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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 16:50

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Hier,


J’ai lu une lettre de Kirk Douglas adressée à Stanley Kubrick (Spartacus)

J’ai lu une lettre de Vladimir Nabokov envoyée à Stanley Kubrick (Lolita)

J’ai vu les fausses unes de journaux sur l’arrestation d’Alex (Orange mécanique)

J’ai vu le costume du Moonwatcher, le casque de Bowman et même (mais, là, ce n'était qu'une réplique) Hal 9000 (2001, l'odyssée de l'espace)

J’ai vu les robes et les chaussures des jumelles assassinées. J’ai vu le livre de Stephen King annoté par Stanley Kubrick. J’ai vu les propositions de visuels de Saul Bass, et surtout, écrites à côté, les sévères remarques qu’y fit le cinéaste (Shining)

J’ai vu le casque de Joker (Full Metal Jacket)

J’ai vu deux visuels sublimes de Viviane et Katharina Kubrick malheureusement écartés pour l’affiche (Eyes Wide Shut)

J’ai lu une lettre manuscrite d’Audrey Hepburn refusant le rôle de Joséphine (Napoléon)


Hier, j'ai aussi regretté que tant d'objets ou costumes ne soient que des artefacts, mais qu'importe car il y avait au moins tout cela... Et la moquette de l'Hôtel Overlook...

 

 

 

Exposition Stanley Kubrick, jusqu'au 31 juillet à la Cinémathèque Française

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 15:08

 

Songer à écrire un truc sérieux et documenté sur la variété française et la pop  en croisant les disques d’Arnaud Fleurent-Didier, de Florent Marchet et de Julien Doré.

Expliquer pourquoi on ne mettrait pas JP Nataf et Bertrand Belin dans la même catégorie.

Faire râler les lecteurs de bon goût en écrivant que Bichon de Julien Doré est un super disque et que le clip de Kiss Me Forever est hilarant.

Écrire aussi qu’on n’en a jamais rien eu à carrer des Strokes (tout en les appréciant à petite dose) et que le dernier album n’est pas si nul (ben oui, j’avoue, j’aime bien Phoenix et Jamaica, alors Machu Pichu, malgré son titre ridicule, m’amuse vraiment).

Expliquer, deux ans après L'angle mort, comme le deuxième album de Zone Libre, avec Casey et B. James, nous a déçu.

Avouer avoir découvert The Suburbs avec six mois de retard et essayer de convaincre tout le monde que c’est de très loin le meilleur album d’Arcade Fire (le mieux produit en tout cas).

Confesser qu’on vient, dans un moment de faiblesse, d’acheter la réédition "Deluxe" de Layla and Other Assorted Love Songs de Derek and the Dominos et qu’en réécoutant deux, trois riffs d’intro, on a eu la drôle d’impression d’avoir retrouvé la cassette 90 minutes de ses quinze ans (juste une réserve : que le CD de Jams précédemment paru dans un coffret vieux de 20 ans ne soit pas, lui, réédité).

Régler leur compte à tous ces blogueurs qui, pour prouver qu’ils avaient grandi et qu’ils n’avaient pas des goûts mainstream, ont décidé que 2011 serait l’année où ils n’aimeraient plus ni Radiohead ni PJ Harvey.

Écrire quelque part qu’on aime bien les chanteurs geignards mais que James Blake, non, vraiment, c’est pas possible.

Oser dire que la production dudit James Blake rappelle certaines expérimentations absconses de The Age of Adz et que cet avènement des machines froides pour enrober le vide ou le trop plein laisse bien perplexe.

Essayer d’expliquer le paradoxe qui fait qu’on a plus envie d’aller à l’Olympia pour enfin voir John Mellencamp sur scène que d’y aller pour enfin voir Sufjan Stevens (partir) en live.

Faire ce foutu compte-rendu sur le plutôt bon concert de PJ Harvey à l’Olympia tout en déplorant que le rock ne soit plus vraiment sa préoccupation première.

Parler de l’excellent Hotel Shampoo de Gruff Rhys.

Evoquer le plaisir de redécouvrir le premier album des Pretenders après l’avoir trouvé en vinyle, pour presque rien, sur un vide-grenier.

Conseiller aux lecteurs avisés de ce blog d’aller voir le très bon Avant l’aube de Raphaël Jacoulot, le meilleur film de Chabrol depuis sa mort (euh, non, j’irai même plus loin : le meilleur film de Chabrol depuis au moins quinze ans).

Poster la bande annonce de Super 8, le prochain film de JJ Abrams, produit par Spielberg, où le créateur de Lost semble se rêver en réinventeur de mythologies eighties siglées Amblin (Les Gremlins, Les Goonies, Explorers, Retour vers le futur… et E.T. bien sûr).

Se plonger dans le 13e tome de Walking Dead plutôt que perdre son temps à écrire que la série est tout juste passable.

Parler d'Un pays avant l'aube de Dennis Lehane et de la manière dont il m'a emporté comme le font les grandes sagas cinématographiques (Le Guépard, 1900, Il était une fois en Amérique, la trilogie du Parrain...)

Expliquer à quel point Michel Gondry nous insupporte aujourd’hui après nous avoir tant passionné (entre son dernier clip en roue libre, sa démagogique fabrique de film à Beaubourg et l’atroce Green Hornet, c’est à désespérer…)

Songer à trouver une nouvelle formule permettant d’alimenter 7and7is sans peine et plus régulièrement.

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 16:52

Ça commence par la fin, par ce moment où l'on pose religieusement le disque sur la platine. Avant cela, ce disque, il a fallu l'enregister, puis le presser. Le nouveau clip des Arctic Monkeys met à l'honneur le vinyle à venir, album produit, comme le précédent Humbug, par Josh Homme. Surtout attaché à l'objet et à sa confection, on remarque que le groupe zappe à dessein l'étape peu glamour de la commercialisation et du déversement industriel dans les bacs des disquaires. Pas plus mal. En sautant cette étape, entend-il nous dire que - comme Radiohead ? - il aimerait se passer d'intermédiaire, s'adresser directement aux fans ? Accessoirement, il nous confirme la puissance d'évocation du vinyle, ce disque que l'on peut regarder tourner (que l'on peut filmer), que l'on peut déshabiller, et sur les livrets duquel on peut rêver en grand format. Un objet que ses défauts, surtout, rendent émouvant, attachant, autrement désirable que les galettes uniformisées au format CD... Hier, à la Fn*c, je découvrais que l'enseigne offrait 20% de ristourne aux moins de 20 ans sur les vinyles...  Surprenant, non ? Si la résistance à la dématérialisation passera, pour quelques esthètes (en gros, les gens qui continuent d'acheter des disques, soit une minorité de "consommateurs" de musique), par le "retour du vinyle" (un enjeu commercial comme un autre, après tout), avouons que ceci n'est pas une très bonne nouvelle pour nos déménagements à venir...

 

 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 16:49

Sofia-Coppola_Somewhere3.jpgOn sait le bon goût de Sofia Coppola en matière de bandes originales. Un bon goût affirmé dès un premier film mémorable mais tel qu’il devint très vite suspect, comme s’il s’était agi ensuite, pour la cinéaste (un temps liée à Spike Jonze, puis, plus récemment, à un musicien de Phoenix), d’avoir toujours la B.O. la plus cool, de donner à chaque film les gages d’un positionnement indie irréprochable.

D’abord rattrapée par la hype (il faut se souvenir que Virgin Suicides mit très longtemps à sortir en France), on a vite pensé que Sofia s’était surtout muée en suiveuse  agaçante, ne tentant même plus de rééditer l’exploit de son premier film (une vraie bande "originale" - signée Air, pour mémoire) pour se contenter d’enfiler, dans ses films les plus médiocres (Lost in Translation et Marie-Antoinette, pour ne pas les nommer), les morceaux pop comme un Scorsese déroule son juke-box rock au gré d’une filmographie à l’intérêt très aléatoire.

Ce n’est pas avec Somewhere que les choses changeront, mais il y a un détail que j’aime beaucoup dans ce film. Si l’à propos des choix de Sofia ne surprend pas, frappe surtout comment la musique y est, elle-même, mise en scène. Je pense particulièrement à trois scènes. Qui, toutes trois, coïncident, dans leur durée, avec l’intégralité de trois morceaux qui leur sont très étroitement liés.

somewhere cleo patinageC’est à chaque fois une musique "in", diégétique, diffusée par une sono rachitique, saisie en direct : diffusée par un radio-cassette dans les deux scènes (volontairement interminables) de chambre d’hôtel où des jumelles strip-teaseuses distraient Johnny Marco ; crachée par les hauts-parleurs d’une patinoire déserte quand Cléo se rend à son cours avec son père, la star hollywoodienne maussade interprétée avec une paradoxale conviction passive par Stephen Dorff. Au show cheap et maladroit – et involontairement drôle – dispensé par les deux strip-teaseuses, deux morceaux à la fois très bons et particulièrement vulgaires : le My Hero épais et épique des Foo Fighters et le r'n'b One Thing d’Amerie. Pour la scène à la patinoire, un morceau de Gwen Stefani (Cool) qui colle parfaitement à l’imaginaire musical que l’on associerait à une pré-ado américaine de douze ans. Rien donc, ici, de très branché. Comme si Sofia Coppola réussissait enfin à mettre la musique au service de ses personnages, du film, et à s'oublier un peu (même si, plus tard, une belle reprise des Strokes par Phoenix illuminera un beau moment de quiétude entre Johnny et sa fille).

L’intelligence de la cinéaste, dans ces trois séquences, est de ne jamais lisser le son, de toujours laisser la musique "in" : rachitique pour les scènes de strip-tease foireux, perdue dans l’espace pour la séquence de la patinoire à la fois grâcieuse et gentiment ridicule. Option réaliste, en creux, raccord avec le propos et le tempo du film, tranchant d’emblée avec la volonté possiblement opportuniste présidant en amont au choix de tel ou tel morceau. Pour le dire autrement : ce qui, chez d’autres, serait là pour dynamiser, séduire, renvoie ici – par les moyens de restitution ingrats – des reflets futiles et dérisoires, pas les moindres beautés d’un film particulièrement fin et touchant.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 12:14

Sillons...

C'est un film, avec des disques, qui tournent...

 

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 16:29

Sortie le 26 janvier 2011

 

je_suis_un_no_man_s_land_photo_3_copyright_nicolas_comment-.jpgIl y a près de dix ans, un moyen métrage remarquable invitait le chanteur Katerine à faire l’acteur. C’était à l’époque de Huitième ciel, bien avant son succès foudroyant, sa médiatisation, et les innombrables malentendus générés par les tubes de Robots après tout (Louxor j’adore, 100% VIP). Dans ce film réalisé par Thierry Jousse (critique inspiré et inspirant, pour les Cahiers du cinéma, dans les années 80/90), le chanteur jouait peu ou prou son propre rôle (comme déjà le guitariste Noël Akchoté le faisait dans le premier film de Thiery Jousse, Le jour de Noël). Il s’y prénommait Philippe, y était chanteur. Il y tombait amoureux d’une strip-teaseuse jouée par Margot Abascal et le film s’installait, en sa deuxième partie, dans une douce langueur rythmée par quelques chansons interprétées, en toute intimité, en simple guitare-voix (à deux voix aussi, comme ce fut souvent le cas dans la discographie de Katerine et de ses muses, d’Anna Karina à Héléna Noguerra).

Après Nom de code : Sacha, Thierry Jousse fit tourner Katerine dans Julia et les hommes, un autre moyen métrage, et l’on vit même le chanteur apparaître brièvement dans Les invisibles, le premier long du réalisateur (voir ici). Entre temps – sous l’égide des Films Hatari, qui produisirent donc Julia et les hommes, une poignée de courts métrages mémorables (La peur, petit chasseur de Laurent Achard, De sortie de Thomas Salvador) et aussi quelques très beaux longs métrages (Capitaine Achab de Philippe Ramos, Au voleur ! de Sarah Leonor) – Philippe Katerine réalisa en dilettante un long métrage intitulé Peau de cochon (voir ici). Autoportrait en plusieurs fragments, ce film – incroyablement stimulant – mêlait home movie, faux documentaire, courtes fictions intimes, blagues potaches et belles trouées poétiques, dessinant en kaléidoscope – et comme en autant de morceaux – le portrait d’un chanteur s’exprimant, on le découvrait alors, tout aussi bien à travers la vidéo qu’à travers le dessin (un livre de croquis naïfs, Doublez votre mémoire annonçant la part enfantine se déployant dans le récent album Philippe Katerine parut à peu près à la même période). 

Du coup, voir Katerine en tête d’affiche du nouveau film de Thierry Jousse, ce n’est pas un "coup", c’est bien la continuation d’un cheminement amorcé il y a dix ans (avec, entre autres détours, un rôle dans Peindre ou faire l’amour d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, un autre – jouissif – dans Capitaine Achab et celui, bien sûr, de Boris Vian dans le Gainsbourg, vie héroïque de Joan Sfar).

Mais, de Nom de code : Sacha à Je suis un no man’s land, le statut du vendéen a changé et Thierry Jousse en prend acte. Le cabaret glauque de Nom de code : Sacha a été remplacé par une grande salle de concert, et cela suffit pour résumer en quelques plans comme l’acteur n’est plus le même, comme l’enjeu aussi est différent (du court au long, du chanteur indépendant au "bon client" des plateaux télé). Katerine joue donc à nouveau le rôle d’un chanteur prénommé Philippe, mais si celui-ci semble, dans le prologue, ressembler à celui que nous connaissons, le cinéaste s’emploiera très vite à décoller du personnage cette peau première, cette fonction qui l'identifie. Le début de Je suis un no man’s land nous suggère que Philippe est une star. Mais Thierry Jousse ne filmera pas le chanteur à l’œuvre, juste les coulisses (l'avant, l'après) de son tour de chant. Ainsi, Je suis un no man's land n'est pas un film sur Katerine. Il part du personnage public pour aller voir ailleurs. En 2011, le chanteur n’est plus celui qui contemplait, fasciné, la strip-teaseuse Sacha, mais il est, au contraire, devenu, lui, l’objet de convoitise. L’objet de convoitise d’une fan nymphomane qui l’enlève et le précipite dans une fable fantastique dont le postulat de départ évoque à la fois Un jour sans fin de Harold Ramis, L’ange exterminateur de Luis Bunuel et même L’antre de la folie de John Carpenter.

je_suis_un_no_man_s_land_photo_4_copyright_nicolas_comment.jpgVenu donner un concert dans la région où il a grandi, Philippe, tentant d’échapper à cette fan  trop entreprenante, se retrouve inexplicablement, après une longue errance en forêt, dans la maison de ses parents, un père et une mère qu’il n’a pas vus depuis des années. Syncope. Ellipse. Réveil au petit matin dans sa chambre d’ado. Hésitation. Refaire comme avant. Remettre son vieux survet’. Aller boire un coup au troquet. Et puis, parce que la tournée doit continuer et qu’il doit rejoindre ses musiciens, la révélation du sortilège quand il veut quitter le village (toute allusion au Prisonnier étant absolument volontaire) : il ne peut pas en partir, ramené inexplicablement toujours à la même place (celle du village).

Le film, qui débute comme un conte fantastique, déviera en fait peu à peu vers la chronique familiale (les scènes avec les parents, les plus réussies) et la romance (les rencontres nocturnes avec une ornithologue jouée par Julie Depardieu, partie du film qui peine à convaincre). Que Philippe soit chanteur n’importera plus vraiment et la chanson ne refera véritablement irruption dans le cours du récit que lors d’un épilogue un peu raté.

À l’instar d’Un jour sans fin, Je suis un no man’s land est avant tout une fable qui jamais ne viendra expliquer le pourquoi de ce sort qui s'acharne, si ce n’est dans ce programme narratif attendu qui consiste à confronter un personnage à l'irrationnel et à l'humaniser progressivement. Pourtant, Philippe n’est pas, comme Bill Murray dans le chef-d’œuvre de Harold Ramis, un sale type qui apprend à devenir une belle personne ; c’est surtout un homme qui s’est volontairement coupé de ses racines, de son passé (ses parents, ce pote avec qui il avait commencé à jouer de la musique et qui, lui, est resté dans le village, renonçant à ses rêves de gloire). Ce retour vers l’adolescence – ses lieux – ce retour vers des parents qui sont devenus des étrangers pourrait aussi évoquer de loin en loin la manière d’un Jiro Taniguchi dans les mangas Quartier lointain ou Journal de mon père. Dans cette réappropriation du passé, dans cette redécouverte de ce que l’on avait occulté, dans cette manière de dévoiler ce que sont devenus ses parents (le couple Aurore Clément / Jackie Berroyer est vraiment touchant), le film atteint une grâce et une légèreté que l’on n’attendait pas chez le réalisateur très théorique des Invisibles. Je suis un no man’s land est ainsi un film d’apaisement, une fable de réconciliation qui sait fort heureusement éviter la mièvrerie (voir comment la mère – malade et condamnée – explique à son fils qu’elle et son père n’ont plus besoin de lui, qu’ils se sont employés à se construire une belle vie sans lui).

Film hybride ne sachant pas toujours choisir son sujet et canaliser sa profuse inspiration, Je suis un no man’s land est un objet étrange. À défaut d’être le meilleur film de Thierry Jousse (on continue de lui préférer Nom de code : Sacha), il résonne de manière assez passionnante avec le dernier disque, faussement anecdotique, de Philippe Katerine. On regrette juste un peu de ne pas l'aimer autant.

 

Stéphane Kahn

 

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 10:52

J'avais oublié de vous dire comme le troisième album de The Delano Orchestra, enregistré en une seule prise live, avait compté parmi mes préférés de 2010. La très belle vidéo illustrant le premier titre, le bien nommé Not an Ending, me permet de rattraper cet oubli et de vous inciter, si vous aimiez Sparklehorse par exemple, à vous précipiter sur Now That You Are Free my Beloved Love. Et sur les deux précédents tant que vous y êtes. À l'avenant de ces plages entêtantes, piquées de brusques déflagrations soniques, le clip, réalisé par Alexandre Rochon, invite au voyage et fait de sa simplicité et de sa frêle économie sa force. Oui, voici encore la preuve qu'un beau clip (un beau film même), c'est parfois très simple.

 

 

 

 

http://www.myspace.com/thedelanoorchestra

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:02

10 films...

Amer de Hélène Cattet et Bruno Forzani

Memory Lane de Mikhaël Hers

A Serious Man de Joel et Ethan Coen   

Bliss de Drew Barrymore

Ne change rien de Pedro Costa

Kaboom de Gregg Araki

Fantastic Mister Fox de Wes Anderson

Crazy Heart de Scott Cooper   

Scott Pilgrim vs The World de Edgar Wright 

Yoyo et Le soupirant de Pierre Etaix (reprises)

 

14 albums...

Steve Mason – Boys Outside

Midlake – The Courage of Others

Bertrand Belin – Hypernuit

The Hot Rats – Turns Ons

The Delano Orchestra – Now That You are Free my Beloved Love

The Dead Weather – Sea of Cowards

Florent Marchet – Courchevel

A Silver Mt Zion – Kollaps Tradixionales

Damien Jurado – Saint Bartlett

Katerine – Philippe Katerine

Foals – Total Life Forever

Neil Young – Le Noise

Bruce Springsteen – The Promise

Grinderman – Grinderman 2

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 17:59

Hasard d'une sortie DVD... Tandis qu'on (re)découvre, pour écrire dessus, de vieux courts métrages de David Lynch (dont les mythiques The Alphabet et The Grandmother) ainsi qu'une série d'animation en Flash (Dumbland), on tombe sur des bizarreries réalisées en toute indépendance en 2002 et en 2007, pour le site Internet  du cinéaste, et sur un film de commande tourné pour le soixantième anniversaire du festival de Cannes en 2007. Boat, surtout - avec son postulat poétique donnant son titre à ce billet - est une bien belle surprise, une expérience sensorielle et cinématographique très excitante malgré le dénuement patent de sa production et sa forme un peu ingrate.

Alors que l'on parlait beaucoup la semaine dernière d'un Lynch se mettant à l'électro-pop (l'aberrant Good Day Today sauvé par une face B plus conforme à l'image que l'on se fait du cinéaste), que sa collaboration avec feu Mark Linkous et Danger Mouse a donné naissance en 2009 à un album superbe (Dark Night of the Soul), qu'on peut le voir jammer avec Moby sur Internet (sic), lui réaliser un clip, exposer ses œuvres, ou encore recycler son imagerie pour Dior dans le long spot de quinze minutes intitulé Lady Shangai, ces images font du bien. Elles datent un peu, certes, mais l'approche "homemade" de la vidéo dans Darkened Room et Boat annonce clairement Inland Empire (le chef-d'œuvre incompris) et la liberté que s'est offert David Lynch en se mettant à la vidéo et en tournant pour Internet. On aime ainsi retrouver dans ces trois courts métrages la trace d'un cinéaste dont on peut aujourd'hui se demander s'il refera de sitôt un long métrage...

 

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 17:38

 

À l’époque, en 2003 donc, j’étais persuadé que vous ne vous en relèveriez pas. Non pas que vous ne le puissiez pas. C’est juste qu’il ne le fallait pas. C’était une question de bon sens, de dignité peut-être. Je me disais que vous sauriez vous taire. D’autres prétendaient le contraire. On en a éclusé des bières à ce propos, on en a noirci des pages sur le sujet…

Certes, le groupe n’avait pas splitté. Mais les circonstances feraient qu’il s’éteindrait doucement, discrètement, dans l’âcre fumée d'un brasier estival, emportée par le vent…

J’étais persuadé que vous ne prêteriez pas le flanc aux critiques, que vous sauriez mesurer combien rejouer ensemble serait ouvrir la porte sur une avalanche de malentendus, de procès d’intention, et que tes futurs textes, Bertrand, seraient toujours perçus à l’aune de ton geste tragique. Votre amitié indéfectible, vous la garderiez au chaud dans vos cœurs, puis vous renaîtriez, peut-être sous une autre forme. Je vous le souhaitais. Je te le souhaitais. Serge avait évidemment montré la voie.

À vrai dire, vos disques me suffisaient. Nous n’étions pas des amis, ni même des proches. Passés le choc et la surprise, le drame, je m’en étais remis. C’était finalement assez facile. Parce que tes mots, vos musiques, comptaient bien plus que le fait divers. Vos disques, je n’avais pas promis de ne plus les écouter, de les jeter ou de les détruire, comme quelques crétins un peu trop sensibles avaient pu l’écrire à l’époque.

Et puis vous aviez finalement promis de revenir, tout du moins d’essayer.

Je m’étais trompé. Vous avais-je donc surestimé ?

Travailler, écrire, composer, retrouver la flamme…

Pourquoi pas, après tout…

Du moment que c'était pour vous, pas pour Barclay...

Arrivèrent deux morceaux médiocres, en 2008, il y a pile deux ans, et j’avais déchanté.

Définitivement, je préférais de bons albums de Zone Libre qu’un piètre retour de Noir désir...

Puis, il y a quelques semaines, on avait revu Bertrand sur scène. Pour des reprises, amicalement épaulé. Et, surprise, l’entrain y était. Même moi, j’ai alors eu envie d’y croire. Alors que l'on murmurait aussi que les mots ne venaient plus.

Hier, un dernier chapitre. Court, lapidaire, cinglant comme un riff. Et dans le larsen, le poids de mots très durs, plutôt inattendus, sur lesquels on se perd en conjectures.

Aujourd’hui, l’épilogue. Qui clôt l'histoire sur un soulagement paradoxal. Même si je regrette que ce suspens de sept ans se termine dans ce qui semble être de l’acrimonie.

Noir désir n’est plus ? Et alors ? Ne le savait-on pas depuis 2003 ?


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