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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:34

frankenweenie-tim-burton 4dtyd 1ts0j8La sortie en DVD et Blu-ray du réjouissant Frankenweenie de Tim Burton le 1er mars nous donne l’occasion de revenir à la fois sur ce long métrage et sur le court (opportunément proposé en bonus) qui l’a inspiré. L’occasion aussi, pour nous, de nous réconcilier – un temps, du moins – avec un cinéaste que l’on avait tant aimé… il y a trop longtemps…

 

 

On fait partie de ceux (à quarante ans, ce n’est pas très original) dont la cinéphilie s’est affirmée avec les premiers films de Tim Burton, de ceux aussi qui, depuis quinze ans (depuis Sleepy Hollow, précisément), déplorent la pente inexorable sur laquelle s’est engagé son cinéma. On peut ainsi avoir été durablement marqué par Edward aux mains d’argent, par les deux Batman, par Ed Wood ou par Mars Attacks ! et ne pas aimer ce que Tim Burton est devenu : une marque, un logo, le pourvoyeur d’un “univers” en kit, copié, vampirisé, singé et dénué désormais de tout ce qui, de 1982 à 1996, fit son charme et son indéniable originalité.


Pourtant, ces deux dernières années, les choses parurent commencer à changer. Il y eut cette exposition qui fit escale l’an dernier à la Cinémathèque française et qui révéla, dans les creux des films (devenus comme accessoires), l’activité créatrice forcenée (maladive ?) d’un cinéaste/dessinateur qu’on commençait à tort à ne plus imaginer qu’en cynique entrepreneur de son propre imaginaire. Expo au succès fantastique qui, à Paris du moins, mit aussi en lumière le statut absolument inédit de Burton pour un cinéaste : celui d’une véritable rock-star, adulée, attendue, vénérée, provoquant file d’attente monstrueuse et mini-émeute pour une séance de dédicaces. Chose absolument incompréhensible, anachronique, quand on prend conscience que la plupart des fans actuels de Burton n’étaient même pas nés lorsque sortit Beetlejuice, mais chose plutôt rassurante en ce qu’elle confirme que ses œuvres les plus belles perdurent dans le temps. Incompréhension, surtout, car on n’imagine pas que l’on puisse tomber amoureux du cinéma de Tim Burton après avoir vu, mettons, Charlie et la chocolaterie, Les noces funèbres ou Alice au pays des merveilles. Mais qui sait...


Et puis il y eut Dark Shadows en mai 2012 et l’espoir fou, quand on en découvrit la bande-annonce, de voir le cinéaste renouer avec la verve bouffonne et goguenarde de ses deux premiers longs métrages (Pee Wee Big Adventure et Beetlejuice). On déchanta vite, malgré le retour de Michelle Pfeiffer (sa Catwoman, notre Selina Kyles) devant son objectif. La faute à un scénario paresseux et prévisible, la faute à un gâchis de seconds rôles sous-écrits. Pourtant, si Dark Shadows était décevant, on préférait mille fois voir Burton et Johnny Depp (plutôt sobre cette fois-ci) lorgner de ce côté-là du fantastique plutôt que les voir s’aventurer, sous contrat, “de l’autre côté du miroir” (Alice au pays des merveilles, 2010). D’autant plus que, dans la foulée, le cinéaste peaufinait la version longue d’un court métrage qu’il réalisa, pour Disney, en 1984, Frankenweenie donc. Son deuxième chef-d’œuvre, rien de moins, après le bref mais si sublime Vincent (ici). Quelque chose se tramait, semblait-il. Et quitte à recycler, perçait l’envie de revenir aux bases, aux vraies. Si la perspective de refaire en animation en volumes (et en 3D) un film en prises de vues réelles nous laissait quand même circonspect, le casting de voix annoncé – de Winona Ryder à Martin Landau, en passant par Martin Short et Catherine O’Hara – confirmait à quel point, au-delà du projet-même d’un remake pressenti inutile, le cinéaste entendait renouer avec des comédiens associés à la période la plus enthousiasmante de sa carrière.


frankenweenie_2012-2.jpgDe fait, Frankenweenie 2012, c’est du Burton tout craché (comme presque toujours, donc), mais avec, enfin, quelque chose en plus, qu’on croyait perdu à jamais : la croyance, la grâce, le plaisir. Et au rayon habituel des références attendues, le bonheur d’en jouer plutôt que d’illustrer une énième fois son petit livre d’images gothiques avec application. En cela, Frankenweenie 2012 est un film affolant de santé, de vivacité, d’humour et d’invention visuelle quand le délétère Sleepy Hollow ressemblait, il y a quinze ans déjà, à une collection de fétiches, de figures, de masques et de scènes à faire. Confronter les sentiments ressentis à la vision des deux films, ce serait un peu, pour résumer, comme comparer la visite d’une fête foraine à celle d’un musée de cire. Cela peut sembler paradoxal quand l’enjeu de départ de Frankenweenie est la réanimation d’un corps mort (rappelons que les deux Frankenweenie sont des variations sur les Frankenstein de James Whale) mais, non content de donner vie à ses pantins par le truchement de l’animation image par image, Frankenweenie 2012 met aussi en abime une carrière inégale et redonne littéralement vie au cinéma sclérosé de Tim Burton. Il fallait donc en passer par là, par le retour à une histoire imaginée trente ans plus tôt et qui lui valut – pour le meilleur – d’être renvoyé de Disney ; ce studio qui a pourtant, mesurant ses erreurs passées, produit ses derniers films...


Si on ne voyait pas vraiment, a priori, en quoi le Frankenweenie de 1984 pouvait être amélioré, on redoutait surtout que le passage du temps et le recours à l’animation édulcorent le propos d’un court métrage trempant habilement dans la noirceur et l’expressionnisme la douce ambiance banlieusarde des mémorables productions Amblin de l’époque (E.T., Gremlins, Les Goonies, etc.). Il n’en est rien, heureusement, Burton réussissant même, après une première partie relativement fidèle à l’original, à justifier, sans le moindre effort et le plus naturellement du monde, son choix de l’animation. C’est le dernier mouvement du film, sa gigantesque foire au monstres, qui permet au Frankenweenie de 2012 d’exister à côté de celui de 1984, d’avoir sa propre nécessité. Loin de s’annuler, les deux films se complètent. Et si l’on peut écrire que (presque) tout Burton figurait déjà dans le court métrage (du voisinage inquisiteur au rejet du monstre qui ne veut qu’être aimé en passant par l’imagerie gothique), ce nouveau long, s’il n’apporte rien de fondamentalement neuf, n’enlève rien à l’œuvre du cinéaste. Cela faisait bien longtemps que ce n’était pas arrivé. Après tant de films en roue libre, le Burton de Frankenweenie paraît raccord avec celui, affable et souriant, qui décernait une Palme d’or inattendue à Oncle Boonmee en 2010. Pour un temps, pour un film, pour une fois, le cinéaste semble avoir su composer avec sa réputation encombrante, avec son univers devenu étouffant, avec ce qu’on attend de lui et ce que lui a envie de faire.


Reste que cela n’est peut-être qu’illusion, tant, à une telle échelle, on ne sait, pour un film d’animation ainsi manufacturé, où se situe le cinéaste, le directeur d’acteurs, ce qu’il y fait vraiment, ce qu’on lui doit. C’est là, sans doute, la vraie différence entre les deux versions de Frankenweenie. En 1984, c’était le film d’un jeune réalisateur ayant tout à prouver, en 2012, celui d’un cinéaste rentier qui ne veut plus décevoir. Après tout, on s’en fiche, on a envie d’y croire, de voir le cinéaste ressuscité là où peut-être il n’est plus. Et d’attendre à nouveau, tout de même, de bons films de sa part.

 

Stéphane Kahn

 

Tim Burton, Frankenweenie, Disney DVD, disponible en Blu-ray 3D, Blu-ray et DVD à partir du 1er mars.

 

 

 

Texte initialement publié sur le site de Bref, le magazine du court métrage : http://brefmagazine.com/

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 21:25

Des blagues embarrassantes (sur la ministre, qu'on l'aime ou pas), une année de trop pour le maître de cérémonie (qu'on appréciait jadis), une vaste blague de trois heures où des comiques télé et des comédiens de stand up "jouent au cinéma", se donnent l'illusion d'en faire partie (du Cinéma) et contraignent les vrais comédiens (qu'on les aime ou pas) à s'abaisser, à jouer eux aussi des sketches qu'ils n'ont même pas écrits (Isabelle Carré, Lambert Wilson...).
Logique télévisuelle, inversion totale des valeurs, où le Cinéma est bouffé, vampirisé, tout le temps absent (comme, physiquement et assez significativement, Carax ou Haneke), où même les plutôt "bons films de cinéma pour la télé" (désignons là les films dignement "populaires" comme Cloclo ou Populaire) sont rejetés au profit d'un énième vaudeville qui avait, lui, bien sa place dans ce théâtre de faux-semblants du Châtelet. Et surtout, la morgue et le mépris affichés par les organisateurs quand un technicien (un gueux, donc, à leurs yeux) tente de faire entendre des préoccupations professionnelles ; préoccupations singulièrement absentes, tues ou auxquelles on fait allusion au fil de blagues sous contrôle (sur Maraval, sur Depardieu).
Cela quand toute l'équipe d'un cinéma municipal réputé et exemplaire (le Méliès à Montreuil) est en grève depuis un mois, quand un fonds d'aide régional (en Franche-Comté) est brutalement supprimé (celui qui soutint Louise Wimmer, César du premier long métrage, dont le réalisateur aurait pu profiter de sa tribune pour rappeler cette décision alarmante), quand une convention collective menace la diversité culturelle et tout un pan de la production (les films indépendants à petit budget, ceux que l'on ne voit pas ou peu aux César).
Et puis une "remettante" qui assène bêtement, sans sourciller, qu'"on fait des courts pour faire des longs". Et puis une "standing ovation" obscène car télécommandée (parce que l'actrice est octogénaire). Et puis soudain un peu d'amour du Cinéma qui se glisse dans les propos très pros mais apparemment humbles et sincères d'un acteur hollywoodien un peu has been mais toujours aussi attachant. Ils ont Costner, on a Debbouze, ça résume pas mal, non ? D'ailleurs, De Caunes et Hazanavicius ont loué "la classe" de l'acteur, comme si sa simple présence - opportune : il tournait en France - renvoyait, par opposition, à ce cinéma français en pathétique représentation hier soir un reflet bien cruel...


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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 14:51

Parti pour prendre des photos (cf billet du 31 décembre 2012), on a aussi filmé un peu. Sans rien préparer encore une fois.

Trois moments, trois plans fixes, trois extraits de morceaux différents assemblés ici pour donner une idée de ce que dégage Thirteen Lines sur scène.


Samedi 26 janvier, Thirteen Lines rejoue à Paris, à la Scène Bastille (voir ici)

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 12:19

Texte initialement publié sur le site de Bref, le magazine du court métrage

 

 

chapo_ppQuand on insère le DVD dans le lecteur, on a un peu peur. Peur que la beauté du film s’estompe du fait de le revoir. Peur que l’image du téléviseur altère la rêverie où nous plongea sa découverte en salle. Peur surtout que Holy Motors ne soit pas à la hauteur des émotions fulgurantes qui rythmèrent sa projection en mai, dans la Salle du Soixantième anniversaire, à Cannes, alors que l’on ne savait rien du film, alors que l’on ne faisait même pas partie des thuriféraires de Leos Carax. On redoutait de revoir Holy Motors, donc, car le prodige du film, son emprise sur nous – deux heures durant et plusieurs mois depuis – tint beaucoup à cela : au fait d’être constamment surpris, trimballé, de ne jamais savoir où le cinéaste nous emmènerait, en quoi, au détour du plan suivant, de la prochaine séquence, le film se transformerait. Il ne cessait de se déplier, rien ne pouvait le circonscrire, aucune théorie, aucun a priori. Le film était fou, inégal, baroque, et cela nous subjugua. Sans s’y attendre, on était – comme le chantait Gérard Manset dans une autre chanson que celle qu’utilisa Carax – « entré dans le rêve » dès les premières minutes ; et un cinéaste avait réussi le miracle – rare – de réenchanter littéralement notre regard de spectateur. Et le Cinéma peut-être, avec.
Pour nous, Holy Motors tenait de la plongée dans le vide, de l’expérience inédite, de celles que l’on a comptées ces dernières années sur les doigts d’une main (Tropical Malady, Gerry, Mulholland Drive, Inland Empire). Depuis, on a beaucoup écrit sur Holy Motors. Perdait-il de sa beauté, de son mystère, au fil des mots s’égrainant sur son compte ? Je ne sais pas. Probablement, oui. Je sais surtout que l’expérience éprouvée ce soir de mai fut unique, parente quand même de l’ébahissement qui me saisit quand Inland Empire m’égara dans une salle immense et désertée ou de la fascination de découvrir Gerry à Locarno, en 2002, bien avant qu’un distributeur règle les problèmes de droits qui, longtemps, bloquèrent la sortie du film.
Alors revenir sur le film, encore ? Oui, pourquoi pas. Pour éprouver cette émotion, pour voir ce qu’il en subsiste, pour mesurer surtout en quoi le film tient, en quoi son inachèvement, son opportunisme aussi désespéré que jusqu’au-boutiste le rendent toujours aussi beau. .

Holy Motors n’est pas un chef-d’œuvre, loin de là. Holy Motors est un accident. Un film fait « contre », en dépit de tout, à l’arrachée, « faute de mieux » peut-être. « Faute de mieux » sans doute (1). Un objet hybride indirectement nourri de mille projets avortés. Sa splendeur vient de là, dans cette chair qui y palpite, dans le désir désespéré qui l’habite, dans l’échec qu’il transcende : celui d’un cinéaste n’ayant pas tourné – ou si peu – depuis douze ans. Et obligé, en conséquence, d’envisager chaque film – il le dit lui-même – à la fois « comme le premier et comme le dernier ».
Faut-il vraiment en passer par là, par la biographie, pour aimer le film ? Holy Motors, dès ses premiers plans – où, littéralement, Carax lui-même se réveille dans une chambre d’hôtel jouxtant une salle de cinéma remplie de spectateurs hagards (nous ?) peut-être morts de l’attendre depuis trop longtemps – nous y invite sans ambiguïté. Le film procède par fragments, par éclats, par trouées, traversé par les mille vies de Monsieur Oscar. C’est surtout un film de désirs, de trop-pleins, où le cinéaste semble enfourner tout ce qui le travaille, tout ce qui plastiquement le stimule. Il y aura Marey et Lon Chaney. De la science-fiction et de l’accordéon. Manset et la Samaritaine. Des limousines et puis du spleen. Piccoli et aussi Kylie. Et puisqu’il faut bien faire tenir le tout ensemble, autant s’appuyer sur un fidèle (Denis Lavant) et bricoler autour des images et des séquences disparates une trame ostensiblement artificielle où se mêlent le vrai, le faux, la vérité et le mensonge, les frères Lumière et Méliès. C’est tout le mystère du Cinéma et des puissances de l’incarnation à l’écran – tout le sujet d’un film fait de rôles à jouer, d’identités doubles et de faux-semblants – que cela fonctionne et qu’au-delà du bricolage et des opportunités enfin saisies par un cinéaste qui ne peut plus tergiverser, la Grâce advienne et troue la toile de l’écran. (2)
Même si Carax s’y cite souvent et même si certaines figures, certains plans font écho aux quatre films qui précédèrent, Holy Motors – faux film à sketches – ne ressemble en rien aux autres longs métrages du cinéaste. Il n’est pas, loin de là, une compilation et il n’est pas à souhaiter non plus que son film suivant lui ressemble. Holy Motors est le film d’un moment. La somme de plusieurs rencontres (Kylie Minogue, Eva Mendes), de quelques dettes (filmer Edith Scob, coupée dans Les amants du Pont-Neuf), d’opportunités ratées (le projet Merde in USA) et sans doute aussi, il faut l’écrire, d’envies mal dégrossies. Avant tout – du moins la voit-on ainsi – une œuvre arrachée à la torpeur et à l’isolement. Et c’est cela, cela seul, qui la rend à nos yeux si bouleversante.

Stéphane Kahn

 

 

Holy Motors, DVD Potemkine, 19,99 euros, 22,99 en Blu-Ray.

 

 

(1) Dans les bonus du DVD, lors d’une rencontre filmée au Festival de Locarno, Leos Carax exprime en effet – sans pour autant verser dans un discours rétrograde – sa défiance pour le numérique, son peu de goût pour les petites caméras et son regret que l’image, avec de nouvelles techniques mal maîtrisées, soit soumise à l’aléatoire…
(2) Holy Motors invente sa propre logique et c’est là le plus beau. Qu’importe alors que Kay-M (Eva Mendes) soit aussi, comme Oscar, une comédienne passant d’une vie à l’autre (ce que nous révèle une scène coupée), qu’un mort se relève à la fin d’une séquence d’agonie, qu’un « entracte » injustifié déboule pour le simple plaisir d’une jubilatoire séquence musicale, que Denis Lavant, au beau milieu du film, se retrouve – vertige sublime – face à sa toute première incarnation (le banquier à la terrasse du Fouquet’s : comme si les personnages, entr’aperçus jusqu’alors au gré des métamorphoses filmées par Carax, prenaient vie, s’affranchissaient de celui qui les incarnait, qui les a créés), qu’importe aussi que le personnage joué par Kylie Minogue soit double (Eva/Jean), tout communique, tout fait sens, rien n’est sérieux, tout est très sérieux…


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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 15:07

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En août 2006, quand j'ai créé ce blog, c'était d'abord pour y mettre en ligne des photos prises durant des concerts, des photos que j'aimais bien. Puis, très vite, 7and7is est devenu toute autre chose. Samedi soir, lors d'un concert de Thirteen Lines au Bus Palladium, j'ai refait des photos. Si j'écris moins ces temps-ci, les voici pourtant à leur place en ses pages. Comme un retour aux sources de ce blog d'abord fait d'images.

 

 

 

http://www.myspace.com/thirteenlines

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:51

En 2012, on a vu des films...

 

1) Holy Motors de Léos Carax

2) 4h44, dernier jour sur Terre de Abel Ferrara

3) Un monde sans femmes de Guillaume Brac

4) Go Go Tales de Abel Ferrara

5) Moonrise Kingdom de Wes Anderson

6) Frankenweenie de Tim Burton

7) Take Shelter de Jeff Nichols

8) The We and the I de Michel Gondry

9) Le marin masqué de Sophie Letourneur

10) Ted de Seth MacFarlane

 

 

En 2012, on a écouté des disques...

 

1) Vers les lueurs (Dominique A)

2) Wrecking Ball (Bruce Springsteen)

3) Maraqopa (Damien Jurado)

4) Le vrai, le faux (Jérôme Minière)

5) Locked Down (Dr John)

6) Let Go (Revolver)

7) Rover (Rover)

8) Allelujah ! Don’t Bend ! Ascend ! (Godspeed You ! Black Emperor)

9) Here Comes the Bombs (Gaz Coombes)

10) Django Django (Django Django)

 

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:04

2012-11-28-08.15.33.jpg« Coqui’ette, la mauviette ! Coqui’ette, la mauviette ! », réclame-t-elle à nouveau en désignant l’étagère hors de sa portée, celle où sont posés les CD aux dimensions hors normes, les coffrets Nuggets, les boitiers Deluxe, les éditions Collector, ce genre de choses…

Au départ, je savais bien que je le lui ferais écouter, mais je la pensais pour l’instant trop petite. Et puis j’avoue, oui, je l’avais surtout acheté pour moi (pour elle et pour son frère plus tard aussi bien sûr) ce livre-disque signé Florent Marchet et Arnaud Cathrine. J’aimais tant les disques de l’un et les livres de l’autre que ce deuxième projet signé à deux – après Frère animal (sombre récit de crise décliné sous forme de disque, de livre et de spectacle) et quelques chansons somptueuses sur l'album Rio Baril – je l’attendais avec impatience ; depuis qu’il avait été annoncé sur la page Facebook du chanteur il y a quelques mois déjà.

Etre par deux fois père y était sûrement pour beaucoup aussi, avec, sans doute, le contentement anticipé de pouvoir partager bientôt avec mon aînée le goût qui était le mien pour les mélodies et les arrangements de Florent Marchet, un peu moins sans doute – ou alors bien, bien plus tard, souhaitons-le – pour l’acidité de ses textes…

La première fois, c’était un samedi, il y a deux semaines. Il a suffi de l’écouter une fois ensemble, elle assise sur mes genoux, moi doublant doucement la voix de la narratrice, pour qu’à deux ans et des poussières Lola fasse de Malo, ce garçon au dos duquel pousse une mystérieuse coquille, un de ses nouveaux héros. Au début, ce furent surtout les illustrations d’Aurélie Guillerey (dont il faut souligner comme elles sont la charpente de l’œuvre pour l’œil d’un enfant) qu’elle commenta avec allégresse, qui provoquèrent des réactions ponctuelles, pas toujours reliées à l’intrigue générale d’ailleurs. Et les chansons qui s’intercalaient dans la narration prise en charge par Julie Depardieu, elles avaient même, au début, provoqué quelques récriminations. « Non, pas ça ! ». Pourtant, sitôt le court disque terminé, il fallut le remettre, le réécouter, et au fil des passages, de jour en jour, les chansons aussi s’installèrent.

« Coqui’ette, la mauviette ! Coqui’ette, la mauviette ! », réclame-t-elle à nouveau en sautillant sur place.

Désormais, même, elle peut esquisser quelques déhanchements quand les chansons se déclenchent. Elles ne la dérangèrent finalement qu’à la toute première écoute, peu habituée qu’elle était à ce que, sa mère ou moi, on se mette à chanter au beau milieu d’une lecture. Moi, à l’inverse, à chaque fois désormais, je les attends, avec presque – oui, c’est injuste – l’envie de zapper l’histoire. Car, chantées par Jeanne Cherhal, par Mathieu Boogaerts, par Valérie Leulliot ou par les deux auteurs, elles s’inscrivent musicalement dans la lignée parfaite de trois albums studio ô combien précieux.

Alors, oui, c’est agréable de penser que Lola écoute aussi Florent Marchet. Et on ne peut que se réjouir du fait que la manne actuelle des disques pour enfants produise parfois de bien belles réussites pop. Loin de Steve Waring ou de Henri Dès, chanteurs d’enfances à qui on conserve toutefois toute notre affection de déjà-presque-plus-trentenaire…

 

 

Coquillette la mauviette, un livre-disque de Florent Marchet, Arnaud Cathrine et Aurélie Guillerey (Actes Sud Junior)

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 22:29

C'était le 16 juin. A la Miroiterie. On n'avait rien préparé. Je ne connaissais pas le lieu. Eux, je les avais vus jouer juste une fois, en janvier, à la Scène Bastille, et j'avais été soufflé par la puissance se dégageant de leurs morceaux, par leur présence. Je ne connaissais que le bassiste, un ami de longue date. Les compétences extérieures et les bonnes volontés étaient, m'avait-il dit alors, les bienvenues. Et l'envie de filmer des musiciens me titillait de plus en plus. Le 16 juin, donc, après quelques rendez-vous manqués, j'allais les filmer. Juste comme ça, pour essayer...

 

 

 

 

Les quatre premiers morceaux de Thirteen Lines sont en écoute ici : http://soundcloud.com/thirteenlines

 

Prochain concert le 26 janvier 2013 à la Scène Bastille.

http://www.myspace.com/thirteenlines

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:23

 

La sensation fut grisante. Reprendre cette ligne de métro ignorée le reste de l’année, retrouver son terminus. Sortir, précéder ces festivaliers qui avaient moitié moins que mon âge, marcher jusqu’au pont, traverser la Seine, descendre les marches, rentrer dans le court tunnel, refuser les flyers, choisir la file d’entrée (billet 1 jour cette fois, et non forfait 3 jours comme souvent, par le passé). Je ne l’avais plus fait depuis trois ans. En 2010, quelques jours avant Rock en Seine, ma fille venait de naître. En 2011, la programmation ne valait vraiment pas le coup (lire ici). Et moi qui y allais tous les ans depuis la première édition, cela faisait deux ans que je séchais Rock en Seine. Le lieu m’avait manqué. Les souvenirs de concerts exceptionnels vus là-bas me faisaient patienter.

Il faut redire comme le Parc de Saint-Cloud offre un cadre idéal à ce dernier grand festival de la saison, comme, surtout, celui-ci s’est imposé en dix ans comme un rendez-vous de fin d’été immanquable, un sas accueillant qui nous permet de pénétrer en douceur dans la redoutée semaine de la rentrée. Sous le soleil le plus souvent. Avec nos amis évidemment.

Samedi, je revenais. Mes vacances s’achevaient. Je laissais Lou et Lola avec leur mère, pour la première fois après quatre semaines passées à quatre entre Paris, la Bourgogne, Paris et Saint-Malo. Quatre semaine avec trop peu de musique.

La programmation de ce samedi n’était pas exceptionnellement enthousiasmante. Du réchauffé, pour moi, pour tout dire. Des valeurs sûres qui ne l’étaient plus si sûrement. Trois groupes que je vénérais jadis y jouaient, certes, mais leur grandeur était derrière eux. dEUS venait de sortir deux albums plus que moyens. The Black Keys m’intéressaient toujours mais je ne les avais pas revus sur scène depuis la sortie de Attack and Release et depuis que le duo passait au Zénith en se faisant épauler sur scène par deux musiciens additionnels pour muscler (en était-il besoin ?) leur aimable virage FM (Lonely Boy, nouveau Seven Nation Army ?). Quant aux Eagles of Death Metal, leur dernier album commençait à dater et j’avais été, l’an dernier, quelque peu effaré par la nullité de Boots Electric, l’éphémère projet solo de Jesse Hugues. Il y avait tout de même cette curiosité : après l’annulation et le split de 2009, vécus en direct, peut-être voir enfin le cerveau d’Oasis (oxymore ?) défendre un premier album solo digne quoique un peu convenu. Bref, suffisamment de raisons pour revenir et pénétrer, grisé et excité, dans l’enceinte du festival.

Dans le dernier numéro de VoxPop, on a lu cet été un reportage passionnant sur les membres de dEUS, accompagnés une journée durant à Anvers, dans leur quartier et dans leur studio. Eh bien, c’est triste à dire, mais en 2012 on aime plus l’idée de ce que représente dEUS (sur le papier, dans notre mémoire) que ce qu’est devenu le groupe de Tom Barman en réalité. Si leur concert parisien de l’automne dernier au Trianon faisait illusion grâce notamment à un rappel ahurissant (lire ici), le set exécuté paresseusement à Rock en Seine samedi a fait de la peine. Principalement constitué de morceaux récents (et pas forcément les meilleurs), il ne procura guère de montée d’adrénaline, le groupe jouant en pilotage automatique (face, il est vrai, à un jeune public assez indifférent), sans passion, jusqu’à un Suds and Soda final fort heureusement épicé par quelques judicieuses citations du Sabotage des Beastie Boys (en hommage à Adam Yauch, suppose-t-on). C’était la neuvième fois que je voyais dEUS. Peut-être la dernière.

Par contre, c’était la première fois que je voyais Noel Gallagher. Oasis, il faut bien l’avouer, je n’ai commencé à apprécier et à vraiment écouter leurs deux premiers albums que lorsque le groupe était au plus profond de son long déclin et à son douzième split officieux. Et ce soir-là, face à Noel Gallagher et ses mercenaires, force était de constater l’indéniable savoir-faire du mec. Rien d’exceptionnel, non, mais une efficacité dingue, de la tenue et la sensation d’être face à une sorte de condensé idéal de la pop anglaise, face à un auteur/compositeur qui recycle ses recettes peut-être, mais devant lequel on a envie d’applaudir, juste parce que faire « la-la-la » pile à ce moment-là, parfois, c’est bon.

Reste qu’on ne s’attarda pas et qu’on n’entendit pas de morceau d’Oasis (il en joua) car il fallait manger de la bière et déjà rejoindre la scène accueillant The Eagles of Death Metal. Pas vus depuis trois, quatre ans, mais toujours aussi puissants, drôles et généreux. Une heure à toute berzingue. Un pied total. Jesse Hugues est un des super-héros du rock’n’roll actuel. Ça ne se sait pas beaucoup, mais c’est vrai.

À l’inverse, Dan Auerbach et Patrick Carney de The Black Keys ont beaucoup perdu de leur superbe. Comme si leur musique passait mieux dans des petites salles que dans l’immensité de la Grande scène de Rock en Seine. Alors, oui, heureusement qu’il rejouèrent Thickfreakness et quelques vieilleries blues rock car si j’aime, sur disque, leur petit virage soul, sur scène, les morceaux de Brothers ou de El Camino affadissent l’intensité habituelle de leurs performances minimalistes. Comme disait l’autre, c’était mieux avant. Quand on ne les regardait pas sur un écran géant...

Parmi tous ces « vieux », il y eut enfin Mark Lanegan, compagnon de route des Queens of the Stone Age. Finir la journée avec son set fascinant et un son absolument énorme était ce qui pouvait m'arriver de mieux. D’autant plus que, lui, bizarrement, je ne le connais quasiment pas et n'ai jamais (honte !) écouté ses disques. C'était donc la paradoxale découverte de ce samedi. À minuit, il était temps !

 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 17:45

 

À Caroll et à Christophe,

À Lou et à Hélène,

 

376888 398402116882658 263015325 nLe 5 juillet 2012, mon fils, Lou, est né. Le 5 juillet 2012, j’ai revu Bruce Springsteen en concert. J’arrivai à l’arrache à Bercy, cinq heures après son premier cri. Une manière, avec la bénédiction de sa mère (j’insiste, et je la remercie), de fêter l’un avec un compagnon de route que je voyais alors sur scène pour la huitième fois. Une conjonction d'événements assez idéale, somme toute.

Mais le 5 juillet 2012 au soir, dans l’immensité de Bercy, un ami m’a manqué. Particulièrement. La dernière fois, c’était avec lui, il y a quatre ans, que j’avais vu le E Street Band. Grand et beau souvenir d’une soirée bien plus estivale que celle-ci. C’était au Parc des Princes. On ne s’en est jamais remis (lire ici). On savait aussi qu’il allait partir, qu’on se verrait moins, bientôt, que les prochains concerts du Boss, contrairement aux trois précédents, on ne les vivrait peut-être pas ensemble. Depuis, il l’a vu à New York, au Madison Square Garden. Depuis, moi, je rongeais mon frein. Quatre ans, quand même ! Dans quelques jours, cet ami cher sera père à son tour. D’un garçon. À Montréal ou bien à Paris, la longévité de Bruce devra être telle qu’on puisse emmener nos mômes, un jour peut-être, à l’un de ses concerts…

Le 5 juillet 2012, et les quelques jours qui suivirent – tout comme il y a deux ans, quand ma fille Lola est née – ce rituel organisé et sciemment consenti (lire ici) : je ne pouvais à nouveau écouter qu’une personne sur le trajet de la maternité, ce type de 63 ans qui joua ce soir-là 3h38 ( !), me faisant entrer (déjà !) dans le jour suivant. Cela au rythme d’un concert évidemment mémorable, d’une générosité folle, truffé de morceaux inattendus, faussement mineurs, que je n’avais jamais entendus sur scène (Downbound Train, I’m Going Down, The Ties That Bind) et de belles surprises (Thunder Road ; l'hommage à Clarence Clemons quand Tenth Avenue Freeze Out et le E Street Band se figent longuement, juste après que Bruce ait prononcé le mythique "and Big Man joined the band").

Le 5 juillet 2012, comme il y a quatre ans, un autre "E Street Buddy" était dans les gradins. Moi, j’étais dans la fosse. Seul sur mon nuage, mais au chaud au milieu des fans. On ne s’est pas vus. Même après. Je fus raisonnable. Il me fallait rentrer. Ma journée du lendemain promettait d’être longue. Par contre, on s’est écrit. Avant. Pendant. Après. À plusieurs reprises, partageant notre ravissement et nos emballements. Lui seul, quelque part, savait, parmi les 20 000 spectateurs m’entourant, qu’en écoutant Bruce, ce soir-là, je pensais très fort à Lou. Tous deux pour toujours associés dans mon esprit. Il faudra aussi un jour, mon ami, qu’on emmène nos fistons respectifs voir notre héros. Et là, peut-être qu’ils nous traiteront de vieux cons. Pas grave. Nous, le 5 juillet 2012, on y était !

 

 

Photo : GEOFF ROBINSON

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Published by Ska - dans Instantanés
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