Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 23:44
PICT0063nb-copie.jpgPICT0056nb copiePICT0025nb.jpgPICT0019-nb-copie.jpg

Suite et fin du "Hot Rats Day"...
Gaz Coombes et Danny Goffey, respectivement chanteur et batteur de Supergrass, viennent donc de publier sous la houlette du producteur Nigel Godrich un réjouissant disque de reprises échappant la plupart du temps à l'écueil de la morne compilation de tubes convenus (oui, Patti Smith, je parle bien de ton médiocre Twelve..).
Heureusement, ce n'est pas un nouvel album de Supergrass. Heureusement, Supergrass n'a pas cédé à l'exercice plan-plan traduisant plus souvent un criant manque d'inspiration qu'une nécessité artistique réelle. Pas d'enjeu majeur ici : le disque sort très discrètement, pour faire patienter avant un nouvel album de Supergrass que l'on dit imminent. The Hot Rats, duo récréatif des deux fondateurs du meilleur groupe de rock du monde sur scène (ou presque...), est donc une parenthèse ludique, un side-project pour le plaisir, qui, ce soir, en concert à Paris, tint évidemment ses promesses. En inhabituel mode binaire (guitare + batterie, comme tant d'autres désormais), Gaz et Danny sont devenus une heure durant le meilleur "tribute band" du monde, convoquant rien mois que Bowie, les Sex Pistols, Roxy Music, Elvis Costello, les Beatles, Gang of Four, les Beatles, les Kinks, Cure, le Velvet Underground, les Doors ou les Beastie Boys dans une petite salle surchauffée. Et puis ils ont même repris un morceau de Supergrass (Caught By The Fuzz). Comme quoi leur groupe est bien l'égal des plus grands...
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 15:34
Le très bon disque de reprises de The Hot Rats (soit Gaz Coombes et Danny Goffey, échappés de Supergrass) livre, entre autres jouissifs sommets, une version inspirée et matinée de Cream du Fight For Your Right des Beastie Boys... Une occasion idéale pour redécouvrir le clip d'époque, aussi idiot et regressif que les paroles de la chanson...







Bonus Track : EMI, interprété avec Steve Jones des Sex Pistols, ici

http://www.myspace.com/thehotrats
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 17:03

photos-culture-cinema-serge-gainsbourg-vie-heroique-en-imag.jpgLe film que Joann Sfar consacre à Serge Gainsbourg n’est pas un mauvais film, c’est surtout un film ambitieux mais raté, qui, ne sachant vraiment sur quel pied danser, se condamne d’emblée à l’échec. À la vision du film, on demeure pourtant assez surpris qu’un tel projet ait pu se monter (qui plus est s’agissant d’un premier film) tant les intentions de Sfar, excellentes mais diffuses, ne suffisent jamais à contaminer complètement un scénario, qui, dans sa deuxième partie principalement, finit par tomber dans l’écueil de l’illustration vaine, de l’imitation, et du postiche pour tout horizon de jeu.

C’est vraiment dommage car la première heure, pourtant bourrée de défauts, emporte plutôt l’adhésion : c’est l’enfance pendant la guerre, l’apparition du double enraciné dans la propagande anti-juive, la jeunesse bohème de Lucien Ginsburg, apprenti-peintre et pianiste de bar, les premières chansons écrites pour d’autres (la savoureuse séquence avec les Frères Jacques, la belle intuition fantastique juste avant la rencontre avec la féline Juliette Greco). Durant cette première heure, Sfar, le dessinateur de BD, est bel et bien là, se permettant des scènes si gonflées qu’on leur pardonne des maladresses passagères (Yolande Moreau en Frehel, était-ce vraiment nécessaire ?). Durant cette première heure, Eric Elmosnino est, c’est vrai, épatant. C’est que les années 50 et le début des années 60 de Gainsbourg sont, pour nous, moins documentées, que les images filmées en sont plus rares que pour les deux décennies suivantes. Du coup, le comédien a du champ pour jouer, on se moque de la ressemblance, encore plus de la vraisemblance. Le film s’apparente alors à une rêverie où les éléments biographiques avérés, les mensonges et la fantaisie totale se mêlent. La fiction s’en porte d’autant mieux… Peut-être Sfar n’aurait-il pas dû filmer le Gainsbourg d’après… Ou peut-être aurait-il dû s’affranchir de la chronologie, en rester à un assemblage impressionniste…

Las ! Dès lors que le film doit devenir plus raccord avec le personnage public, les archives audiovisuelles et la mythologie afférente, il s’enlise. À la moitié du film, les maigres articulations narratives entre les époques deviennent mécaniques, voyantes et incombent surtout à la succession métronomique des égéries (France Gall, Brigitte Bardot, Jane Birkin puis Bambou), plus jamais à la musique, à l’itinéraire de l’artiste. Dans le récit, le chanteur cède clairement la place au séducteur et le parcours musical passe au second plan. Pourquoi pas, c’est un parti pris, mais comme le film veut aussi remplir le cahier des charges jusque dans ses marges, il se fait catalogue servile, petit précis de fétiches, boulevard, surtout, pour les courtes performances d’actrices succombant sous le poids des clichés. Laetitia Casta et Lucy Gordon viennent singer leur modèle et ce n’est vraiment pas très heureux (palme de l'embarras face à Laetitia Casta ne réussissant à créer la moindre distance par rapport à un modèle si archétypal – BB – que la moindre des choses eût été de le malmener plutôt que lui servir la soupe).

Dans la deuxième heure de Gainsbourg (vie héroïque), l’absente de marque, c’est la musique. On ne cesse de l’entendre, mais on ne la comprend jamais. On est bien loin des jolies intuitions du début où Sfar filmait un duo imaginaire entre Boris Vian chantant Je bois et Gainsbourg chantant Intoxicated Man en dépit de tout bon sens chronologique. Je t’aime moi non plus est réduite à un sketch pour Chabrol qui cachetonne, on fait l’impasse totale sur Histoire de Melody Nelson, sur le cinéma de Gainsbourg et il ressort de ceci une sorte d’affadissement assez regrettable puisque gommer cela c’est aussi nier les propositions les plus provocantes du chanteur… Passé 1966, les chansons deviennent juste des signes de reconnaissance, les marqueurs du temps qui passent, mais jamais ne seront évoqués ces moments où Gainsbourg est passé de la chanson à la pop, de la pop au reggae, ou du reggae au funk… On ne demandait surtout pas au film d’être didactique, mais il gomme si vite les années séparant Chez les Yéyés des Sucettes qu’il semble en permanence effleurer son sujet. Ainsi en va-t-il de la piste passionnante de la Lolita dévoyée, topoï gainsbourien en diable expédiée en une séquence hilarante mais définitivement trop courte pour convaincre vraiment (on se demande d’ailleurs ce qu’en pense France Gall…). Le plus raté peut-être c’est aussi de voir soudain Gainsbourg en Jamaïque et que cela soit imposé comme une donnée que l’on doit accepter d’emblée, qui ne sera jamais questionnée. Il est évident que Sfar, à ce moment-là, ne sait comment traiter l’irruption du reggae dans son récit et dans le cours de la vie de son personnage, que tout ce qui l’intéresse  au fond (et c'est légitime) c’est d’en arriver à l’enregistrement de La Marseillaise, séquence qui lui permettra de filmer l’épisode des paras à Strasbourg, de la vente aux enchères du manuscrit original et d’exhumer quelques mots scandaleux écrits dans le journal par le sinistre Michel Droit.

Il y a clairement deux films – l’un bon, l’autre pas – dans ce Gainsbourg (vie héroïque) et la séquence la plus pertinente l’est peut-être involontairement, vers la fin : Gainsbourg est seul au bar d’une boite de nuit, un mec bourré l’aborde et lui lâche qu’il l’a vu hier dans les Guignols, alors il commence à l’imiter comme l’imitait jadis Patrick Sébastien. Sous le grimage, sous la barbe de Gainsbarre, l’acteur Elmosnino a abdiqué, la marionnette l’a emporté. L'homme et son double ne font plus qu'un, se mélangent. Le cliché est roi. Dans ce repli d’une scène anodine, Sfar semble nous concéder qu’il sait la vanité de son projet, qu’il ne peut plus, à ce moment-là, contaminer de ses rêveries l’image que Gainsbourg avait patiemment construit de lui-même, qui au final l'a dévoré. C’est la limite d’un film parfois très beau, mais le plus souvent douloureusement entravé…


Par Ska - Publié dans : 24 images/seconde
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 12:54

P180110_23.01.jpgL’exposition soudaine d’un chanteur dont on chérissait un disque au-delà de toutes mesures place dans une situation paradoxale. Impression un rien snob, concédons-le, qu’un trésor caché, intime, nous échappe ; joie aussi de le voir trouver un public, accéder à une reconnaissance méritée grâce à un nouvel opus que l’on trouve pourtant un rien en deçà du précédent. Surtout, quand il n’y avait jusqu’à présent rien d’autre qu’un disque (Portrait du jeune homme en artiste) et une poignée de chansons, on découvre soudain que ces morceaux ont un visage, on entend leur auteur en interview, on le lit, mais l’ironie, la distance dont il fait montre parfois atténuent un peu la portée de textes que l’on trouvait hier bouleversants. Surtout, il y a ce constat désagréable – périphérique – que certains mettent leurs gros doigts dégueulasse, leurs avis dispensables, sur un disque que l’on n’avait pas du tout envie de leur prêter. Surtout que l’on range désormais ledit chanteur dans une case à laquelle il n’appartient pas (en gros, ce que l’on a appelé "la nouvelle scène française"), à côté d’autres que l’on aime ou pas, mais qui, définitivement, ne partagent pas grand chose avec lui, sinon le goût, peut-être, d’une forme noble et classique – idéalisée – de la variété française estampillée seventies…

Du coup, en allant voir Arnaud Fleurent-Didier hier soir au Méry, Place de Clichy, j’étais assez indécis, un peu inquiet. Je pensais que la scène gommerait forcément la sophistication de ses arrangements, je me disais – je ne sais trop pourquoi – que c’était typiquement le genre de chanteur dont je préfèrerai toujours écouter les disques plutôt que le voir sur scène. Les malentendus (la récupération ?), déjà, m’avaient volé un peu de désir.

Je me trompais. L’année a commencé par un concert formidable, étonnant, où AFD revisita totalement La Reproduction, livrant des versions le plus souvent novatrices, enrichies d'images vidéos, réellement alternatives (My Space Oddity réduite à son refrain), bel et bien durcies parfois… Bref, un concert qui n’avait rien justement d’une simple transposition live du disque, où le morceau La Reproduction vira en jouissive transe acide à la Daft Punk, où L’origine du monde révéla encore un peu plus son fumet Polnarêveur, où les cocottes funky de la guitare rivalisèrent avec des chœurs baroques, sur le fil, où le chanteur nous offrit aussi deux trop rares morceaux d’avant (Portrait du jeune homme en artiste et Une faiblesse de la nature), sublimes. Si l’on sait qu’Arnaud Fleurent-Didier enregistre seul toutes les voix et tous les instruments de ses disques, force était de constater hier qu’un véritable groupe était sur scène, offrant aux chansons d’AFD une homogénéité tant sonore que visuelle : un batteur efficace et discret, mais surtout la touche glamour et les chœurs somptueux de la paire Dorothée de Koon/Milo McMullen, musiciennes à franges et cheveux longs œuvrant respectivement aux claviers et à la basse…

Tous les quatre rejouent lundi prochain, même heure, même endroit… S’il n’y avait eu Rodolphe Burger et Jeanne Balibar au Café de la danse, sans doute y serais-je retourné…

Par Ska - Publié dans : Instantanés
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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 15:40
Je ne l'avais pas fait ce coup-ci, faute de temps (d'envie aussi, un peu), mais, bon, comme mes voisins blogueurs, je sacrifie finalement au petit jeu du bilan 2009... Explications éventuelles en commentaires...

Des films

1) Montparnasse de Mikhaël Hers (lire ici) – 2) Au voleur de Sarah Leonor – 3) Démineurs de Kathryn Bigelow – 4) Harvey Milk de Gus Van Sant – 5) Morse de Tomas Alfredson – 6) Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa – 7) Là-haut de Pete Docter & Bob Peterson – 8) Inglourious Basterds de Quentin Tarantino – 9) Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleischer – 10) Adieu Gary de Nassim Amaouche – 11) Violent Days de Lucille Chaufour (ici) – 12) Tetro de Francis Ford Coppola

Flops : Avatar de James Cameron, Les chats persans de Bahman Ghobadi, Soudain le vide de Gaspar Noé, L’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher…

Des disques

1) JP Nataf, Clair – 2) Jarvis Cocker, Further Complications – 3) Them Crooked Vultures, TCV – 4) Dominique A, La Musique (+ La Matière) – 5) Zone Libre vs Casey et Hamé, L’angle mort  (ici) – 6) Arnaud Fleurent-Didier, La reproduction (ici) 7) Julien Baer, Le "La" 8) Franz Ferdinand, Tonight 9) The Dead Weather, Horehound 10) Anthony Joseph & the Spasm Band, Bird Head Son 11) Charlotte Gainsbourg, IRM – 12) M, Mister Mystère 13) Stuck in the Sound, Shoegazing Kids 14) Arctic Monkeys, Humbug 15) Brendan Benson, My Old, Familiar Friend 16) The Asteroids Galaxy Tour, Fruit

Flops : Working on a Dream de Bruce Springsteen (ici), A Woman a Man Walked By de PJ Harvey et John Parish…

Des concerts

1) Them Crooked Vultures (aka Les Petits Pois) à Rock en Seine (photos) – 2) Jarvis Cocker au Bataclan – 3) Nisennenmondai à Villette Sonique – 4) The Dead Weather à l’Olympia – 5) Eagles of Death Metal au Nouveau Casino (photos) – 6) Brendan Benson au Nouveau Casino

Flops : PJ Harvey et John Parish au Bataclan (ici), The Horrors à Rock en Seine (ici)…

Par Ska - Publié dans : Instantanés
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 16:43
Découverte grâce aux Cahiers du cinéma de décembre (lire ici) de ces deux vidéos plus que stimulantes où un musicien malin (Knoertz) remonte, assemble et triture quelques plans issus des deux premiers films de Quentin Tarantino.
Comme il l'explique lui-même sur sa page YouTube, tous les sons sont d'origine...

Le "Pulp Fiction Audio Mix" a deux mois, le "Reservoir Dogs Audio Mix quelques jours seulement...


Par Ska - Publié dans : Playlist Vidéo - Raretés, curiosités, etc.
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 23:19

Un jour, sur son blog, Guic The Old se mit à faire des Top 5 autour des plus grands groupes de rock en proposant aussi à d’autres blogueurs d’y participer, de recenser leurs cinq chansons préférés d’artistes plus ou moins reconnus, contemporains ou classiques, rarement contestables en tout cas... Il m’attendait sur Noir Désir. Je lui fis faux bond. Pour moi, c’était Springsteen ou rien...

QueenLiveKillers.jpgEt puis, courant novembre, un beau samedi, entre Exodisc et la Librairie Parallèle, au fil d’une discussion avec Christophe (aka Mario Cavallero Jr) et Guic The Old, l’idée jaillit (quelle idée ?!) d’un Top 5 des plus snobs car il serait consacré à nos titres préférés du groupe le plus unanimement détesté sur les pages rock’n’rollement correctes : Queen. Ce Top 5 serait publié conjointement le jour de Noël, sous l’intitulé "C’est Noël : on aime tout le monde même les fans de Queen". Sauf que… Sauf que… Je suis un fan de Queen... Enfin des huit premiers albums de Queen (jusqu’à The Game, en 1980)... Sauf que je suis né vers l’âge de 12 ans quand j’ai entendu pour la première fois le "Poum-Poum-Tchak" de We Will Rock You sur le vinyle de Queen Live Killers emprunté à la discothèque de la rue Hermel dans le 18e (l'une des premières du genre). Queen, donc, balise insubmersible. Malgré Hot Space, malgré The Works et Radio Gaga, malgré un album posthume pourri et une semi-reformation contestable suivie d’un vrai nouvel album – pitoyable – en 2008. Queen… Dont le deuxième album est un chef-d’œuvre et dont les multiples tubes sont la malédiction…

Choisir cinq titres ? Christophe, Guic the Old et même le revenant Chtif se sont acquittés de cette tache difficile (voir ici et ). Moi, je suis à la bourre. Pas grave. Et même pas honte !


Bon, si je m’écoutais, les cinq titres seraient tirés de Queen Live Killers car ce double-live, copié sur une précieuse musicassette de 90 minutes qui m'accompagna longtemps, fut pour moi, à l’âge de la découverte du rock, le disque le plus important, peut-être le seul qui compta vraiment (bon, ok, je corrige : avec Born in the USA)… Get Down, Make Love, Keep Yourself Alive, Let Me Entertain You, Now I’m Here, We Will Rock You (eh oui, la seule concession que je ferai ici aux tubes vulgaires et tapageurs qui justifient amplement le dédain que d'aucuns manifestent à l'encontre de Queen)… Dans cette selection où les riffs de guitare supplantent largement le piano, on me trouverait certainement plus d’accointances avec Brian May qu’avec Freddie Mercury… Mais ce serait sacrifier Queen II… Ce serait bouder les perles de A Day at the Races... Et ça, c’est impensable…

Alors, voilà...

1 – Ogre Battle (Queen II) vidéo

2 – The March of the Black Queen (Queen II)

3 – Let Me Entertain You (Jazz) vidéo

4 – Good Old Fashioned Lover Boy (A Day at the Races) vidéo

5 – We Will Rock You Live (Queen Live Kilers) vidéo

 

 

Sur le même sujet, je ne peux que vous recommander à nouveau le Freddie et moi de Mike Dawson, belle chronique d'une adolescence vécue au rythme des albums de Queen, dont j'avais déjà parlé ici...

Par Ska - Publié dans : Bande son - Communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 16:30
PICT0039En 2004, attiré par une borne d’écoute ornée d’une pochette intrigante, je découvrais des bribes de Portrait du jeune homme en artiste, au casque, dans un grand magasin culturel bien connu des Champs-Elysées. L’auteur, Arnaud Fleurent-Didier, m’était totalement inconnu, mais les arrangements savants, luxueux et atypiques, les textes pétris d’ironie et de finesse, me parurent singulièrement familiers, comme si je les avais attendus depuis tout ce temps. L’album me marqua durablement. C’était, pour moi, le grand disque français succédant à Boire de Miossec et à Remué de Dominique A, l’un des plus importants de la décennie qui s’achève. Force est de constater pourtant qu’il est demeuré un secret bien gardé (voir le titre prophétique et prémédité Mon disque dort).
C’était malgré tout un objet précieux auquel je revenais souvent. Un trésor intime, un disque à soi (en soi) comme on a en a tous quelques-uns bien au chaud dans nos discothèques. D'Arnaud Fleurent-Didier, je ne savais rien. Au recto du livret, juste une discrète photo de lui, passant dans un reflet. Et puis aussi, sur Internet, ce cliché où il apparaissait, trônant en chanteur sur un vinyle posé négligemment dans une chambre d’adolescente. Une belle mise en scène évoquant tant les premiers courts de Jean-Luc Godard (Tous les garçons s’appellent Patrick par exemple) qu’Adieu Philippine ou Du côté d’Orouët de Jacques Rozier. Arnaud Fleurent-Didier, je ne l’ai jamais vu sur scène, jamais vu en interview, je crois bien même n’avoir rien lu sur lui. Il n’y avait que ces chansons. Cela suffisait. Pourtant, un ou deux albums déjà étaient sortis sous le nom de Notre-Dame, un autre avec Ema Derton, mais ce disque-là, si dense, si profond, si drôle et bouleversant à la fois, me contentait amplement…

Les choses ont changé depuis. C’est bien. C’est mieux. Le nouveau disque, depuis longtemps annoncé, sort le 4 janvier 2010 sur un gros label (Columbia). Sur le site d’Arnaud Fleurent-Didier (La Musique du film), on peut, depuis déjà quelque temps, commander le vinyle de La Reproduction. Et France Culture, qui ouvre ce nouveau disque en une admirable épopée de mots rugueux sur ce que ne nous lèguent pas nos parents, a été dévoilé dès cet été. On parle pas mal d’Arnaud Fleurent-Didier ces temps-ci. Des petits teasers dans Télérama, dans les Inrockuptibles, avant bien sûr que ceux-ci, alimentant le buzz naissant, en parlent plus précisément à la rentrée. On a même pu, il y a une semaine, mettre un visage, un vrai, sur ce mystérieux chanteur puisqu’il fut invité dans Taratata (eh oui… voir ici et ) pour y interpréter ce nouveau titre où des cordes que l’on croirait arrangées par Jean-Claude Vannier se mesurent à un sombre talk-over qui n’est pas sans évoquer la noirceur de Mendelson et les textes de Pascal Bouaziz…

Cet aspect-là n’est pourtant pas forcément le plus saillant sur le nouvel album, l’acrimonie revenant surtout en ouverture de face B, avec le superbe Ne sois pas trop exigeant. Car à côté de ces bouffées noires et acides, La reproduction est un disque de chansons, un vrai. L’affirmation fait écho à la profession de foi parue il y a plus de dix ans sur le deuxième album de Notre-Dame sous le titre annonciateur de Chanson française. Pas de la pop, pas du rock, pas de la folk, pas de l’électro (même s’il façonne quasiment seul ses disques dans son home-studio). Non, Arnaud Fleurent-Didier n’a pas besoin d’alibi. Il assume. Il sera difficile, face à certains contradicteurs, de sauver la face en affirmant sereinement que c’est de la pop, ce fourre-tout où l’on range parfois prudemment nos préférences hexagonales. Car c’est bien de variété et de chanson que l’on cause ici, de celle que l’on boude souvent sur les blogs et les sites étiquetés "rock"… C’est normal. Arnaud Fleurent-Didier tutoie parfois les limites, le grotesque ou le kitsch, mais il se rétablit toujours grâce à une prodigieuse idée instrumentale ou grâce à une formule, une phrase renversant tête-bêche l’apparente légèreté de la forme. Pas de second degré ici, pas de connivence facile à coups de clins d'œil ou de name-dropping (du moins il ne s'en contente pas), juste une très haute idée de ce que peut (doit) être la chanson.  À savoir, pas juste un texte bien troussé (ce en quoi excellent – qu'on les aime ou non – certains de ses confrères) mais un vrai ensemble où la musique et les arrangements restent toujours au premier plan, ne sont jamais prétexte à littérature (il sera en cela toujours plus proche d'un Julien Baer que d'un Vincent Delerm).

PICT0041Tout cela paraît évident mais c’est en tout cas quelque chose de suffisamment rare pour que l’on se dise qu’Arnaud Fleurent-Didier incarne là une sorte de chaînon manquant entre Polnareff (sa tessiture de voix bien sûr, L’origine du monde évoquant  assez nettement, sur le nouvel album, Qui a tué Grand-Maman), Ferré (souvent), Mendelson (on en parlait), Gainsbourg (sporadiquement) et Michel Legrand. Et puis Jacques Demy forcément car en écoutant, sur Chansons françaises de Notre-Dame, Les Chemins de fer (une désuette histoire de départ au service militaire), on croit bel et bien voir s’agiter les marins peuplant Lola ou Les demoiselles de Rochefort.

Il y a donc un peu de tout ça dans ces trois disques, sans que jamais les références ne soient écrasantes (on ne peut le limiter à l'une d'elles, c'est toute sa force). Mais il y a aussi les trucs qui fâchent (ou, au mieux, font sourire) et que l’on ne peut taire car on sait que les détracteurs vont bientôt dégoupiller les arguments qui tuent : des choses un peu plus inattendues, donc, un peu moins nobles, un peu honteuses (ainsi, oui, j’avoue, je n’ai pu, en écoutant le début de Risotto aux courgettes – ce titre ! – m’empêcher de penser à Il était une fois...).

Assez idéalement, pourtant, les disques d’Arnaud Fleurent-Didier évoquent ce qu’aurait pu devenir la discographie d’un Michel Polnareff si celui-ci avait été fin lettré, épris de films de la Nouvelle Vague, et si le mauvais goût n’avait fini, dès la moitié des années 70, par le terrasser… Si le  deuxième disque de Notre-Dame, découvert il y a peu, lorgnait parfois, avec ses duos homme/femme, vers le Katerine première manière, force est de constater que l’écriture s’est considérablement émancipée et affinée depuis (sans parler de la voix d'AFD). Rétrospectivement, on mesure donc comme Portrait du jeune homme en artiste fut vraiment le point de basculement où le chanteur a trouvé son style propre entre humour acerbe (À l’ombre des jeunes filles en pleurs), noirceur manifeste (Vivre autrement), méta-chanson (Rock Critique, Mon disque dort) et finesse extrême dans la peinture des sentiments (Le XXIe arrondissement de Paris, Retrouvailles sans rendez-vous).

Aujourd'hui, si l’humour pince sans rire s’y installe durablement (Je vais au cinéma, My Space Oddity), si le chanteur continue assez admirablement de parler de son art, de l’écriture et de ce qui la nourrit (Reproductions, un des sommets de l’album avec son groove et sa ligne de basse imparable), la tendresse qui affleure est un peu le point faible du nouveau disque, principalement sur l’ultime morceau, Si on se dit pas tout, déclaration au père, sans doute un peu trop premier degré, un peu trop sentimentale, pour convaincre vraiment. Pas grave. Si La Reproduction n’est pas le chef-d’œuvre attendu, peu ici peuvent s’enorgueillir de jongler si habilement avec les canons d’un genre traînant force boulets et de tirer d’ingrédients  musicaux parfois triviaux les mets les plus succulents. La Reproduction n’est pas un chef-d’œuvre donc, juste un disque fabuleux, complètement à part, ailleurs, loin, très loin d'une inexistante concurrence. Et ne vous en déplaise, il se paye le luxe de nous faire aimer (à nouveau ?) la variété française...





Par Ska - Publié dans : Bande son
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 21:39
Une association d'idées totalement gratuite, comme ça, en passant...
Et si de dos, là, le chanteur, c'était aussi un peu Hervé*, le héros adolescent des Beaux gosses, le film de Riad Sattouf ?


PICT0013.JPG
http://www.arnaudfleurentdidier.com/lareproduction/

A suivre...


Par Ska - Publié dans : Images éparses
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 12:33

beatle bassC’est sidérant. C’est la pire chanson des Beatles, celle que l’on saute toujours sur le White album, et c’est pourtant alors, pour elle, juste pour elle, que tout Bercy se lève pour la première fois depuis une heure et demie. Et moi, je chante aussi. Sur Obladi Oblada. Même pas honte ! En secret, j’espérais qu’il nous épargnerait cela ce soir-là. Eh bien non. C’est horrible. Pourtant, oui, il faut le faire une fois dans sa vie. Gueuler avec Macca et 17 000 autres personnes "Obladi Oblada, Life goes on, la-la-la-la, Life goes on". Chanter ça, donc, et perdre toute dignité. Même Patrick Bruel, à quelques mètres, en haut, dans les gradins, a l’air perplexe. Nous, au point où l’on en est, on s’attend presque à voir Patrick Sébastien débouler hilare sur scène. On se souvient aussi, dans un flash honteux, qu’enfant on adorait Live is Life de Opus, que chanter Obladi Oblada, c’est un truc aussi rare dans une vie que de danser la Lambada bourré. Obladi Oblada, c’est une grande rasade de mauvais goût dans laquelle on se vautre avec délice…

Sinon, quoi ? Ben voilà, j’ai vu Paul McCartney en vrai. Et ça ne m’a pas fait grand chose finalement. Même si nombre de standards des Beatles et des Wings y sont passés, même si le sexagénaire a joué sans s’essouffler durant 2h40… Le temps, pour moi, quand même, de me rendre compte que le mauvais goût ne pardonne pas. Enfin, qu’il gâche tout du moins une partie du plaisir attendu…

Bon, les quatre Beatles représentés en images de synthèse comme dans le jeu Rock Band, à la limite ça passait encore (un clin d’œil malin à la culture pop aujourd’hui, mettons), mais quand Paulo ne trouva rien de mieux à faire que d'interpréter sa nouvelle chanson sur les images du prochain film de Robert De Niro, on ne savait plus trop si on était à un concert du second frère Lumière de la musique pop ou à un séminaire Live Nation et associés destiné à nous vendre qui un jeu vidéo, qui un film, qui un live à NYC fraîchement disponible dans les bacs… Les écrans géants derrière la scène, c’est bien là que le bât blessait : parce que le diaporama Windows de jolis couchers de soleil et de beaux paysages accompagnant The Long and Winding Road nous a fait autant marrer que les insupportables chromos parisiens projetés durant Michelle ou que les bougies géantes pendant Let it Be.

Si les images habillant le spectacle réussissaient parfois à gâcher les merveilles des Beatles, on ne peut passer sous silence le grand carnage de la soirée. C’est Eleanor Rigby qui en fit les frais. Comment un mélodiste comme McCartney ne réalise-t-il pas qu’il salope un chef-d’œuvre en faisant jouer les somptueux arrangements de cordes par son pauvre clavier ? Laisse, Paul, c’était pas grave si tu l’arrangeais autrement, si tu la malmenais un peu… Franchement, tu as été plus inspiré quand tu nous a joué Blackbird seul à la guitare acoustique. Comme c’était beau alors. Tu aurais dû faire pareil avec le morceau-phare de Revolver

Ainsi, plutôt que les explosions, les canons et les pétarades à la AC/DC qui ont résonné durant Live and Let Die, on aurait préféré que le budget dispendieux du show passe dans un ou deux musiciens supplémentaires. Las, le groupe (compétent pourtant) restera tout du long ce quartet efficace et un peu lourdaud, qui,  à plusieurs reprises, nous aura donné envie de lancer un moratoire sur l’utilisation des claviers dans les groupes de rock. Mais tout seul dans la fosse, on le sait bien, personne ne vous entend crier…

J’ai l’air déçu comme ça, mais, non, avec B. et S., on a passé bon moment quand même. On a bien aimé la citation du Foxy Lady de Hendrix à la fin de Let Me Roll it, on a été assez touché par les deux chansons dédiées à John et à George tout en se disant que Ringo est vivant heureusement, sinon on aurait peut-être dû se fader Yellow Submarine

Alors, malgré tout ça, c’était McCartney ! L’entendre, le voir, chanter Hey Jude, Got to get You Into my Life, Drive my Car, Yesterday, Day Tripper ou Paperback Writer, ce ne fut pas rien. Et les fautes de goût manifestes n’ont pas empêché quelques extases passagères culminant avec l’exécution plus qu’inattendue du B-A-BA du hard rock, Helter Skelter, au rappel. Quant au riff malin de Let Me Roll it, je n’arrive pas à me l’ôter de la tête depuis ce matin.

Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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