comme « le blog RFM de l’indie rock » (c’est Mario Cavallero Jr qui m’a, assez justement, sorti ça samedi soir). Je suis bien content d’être passé par là, d'être né il y a trop longtemps, de pouvoir vous parler de ce CD, d’associer un morceau de Noir désir, un morceau de dEUS et un morceau de Diabologum à ce disque très précis et que tous trois soient, pour moi, pour toujours, issus du même moment, d’une même expérience. Pour remonter plus loin, je suis bien content d’avoir connu mes premiers chocs musicaux grâce au walkman ou grâce au Top 50 des années 80. Un peu plus tard, j’empruntais des vinyles à la médiathèque (l’une des premières, à Paris, à se doter d’un tel rayon) pour les copier sur cassettes (un par face, généralement). Les CD, ce serait pour plus tard, bien plus tard...

Voilà, parmi les milliers de morceaux et les centaines d'albums écoutés avant, écoutés depuis, ce disque, cette vulgaire compilation, surnage. C'est une borne, une balise.

Et sinon, on écoute quoi en novembre 2011 ?

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 11:54

P241011_22.39.jpgCe soir, ça doit être la huitième fois que je vois dEUS en concert. Le groupe anversois a moins la côte aujourd'hui, ses disques n'étonnent plus comme avant, mais, au moins, sur scène, il demeure une valeur sûre. Sur le fond, les disques se suivent, se ressemblent (un peu) et s’assemblent (sans peine), mais force est de constater que le dernier très bon album de dEUS, Pocket Revolution, date maintenant d’une grosse poignée d’années. Les deux qui ont suivi, dont le récent Keep You Close, n'ont pas déçu mais n’ont pas enthousiasmé non plus. Il y a sur Vantage Point et sur son successeur un truc en moins, c’est certain. Leur volontarisme pop et leur désir d’accessibilité (surtout Vantage Point, assurément le moins bon de toute la discographie) ménagent moins de place aux expérimentations et à la folie contrôlée des albums précédents. Peut-être devra-t-il en aller ainsi désormais de leurs concerts, les setlists mélangeant (souvent très harmonieusement) nouveautés et classiques dont on espère à chaque fois que ce ne seront pas les mêmes ; sans pourtant pouvoir imaginer un concert de dEUS sans Instant Street, sans Fell Off the Floor, Man, sans Theme From Turnpike, sans Suds & Soda.

Ce soir, contrairement au concert du Bataclan il y a deux ans, pas question de s’asseoir, cela avait été trop frustrant : un concert de dEUS requiert toute notre mobilité. Ici, au Trianon, salle à la jauge et à l'élégance idéales pour le quintet, tout se passe pour le mieux. Plaisante première partie (leurs compatriotes du groupe Balthazar, inconnus jusqu’alors et très bien accueillis), puis dEUS qui déroule. Sans génie mais sans ennui. Certes la pression retombe sur certains nouveaux morceaux, certes la coda de Instant Street est ce soir complètement foirée, certes la voix de Tom Barman s'avère un peu fatiguée. Mais, comme on s’en doutait, à l’écoute de Keep You Close, un morceau comme Dark Sets In se révèle sans ambigüité taillé pour le live et un If You Don’t Get What You Want explosif réussit instantanément à anéantir mes quelques réserves et à pomper une bonne part de mon énergie. Soyons clairs : sur l’échelle dEUS, un concert moyen demeure un très bon concert.

Mais c’est au rappel que Barman et son gang nous assènent le coup de grâce. On était - mu par une vilaine curiosité - allé voir les setlists des concerts de ces derniers jours et on avait constaté, un peu déçu, que le groupe ne jouait plus certains classiques cités ci-dessus (Fell Off the Floor, Man, Theme From Turnpike, ce genre). Vers 22h30, hier soir, ils ne les jouèrent pas non plus, mais ils firent beaucoup mieux, le genre de truc dont un fan de la première heure n’aurait osé rêvé comme cadeau… Après un Sister Dew apaisant échappé de The Ideal Crash (finalement leur meilleur album d’après moi), c’est aux sommets de son tout premier disque que le groupe se confronte dans un flashback me ramenant en 1996 ou en 1997, je ne sais plus, la première fois que je les vis, à quelques dizaines de mètres de ce Trianon pas encore rénové, à la Cigale. Pas seulement Suds & Soda, donc, dernier titre attendu (et pourtant peu joué ces dernier mois), mais d’abord Worst Case Scenario, puis, divine surprise, Morticiachair où le guitariste Mauro Pawlowski (que je préférais quand même barbu) assure on ne peut mieux en doublure voix de Stef Kamil Carlens (co-architecte en chef, rappelons-le, des deux premiers chef-d'œuvres et parti, on le sait, après l'album In a Bar, Under the Sea). Finir ainsi sur trois titres d’un disque datant de 1994, c’était plus qu’inattendu. C’était sublime et inespéré, le meilleur des scénarios, et ça rattrapait très largement les petits coups de mou d’une setlist convenable mais plus convenue. De ce quart d'heure-là, je ne suis toujours pas revenu...

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 11:32

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 14:31

 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 16:19

 

Capture-d-ecran-2011-09-20-a-16.15.06.pngHasard et cruauté des listes de lecture iTunes.

Journée de boulot : rédaction d’un bilan quelconque.

Besoin de s’isoler. Casque vissé sur les oreilles, je me passe en boucle Keep You Close, le nouveau disque de dEUS.

Je veux m’en imprégner. J’ai envie de l’aimer. Je l’aime.

Mais quand s’achève l’outro de Easy, le dernier morceau, ce sont les larsens introductifs de Put the Freaks Up Front, le tout premier titre de l'album de 1999, The Ideal Crash, qui cinglent mes oreilles, qui, bouleversant la chronologie, prennent avantageusement le relais.

L'événement s'est reproduit trois fois depuis ce matin. C'est à chaque fois très douloureux. Parce que j'aime dEUS. Et parce que je ne veux pas mesurer cela.

Quelques secondes, rien du tout, stridences délectables, qui ouvrent un gouffre. Celui qui sépare Keep You Close du chef-d’œuvre d’un groupe qui faute d’être à nouveau génial n’est plus que très bon…

 

http://www.deus.be/home/

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 20:00

 

image.jpgQuelques réflexions minutées sur The Clock, œuvre vidéo de 24 heures, de Christian Marclay, présentée au Centre Pompidou entre le 3 et le 5 septembre 2011

 

Présentation de The Clock

 

 

 

 

 

 

-       Le sentiment, en tant que spectateur, de vivre une expérience rare, unique et singulière. La dernière fois, ça devait être Inland Empire de David Lynch, mais c’était encore un film… D’ailleurs, pendant le visionnage de The Clock, le film qu’on a vu juste avant à la Cinémathèque – Ten de Blake Edwards, très bon au demeurant – s’efface : ce n’est qu’un film après tout, lui, fait d’un début et d’une fin. Voir The Clock, c’est autre chose, c’est casser les cadres, réapprendre ce qu’est, pour le spectateur, la liberté totale.

-       La liberté. Celle, déjà, de partir quand on veut. Celle, surtout, d’octroyer à l’œuvre la durée que l’on souhaite. Bien sûr que The Clock a une durée (24 heures), mais qui l’a visionné entièrement ? Ce n’est ni un court métrage ni un long métrage, ça dépasse ces bêtes catégories. Pourtant, c’est assurément du Cinéma. De tous ceux qui ont vu The Clock, seuls ceux qui sont venus ensemble en groupe, en couple, qui sont arrivés et repartis au même moment ont vu la même chose. On peut en parler aujourd’hui, lundi, avec des amis qui y sont allés ce  week end, mais on n’a pas vu les mêmes choses, on n’est pas resté tous aussi longtemps. À chacun, son expérience singulière d'une œuvre qui ne peut s'englober d'un coup.

-       Aussi était-il sans aucun doute important de voir The Clock seul. Sans pression pour partir, pour rester, sans l’idée d’un rendez-vous, d’un repas, d’une fête, derrière. Partir quand on veut. Rester deux heures, trois heures, quatre heure. Revenir dans le cœur de la nuit ou au petit matin. Expérience fascinante et jamais lassante.

-       Car The Clock est une hypnose. C’est "le" film immersif avec lequel la 3D ne peut rivaliser. D’ailleurs, il y avait très peu de va-et-vient dans la galerie. Les gens viennent pour longtemps, s’installent. Le mieux, peut-être, c’était de s’allonger par terre, totalement à l’aise, porté par le cours du temps, par le flux des images. S’allonger, se déplier, s’étirer, repartir pour un tour de cadran.

-       On pouvait fermer les yeux. La bande son fait le lien, superpose le son de telle scène au déroulement de telle autre. Elle évite les brusques cassures, elle reconstruit une linéarité que les images contredisent. Pourtant, les raccords dans le mouvement sont là pour donner l’illusion de la linéarité, les champs/contrechamps et le simple jeu du montage créent des liens forts et inattendus entre les films, les genres et les époques. Christian Marclay, sur cela, n’a rien inventé. Le cinéaste expérimental Mathias Muller faisait déjà ça il y a près de vingt ans. Mais la synchronisation du film avec le temps réel, le gigantisme maniaque du projet, tout cela en fait une œuvre unique, quintessence du cinéma mash-up.

-       La beauté de The Clock est là, aussi. Dans le mélange permanent qui fait s’entrechoquer les cinématographies et les genres les plus hétérogènes, sans souci du bon goût cinéphile, avec le simple et pur plaisir du jeu.

-       En voyant The Clock, je me suis rendu compte aussi que c’était la première fois que je fixais une horloge plus de trois heures durant…

-       Je n’ai regardé l'heure sur mon téléphone que deux fois : histoire de le faire, ce geste idiot et inutile, histoire de se raccorder au réel, juste pour vérifier.

-       Et puis la machine s’enraye parfois. Soudain, une horloge n’est pas à l’heure. Ça dure quelques secondes. Et un personnage apparaît qui tourne les aiguilles et rétablit le cours du temps. Ce fut le cas vers 23 heures. En début d'après-midi aussi, apparemment. Un autre film, les mêmes gestes. C'est un peu le principe de The Clock d'ailleurs.

-       Le temps malmené justement. Pendant le visionnage, on a encore plus apprécié les incursions d’images de films qui en faisaient leur sujet direct. Des boucles, des voyages dans le temps, des flashbacks, des flash-forwards. Vertige de la mise en abyme, donc, quand on reconnaît Un jour sans fin, Retour vers le futur, Quelque part dans le temps, C’était demain ou Terminator

-       Un regret quand même : ne pas savoir par quelles images (de 11h et de 10h59 du matin commence et finit The Clock...

 

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    Je sais, on ne se parlait plus trop ces derniers temps. Mais hier soir, il faut que je vous dise, je suis retourné à un concert. Un concert sans interruption, sans balles qui claquent et sans odeur de poudre. Et si mes oreilles ont sifflé encore un peu...
  • Les clips en plan-séquence
    A la demande d'Upopi, portail pédagogique de Ciclic (livre, image et culture numérique en région Centre), j'ai écrit et monté un sujet autour du plan-séquence dans le clip. Où les lecteurs habitués de 7and7is retrouveront certaines idées développées par...