Mercredi 1 juillet 2009

Les Wampas, Izia, Syd Matters, Stuck in the Sound
et Anthony Joseph and the Spasm Band ce week end à l'Hippodrome de Longchamp...




Solidays, ça brasse large et c’est normal. On y vient pour le soleil, pour une chouette ambiance et un peu quand même aussi parce que le sida, il ne passera pas par nous.. Noble cause oblige, c’est un festival qui ne s’encombre pas de cohérence esthétique, plus proche dans son esprit de la Fête de l’Humanité (ses stands, ses pétitions, ses manèges, sa bouffe de tous les pays, ses jeunes à dreadlocks) que de Villette sonique. À Solidays, on chante Bella Ciao et Hasta Siempre Comandante avec les sympathiques Mouss et Hakim, on ne peut pas faire trois pas sans tomber sur un concert de reggae. Et cette jeunesse-là, habillée trop large dans ses ponchos et ses fringues ethniques, elle continue, bien campée dans ses sandales, de résister à la dictature du slim, du tee-shirt moulant et de la Converse vintage.

Pas si rock Solidays, dans le fond, mais consensuel, lisse, plutôt bon enfant. On le sait en y allant. Il n’y a donc pas lieu d’être déçu. D’autant que les toilettes y sont d’une propreté ahurissante (à notre tour, à l’instar de chaque artiste se produisant durant ces trois jours, de remercier-les-bénévoles – voilà c’est fait). Et puis à la fin du week-end, c’est Manu Chao qui nous dit au revoir car Solidays, ouais, c’est alter à donf. Mais, nous, faut pas déconner, on est déjà dans la navette du retour, parce que, bon, à quoi ça sert de voir Manu (oui, à Solidays, tout le monde le connaît intimement et l’appelle Manu) quand tout ce qui nous intéresse dans son répertoire, c’est le boulet Mano Negra qu’il se traîne depuis des lustres et qui fait que, malgré d’ennuyeux albums solo, on continue à bien l’aimer quand même… D’ailleurs, on n’aura pas été voir non plus la carte blanche à Kool Shen parce que, franchement, ce qui nous bottait, c’était NTM, et que sans JoeyStarr, bon…
En tête de gondoles, du coup, The Do, Keziah Jones ou Izia, en ambassadeurs d’une variété rock "de qualité", étaient bien à leur place à l’Hippodrome de Longchamp (comme Patrice, l’an dernier, tiens…). Le genre d’artistes qu’on voit à la télé, estampillé Taratata, tout comme ceux que l’on voulait à tout prix éviter (Benabar, La Grande Sophie, Sinsemilia, Ayo, ce genre…). Et ce n’est pas leur faire injure que de préciser que chacun excella dans son registre – attendu – sans bouleverser, sans surprendre.
Keziah Jones a ainsi compris que son dernier disque était vraiment trop paresseux et mit plutôt en avant des morceaux de son splendide Black Orpheus. Le guitariste nigérian s’avère certes toujours aussi poseur, légèrement agaçant, mais sa reprise toute personnelle de All Along the Watchtower, ni hendrixienne ni dylanienne, fut l’un des moments les plus enthousiasmant du week end. Enfin, après mon sandwich aux falafels du samedi soir.
The Do, je ne sais pas, j’aime assez leur album fourre-tout, mais les nouveaux morceaux, plus mollassons, n’augurent pas du meilleur pour un prochain opus. Mais, bon, peut-être ai-je cette impression juste parce que j’étais, durant leur set, vautré dans l’herbe et somnolent… Ben oui, à un moment donné, il faut savoir s’arrêter de courir d’une scène à l’autre. On n’a plus vingt ans, quoi !
Sinon, le dernier jour il y eut Izia, qui, objectivement, avait tout pour me plaire (fille de son père, références heavy rock seventies, guitare SG, charisme indiscutable), mais pour qui un je-ne-sais-quoi de convenu, de formaté – un manque d’originalité surtout – m’empêchèrent d’adhérer complètement à sa prestation électrisante. C’est en tout cas un euphémisme que d’écrire que la petite fille que son père chantait il y a près de vingt ans dans Ce qui est dit doit être fait a mis le feu au festival…
Toutefois, si Izia connaît sa Janis sur le bout des doigts, le rock français à Solidays, ce furent surtout les excellents Stuck in the Sound qui l’incarnèrent le mieux le vendredi, puis les Wampas, bien évidemment, le dimanche. Didier Wampas est toujours aussi mal fringué et le vingtième degré sied toujours aussi bien à son gang tout droit issu d’une BD rock régressive. Les Wampas en live, c’est du cartoon, du cirque punk pour rire dont on ne se lasse pas. Des Bottes rouges à Ce soir c’est Noël en passant par C’est l’amour ou un Manu Chao de circonstance, le groupe "qui a inventé le rock & roll" s’est encore imposé comme champion toutes catégories de la prestation live sans filets, Didier proposant même, avec son micro dans le falzar, une toute nouvelle illustration de ce que peut être un instrument percussif.
Et puis il y eut aussi, pour le meilleur, Syd Matters et ses harmonies pop au bon goût assez irrésistible ainsi que Poni Hoax et son post-rock dansant et adulte, bizarre anomalie dans une programmation ne tolérant qu’exceptionnellement des chanteurs au crâne si désavantageusement dégarni et au costume si bien coupé. Vraiment classe, ce groupe évoquant parfois un Joy Division matiné de disco, qui, jadis, accompagna Jeanne Balibar pour la tournée consécutive à son deuxième album solo, et qui, à Solidays, nous changea un peu des branleurs ou des gravures de mode faisant habituellement vendre des disques et des posters.
On passe vite sur l’escroquerie Internet que sont les Naive New Beaters et sur les plaisants Ting Tings, découverts ici-même l’an dernier, mais que l’on ne revit pas ce coup-ci car on avait mieux à faire sur une autre scène. Samedi, à 23 heures, Anthony Joseph, performer bondissant (voir ici la chronique de son album par G.T.), donna en effet un concert fabuleux, entouré de ses six musiciens (dont trois percussionnistes tout de même). Soit une heure pour définir enfin ce qu’est le groove (ce truc essentiel que Stephanie McKay – une sous-Macy Gray bien consensuelle programmée l’après-midi même – aurait dû un peu réviser). Beau cadeau, le groupe d’Anthony Joseph fut même rejoint au rappel par un Keziah Jones inhabituellement humble.
Alors, comme on dit à la fin d’un festival, rendez-vous en 2010. Ou pas.



Bonus Track : tout un concert d'Anthony Joseph and the Spasm Band filmé à l'Olympic de Nantes le 24 avril dernier, ici.

Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Lundi 22 juin 2009
Ça y est. Les disques sont rangés, classés. Les siens, les miens, mélangés, accouplés. Pas de larsens, tout se passe bien. L’ordre alphabétique doit avoir des vertus pacificatrices.
Pourtant, quand on mélange amoureusement nos CD (voir épisode précédent ici), on tombe forcément sur des disques que l’on a en double.
Dans les 33 tours, ces doublons se comptent sur les doigts d’une seule main (Grease, Saturday Night Fever, le premier A-Ha, un Eurythmics, Thriller de Michael Jackson), trahissant insolemment que nous avons grandi dans les années 80, au rythme hebdomadaire du Top 50 de Marc Toesca…
Mais pour les CD, c’est autre chose. Et nombreux sont ceux qui, délogés par leur double maléfique (plus beau, pas délavé par le soleil, le digipack intact, le cristal pas rayé, l'original plutôt que la copie), n’ont plus le droit de trôner sur les rayonnages rouges, condamnés au purgatoire ou sommés de se trouver de nouveaux propriétaires parmi nos amis (voire parmi nos ennemis ?)…
Bien sûr, pour certains, on aura gardé les doublons, parce qu'il s'agit d'éditions différentes (Le Live au Roxy de Polnareff), parce que le boîtier ou le livret n'est pas le même (Sea Change de Beck, Faites vibrer la chair de Zone libre), parce que l’une des deux versions est agrémentée d’inédits ou de titres bonus (OK Computer de Radiohead, You All Look the Same to Me d’Archive).
Mais, déjà, avec tous ceux-là, on se dit que "disquairement parlant", on avait deux, trois choses en commun, non ?


PJ Harvey, Uh Huh Her Mercury Rev, Deserter’s Song Mercury Rev, All is Dream – Mercury Rev, The Secret Migration John Butler Trio, Grand National – Noir désir, Des visages, des figures – Noir désir, Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient) – Garbage, Beautiful Garbage – Sonic Youth, Dirty – Sonic Youth, The Destroyed Room – The Cure, Kiss Me, Kiss Me – The Cure, The Cure – Nick Cave & The Bad Seeds, Nocturama Nick Cave & The Bad Seeds, The Boatman’s Call – The Clash, London Calling – Coldplay, A Rush of Blood to the Head – Coldplay, Parachutes – Eagle Eye Cherry, Desireless – Smashing Pumpkins, Gish – Smashing Pumpkins, Siamese Dream – Tindersticks, Tindersticks – Tindersticks, Simple Pleasure – Laurent Voulzy, Avril – The White Stripes, Get Behind Me Satan – Neil Young, Unplugged – Nirvana, In Utero – Portishead, Dummy – Radiohead, Hail to the Thief – Radiohead, Kid A – Red Hot Chili Peppers, Blood Sugar Sex Magic – Sigur Ros,( ) – The Silver Mount Zion, Born Into Trouble as the Sparks Fly Upwards – Archive, Disc – Air, Pocket Symphony – Abd Al Malik, Gibraltar – Louise Attaque, Comme on a dit – Louise Attaque, À plus tard crocodile – Louise Attaque, Louise Attaque – Luke, La tête en arrière – Massive Attack, 100th Window – Moby, Play – Daniel Darc, Crèvecœur – Depeche Mode, Violator – Depeche Mode, Playing the Angel – Dominique A, Auguri – Eels, Beautiful Freak – Eels, Daisies of the Galaxy – Charlotte Gainsbourg, 5.55 – Gorillaz, Gorillaz – Herman Dune, Giant – Alain Bashung, Fantaisie militaire

Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 16 juin 2009
Il est toujours particulièrement agréable, quand rien ne nous y a préparé, de découvrir, au détour d'un article, qu'un de ses groupes fétiches - un véritable compagnon de route - a sorti un nouvel album. Ainsi, juin 2009 m'offre un nouveau disque de Sparklehorse alors que je ne m'y attendais vraiment pas, me consolant de la toujours trop longue absence de Mark Linkous dans les douces mélodies du Delano Orchestra. Un nouveau Sparklehorse, donc... Enfin, pas tout à fait... Un disque de Sparklehorse et du producteur Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz...) accompagné d'un livre de visuels de David Lynch et agrémenté d'une floppée d'invités. Un projet se déclinant aussi en installation, bientôt à Los Angeles.
On se méfie des disques collectifs déroulant leur carnet d'adresses avec arrogance, mais vous conviendrez, si vous l'avez vu sur scène, que l'arrogance n'est pas vraiment le terme le plus à même de qualifier le fragile et délicat Mark Linkous. Alors, voilà, malgré la présence d'un rescapé de Grandaddy, malgré les Flaming Lips, Iggy Pop, Frank Black, les chanteurs de The Shins ou des Strokes, Suzanne Vega, Vic Chesnutt ou Nina Persson, c'est bel et bien à un nouvel album de Sparklehorse que l'on a affaire sur la majorité des plages. La plupart des titres auraient pu trouver leur place sur un successeur de Dreamt for Light Years in the Belly of a Mountain (produit, justement, par Danger Mouse). Et si les apparitions de Frank Black, d'Iggy Pop et de Julian Casabancas convainquent moins, c'est justement parce qu'elles dénotent un peu trop par rapport aux tonalités habituelles de Sparklehorse, parce que la greffe (évidemment parfaite pour Wayne Coyne ou Jason Lytle) prend avec eux un peu moins bien...
Précisons qu'un litige entre Danger Mouse et EMI empêche la sortie physique de l'album. Dark Night of the Soul est donc pour l'heure, et sans doute pour toujours, un livre de David Lynch vendu avec un CD vierge sur lequel l'album, téléchargeable gratuitement un peu partout, pourra être gravé... Cruel paradoxe pour le disque de Mark Linkous qui, vertu du net, sera sans doute le plus écouté mais le moins rétributeur...

Album disponible ici.

Lire aussi ici et .
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Vendredi 5 juin 2009


Un lundi soir. Mes VHS abandonnées dans la rue. Du côté de Vincennes et de Montreuil, comme chaque semaine ce soir-là, c’est la veille du ramassage des encombrants, et les glaneurs sont de sortie. Jusque tard dans la nuit. J’ai laissé les trois cartons ouverts exprès. Je ne peux pas juste les jeter. Je discute avec un curieux en descendant le dernier carton. Plus tard, du balcon, j’observe, c’est émouvant. Des gens passent, ne les regarde pas. D’autres se retournent, reviennent sur leurs pas. Les cassettes leur font de l’œil. Les jaquettes Télé K7 font le trottoir, aguicheuses, donnent l’illusion de boîtiers du commerce, d’originaux. Des centaines de films. Et, si je puis me permettre, vraiment pas de la merde. Que des copies pourtant. Avec de la pub au milieu, souvent. Mais, couchées sur bandes, des milliers d’heures de plaisir, de découvertes s’égrainant sur une petite douzaine d’années. Elles ont survécu au premier déménagement. Il y a neuf ans. Je n’avais pas encore, alors, de lecteur DVD. Là, ce n’est plus possible. Il faut faire de la place dans l’appart’ tout autant que dans ses souvenirs. Les originales, j’en ai gardé quelques-unes, d’autres, je les ai données. J’en avais de toute façon acheté assez peu. L’objet était moins tentant. Pas comme les DVD. Oui, avant on ne téléchargeait pas, on enregistrait à la télé, on se faisait des copies entre potes, on dupliquait les films qu’on louait au vidéo-club ou qu’on empruntait à la médiathèque… Je ne connais même pas l’état des bandes, je n’en avais pas regardé depuis des lustres. Mais je sais, pour chacune, où je l’ai enregistrée, quand je l’ai enregistrée. Elles moisissaient dans des cartons et, pour les plus chanceuses, sur des étagères depuis quelques années. Même la première d’entre toutes, cette 240 minutes enregistrée en période de fêtes sans doute au début des années 90 et rassemblant Errol Flynn en collants verts et le Monolithe kubrickien.

Mes cassettes, comme un itinéraire. De beaux souvenirs d’apprentissage.
Si d’autres peuvent s’en emparer avant le passage des poubelles, tant mieux… Avec elles, c’est un peu de ma cinéphilie qui s’en va… C’est pas grave…


Il y avait tant d’heures de musique, aussi, copiées sur bandes magnétiques...


"Et nos CD, alors, on les mélange ?"


Les sept étagères sont là, montées depuis trop longtemps. Les cartons scotchés depuis tout autant. Elle est bien trop longue, cette transition. Les cartons attendent chez moi. Les étagères patientent chez elle. Dans dix jours, on mélange. Dans dix jours, on déballe !


"De toutes façons, moi, le classement des CD, je ne m’en occupe pas". Eh bien, encore heureux ! En attendant, nos étagères rouges prennent bien la poussière sur leurs deux mètres de hauteur. Il est temps de les garnir, de mots, de notes et de musiques.


Mes potes, j’y tiens. Ils apprécieront qu’on ait déjà transporté, petit à petit, dans mon nouveau chez moi presque tous mes vinyles. Sauf qu’en vrai, ce n’est pas pour les ménager, c’est juste que je n’avais pas trouvé de cartons à la bonne taille… Eh oui…


À deux, nous avons quand même trois fois la B.O. de Saturday Night Fever en 33 tours. Ça fait six disques et douze faces… Mais comment on a fait ça, nous qui étions trop jeunes pour nous trémousser sous boules discos quand sortit le film de John Badham ?!


"Mais tu veux vraiment la garder ta lava-lamp ?"


Sea Change de Beck, Uh Uh Her de PJ Harvey, Dirty et The Destroyed Room de Sonic Youth, OK Computer et Kid A de Radiohead, Des visages, des figures de Noir désir, Faites vibrer la chair de Zone libre. Quelques doublons qui feront le bonheur des amis. Bizarrement, ce ne sont pas les pires horreurs de nos discothèques respectives que nous avons en double. Et Dieu sait si nous en avons des horreurs ! Enfin, moi, surtout…


Mais à quoi ça sert d’habiter désormais à côté de la Cigale, du Divan du Monde et de l’Elysée Montmartre si, depuis un an, presque tous les concerts que je vais voir se déroulent bizarrement au Bataclan ?!


D’ailleurs, il y a quelques heures, c’était Jarvis Cocker…


Le joueur d’accordéon, je l’aime bien quand c’est Yves Simon qui le chante. Par contre, l’entendre tous les soirs exécuter les mêmes airs pour les clients du café d’en bas, ça donne une furieuse envie de pousser le Marshall à onze… Mes nouveaux voisins m’adorent déjà…


Par Ska - Publié dans : Instantanés
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Lundi 18 mai 2009
Je n’aurais jamais cru écrire cela, mais hier Polly Jean m’a saoulé. Si son précédent passage à Paris, seule, au Grand Rex, avait enchanté, le premier concert du Bataclan, dimanche soir, fut une puissante déception.
Étonnement d’abord de la voir débouler pieds nus, en petite robe, délestée de son habituelle guitare. Au Grand Rex, nous promettant un concert solo dans la lignée de l'album White Chalk, elle déboulait guitare rugissante et calmait d’emblée toute l’assemblé avec un To Bring You My Love d’une tranchante intensité. Hier, pas de telle surprise : le concert commença avec l’efficace Black Hearted Love, exécuté tout aussi efficacement par un groupe il faut bien le dire parfait et bénéficiant d’une balance pour une fois idéale. Programme annoncé : en entamant le set avec le premier morceau du dernier né, il était clair que tout l’album y passerait et que peu de place serait laissée au reste.
Alors PJ hier ? Chanteuse beaucoup. Rock Star beaucoup moins. Et c’est bien son problème depuis quelque temps, qui apparut très clairement à la sortie de A Woman a Man Walked By, confirmant en cela le virage amorcé par ce fade White Chalk que tant d’autres tiennent pour un chef-d’œuvre. Désormais, pour PJ, on dirait que chaque chanson s’envisage presque comme une performance, comme une manière de tester une voix poussée dans ses retranchements, malmenée, travaillée jusqu'à l'épuisement. Pourquoi pas, mais il est assez désagréable d’assister à la "Björkisation" de notre égérie indé, de sentir que l’affectation a remplacé ce qui subsistait d’émotion… Chaque morceau comme un exercice de style. Comme si l’urgence, la nécessité, s’étaient émoussées…
Ce fut un très court concert (1h20) dont on retient quelques très beaux moments (Sixteen, Fifteen, Fourteen et son banjo, les jappements de Pig Will Not), des fulgurances soniques et un talk over fébrile rappelant The Ex, un rappel mettant à l’honneur John Parish, mais aussi, malheureusement, d’agaçantes minauderies vocales sur Leaving California ou April, triste morceau de conclusion où PJ ne trouva rien de mieux à faire que de singer, aux couplets, les parfois agaçantes Cocorosie…
La bizarrerie de tout cela, c’est que j’écris ces quelques lignes en réécoutant l’album et que les morceaux passent, gravés sur CD, plutôt mieux qu’hier soir… Alors, pourquoi m’a-t-elle tant déçu ? Parce qu’elle laissa la guitare à d’autres (dont John Parish bien sûr) ? Parce que le fan de Dry ou de Is This Desire n’eut pas son compte de classiques ? Parce qu’apparurent sur scène les effets et les artifices que l’incohérence d’un album presque expérimental dissimula un temps ? Parce que je suis juste passé complètement à côté d'un excellent concert ?
Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 28 avril 2009
Au hasard d’un film (le nouveau Star Trek en l’occurrence), c'est une sensation jubilatoire. On ne s’y attend pas : un morceau qu’on adore déboule comme ça, vient réellement (utilement) dynamiser une séquence. Le morceau dure, il est utilisé à dessein, pas seulement comme un signe pop ou comme du remplissage stérile... Ça fonctionnait admirablement avec The Times They Are A-Changin' de Bob Dylan sur le générique uchronique des Watchmen. Et dimanche soir, ça résumait pas mal l’entreprise de J.J. Abrams s'attaquant à Star Trek.
Sabotage
des Beastie Boys pour illustrer l’une des premières séquences du film, celle visant à nous présenter James T. Kirk enfant rebelle, pas encore capitaine de l’Enterprise… C’est la première bonne surprise d’un film qui en recèle de nombreuses et qui réussit à la fois à satisfaire qui n’a jamais été le moins du monde intéressé par Star Trek (votre serviteur) et qui déteste la seconde trilogie des Star Wars (moi itou). C’est sûr, J.J. Abrams et Damon Lindelof, après la quatrième saison de Lost (ce que j’ai pu voir de plus stimulant l’an dernier), sont très forts… En situant leur blockbuster dans une réalité et un espace/temps parallèles à ceux que vénèrent les "trekkies", en préférant les personnages et les sentiments à la surenchère d’action et à la vaine agitation, ils ont réussi l’impensable : renouveler de fond en comble une série intouchable et me faire aimer les mecs en pyjamas…




Parce qu’on ne s’en lasse pas, Sabotage, le clip réalisé par Spike Jonze, et un détournement plus anecdotique dudit clip à l’aune d’une autre odyssée intergalactique…



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Jeudi 16 avril 2009

Dans l'angle mort de la scène, derrière Hamé et Casey, concours du plus beau tee-shirt entre Serge Teyssot Gay et Marc Sens, les deux guitaristes de Zone libre. Un lapidaire "Fuck Rock Stars" pour Sergio. "Obey" et son yuppie extra-terrestre échappé du grandiose They Live
pour Marco. Les amateurs
de John Carpenter - à la fête au rappel improvisé sur le thème d'Assault on Precinct 13 - auront apprécié...

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Mardi 31 mars 2009
On ne se remet jamais tout à fait d’avoir découvert les Yeah Yeah Yeahs au Trabendo, le 6 avril 2002, à l’époque de leur premier EP. Ce soir-là, on était venu voir le Jon Spencer Blues Explosion, mais c’est subjugué par Karen O, furie de première partie, qu’on était reparti. Dès lors, on ne dirait plus jamais que les premières parties nous gavent, mais qu’elles peuvent au contraire nous offrir les plus belles surprises. C’est rare, mais ce soir-là, ce fut inespéré. Je n’avais pas entendu parler des Yeah Yeah Yeahs, rien n’avait "fuité" en France, il n’y avait pas tant de blogs musicaux, je ne téléchargeais pas encore, c’était une vraie découverte.
Non, vraiment, Russell Simins, Judah Bauer et Jon Spencer auraient pu se faire porter pâles qu’on ne leur en aurait même pas voulu.
Le lendemain, donc, encore tout estourbi, on trouve au rayon import du Virgin des Champs-Élysées le fameux EP. Cinq titres déments pour un groupe dont le premier vrai album (Fever to Tell) viendra, un an plus tard, confirmer la passion qu’on lui porte. À ce moment-là, dans nos têtes, l’équation est simple. Il y a eu Patti Smith, PJ Harvey. Il y a désormais Karen O. Les Yeah Yeah Yeahs m’ont alors tellement stupéfait que, par la suite, quand ils viennent jouer Show Your Bones en mai 2006, je fais même un aller-retour Cannes-Paris, en plein festival, pour ne pas rater leur passage à l’Elysée Montmartre. Il y a des groupes, comme ça, dont on a l’impression qu’ils sont "à nous", qu’on ne peut plus les rater. Vraiment n’importe quoi, vous dis-je.
Trois tee-shirts plus tard (un noir, un blanc, un vert), quelques miettes de fond de tiroir pour faire patienter (Is Is EP), et voici que déboule enfin le troisième album, It’s Blitz. J’ai parfois l’impression qu’il n’y a que moi qui l’attends. Même si on a beaucoup parlé d’eux entre 2002 et 2004, même si Fever to Tell fut considéré comme le meilleur album de 2003 par le New York Times, les Yeah Yeah Yeahs demeurent un groupe assez sous-estimé. En France en tout cas. Et, avec le disgracieux It’s Blitz, cela ne risque guère de changer. Je crois surtout que quiconque n’a jamais vu Karen O, Nick Zinner et Brian Chase sur scène ne peut comprendre l’engouement et l'émoi que ce trio de grande classe a pu provoquer chez quelques-uns.
It’s Blitz, donc, est déconcertant. Pour le moins. Moins de guitares, plus de claviers, des sonorités eighties dialoguant, à distance, avec celles que Franz Ferdinand a privilégié pour son excellent et autrement réussi Tonight. À lire les quelques chroniques qui accueillent ce disque ces jours-ci, on dirait que les Yeah Yeah Yeahs sont un peu devenus l’ambulance sur laquelle les blogueurs et chroniqueurs de bon goût vont se faire un plaisir de tirer. Comme si les Yeah Yeah Yeahs devaient payer aujourd’hui le fait d’avoir tant incarné la "hype", le renouveau de la scène rock new-yorkaise au début du XXIe siècle. En s’acoquinant avec Dave Sitek de TV on the Radio, pourtant un complice de longue date, les Yeah Yeah Yeahs pactisent avec la personnalité la plus emblématique de l’Ennemi nouvellement désigné ici et là : le producteur. C’est peut-être le gros handicap de cet album. Si Dave Sitek est l’orfèvre maniaque derrière le son des puissants TVOTR, c’est aussi le metteur en sons qui habilla le très mauvais disque de Scarlett Johansson l'an dernier, révélant par là-même tous ses trucs, tous ses gimmicks, comme aucun prestidigitateur ne devrait jamais le faire. Alors, si depuis des années les allers-retours entre YYY et TVOTR sont pourtant incessants (les clips des uns réalisés par les autres, des participations croisées aux albums des autres), le mariage peut paraître contre-nature tant ce qui plut d’abord chez les Yeah Yeah Yeahs fut leur son rêche, dépouillé et punk.
Pourtant, la tentation pop et le penchant coupable pour la joliesse étaient là depuis le début, nichés derrière les assauts soniques et les feulements de Karen O. Même Arcade Fire a repris Maps, c’est dire… Eu égard à ce qui précéda, It’s Blitz est ainsi relativement cohérent, pas si différent, malgré ses accents électros, ses claviers soudain mis au premier plan, son goût pour les ballades éthérées mettant en avant le chant de Karen O (voir ainsi les belles versions acoustiques en bonus du nouvel album).
Quand j’ai découvert Zero, le nouveau single, je me suis dit "Et merde !". Et bizarrement, en y revenant, passée la surprise, j’ai adoré ce morceau. Alors, oui, les Yeah Yeah Yeahs évoluent. Objectivement, c’est sans doute moins bien qu’avant, mais le mec qui, ce soir d’avril 2002, s’est pris ce trio de plein fouet et en plein cœur ne peut décemment écrire que cet album est mauvais. Commercial, ok, mauvais, non…

Voir le clip de Zero : ici

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Lundi 16 mars 2009

On ne se connaissait pas.

Pourtant, je vais te tutoyer.

Pourtant, je te pleure.

Et puis après…

Arrêtons là.

Rien ne change…

Pas plus qu’après Vilnius…

Il y a tes disques, tes chansons qui, elles, ne meurent pas, volutes incandescentes pas près de partir en fumées. Nos vies, tu les as suivies, tu les as racontées, tu les as précédées, compagnon de route essentiel autant que discret. Tu n’étais pas le seul. Non, vraiment pas. Des fois, même, j’oubliais à quel point tu étais important. Puis deux disques le rappelèrent sans sommation. Evidents. Sublimes. En 1998 puis en 2002. Fantaisie militaire puis L’imprudence.

Samedi après-midi, d’ailleurs, je t’écoutais. Rétrospectivement, c’est troublant. Forcément. C’était le deuxième CD de Confessions publiques. Hasard total. Du "live" pour conjurer la mort. J’avais aussi ressorti le 33 tours de Roulette russe (une envie, comme ça, de le réécouter depuis la lecture toute fraîche du Gaby de Marc Besse) mais je n’avais pas eu le temps de le poser sur la platine. Le temps me pressait moi aussi, mais pour des raisons bien plus anecdotiques que celles qui te firent emprunter ton dernier express.

On parlait beaucoup de toi depuis deux semaines.

Je ne t’avais pas vu ce fameux soir de fin février pour ta dernière apparition devant des caméras. Un triomphe paradoxal, une ultime boutade à la Faucheuse, dirent-il… Ton enterrement public peut-être, déjà… Tous ces commentaires tenant à distance la musique pour apprivoiser l’idée d’un départ m’indifféraient. Non, m’agaçaient, plutôt. Tout autant que cette dernière tournée à laquelle je ne voulais pas trinquer, sans doute pour de mauvaises raisons. Pas envie que tu deviennes un Monument. Pas envie d’aller te voir une dernière fois en me disant "Vite, vite, tant qu’il est encore temps". Les "J’y étais", plutôt envie de les laisser aux autres…Tiens, par exemple, à cette connaissance trop heureuse de me lâcher tout à l'heure au téléphone qu'elle aurait dû aller te voir après-demain au Grand Rex...

Ce soir, toujours sur la ligne blanche, je ne suis pas malheureux. Remettre tes disques, entendre ta voix, c’est bien. "S’en fout la mort", disait Claire Denis qui te shoota pour un clip. Ta musique, donc, elle, est bien là, qui résonne dans les grands espaces. Elle n’est pas près de s’arrêter. Pas de fading pour elle, toi qui nous habituais, toujours chantant – debout, volontaire, imprudent – à l’idée du pire depuis un an… Sur cette route où ta voix partagea (et continuera de partager) avec tant d’autres la bande-son de nos vies, rien ne change fondamentalement. Juste qu’il n’y aura plus, aux prochains virages, tes mots, tes notes, pour habiller nos nouveaux paysages.

 

Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 12 mars 2009
Entre les Watchmen de Zack Snyder et Gran Torino de Clint Eastwood, et quelques mois après The Dark Knight de Christopher Nolan, le cinéma hollywoodien s’interroge plus que jamais sur la figure du "vigilante", quitte à théoriser désormais très clairement sur les ambiguïtés droitières qu’il gommait jusqu’alors sous le vernis du divertissement et des figures imposées par le genre.
De Dirty Harry à Gran Torino, il y a pourtant un gouffre, qui passe notamment par l’abandon du genre policier au profit de la chronique banlieusarde. Si Eastwood joue toujours au justicier, s’il impressionne les sauvageons par sa seule dégaine, le détour par la fable humaniste, par les bons sentiments, vient rendre "acceptable" et "drôle" son personnage de vieux bougon raciste. On aime Gran Torino, certes, mais on est aussi en droit de le trouver plus qu'ambigu (lire ici une voix discordante plutôt bienvenue au sein de l’enthousiasme critique).
De l’autre côté, la bande dessinée d’Alan Moore et Dave Gibbons a plus de vingt ans, se déroule dans des eighties uchroniques, et pourtant on se dit, à la vision de cette adaptation plutôt réussie, que les questions passionnantes qui étaient soulevées par le scénariste de V pour Vendetta valaient bien qu’on s’y arrête encore aujourd’hui et qu’il n’y a guère que le look des justiciers et certains choix plastiques qui paraissent aujourd’hui anachroniques.
Revenant sur des mythologies populaires typiquement américaines – celle des super héros et celle du justicier dans la ville – les films de Snyder et d’Eastwood stimulent par leur manière de retourner soudain les coutures convenues du divertissement d’action hollywoodien, d’interroger ses fondements et sa propension à l’apologie de l’auto-défense. Plaisir du vieil acteur ridé à composer le pire des salauds, à jouer sur les souvenirs d'un spectateur compagnon de route, à ressortir la punchline assassine et le rictus afférent comme il le faisait, sans y réfléchir, il y a tant d’années. Mais comme pour se trouver des excuses, déplaçant le personnage ambigu des seventies dans les atours du cinéaste à Oscars (celui qu’il est devenu depuis Bird et auquel tout le monde excuse aujourd’hui ce retour du refoulé qui est aussi, sans doute, très calculé). Alors, cure de jouvence, petit film craché dans l’urgence, film de vieux réactionnaire ou tour de passe-passe auteuriste pour théoricien eastwoodien, Gran Torino pose toutes ces questions passionnantes sans jamais vraiment y répondre. À l’inverse, The Watchmen (comme l’été dernier The Dark Knight) se veut très lisible dans ses intentions et ne parle finalement que du pacte paradoxal liant les justiciers à leurs ennemis jurés, l’existence du Mal ayant pour principale et paradoxale vertu de légitimer leur fonction (voir les scènes entre Rorsach et Moloch, et bien sûr les motivations complexes du meurtrier, révélées dans la dernière bobine)…
Hasard du calendrier, ces deux films passionnants, et dont on n’attendait pas qu’il correspondent ainsi l’un avec l’autre, sont visibles en salles en même temps...

Par Ska - Publié dans : 24 images/seconde
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mardi 22 avril 2008


La remise en cause brutale de nombreux financements liés au soutien à la création indépendante, à la démocratisation de l’accès à la culture, à la politique de la ville, à l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle artistiques ou encore aux actions internationales, suscite inquiétude, indignation et colère chez tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’art et la culture.

Cinquante ans de politiques culturelles innovantes et audacieuses ont permis la création d’un maillage culturel territorial quasiment unique au monde. Des salles de cinéma, des théâtres, des bibliothèques, des lieux de spectacles et d’expositions, des orchestres, des artistes de toutes formes d’expression artistique (théâtre, danse, musique, cinéma, arts visuels, arts du cirque et de la rue…) qui se déplacent sur tout le territoire, des associations, des festivals et manifestations liés à tous les arts, permettent partout en France, à un vaste public de rencontrer des œuvres, leurs auteurs et interprètes.

Aujourd’hui, cette richesse collective est mise en péril.

« Le budget d’austérité » proposé par notre ministre de la Culture et de la Communication et par le Premier ministre, ainsi que les arbitrages annoncés pour l’année 2008, les perspectives sombres des futurs budgets bientôt triennaux nous alarment à juste titre. La part de la Culture représente déjà moins de 1 % du budget de l’État. Comment accepter que ce chiffre soit encore révisé à la baisse ?

Des dizaines de milliers d’emplois sont concernés. L’existence même de nombreuses actions et structures est menacée. Mais, par-delà l’aspect financier, c’est le renouvellement des talents, l’unité et la solidarité entre générations, le droit à accéder aux langages de l’art, à l’expression et à la création qui sont en danger.

Les collectivités locales, depuis des années, interviennent massivement en faveur de l’art et de la culture. Si elles sont amenées à jouer un rôle plus important, l’État a un rôle à jouer pour garantir l’égalité entre les territoires et assurer la cohérence, la complémentarité et la diversité des politiques publiques pour la création artistique et son appropriation citoyenne.

Nous soutenons que l’État doit affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique par l’art et la culture.

Pour cela, il doit :

- garantir la diversité des créations, tant dans leurs moyens de production que de diffusion, et non les réduire à des produits de consommation culturelle en les livrant à la seule loi du marché ;

- assurer à tout citoyen la rencontre avec des œuvres en accompagnant de manière volontariste l’action et la diffusion culturelles, et en épaulant les artistes et les relais institutionnels et associatifs ;

- maintenir et promouvoir l’éducation artistique dans les programmes de l’Éducation nationale en lien avec le ministère de la Culture et de la Communication. Réconcilier les enfants, à l’école comme à la télévision, avec toutes les formes d’intelligence ; les aider dans les établissements scolaires comme à l’extérieur, à distinguer une œuvre d’un produit ; leur donner le choix des arts dans leurs diversités, en faire une chance et une arme contre les déterminismes et les divisions.

L’État doit contribuer réellement au financement de cette ambition qui fait de la France une exception et lui confère son rayonnement et son attractivité internationale. Nous devons résister à ces bien maigres économies qui causeront de bien grands dégâts (Victor Hugo).

À quelques semaines de la présidence française de l’Union européenne, nous nous devons de relancer le débat national pour le porter ensuite au niveau communautaire.

Rassemblant toutes les disciplines artistiques, nous exigeons que cette question cruciale soit replacée au cœur des préoccupations de notre société.

Aussi appelons-nous à la mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique.



http://sauvonslaculture.fr/

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