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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 19:45

Parce qu'elle est née le 12 août 2010...

Et parce que son prénom est Lola...

 


 

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 13:44

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:04

Dix amateurs de musique et de disques se livrent, racontent une anecdote ou se dévoilent, à travers l'évocation d'une chanson qui les a marqué (de State Trooper de Springsteen à Breathe de Pink Floyd en passant par Voyages de Polnareff ou Subterranean Homesick Blues de Dylan). L'idée est belle et rejoint, sur un mode plus documentaire qu'expérimental, la démarche entreprise par la réalisatrice Shanti Masud avec But We Have the Music (dont j'avais parlé ici). C'est simple, souvent touchant, ça s'appelle The Single Collection et c'est vraiment une bien belle manière de (faire) parler de musique sur Internet.



L'ensemble des sujets est visible ici : http://vimeo.com/singlecollection

Entretien avec le réalisateur, Julien Perrin, sur "La Petite Lucarne" du magazine Bref : ici


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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 10:18

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Ainsi, c'est fini...

Supergrass a donné son dernier concert hier soir dans une Cigale bondée, tandis qu'à côté, au Divan du Monde, le pseudo-événement n'était pas un concert mais la retransmission sur écran géant du premier match de l'équipe de France de football...

Avec ces adieux vaillants, c'est bien la première fois que j'ai vu Supergrass jouer aussi longtemps (deux heures). Et le concert fut à la hauteur des espérances, le groupe revisitant en remontant le temps plusieurs titres de chacun de ses albums. A chaque nouveau disque, un court intermède vidéo montrait le groupe en studio, visages rajeunissant doucement, chaque petit film faisant résonner quelques notes bien connues, faisant monter d'un cran l'effervescence. Quand on sait que, de l'avis général, Supergrass n'a jamais été aussi bon que sur ses trois premiers opus, on mesure le risque pris avec le choix d'ordonner ainsi la setlist. Risque mesuré, toutefois, puisqu'il promettait une véritable montée en puissance au fur et à mesure qu'avançait le concert. Aucun disque ne fut négligé, la salle s'électrisant encore plus nettement au bout d'une heure, une fois les cinq musiciens arrivés à leur troisième album, celui de 1999. A ce moment-là, je me suis dit que c'était sans doute la dernière fois que je pourrais bondir sur le refrain de Moving en même temps que quelques centaines de fans. Cela m'a fait bizarre.

Heureusement, jamais Gaz, Danny et Mick n'ont joué la carte de la nostalgie ou de la tristesse. Il y avait toujours autant d'allant dans l'exécution des morceaux. Tout au plus Gaz, le chanteur, mentionna-t-il à un moment qu'il s'agissait de leur tout dernier concert, mais - malgré les quelques huées qui accueillirent ses mots - il allait de soi qu'il ne s'agissait pas d'en faire un plat. Dans cette générosité teintée d'humilité, on a retrouvé le groupe tel qu'on l'a toujours aimé. Non, il fallait surtout profiter de ce moment exceptionnel clôturant de la meilleure des manières une belle histoire d'amitié et de musique. Epaulés, comme ils le furent au gré des concerts les plus récents par les deux frangins de Gaz Coombes (Rob et Charlie - ce dernier assurant d'ailleurs brillamment la première partie avec son projet Charlie Coombes and the New Breed, oscillant entre Supergrass et Tahiti 80), le trio initial se retrouva finalement seul en scène pour Lenny et Caught By the Fuzz. Symboliquement, Gaz délaissa alors le milieu du plateau et reprit momentanément sa place à droite de la scène, comme aux premières heures. La boucle était bouclée.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 11:20

PICT0015bis-copie-copie-1.jpgTout à l’heure, Supergrass, après 17 ans d’activité, donnera son tout dernier concert. Presque majeurs, les trois (désormais quatre) d'Oxford décident donc, drôle d'idée, de devenir adultes, de poser leurs guitares, de baisser le son… Lassés, ils s'arrêtent avant de se forcer...  Compte tenu de l'estime qu'on porte à Gaz et sa bande, on ne saurait leur en tenir rigueur...

Cet enterrement se passera en France, à Paris, à la Cigale. Et comme j’habite juste à côté, j’ai un peu l’impression qu’ils ont choisi cette salle pour moi, pour me faire un dernier signe. C’est absurde, je sais, mais on se console comme on peut, hein… Vendredi 11 juin, dernière date du "Farewell Tour", après un concert en Écosse et deux autres en Angleterre cette semaine.

Hier soir, d'ailleurs, Supergrass a gâté les londoniens (voir la setlist ici). On n’en attend pas moins ici. Ça sera étrange sans doute. Un peu triste peut-être. Mais ça sera gai aussi. Comme chaque concert du groupe. Parce qu’on sait déjà qu’il y a une vie après Supergrass pour Gaz Coombes et Danny Goffey (The Hot Rats par exemple, duo de reprises jouissif, même si on espère  quelque chose de plus costaud, de moins anecdotique, par la suite).

Supergrass va me manquer. Parce que chaque fois, je me disais que ce groupe incarnait sur scène ce que le rock’n’roll pouvait produire de plus enthousiasmant (lire ici). Des mecs sincères, à fond dans leur truc, terriblement classes et pourtant pas poseurs pour un sou. Que va devenir Mickey Quinn, le bassiste au visage de poupon, comment la voix de Gaz pourra-t-elle se passer des harmonies vocales que tissait, derrière lui, celui-ci ? Se reformeront-ils un jour ? À vrai dire, je ne l'espère pas. Car, là, ça serait vraiment fini. Oui, Supergrass, c’était un peu, pour moi, le groupe le plus intègre, le plus honnête, le plus sain peut-être. Et assurément le moins calculateur. Ils vont me manquer.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 11:40

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Alors, je ne sais pas qui a écrit la dernière phrase du billet précédent (ici), mais il avait tout faux... Hier soir, à la Cité de la Musique, beaucoup de gens étaient bel et bien venus pour Jarvis Cocker (n'est-ce pas Guic' the Old ?). On a même vu quelque part un tee-shirt Pulp, c'est dire... Rien à voir donc avec l'indifférence manifeste qui, le jeudi soir, accueillit The Hot Rats, précédents invités de Air pour leur "Domaine privé" dans la belle salle du Parc de la Villette. L'avantage, en ce vendredi ensoleillé, c'est qu'il n'y eut qu'un concert et que Jarvis Cocker n'eut pas à se défendre seul, en hypothétique première partie, face à un auditoire principalement venu écouter le duo. Non, pour un peu, on aurait même pu penser que c'était l'inverse, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin s'effaçant totalement - humblement - pour laisser la place centrale au performer Jarvis, toujours aussi classe, toujours aussi brillant, qu'il se lance dans des chorégraphies improbables ou qu'il explique patiemment la genèse de telle ou telle chanson dans un français maladroit... Air, comme backing band idéal, c'était l'hypothèse la plus stimulante qui nous vint à l'esprit à l'issue de ce concert véritablement enthousiasmant. Bien sûr, sans guitare et avec juste un batteur en renfort, certains titres manquaient un peu de mordant, mais ce fut un concert rare, une alchimie assez miraculeuse qui se mit en place d'emblée. Air et l'ancien chanteur de Pulp avaient déjà travaillé ensemble (pour le 5:55 de Charlotte Gainsbourg - voir ici), mais l'intérêt du concert vint bien de ce parti pris d'inédit consistant à mêler différents répertoires (en gros, quelques titres de Air, pas mal de titres écrits pour Charlotte G., une bonne pincée de chansons du premier album de Jarvis Cocker, une reprise de Scott Walker et, magnifique surprise, quelques titres de Pulp) sans hiérarchiser le moins du monde l'apport des hôtes ou de leur invité. Et au petit jeu des comparaisons, on aura finalement préféré le Playground Love de Virgin Suicides interprété par Jarvis Cocker plutôt que par Gaz Coombes la veille, le timbre du premier et ses inflexions de crooner moqueur s'accommodant bien mieux de la langueur soul de ce morceau. Et puis entre le meilleur morceau de Pulp (This is Harcore) et l'un des tout meilleurs de Beck (The Vagabond, enregistré avec Air pour 10 000 Hz Legend) la moindre des choses est d'écrire que cette setlist d'un soir fut bel et bien à la hauteur d'un concert mémorable...

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 12:11

aff_338.jpgJe m’étais pourtant dit que je n’irai plus voir Air. Écouter leurs disques à la limite, mais en concert, non, ils étaient définitivement trop ennuyeux (qui a dit, "leurs disques aussi" ?). Pourtant, voilà, on aime bien les artistes dont Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin ont choisi de s’entourer pour leur carte blanche à la Cité de la Musique, et c’est pour ça que je me retrouvais là-bas hier (pour voir Gaz Coombes et Danny Goffey de Supergrass, aka The Hot Rats) et que j’y retournerai ce soir (pensez donc, ils ont invité l’immense Jarvis Cocker).

Hier, disons que pour voir The Hot Rats, j’aurais pu m’abstenir et demeurer sur le souvenir de leur concert au Point Éphémère. Face à un public qui, visiblement, ne les connaissait pas, qui, assurément, ne savait pas que Supergrass donnera au grand complet son tout dernier concert  (d'adieux) à la Cigale vendredi prochain, face donc à un public qui s’en foutait, s’ennuyait poliment (oui, le public de Air est très, très poli…), prenait le duo pour le premier groupe de reprises de la fête de la musique venu, The Hot Rats ne jouèrent qu’un petite demi-heure, sans même daigner balancer Queen Bitch de Bowie ou The Lovecats de Cure. Frustrant. Frustrant aussi de se sentir si seul, à côté d’un public hagard, so romantic et déjà mentalement envapé dans les nappes hypnotiques de leurs héros versaillais…

Pour autant, on savait que Gaz et Danny reviendraient puisque le gros morceau de la soirée consistait en la réinterprétation live par Air et The Hot Rats de la bande originale de Virgin Suicides, le film de Sofia Coppola, qui, on le sait, doit tant à la musique des premiers. Attendons donc, se disait-on alors, et qui sait, peut-être se fendront-ils ensuite de quelques reprises millésimées Hot Rats à quatre…

Avant cela, l’entracte. On regarde autour de soi. Les gens sont sages, propres, bien peignés. Comme la musique de (h)air. Et puis, on s’attarde sur ceux qui font tache. Il y a ces deux mecs tout petits mais très bodybuildés (on écoute donc Air dans les salles de sport ?), extatiques et criant très fort pendant le concert, cet ado mal dégrossi dont le foulard pendant autour du cou le fait ressembler à un scout, ces anglaises fines et élancées sorties des backstages et déjà vues au Point Éphémère (des copines à Gaz et Danny sans doute), cette famille bourge au grand complet : la mère élégante (qui a dit MILF ?), sa fille – jolie – qui doit, les soirs de spleen, se prendre pour une sœur Lisbon, un frère, un mec, un cousin, je sais pas trop, petit blazer, chaussures vernies, polo Lacoste, les cheveux mi-longs délicatement agencés, la barbe de trois jours bien étudiée. Le père ventripotent, un peu vieux beau, lui, ressemble à l’ancien PDG de la Fn*c. Ou alors, il bosse dans la pub. Il lit le programme, parle des deux mecs qui jouaient en première partie, découvre, article à l’appui, le nom de Supergrass : œil morne des teenagers l'accompagnant, trop jeunes pour avoir connu le groupe de Gaz et Danny du temps de sa splendeur. Grand moment de solitude. Et puis, en lisant le programme et la liste des morceaux repris sur disque par The Hot Rats, le père qui, content de lui et d'un air entendu, trouve un nom Roxy Music ! à mettre sur ce morceau... qu’ils n’ont même pas joué (ah ouais, tiens, Love is the Drug, ç’aurait été bien quand même)… Regard admiratif, du fiston, du cousin, du mec de l’adolescente, je sais pas, qui trouve que le presque quinqua, il assure quand même vachement à connaître comme ça les vieux groupes mythiques : Roxy Music, il a dû lire le nom en regardant le programme de Rock en Seine 2010 et comprendre que, quand même, ils avaient dû être un peu influents, il y a longtemps, deux, trois ans avant les Libertines, quoi…

Vite, par pitié, faut que ça commence… J’ai peur de voir débouler des "jeunes pop" de l’UMP…

Virgin Suicides donc. Seul vrai bon film de Sofia Coppola, premier grand livre de Jeffrey Eugenides (allez lire Middlesex !), album inégal de Air... Pour le coup, ce fut très chouette, l’acoustique du lieu étant en outre à la hauteur de la sophistication des arrangements. Et si l’énergie du chanteur et du batteur de Supergrass ne transformèrent pas littéralement les petits chimistes de Air en leurs Mister Hyde punk-rock, disons qu’on les sentit quand même un peu plus libérés, plutôt contents d’être là. Et puis, à la basse, en mode Herbie Flowers, Godin assura carrément. L'émulation, c'est bien. En guise de rappel de ce concert très court, les quatre musiciens s’aventurèrent dans un Don’t Be Light jadis chanté par Beck, qui, pourtant issu de leur meilleur album (10 000 Hz Radio), fut joliment foiré (oui, c’est sûr, j’aurais préféré The Vagabond). À 22 heures, c’était plié. Bon. Ça tombait bien, je devais me lever tôt.

Pour dire comme cette soirée fut punk (!), j’ai même vu en sortant Gaspar Noé, le réalisateur du film le plus con de l’année dernière (tellement idiot, d’ailleurs, ce film, qu’il a redoublé et qu'il n’est sorti que cette année)…

Courage, ce soir, il faut y retourner… On sera quoi, 5%, 10% à savoir que le grand échalas barbu qui va chanter avec eux fut le leader du plus grand groupe britannique des années 90…

 

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=10175

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 17:04

 

The Beta Band 2 - +-copie-2

The Beta Band, Route du rock 2004

 

 

Quand je les ai vus, en 2004, à la Route du rock à Saint-Malo, je ne savais pas que le Beta Band était au bord de la rupture. Après sept ans d'activisme musical, une quarantaine de morceaux barrés, un DVD complètement fou et, surtout, quatre albums inégaux mais durablement marquants, c'était bien l'un de leurs derniers concerts...

Bien sûr, le groupe écossais ne fut jamais meilleur qu'à ses débuts, avec le cultissime The Three E.P.'s (même pas, comme son titre l'indique, un vrai album !) et je ne remercierai jamais assez un ami de me l'avoir offert à l'époque. Mais voilà, ce fut, sept ans durant, un groupe unique, influent, dont les penchants psychédélique s'accommodaient de la fréquentation des dancefloors et dont la neurasthénie probable accouchait de pop songs bizarres et brinqueballantes... À l'époque, aux États-Unis, Beck sortait Odelay, on l'adulait. En Europe, les bricolages de Steve Mason et ses potes n'eurent pas le même écho ; cela leur évita sans doute de tourner en rond, de psalmodier toujours la même chanson... Ce Beta Band méconnu, pourtant, on l'a un peu entendu sans forcément le savoir : dans la bande son de publicités grotesques pour les produits laitiers ou, plus opportunément, dans la boutique du disquaire de Haute fidélité, le film de Stephen Frears d'après Nick Hornby (voir ici, à la fin de l'extrait, les vertus magiques du morceau Dry the Rain pour relancer l'industrie du disque)...

Mais le Beta Band jeta l'éponge, dirent-ils à l'époque, faute de succès, par lassitude. Son leader, Steve Mason, s'aventura ensuite dans King Biscuit Time, sorte d'ersatz rachitique de sa première formation. Las ! Je ne sais même pas si les disques de King Biscuit Time sortirent en France. Ils étaient assez beaux pourtant, touchants dans leur dénuement, mais bien trop discrets pour raviver la flamme. Mason passa ensuite par les cases rupture, dépression, et voilà qu'aujourd'hui, alors que nous n'attendions plus rien de lui, il sort un disque sous son propre nom, et chez Domino qui plus est (le genre de label capable de le publier et de le défendre correctement).

Ce Boys Outside pourrait (presque) être un nouveau disque du Beta Band (c'est évident avec le premier single, sublime, Lost and Found). Si les morceaux de King Biscuit Time ressemblaient trop souvent à des démos, ceux de Steve Mason sont ouvragés à la perfection. On y retrouve, en embuscade d'une production léchée, ses rythmiques acoustiques envoutantes, ses mélodies évidentes portées par un timbre aussi las qu'hypnotisant. C'est dire s'il faut découvrir ce disque toutes affaires cessantes.


Album en écoute ici

 

 


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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:28

410px-UGWNL_film.jpgUnder Great White Northern Lights est d’abord un film d’Emmett Malloy. C’est ensuite un album assez dispensable, le premier live officiel des White Stripes, enregistré en 2007 durant la toute première tournée du duo (qui fêtait alors ses dix ans d’existence) à travers le Canada. Jack White, que l’on a toujours aimé en concert, et que l’on sait depuis revigoré par la fréquentation de Brendan Benson (avec The Raconteurs) ou d’Alisson Mosshart (avec The Dead Weather), y apparaît fatigué, la voix au bord de l’épuisement, de la rupture (calamiteuse version de Blue Orchid).

Dans le film, Jack et Meg White paraissent parfois s’amuser : lorsqu’ils investissent, pour y jouer, des lieux improbables (un bowling, un bateau, une maison de retraite). Mais le plus souvent, c’est une profonde lassitude qui se superpose aux images de prestations turbulentes, où les solos de White ne convainquent plus vraiment, trop alambiqués, trop déstructurés, trop pleins d’une rage venant malmener des compositions qui, ici restituées sèchement, sonnent beaucoup moins bien qu’en studio. Comme si Jack White, sur cette tournée, avait déjà la tête à ses autres projets, à d’autres collaborations, comme si Meg déjà savait qu’elle arrêterait de marteler sa batterie à l’issue de ces concerts…

On sait que les White Stripes ne tournent plus, n'enregistrent plus. Que Meg a eu besoin d’une pause. Une pause... La sortie d’un live en lieu et place d’un nouvel album semble augurer ce que tout le monde pressentait. Cela apparaît de façon manifeste dans le film, qui est moins une célébration d’un groupe au sommet de son art qu’un chant du cygne douloureux. Sur la pochette,  sur l'affiche, les White Stripes sont d’ailleurs figurés par de simples silhouettes, de dos, déjà presque effacées. Dans le film, 1h30 durant, il suffit de regarder Meg, mutique, pour comprendre. Elle est comme la figurante d’un projet en lequel elle ne croit plus, ses poses de poupée, ses mouvements de métronome – jadis  marque de fabrique craquante – traduisant soudain le gouffre entre un Jack hyperactif et une batteuse qui semble déjà savoir que tout sera fini bientôt.

Meg, dans les séquences d’interviews, dans les scènes de transition (voyages, accueils, rencontres avec les responsables locaux) est dans le plan, toujours, mais sa présence crée une tension permanente, paradoxale, comme si elle souhaitait avant tout s’en échapper, disparaître dans un fondu enchaîné, laisser à Jack la lumière, toute la lumière. Plus le film se déroule, plus l’inadaptation de Meg nous rend mal à l’aise. On a envie de l’entendre, de la brusquer un peu, on n’en peut plus de voir quelle torture cela semble être pour elle de devoir figurer, ailleurs que sur les planches, la deuxième moitié d'un duo ne se conjuguant pratiquement plus au pluriel. Seules les scènes de concert la raniment un tant soit peu. Bizarrerie du film de Malloy, les (très) rares moments où Meg s’exprime sont sous-titrés, comme s’il s’agissait de signifier encore plus clairement que cette femme n’est plus là, ne parle plus la même langue. Le procédé est assez déplaisant, je ne me l’explique toujours pas...

Les lumières du Grand Nord nous révèlent un fantôme. La malaise est patent. C’est un film triste, très triste. À l’image de son ultime séquence, bouleversante (voir ci-dessous), qui, tel un adieu, ne peut avoir été placée juste avant le générique de fin par hasard…


 



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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:54

 

http://www.liberation.fr/culture/0101628467-psychose-la-douche-froide


La lecture de cet article de "Libération" ouvre la perspective d’un film imaginaire absolument idéal.

On y apprend qu’il y aurait eu deux doublures, et non une seule, lors du tournage de la fameuse scène de douche du Psychose de Hitchcock. S’y ajoute la révélation selon laquelle la doublure de Janet Leigh, ancienne strip-teaseuse que l’on a dite depuis assassinée, n’est pas celle que l’on a crue.

Cette histoire – avérée ou non, c’est autre chose – ouvre des perspectives de récit et de mise en scène ahurissantes.

On en viendrait presque à penser que l'enquête du journaliste Robert Graysmith a été commanditée par un Brian de Palma en  rade de sujets pour pouvoir revenir une dernière fois à ses obsessions hitchcockiennes, pour nous laisser entendre que, somme toute, il avait raison de la fouiller depuis des décennies cette scène, d'y revenir encore et toujours.

On imagine alors une sorte d’œuvre définitive, où le jeu devenu routinier sur les thèmes du double, du complot et des faux-semblants (on pense à  Body Double évidemment, mais aussi à Sœurs de sang, à Obsession ou au Dahlia noir) y serait amplifié par cette ultime variation sur la scène de douche de Psychose, image-source parmi quelques autres du cinéma de De Palma, scène maintes fois revisitée, maintes fois rejouée, telle la pierre angulaire de son maniérisme et de son fétichisme de cinéaste-cinéphile.

De Palma nous révélant les leurres et les mensonges dissimulés derrière le rideau de douche... Je n'ose y croire...

Fantasme cinéphilique absolu, proposition vertigineuse. Comme si toute cette œuvre, souvent mal comprise, devait finalement (fatalement ?) mener jusque-là.

Alors, je referme les yeux et je laisse le film se dérouler…


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