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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 00:02


“Don’t hang around ’cause two’s a crowd

On my cloud, baby”

 

Désormais, c’est à bout de bras qu’on le brandit. Du coin de l’œil, tu l’as vu entrer dans ton champ de vision, s’installer bientôt au-dessus de ton épaule. Ce bras bardé de son appendice bi-bande se déroule près de ton visage à intervalles réguliers. Au début, il y a quelques années déjà, ce geste nouveau t’amusait. Geste de partage d’abord (faire écouter en direct le morceau aimé à l’absent-e), tu l’as vu, au fil des concerts, se muer en captation vampire floue et tremblotante. Désormais, tu ne le supportes plus. Ce soir-là, pourtant, la forêt de mains levées – tous ces portables fleurissant au creux des paumes – ne s’impose pas entre la scène et toi. Forcément, tu es quasiment au premier rang. Tu es arrivé tôt. Et malgré cela, il est là, sur ta droite, tout près de ton oreille, tenant en joue ce guitariste contorsionniste préposé aux bruits abscons.

Le mobile mitraille. Malgré les larsens que dardent les Marshall, tu entends distinctement le déclic ponctuant chaque photo prise. C’est probablement le genre de type qui proteste sitôt qu’un photographe professionnel, reflex en main, bien calé près du corps, se pose devant lui pour quelques secondes. Juste pour faire son boulot. Pro, poli. Lui, non, il vise à bout de bras, tendant le mobile comme un micro pirate, s’octroyant ainsi le droit de parasiter ton pur moment de rock’n’roll béatitude. Ces quelques centimètres gagnés lui procurent l’illusion de se rapprocher du groupe, de s’extraire de cette fosse qui le contraint. Il doit collectionner les clichés flous. Images approximatives qu’il ne regardera pas plus que tous ces mp3 qu’il ne prend probablement même pas le temps d’écouter. Tu es sûr, sans même l’avoir regardé, qu’il ne danse pas, qu’il n’a jamais dansé, qu’il se plante là pour bien voir, mieux voir, sans même bouger son cul. Sans doute aussi s’effarouche-t-il à l’entame du moindre pogo. Rock’n’Roll, certes, mais pas trop. Il te suffirait de tourner un peu la tête pour constater à quel point le mini-écran LCD trahit, aux yeux de ses voisins agacés, son ignorance crasse de ce qu’est un cadre. L’espace, globalement, ça ne doit pas être son fort. Déjà qu’il ne se rend pas compte de son irruption dans ce cocon fortifié que tu as délimité avec soin et qui te permettait jusqu’alors de te mouvoir presque à ton aise. Sans parler même de sa sacoche qui, quand il se penche en avant, vient cogner contre ton bassin. Pour produire ses piètres images pixellisées, il pousse contre toi, comme dans le métro à l’heure de pointe. Du coup, tu bouges encore un peu plus, le bousculant ostensiblement, histoire qu’il comprenne que tu goûtes assez peu que vos corps se frôlent ainsi. Son bras se tend encore un peu plus. Peut-être te maudit-il, toi, danseur irrationnel réagissant au moindre coup de grosse caisse.

Là, tu as envie de choper son portable et de le balancer loin devant toi, comme un objet sacrifié à la furie sonique que les amplis font rugir sur scène. Mais survient l’accalmie. La salle plonge dans le noir. L’hébétude après la tempête. La basse en pulsation sourde. Les cris enthousiastes en fading. Et tout d’un coup, alors que chacun tente de reprendre son souffle, ce riff attendu – séminal dirait le rock-critic fatigué – qui déchire la salle engourdie. La brusque poussée collective que ces accords barrés génèrent, tu ne l’as pas sentie venir. Lui non plus. Tandis que crépitent les flashs stroboscopiques, alors que la fosse bascule à la renverse, le fâcheux s’effondre contre toi, déséquilibré. Tu vas te retourner – lui en mettre une peut-être – quand tu sens quelque chose se briser sous ta semelle. Satisfaction. Déjà, la marée humaine t’as emporté loin de lui. Peut-être tente-t-il de se baisser au sein du maelström teenage pour réunir les débris de carte Sim que les Converse éparpillent au sol poisseux. Tu n’en sais rien. Tu t’en fous. Puisse-t-il se noyer, englouti, dans ces flots de sueur électrique. Tu n’auras pas vu son visage. Mais au moins, tu l’as semé pour le rappel…

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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 16:40
Le texte ci-dessous a été publié en janvier dans le n° 81 de Bref, le magazine du court métrage.
Alors que le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand fêtait la semaine dernière ses 30 ans, la proposition était d'imaginer, pour un dossier ludique, la soixantième édition de la manifestation auvergnate. Clermont 2038, donc...

Bref, accompagné d'un dvd de courts métrages, est en vente dans les Fn*c, par abonnement, et dans les bonnes librairies.
http://www.brefmagazine.com/






Clermont-Ferrand, juin 2038

“C’est quoi, les films ?”, demanda doucement la punkette à la jeune caissière.
Tu te pris de plein fouet le regard désemparé que t’adressa cette dernière. C’était quoi son prénom, déjà ? Ta mémoire te jouait des tours. Tu te souvenais mieux des films que des gens, cela avait toujours été le cas. Face à la caisse, elle avait l’air curieuse, la petite rockeuse en kit. Mignonne aussi. Elle ressemblait à ta fille. Ça méritait un effort. Tu t’avanças vers cette lycéenne à blouson clouté et sac patché en songeant que le siècle passé n’en finissait pas de revenir. Si seulement les vêtements vintage avaient été vendus avec les disques que tu écoutais adolescent, tu te serais senti un peu moins seul dans ce hall de cinéma déserté.
Quand elle te vit claudiquer vers elle, tu lus dans ses yeux cernés de khôl comme un regret. Elle voulait sans doute avant tout trouver de la fraîcheur dans la salle climatisée, rien de plus. Savait-elle seulement que, lors de tes premières visites, le festival de courts métrages avait lieu au cœur de l’hiver ? Elle l’ignorait probablement. À moins que ses parents lui en aient parlé un jour. Mais pourquoi auraient-ils évoqué pareil sujet ? Le festival rythmant la vie de la ville une semaine durant – et ce qu’elle soit ensoleillée ou enneigée –, ce n’était qu’un lointain souvenir. Aussi éloigné dans le temps que ces travaux qui durèrent des années avant que fonctionne enfin le tramway que tu prenais chaque matin depuis bientôt trente ans.
Pourquoi toi-même t’escrimais-tu, à soixante-dix ans passés, à montrer ces films dont tout le monde se contrefoutait ? On disait d’ailleurs que 2039 aurait la peau du dernier cinéma de la ville, qu’ils allaient enfin réussir à le faire fermer. La tache anachronique défigurant la ville aculturée allait enfin disparaître. Clermont-Ferrand rejoindrait la plupart des grandes villes de France. Et le travail de sape entamé dans le pays à l’orée du siècle, sous l’égide d’un président inculte, trouverait là son achèvement.
Qui se souvenait aujourd’hui que le Festival de courts métrages avait été un repère mondial, la fierté d’une ville ? Qui se rappelait de cette société où le cinéma était encore, parfois, considéré comme un art ? Comment lui expliquer, à la fille mâchouillant son chewing-gum, que les films que tu avais programmés témoignaient d’une époque féconde où de jeunes cinéastes pouvaient se révéler dans des formes atypiques, loin des produits aseptisés qu’imposaient depuis plus de vingt ans les canaux de diffusion asservis au Réseau® ? Comment la convaincre, enfin, d’aller voir ces films réalisés à la fin du siècle dernier, quand la France s’enorgueillissait de ce qu’on appelait crânement l’exception culturelle, quand les pouvoirs publics œuvraient encore en faveur de la création artistique ?
Bientôt, les choses avaient changé. Tu les avais vues changer. On avait commencé par sacrifier les artistes au profit d’un patrimoine rance, de la culture des morts, du régionalisme et du folklore. On s’était ensuite attaqué à ceux qui diffusaient ces films. Voir un film était encore une expérience collective. On parlait encore de cinémas Art et essai, à l’époque. Parfois même les lieux où l’on montrait les films que toi ou tes amis réalisaient étaient subventionnés par l’État, par les régions ou par les municipalités. Difficile à imaginer aujourd’hui. Car on avait vite cessé d’aider les films sous prétexte qu’on ne pouvait plus les exposer correctement. Si on ne pouvait les montrer, ils ne servaient à rien. C’est ce qu’ils avaient dit. Logique implacable. Trop courts, trop longs, trop élitistes, trop ambitieux, ça n’allait jamais, et ces cinéastes dont tu avais choisi de présenter les films ce jour-là, tu les vis bientôt tomber comme des mouches. La plupart changèrent de travail. Quand ils avaient la chance d’en trouver un.
Pour autant, la culture ne devint pas un luxe, non, elle était partout. Enfin, la culture… La leur : celle des têtes de gondoles, des humoristes télé, des talk-show et des best-sellers bon marché. Numérisée, virtuelle, impalpable, elle quitta les espaces collectifs pour les écrans domestiques qui nous cernaient d’un bout à l’autre de nos mornes journées. Des films, il y en avait toujours ; la plupart des gens n’y virent que du feu. La mue fut imperceptible, préparée depuis si longtemps. Quand un conglomérat de fournisseurs d’accès Internet réussit, après ceux de Cannes, à convaincre les organisateurs du festival de troquer les salles de cinéma de la ville contre une diffusion mondialisée via le Réseau®, l’équipe, en place depuis longtemps, implosa et se déchira. Au final, tous partirent. Ou furent virés. On se mit alors à faire n’importe quoi, à accepter tous les films proposés, à mélanger publicités et fictions, parodies potaches et expérimentations pures et dures. On noya l’identité vacillante de la manifestation dans une course à la rentabilité que plus personne n’était là pour freiner. Et tu te souviens très bien que c’est, un peu plus tôt, le jour où l’on décerna un prix YouTube® du meilleur film fait à la maison, que tu pronostiquas que l’on interdirait bientôt aux œuvres sur support argentique de concourir. Trop compliqué. Trop coûteux. Trop dangereux. Ta prédiction se réalisa l’année suivante.
Quand il y a trois ans de cela, on t’avait proposé de programmer des vieux courts métrages dans une toute aussi vieille salle de cinéma, tu n’avais pas été dupe. Tu avais bien compris que c’était là un moyen de relancer une manifestation à bout de souffle avec un surcroît d’“authenticité”. La mode était au rétro. Un chanteur populaire connu pour ses frasques et pour ses accointances avec le Régime® avait même rencontré un succès inouï en remettant au goût du jour des chansons enregistrées dans la France d’avant par quelques chanteurs gauchisants.
Programmer des films de l’époque – qui plus est dans ces conditions de projection anachroniques –, c’était une sorte de diversion publicitaire qui visait surtout à calmer la brouille entre la ville et la multinationale présidant désormais aux destinées du festival. Tu allais cautionner ces dérives, encourir les reproches de ceux qui avaient, il y a bien longtemps, claqué la porte. Des amis souvent. Tu aurais voulu refuser, mais tes finances ne te le permettaient pas. À vrai dire, cette proposition avait même été une véritable aubaine. Depuis que les régions s’étaient désengagées de la production cinématographique en 2012, tu avais peu à peu perdu tout espoir de refaire un film un jour. Tu avais continué à écrire. Pour toi. Tu avais filmé avec tes propres moyens, avec quelques illuminés de tes amis, puis la lassitude s’en était mêlée. Il y a bien longtemps de cela. Comme ce prix reçu en 2008 des mains d’une actrice dont le nom t’échappait paraissait irréel maintenant ! Pourtant, c’est grâce à cette récompense que tu l’avais rencontrée, lors d’une soirée de clôture mémorable, et que, de fil en aiguille, tu t’étais finalement installé ici, au pays des volcans.
Ils te laisseraient programmer ce que tu voulais. Enfin, c’est ce qu’ils t’avaient dit. Qu’est-ce que ça pouvait bien leur faire finalement puisque personne ne venait voir ces films ?
Comment lui expliquer tout ça à la petite punkette ? Tu te demandes par où commencer, tu arrives devant elle, quand, soudain, elle se détourne pour s’adresser à nouveau à la caissière sans nom.
“Bon, je prends une place. Je verrai bien.”
Aller au cinéma, dernier geste punk ?
La porte de la salle se referme sur elle avant que tu aies pu réagir. Peu importe. Tu seras à la sortie. Elle ne le sait pas encore, mais tu seras à la sortie. Et tu lui expliqueras.


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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 03:39
On n’aura peut-être pas vu le concert de reformation de Led Zeppelin à Londres le 10 décembre 2007, mais, ce soir, on se sera téléporté en 1970 pour voir le quatuor encore balbutiant filmé par Peter Whitehead dans la capitale britannique.
Led Zeppelin Live at the Royal Albert Hall était donc projeté à l’Ecran de Saint-Denis, ce soir, dans le cadre du très recommandable festival Combat Rock. Belle salle, grand écran, son énorme, on n’aura jamais vu et entendu Led Zep d’aussi près.
Ce film assez rare que l’on peut voir morcelé sur YouTube (c’est déjà ça), je l’avais raté l’an dernier à la Cinémathèque Française où il était montré dans le cadre de la rétrospective consacrée au cinéaste anglais qui a inspiré à Antonioni le personnage interprété par David Hemmings dans Blow Up.
A l’heure du montage pétaradant, des petites caméras et de la recherche d’angles de vues aussi variés - et improbables - que possible, le film de Peter Whitehead lave notre regard de tant de médiocres captations et des codes télévisuels dévolus à la musique filmée. Le filmage de Whitehead s’avère en effet aussi vintage que la Les Paul de Jimmy Page. Deux caméras 16 mm portées à la main et c’est tout. Résultat : le film est brut, dénué presque totalement d’afféteries. On se demande pourquoi Led Zeppelin et Peter Grant, qui l’avaient commandé à Whitehead, n’en voulurent finalement pas. "Trop sombre", dirent-ils. A moins que ce soit plutôt parce que le groupe s’y présentait alors dans le plus simple appareil, pas encore décidé sur son look (le fameux pull jacquard sans manche de Jimmy Page), pas encore esclave des attributs de la légende.
Quoi qu’il en soit, le film est un document formidable sur un groupe saisi au complet, souvent rassemblé d’ailleurs dans le plan. Uni, soudé, implacablement lié, cimenté par cette rythmique massive assurée par Bonham et Jones. Il est frappant de comparer ce film-là à Ziggy Stardust and the Spiders From Mars de D.A. Pennebaker (1973), film littéralement hypnotisé par Bowie et ne montrant presque jamais les musiciens qui le secondaient. Rien de tel dans le film de Whitehead, où l’ennui pointerait presque dès que le quatuor est destabilisé, dès que l’élan collectif laisse la place à la performance individuelle (les morceaux en solo de Page et de Bonham). Ce sont ces passages-là que l’on zappe dans les bootlegs du groupe, ce sont aussi ces moments-là qui apparaissent comme les plus faibles dans le film. Comme si l'énergie du cinéaste se dévidait dès lors que son projet doit se focaliser sur un seul membre du groupe.
Car Led Zeppelin est, plus qu’aucun autre groupe – bien plus même que les Who – la somme de quatre individus, une formation dont le line-up jamais ne changera, qui ne s’éparpillera pas dans les projets annexes, et dont la course ne sera stoppée que par la mort de l’un d’entre eux.
Par une mise en scène qui lui est paradoxalement dictée par le peu de moyens dont il dispose, Peter Whitehead traduit déjà cela. Il n'y a pas de place pour une cinquième personne ici. S’il veut filmer le groupe, ce sera en contrebande, en se frayant un chemin sur la scène, en se planquant derrière Bonham, en filmant de la fosse, en cadrant comme il le peut cet événement auquel il ne peut participer. Il est évident dans Live at the Royal Albert Hall que Led Zeppelin ne se plie à aucune consigne. En 1970, le groupe se contrefoutait des deux caméras, il n’y avait pas de place pour la mise en scène. Cela viendra plus tard. C’est tout le talent de Whitehead d’avoir réussi, malgré tout, à filmer ce concert exceptionnel.


Les premières minutes : We're Gonna Groove
 
 
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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 20:05
dEUS et Sparklehorse comptent parmi les meilleurs groupes au monde (assertion totalement gratuite, j'en conviens, mais ça fait du bien de l'écrire, non ?).
Cela tombe bien. Si Tom Barman et Mark Linkhous ne se sont peut-être jamais rencontrés, deux de leurs morceaux n'ont jamais cessé de résonner à mes oreilles, de se renvoyer leurs reflets tordus, comme deux faces d'un même médiator... Basses lourdes, voix déformées, scansion cinématographique, cuivres menaçants, rythmique lancinante et production incroyable dans les deux cas.
Et pour les clips, excusez du peu, les frères Quay (pour Sparklehorse) et l'icône des films de Cassavetes, Seymour Cassel (pour dEUS)...




Mais tout cela ne vaut pas cette prestation live de dEUS en 1999...




... et ces images ahurissantes de l'enregistrement de Theme From Turnpike...

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 20:59

<< (RWD) C’était la boutique d’un photographe. Il l’avait toujours connue. Enfant, adolescent, quand il passait ses vacances – à Pâques, l’été – dans cette petite ville bourgeoise où habitaient ses grands-parents. Les appareils photo, le matériel, il ne s’y intéressait pas le moins du monde, mais cette boutique était pourtant comme un phare. Pour une raison très simple : on y vendait des cassettes. Et c’était le seul endroit, en ville, où il pouvait repaître son goût balbutiant pour le rock’n’roll.
(PLAY) >
Or, ce présentoir, dehors, à l’entrée, il n’avait pas bougé. Il le retrouvait comme tel en ce jour de décembre 2007. Lui avait vingt ans de plus, mais le présentoir trônait toujours là, anachronique présence au seuil d’une boutique désormais dévolue aux accessoires numériques dernier cri. Jaquettes délavées pour photo mentale jaunie. Tel Marty McFly débarquant dans un Hill Valley fifties, il constata que rien ne semblait avoir bougé depuis cette première cassette achetée là-bas. Il s’en souvenait, ça avait dû être à l’été 1986, A Kind of Magic de Queen. Déjà une question de temps puisque pas mal de morceaux dudit album avaient été utilisés pour Highlander, film périssable sur l’immortalité, l’un de ses préférés à l’époque. Cette cassette, il avait passé tout l’été à la jouer et la rembobiner sur son Walkman pour s’enquiller Princes of the Universe ou Don’t Lose Your Head ad libitum. Il y en avait eu d’autres. Quelques unes. Pas trop. C’était toujours à regret qu’il achetait une cassette. Pour les albums, il préférait déjà les vinyles, tellement plus pratiques quand il souhaitait écouter un morceau en particulier. Mais en vacances, il n’avait pas son tourne-disque, celui sur lequel se succédaient les 45 tours qu’il achetait chaque semaine dans ce Prisunic, rue du Poteau. Les cassettes, c’était bon pour les trop longs trajets en voiture, tout au plus…
(FWD) >>
Ce jour de décembre, donc, tandis que la nuit tombait déjà, il s’approcha du présentoir. Les jaquettes l’ornant lui furent d’emblée étrangement familières. La plupart des cassettes dataient des années 90, pas mal aussi des années 80. Comme si le temps s’était arrêté au seuil de cette échoppe. Il y avait de très bonnes choses, là où on aurait plutôt attendu quelques chanteurs populaires aux idées faciles d’accès. Blur et Pulp, fleurons britpop, côtoyaient INXS, A-Ha, Prince et Terence Trent d’Arby. Plus improbables, au milieu de tout ça, d’autres cassettes d'un goût douteux jaillies d’un passé révolu par on ne sait quelle faille temporelle. À portée de main, présence incongrue, la bande originale d’un obscur film de science-fiction français mettant en scène une ex-idole des jeunes aux cheveux blanchis. À treize ans, il avait même brièvement eu une affiche de ce sous-Mad Max dans sa chambre. La cassette avait beau s’être échouée là il y a plus de vingt ans, on avait quand même changé l’étiquette lors du passage à l’euro. Elle en valait six ce jour-là.
(PLAY) >
Troublé, il continuait de parcourir le présentoir quand une musique retentit. Un truc inconnu. Médiocre forcément. À l’intérieur, ils avaient dû le voir. On lui avait mis de la musique. Là, à l’entrée, rien que pour lui. Il songea à Rod Serling, à La Quatrième dimension, et plus particulièrement à cet épisode où un homme pressé retourne dans la ville où il a grandi et la retrouve telle qu’elle était trente ans auparavant, inchangée. La chanson qui, telle une sirène enjoleuse, voulait le retenir là n’était heureusement pas d’époque. Cela le rassura un peu. Un peu seulement. Il ne valait mieux pas, c’était le cas de le dire, s’éterniser ici…
(STOP EJECT)

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 12:45

iron---wine.jpgJe ne remercierai jamais assez G.T. de m’avoir fait découvrir récemment Iron & Wine. Depuis la lecture de son article, les six disques du groupe (3 albums et 3 E.P.), sont bien au chaud à côté de moi, compagnons de route pour longtemps sans doute.
Hier soir, le groupe de Sam Beam jouait au Divan du Monde à Paris. Disons que ce groupe texan, qui a notamment collaboré avec Calexico, évoque, par la délicatesse de ses arrangements et de ses harmonies vocales, une sorte de rencontre rêvée entre Simon & Garfunkel, Elliott Smith et Sufjan Stevens. Plus précisément, Iron & Wine, c’est à chaque nouveau morceau la chanson que Herman Dune réussit une fois sur cinq seulement. Une musique gorgée d’Americana et d’arpèges sublimes qui me ferait presque renier Sparklehorse si seulement Sam Beam était aussi cabossé que Mark Linkhous…
Hier soir, donc, ils se présentèrent à huit sur scène. Le nombre de musiciens n’était pas ici synonyme de puissance et d’esbroufe, mais visait plutôt à dessiner avec précision les nuances musicales de chaque morceau. Finesse des arrangements, place accrue des percussions (comme sur le dernier album The Shepherd’s Dog), le Divan du Monde, salle à l’acoustique exceptionnelle, se transforma en cocon accueillant et bienveillant pour le folk-rock idéal de Iron & Wine.

 

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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 21:12
21.jpgEvidemment, la sortie, aujourd’hui, de l’album The Dø (voir ici) a un peu éclipsé celle du nouveau Daniel Darc, quatre ans après le sublime Crèvecœur. Pourtant, rentrant chez moi, avec les deux dans mon sac, c’est bien le sombre Daniel que j’ai d’abord écouté. Comment dire ? Pour moi, Crèvecœur, c’est à peu près ce qui est arrivé de mieux à la chanson française depuis L’imprudence de Bashung. Or, ça tombe bien, Alain Bashung est invité sur un titre, bouclant la boucle et faisant, indirectement, ressurgir cette image du concert de l’Olympia, il y a trois ans, quand, Christophe, le chanteur funambule, vint sur scène filmer au rappel l’ancien leader de Taxi Girl.
Bashung, Christophe, Darc. Une sorte de Sainte-Trinité, dirons-nous, pour demeurer dans le registre religieux désormais cher à l’auteur de Chercher le garçon.

Pour Amours suprêmes, donc, Daniel Darc a de nouveau confié le soin de mettre ses beaux textes en musique à Frédéric Lo. C’est bien, avec The Dø, un deuxième album de duettistes que j’ai rapporté chez moi ce soir. Mais si Lo s’occupait de presque tous les instruments sur Crèvecœur,
Amours suprêmes accueille d’autres musiciens, à commencer par Philippe Almosnino, guitariste aperçu avec les Dogs il y a bien longtemps, avec les Wampas souvent, puis avec Tarmac plus récemment. Bref, un deuxième guitariste, signe évident d’une tonalité rock plus affirmée (on s’amusera d’ailleurs du détournement, dans le livret, du célèbre logo d’AC/DC en un AR/DC plus conforme au patronyme du chanteur).
Alors, qu’est-ce qu’il vaut le nouveau Daniel Darc ? Je ne sais pas. Je viens de le retirer de la platine. Je ne suis pas aussi bouleversé qu’à l’écoute de Crèvecœur. Tout ce que je sais, c’est que The Dø, qui tourne, là, paraît tout terne à côté. Bon, allez, j’ai quand même pris deux, trois notes, alors à défaut d’une chronique du disque, réactions d’un fan presque en direct, titre par titre, avec une seule écoute au compteur.


1)
Les remords Eh bien, pour une ouverture d’album, on va dire que ça tape presque aussi fort que L’invitation sur le dernier Daho. Jubilation d’entendre, après la calme mélancolie de l’entame, ainsi résonner les guitares au refrain. C’est dire si la barre est placée très haut pour les neuf titres qui suivent. Trop haut ?
2) J’irai au Paradis Ce titre enlevé ferait un bon single. D’ailleurs, c’était le morceau qu’un cd des Inrocks avait permis de découvrir en avant-première. Si vous ne connaissez pas Daniel Darc, disons qu’il s’y présente idéalement en quelques mots : "Et quand je mourrai / J’irai au Paradis / Parce que c’est en Enfer que / J’ai passé ma vie". Ouais, quand même…
3)
L.U.V. On a beaucoup comparé Daniel Darc à Serge Gainsbourg. On ne s’arrêtera pas de le faire avec ce morceau chanté en compagnie d’Alain Bashung. Où les deux se régalent d’anglicismes et d’expressions très référencées comme "Hell Fire", "Raw Power", "No Fun", "Wham Bam Thank You Mum". Pas du name-dropping, mais presque. Pas besoin de vous faire un dessin donc sur le registre musical de ce titre.
4)
Un an et un jour C’est sur le disque la chanson qui, par son atmosphère, sa production, fait le plus penser à l'opus précédent. Elle aurait pu, se dit-on, être enregistrée il y a quatre ans. Superbe donc.
5)
La seule fille sur Terre Il faut bien une fausse note chez un ancien punk. Sur ce titre dispensable mais pas désagréable, on sent que l’arrangeur Lo, préposé au Minimoog et au Mellotron, s’est bien amusé. C'est déjà ça.
6)
Ca ne sert à rien Oh que si, Daniel ! Tes chansons nous aident à vivre. Chanson sur la mort, les morts (eh oui, encore une…) et la survie surtout… avec le survivant Robert Wyatt.
7)
Amour suprême C’est quand il s’arrête de chanter pour parler, presque réciter (Gainsbourg toujours…) que Darc est le plus émouvant. La preuve ici, encore une fois.
8) La vie est mortelle La bizarrerie de l’album. C’est presque de la variété française, dans ce que l’expression peut – parfois – avoir de plus noble. Là encore, on se dit que ça ferait un excellent single. Ce son de basse très seventies, rappelant un peu les sonorités de l’instrument sur Melody Nelson. En écoutant ce morceau – paradoxalement le plus enthousismant de l’album – on se prend à rêver d’un remix par Mellow, voire, en deuxième choix, par Air ou Bertrand Burgalat.
9) Serais-je perdu
Pas vraiment, non, Daniel. Tes "mots froissés au matin" sont toujours si bouleversants. D’ailleurs, faut que je pense à prendre ma place pour ton deuxième Olympia.
10)
Environ 8,5 sur 10. Si je devais mettre une note. En tous cas, une bien belle chanson pour terminer l’album. "Environ je dispose de presque / Un peu moins que rien". Pour nous, Daniel, c’est déjà beaucoup.

 


11) Le morceau caché
Taxi Girl, c’était aussi des textes rageurs. Piquouze de rappel ci-dessous.

 
 

 

 
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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 21:04

Et si les chansons, en filigrane, racontaient parfois une autre histoire...
Et si tout était affaire de montage, tel ce fameux "effet Koulechov" qui, au cinéma, fait dire à un plan identique des choses fort contrastées en fonction de celui qui lui succède (ou le précède)...

Ainsi, Minuit Orly de Serge Rezvani, précédemment interprétée par Jeanne Moreau et récemment revisitée par Héléna Noguerra, est d'abord une bien jolie chanson d'amour, le récit d'adieux provisoires, songe mélancolique d'une voyageuse que l'avion arrache à un amour prometteur.
Pourtant, écouter juste à sa suite La Rua Madureira, l'une des plus belles chansons de Nino Ferrer, jette rétrospectivement un voile bien noir sur la douce rêverie de cette voyageuse amoureuse...
Avant / Après
Elle / Lui
Un départ / Des regrets
En deux chansons, un dialogue inédit...

Héléna Noguerra - Minuit Orly (2007)
Nino Ferrer - La Rua Madureira (1966)


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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 11:30
voxpop2.jpg

undefinedAlors, mine, de rien, une excellente revue sur le rock a vu le jour fin 2007. VoxPop, c’est son joli nom, est un bimestriel (ce qui est une bonne chose) et le deuxième numéro est paru ces jours-ci.
On n’y parle presque pas de Pete Doherty ni d’Amy Winehouse (enfin, un peu quand même, mais surtout pour se foutre d’eux) et on y trouve une volonté de se dégager de la course à l’info et au buzz, ce qui est assez reposant pour quelqu’un comme moi qui n’arrive plus à lire les chroniques disques des Inrocks tant elles se ressemblent toutes d’une semaine sur l’autre. Justement, les rédacteurs de VoxPop ne chroniquent les disques que sur leur site et n’encombrent pas la revue papier du feuillet critique réglementaire, tarte à la crème de n’importe quelle parution cinéma ou musique. A l’heure où les blogs, eux-mêmes, démultiplient les points de vue sur un disque, VoxPop affirme, quitte à se couper d’une partie de son lectorat potentiel, que l’essentiel n’est pas là. On s’y concentre au contraire sur les reportages, les portraits, les entretiens fouillés ou les enquêtes insolites. Et cela redonne d’emblée ses lettres de noblesse à la fonction – aujourd’hui un rien galvaudée – de "rock critic". Ce qui n’est pas rien.

Outre une maquette d’une élégance folle et des photos originales souvent très belles, c’est justement dans cet aspect strictement journalistique que VoxPop s’impose en parution incontournable. Dans le premier numéro, je ne sais ce que je préfère entre le reportage sur les Tiny Masters of Today (24 ans à eux deux) égarés dans un festival de snowboard au Portugal, l’article sur la scène pop de Liverpool à travers les âges, ou la visite du quartier de Williamsburg à New York en compagnie d’un membre de TV on the Radio. Sans compter des idées éditoriales décalées mais passionnantes, comme cette enquête improbable sur la guitare à double-manche (n°2), l’entretien avec Dick Rivers au sujet de la jeune scène rock française (n°1) ou le portrait circonspect d’Alizée au moment d’un pseudo virage rock dans le dernier numéro.

Autre point fort, les entretiens. Sûr qu’avec The Liars ou The Coral, les journalistes ont toutes les chances de recueillir des propos intelligents. La tendance se confirme dans le nouveau numéro avec une énième interview – passionnante – de NTM, et surtout, surtout, une longue discussion avec Daniel Darc dont le nouvel album sort le 14 janvier.
En attendant, on l’espère, de les voir aborder – à leur manière – les autres médias rock que peuvent être le cinéma ou la littérature, on se dit que le principal écueil qui guette VoxPop serait de s’enfermer dans un registre chic et parisien, de systématiser plus que de raison les ouvertures vers la mode et l’art contemporain (tendance lourde d’un deuxième numéro un rien décevant) et de devenir la revue rock préférée des bobos lassés des Inrocks.

http://www.voxpopmag.com/webapp/

 


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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 20:27

01


Passé minuit, l’année commence avec les Sex Pistols, je crois. Pas mal. Quel morceau, je ne sais plus trop. Anarchy in the UK ou God Save the Queen. Forcément. D’une oreille distraite, on blindteste mollement tandis que le PC dans un recoin de la pièce déroule les mp3, tout aussi aléatoire dans ses enchaînements que nos conversations décousues. Notre hôte a bon goût. Pas trop de risque de mal tomber. Je me souviens qu’à un moment, pour rire, on a écouté un album de bootlegs (IPunx, un must !) et mis par-dessus des vidéos de tecktonik youtubesques. Eh bien, Grappa ou pas, ça avait de la gueule. Ouais.

Au petit matin, entre Marx Dormoy et La Chapelle, slalomant entre flaques de gerbe et grappes de fêtards sapés classe et court pour l’occasion, une fête qui s’éternise : des gens se trémoussent au premier étage, fenêtre ouverte, sur Loser de Beck. J’aurais bien aimé être invité là aussi. Pour danser, quoi !

Au retour, inutile de parler de ces visages hagards dans le RER de sept heures du matin. De cette jeune femme piquant une crise de larmes (ou d’angoisse) dans le couloir, à Nation. De ce type à capuche disant avec commisération à son pote qui vomit dans le caniveau, "Putain, faut qu’t’arrêtes de boire, mec"


Plus tard dans la journée, après quelques maigres heures de sommeil, des sms de circonstance. Comment faisait-on avant au fait ? C’est parfait les sms, ça laisse du répit, on y répond comme on veut, quand on veut. Je crois même avoir répondu à l’un d’entre eux : "2008 : Keep on Rockin’ in the Free World". Hmm... Neil, si tu savais…

Je continue le rangement des vhs entamé la veille. Les cassettes, ce n’est que le début. Ou la suite. Je ne sais plus trop. Sûr que mon mon appart’ débute 2008 tout neuf. Lui au moins, il doit se sentir bien. Ranger tout ça, c’est long, c’est fastidieux. Les vhs... C’est pas comme les musicassettes. Aucune affection, aucune nostalgie pour ce support. Celles que je ne jette pas vont droit dans des cartons, planquées dans le placard. Qu’elles ne m’emmerdent plus celles-là ! De toutes façons, je ne les regardais plus, elles ne me manqueront pas.

Ceci dit, rien de tel que ranger chez soi pour écouter des disques. C’est aussi idéal comme contexte que faire la vaisselle. On y est dans un état de disponibilité total.

Alors, c’était quoi les premiers disques de l’année ? Des vinyles. Rien que du vieux. D’abord Rattle and Hum de U2. Ce disque a vingt ans. Je l’ai vaguement entendu cet été au bord de la mer chez des amis et je m’étais dit alors qu’il faudrait que je le réécoute attentivement. Ce double album, je l’ai donc acheté en 1988. Et je le redécouvre avec plaisir – penser à aller voir les tablatures de Helter Skelter – Etrangement, j’avais totalement oublié l’existence d’un morceau intitulé God Part 2, et, là, les doigts pleins de poussière, La Porte du paradis version intégrale entre les mains, je réalise à quel point j’ai dû l’écouter à l’époque. God Part 2, putain ! Les quatre faces achevées, c’est le Say it Ain’t So de Murray Head que j’ai envie de poser sur la platine. Parce que j’en parlais il y a peu avec Arbobo, mon voisin de blog. Parce que John Steed, un ami, me loue souvent les qualités de ce disque. Et c’est vrai que – bien qu’inégal – il recèle quelques perles aux mélodies fort délectables.

La matinée s’achève – vers 15h – en douceur avec un disque de Georges Moustaki rarement écouté. Il n’a pas de titre, il date de 1979 et commence par l’immarcescible Et pourtant dans le monde. Avec ce mec-là qui chante et qui gratte sa guitare, je me sens bien. Ouais.

J’avais bien pensé sortir, faire un tour dans ce bois à côté de chez moi. Mais la nuit tombait déjà.

Cette journée n’est rien, elle n’existe pas. Juste un sas emprunté nonchalamment avant le vrai premier jour de l’année. Demain.

 

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