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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 18:03

Il y a un truc assez déplaisant dans le clip de Paul McCartney dévoilé avec tambours et trompettes ce jour. Une manière d’auto-célébration assez irritante (en avait-il besoin, franchement ?) où, d’emblée, dès son enregistrement recréé pour les besoins du clip, ce morceau assez passe-partout nous est donné comme un tube fédérant les plus grandes stars (enfin, plus ou moins grandes... de Meryl Streep à Johnny Depp en passant par Sean Penn, Kate Moss ou Jeremy Irons plus quelques autres que je n’ai absolument pas identifiées mais puisqu’on nous dit que ce sont des stars, soit…). Un morceau donc que même Johnny Depp il dodeline de la tête en l’écoutant dans son iPod, alors tu penses, si toi aussi tu veux être super cool comme Jack Sparrow, tu vas l’adorer le nouveau single de Paulo ! Ben oui, quoi, tu as envie d’en être, ils ont l’air tellement heureux tous ces gens présents dans le studio d’Abbey Road (Abbey Road, forcément…) en position d’écoute attentive d’abord (Depp, Penn : les meilleurs…) puis à se dandiner dans la deuxième partie du clip (Streep : encore en sur-régime même pour un caméo…). Donc, résumons. Paul enregistre tranquillou (il sifflote en descendant l'escalier jusqu'au piano, c'est dire s'il est cool) et, parallèlement, le clip met en scène dans une dimension parallèle une sorte de frénésie portée par des people qui font tous allégeance à ce morceau tellement génial qu’ils écouteront, dont ils se délecteront jusqu’à plus soif, et qui, même, remplacera Get Lucky dans la bande-son de leurs soirées dansantes. Ouais, ouais. Ok.

Macca avait bossé avec Michael Jackson, on s’en souvient, et son petit caprice prétentieux sous ses dehors faussement sympathiques (un cameo, c'est toujours super sympa parce qu'on le prend comme un clin d'œil à notre intention, une invitation à nous joindre à la fête de l'entre-soi), son petit caprice donc nous rappelle le clip de MJ pour Liberian Girl, clip « all stars » assez démesuré (voir ici) mais finalement plus modeste parce que bien plus naïf, où le chanteur/réalisateur, enfant gâté dans sa bulle de star, convoquait le gratin de la pop eighties et même un peu plus (au hasard, Steven Spielberg…) pour montrer au monde 1) comme il était simple et sympa 2) comme il avait des potes super cools… C’était con, mais c’était touchant. Et surtout très impressionnant. Aujourd’hui, on ne s’étonne même pas que Sir Paul, comme on dit, ait pu faire venir tous ces gens-là… Mais son clip est nul, sinistre et prétentieux. Comme un passage en force pour montrer au consommateur comme ce single est un événement. On aura bien compris qu’il n’en est rien. D’ailleurs, vous l’avez écouté, vous, le nouvel album de McCartney ? Vous allez l’écouter ? Bon, alors, vous voyez…

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:39

Deux étés. Deux naissances. Et Bruce Springsteen...

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 16:30

Deux étés, un nouveau film à découvrir bientôt...

 

"Deux étés" en quatre images...
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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 18:13

 

 

On n'en sort jamais. On y revient toujours. Il y eut le concert du 29 juin au Stade de France. Puis le 22 juillet, la diffusion mondiale simultanée de Springsteen and I au cinéma. Enfin, la lecture vorace de Bruce de Peter Ames Carlin, paru chez Sonatine il y a quelques semaines. On n'en sort jamais. On y revient toujours.

Du concert, j'ai déjà parlé... Place aux images et aux mots...

Springsteen and I m'intéressait dans sa démarche participative consistant à demander, l'été dernier, de la matière brute aux fans de Bruce Springsteen. Le film de Baillie Walsh est ainsi pour l'essentiel composé de témoignages éclairant sur le rapport très particulier, et sans doute assez unique, que son public entretient avec Springsteen. Quelque chose d'assez inexplicable, que le film effleure souvent et que l'on serait soi-même bien en peine de formuler. En cela, Springsteen and I est tout sauf un documentaire sur le Boss, c'est un film qui parle plutôt du lien intime qu'une musique, des paroles, font naitre dans le cœur de quelques-uns, qui dessine, à travers des dizaines de témoignages, le portrait de cette Amérique que chante Springsteen (langue oblige sans doute, la plupart des témoignages viennent d'anglo-saxons). En cela, le portrait le plus touchant est bien celui de ce couple de quinquagénaires "blue collar" passant, confient-ils avec malice, chaque soirée à parler de Springsteen mais qui n'ont jamais eu assez d'argent pour aller le voir en concert. Cela évoqué avec détachement et simplicité, sans gravité, car danser sur les disques, partager cela amoureusement, leur suffit. Le film oscille entre témoignages amusants (ce britannique qui n'aime pas Springsteen mais qui "subit" chaque concert à rallonge par amour pour sa femme), anecdotiques, touchants, plus rarement bouleversants. On voudrait rester plus longtemps avec certains, se dispenser d'autres interventions. C'est la limite du projet (avec aussi sa facture visuelle ingrate), un projet assez convaincant malgré tout. Un très bel épilogue met en présence du chanteur (sa seule apparition, hormis quelques images d'archives en live) une poignée de fans vus dans le film à l'issue d'un concert. Là, l'émotion est palpable. Mais la rencontre est fugace, artificielle, forcément frustrante. Et le film de s'achever sur ce paradoxe - du moins à mon sens - qui confronte le vrai Bruce (sympa certes, mais forcément "de passage") à l'image qu'on entretient de lui en nos cœurs, qu'il génère naturellement et dont, pour tout dire, nous avons besoin...

Cette image qu'on a de lui, elle est un peu écornée dans la biographie conséquente de plus de 600 pages que vient de lui consacrer Peter Ames Carlin. Ouvrage colossal, fruit d'une enquête au long cours où le journaliste a rencontré des dizaines de personnes ayant travaillé avec Bruce Springsteen ou l'ayant côtoyé à un moment ou un autre de sa vie. Des membres de sa famille, des musiciens, des techniciens, des petites amies, des managers et Bruce lui-même se confiant comme jamais. Bruce se lit comme un roman passionnant et donne envie de se replonger dans les tréfonds de la discographie. Particulièrement parce que le livre est très documenté sur les débuts (premier disque enregistré au bout de 200 pages seulement), sur les tâtonnements en studio, les hésitations, les titres jetés (provisoirement) à la poubelle ou sacrifiés au moment de sortir tel ou tel nouvel album. En cela, Bruce est bien dans la lignée du coffret Darkness on the Edge of Town et du double album d'inédits, The Promise, parus il y a trois ans. On y lit le labeur, les réécritures maniaques et le travail de studio qui confinera à la folie sur l'enregistrement de Born to Run par exemple. Le livre rappelle que Springsteen travaille énormément en studio, demande l'impossible aux musiciens (source de tensions) et que les prises sont rarement spontanées. Il faudra attendre Nebraska et son enregistrement aussi miraculeux qu'accidentel ou Lucky Town pour cela, pour qu'il se libère d'une certaine maniaquerie. Sa façon d'être en live avec le E Street Band nous faisait oublier cela, que les chansons sont le fruit d'un travail, les arrangements le résultat de nombreux essais et revirements, que de grands morceaux furent sacrifiés par souci de cohérence sur les disques Darkness on the Edge of Town ou Born in the USA. Avec le E Street Band d'ailleurs, on lit comme les rapports furent parfois tendus, comme la rancœur consécutive à la dissolution du groupe au milieu des années 80 fut tenace, comme il fut difficile à un moment donné de concilier l'énergie du collectif et les directions plus sombres, plus introspectives que Springsteen souhaitait donner à sa musique. La vie sentimentale de l'artiste, sa probable dépression puis sa longue thérapie documentent, sans jamais verser dans le sensationnalisme (loin de là), la genèse des albums et les rapports parfois difficiles avec les autres membres de son groupe. Même pour le fan, le livre regorge de révélations et donne envie de redécouvrir certains morceaux un peu oubliés, parfois mal entendus (je pense à ceux du coffret Tracks que j'ai appréhendé sous un autre jour depuis la lecture de ce livre). On regrettera peut-être que le livre, passionnant dans sa première partie, passe un peu vite sur les années post-Born in the USA, sur certains albums au sujet desquels on aurait aimé en lire un peu plus. Peu importe. On le referme en ayant appris beaucoup et avec le sentiment qu'on n'a décidément pas fini de faire le tour d'une discographie dans laquelle on baigne depuis trente ans maintenant...

 

 

 

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 00:00

Presque un an après son précédent passage à Paris (les 4 et 5 juillet 2012 à Bercy), le E Street Band revenait par ici samedi dernier, au Stade de France cette fois. Le Stade de France, j’y avais été en mai 2003, il y a dix ans, pour lui, pour la fin de la tournée "The Rising". C’était d’ailleurs jusqu’à ce week end le seul concert que j’avais vu là-bas. Sans doute n’était-ce pas un grand concert, mais j’en garde un souvenir précis et ému pour les conditions dans lesquelles il s’était déroulé. Sous une pluie intermittente d'abord. Et soudés dans l’émotion du moment avec un ami cher qui m'accompagnera trois autres fois voir Springsteen ensuite (en 2005, en 2006 et en 2008) mais qui est parti vivre de l'autre côté de l'Atlantique depuis cinq ans. Souvenir du concert qui débute sous la pluie, de Bruce qui entonne (comme il le fait assez régulièrement, depuis, les jours de pluie) Who’ll Stop the Rain de Creedence Clearwater Revival (morceau parlant, on le sait, d’une toute autre "pluie" d’ailleurs) et l’averse qui s’arrête aussitôt. Puis qui reprendra sporadiquement pendant le concert jusqu’à un Dancing in the Dark rendu magique, plus de deux heures et demi après, par le déluge qui tombe sur la foule dans la fosse, cette foule compacte, entraînée par la musique et qui fait bloc, contre mauvaise fortune bon cœur. Un grand souvenir.

Le concert de samedi dernier ne comptera pas parmi les plus mémorables de la petite dizaine de shows de Springsteen auxquels j’ai assistés depuis vingt ans. La faute au Stade de France sans doute un peu. La faute à une setlist honorable mais peu surprenante plus sûrement. Il est vrai qu’il était difficile de rivaliser avec le second concert parisien de 2012, ses 3h38, sa setlist en montagnes russes, et l’émotion particulière, toute personnelle, qui fit de ce show le plus beau de tous pour moi (lire ici). À ce sujet, et juste pour l’anecdote, Lou, mon fils (qui est, rappelons-le, né le 5 juillet 2012, quelques heures avant ce fameux concert de Bercy), fit ses premiers pas trébuchants (The Rising !) ce samedi 29 juin 2013, quelques heures, justement, avant que je parte pour le Stade de France. C'est trop beau pour être vrai ? Pourtant, je n’invente rien !

 

On arrivait donc, avec mon "E Street Buddy" Christophe, deux heures avant le début du concert. On se plaçait pas trop mal sur l’immense pelouse. Restait à attendre. Fébriles. Excités. Jubilant déjà. Un rendez-vous avec Bruce Springsteen, ça avait toujours quelque chose d’exceptionnel, on savait qu’on passerait un moment magique. Forcément. Vers 17h40, alors que gradins et tribunes sont quasiment vides et que la pelouse se garnit doucement, une surprise. Bruce, en tee-shirt blanc débraillé et lunettes de soleil sur le nez se pointe sur scène, guitare acoustique en bandoulière. On avait vu la vidéo de l’ouverture des portes au même endroit en 2003, on ne fut donc presque pas surpris. Un petit quart d’heure. Trois titres pour les premiers arrivés. This Hard Land, Burning Love et Growing Up puis un « See you later ! » amical, simple comme bonjour, qui nous renverse. Là, dans ces quelques minutes, toute la générosité de Springsteen, tout son respect, si souvent vanté, pour son public.

Deux heures plus tard, vers 19h40, entrée en scène "officielle" de l’idole et du E Street Band renforcé d’une section de cuivres et de choristes, comme l’an dernier (normal, c'est la même tournée). Ça commence, sans réelle surprise, par Badlands et Out in the Street qu'on a déjà apprécié live en d'autres occasions. Tout va bien. Les jeunes espagnol-e-s à côté de moi ont vingt ans, guère plus, pourtant ils connaissent tout par cœur. C'est étonnant. Suit Lucille de Little Richard, joué pour la première fois et suggéré, comme c’est devenu la tradition, par les pancartes que les fans des premiers rangs tendent au Boss, pancartes cartonnées aux doléances aléatoires parmi lesquelles il négocie les virages de sa setlist. Puis des extraits de Wrecking Ball (très beau dernier album), un immense Spirit in the Night à l’entame chamanique, et vient la surprise réservée à son public français. Ça fait un moment que Springsteen aime à jouer ses albums dans leur intégralité (cela fit même l’objet il y a trois ans d’une mini-tournée américaine), il a refait le coup avec Born to Run ou Darkness on the Edge of Town quelques jours auparavant... Il annonce donc, cette fois-ci, qu’il va jouer l'album Born in the USA du début jusqu’à la fin. Bon, ok. C’est une bonne et une mauvaise nouvelle. Une bonne parce que cela nous promet des morceaux gigantesques (Downbound Train, I’m Going Down, No Surrender, Dancing in the Dark). Une mauvaise parce qu'il en a déjà joué pas mal l'an dernier et parce qu’on rentre sur l’autoroute, parce qu’on sait que pendant une heure le paysage ne changera pas. Et qu’on ne sera pas surpris.

En cela, le concept de l’album joué intégralement est en contradiction avec le plaisir que dispense généralement un concert du E Street Band. À savoir, naviguer dans quatre décennies de musique, jouer un tube incontournable et juste après une rareté, renouveler pour un tiers (à peu près) la setlist chaque soir. Bref, si on a douze titres de Born in the USA, ça veut dire qu’on en aura bien moins des albums des années 70 qu’on aime évidemment beaucoup plus que celui-là. Et qu'on n'aura sûrement pas non plus la surprise de voir débouler un titre du sous-estimé Tunnel of Love qui lui succéda. Pas grave. Springsteen demeure immense en concert, son groupe quoique vieillissant est à l’avenant. Le plaisir est là. Sur scène et dans la foule. Les gimmicks s’enchaînent dans la bonne humeur (la fille qui monte danser sur Dancing in the Dark, la fillette qui vient chanter sur Waiting on a Sunny Day, Bruce et Steve Van Zandt qui font leur numéro de duettistes burlesques sur Glory Days ou Ramrod, l'hommage à Clarence Clemons sur Tenth Avenue Freeze Out). La setlist est peut-être moins surprenante que celle du Parc des Princes il y a cinq ans, la version carnavalesque de Pay Me my Money Down a beau nous faire penser à une émission de Patrick Sébastien bien plus qu’à Pete Seeger, la magie opère toujours. Et après un American Land où Springsteen chante plus que jamais comme Joe Strummer en leader éphémère des Pogues, il revient seul en scène, en acoustique, pour nous achever avec Thunder Road, le classique des classiques. À ce moment-là, des sentiments mêlés. Submergé par l’émotion, on se dit qu’on a quand même envie de revoir Springsteen seul en scène. Comme en 1996. Comme en 2005. Et on sait aussi que la formule n’est pas très adaptée à des lieux comme celui-ci ou même comme Bercy. Et on sait aussi que la compagnie du E Street Band lui donne des ailes. On a vu ce soir-là la pancarte d'un rêveur demandant à Springsteen de jouer l’album Nebraska en entier. Évidemment, personne n’en espérait tant. Mais on sait aussi qu'avec lui tout est possible. Le lendemain à Londres, il chantera Johnny 99, Reason to Believe et Atlantic City (de quoi combler les amateurs de Nebraska donc). Mais aussi l'album Born in the USA dans son intégralité, un deuxième soir consécutif. Ce disque, c'est du rock de stade certes, mais c’est aussi une cassette que j’ai écoutée en boucle, le disque par lequel j’ai découvert ce chanteur et ce groupe. Ce n’est pas rien.

Conclusion : petite setlist, grande émotion.

Ah oui, sinon, le concert a duré 3h10. C’était donc une prestation plutôt courte...

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 16:14
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 15:35

On le savait malade. A bout de souffle. On savait l’inéluctable proche. Sa disparition t’a pourtant empli de peine. Il est mort à Nice. Tu l’as appris à Cannes. Pendant le festival. Tu ne connaissais pas sa discographie dans le détail, encore moins son travail avec Piaf - elle que tu ne peux écouter tant sa voix t’écorche les oreilles - mais plusieurs vinyles des années 70 tournaient régulièrement chez toi. Plusieurs chansons s’invitaient souvent dans ta tête, sur la platine. Tu aimais la douceur diffusée par ses disques, leur mélancolie mêlée d’idéalisme. Tu te sentais bien dans ses chansons. Tout simplement.

Et puis il y a un souvenir précis. Au Portugal, en 2000, en 2001, tu ne sais plus trop. Un voyage en amoureux à travers le pays, entre campings, hôtels et chambre d’hôtes. A Coimbra, un soir, vous tombez par hasard sur un concert gratuit en plein air. C’est Georges Moustaki qui joue, lui qui chanta jadis la révolution des œillets. Tu conserves le souvenir d’un beau concert, d’un chanteur généreux et affable, et aussi d’un de ces beaux moments de plénitude passés avec elle, qui, par la suite, au fil du temps, se firent plus rares. C’est la seule fois que tu l’auras vu sur scène. Le lendemain soir, au même endroit, tu découvrais Paco Ibanez. Elle, elle le connaissait bien, elle avait grandi avec pour ainsi dire. Elle avait des disques de lui chez ses parents. Un 33 tours aussi chez vous. Toi, tu le découvrais et l’appréciais sous les étoiles du mois d’août, dans la douceur d’un soir d’été.

Comme Ibanez, que tu n'écouteras plus passée cette soirée, Georges Moustaki restera associé à Coimbra. Une place dans la nuit en été. Et ce portugais enthousiaste, à côté de toi, qui chantait avec ferveur Les amis de Georges

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 12:23
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:59

Tiens, ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de Michel Gondry ici. La sortie de L'écume des jours et la parution en DVD de son documentaire L'épine dans le cœur nous donne l'occasion d'un bref regard rétrospectif sur une filmographie longs métrages pour le moins chaotique.


 

4b82aea642828.jpgMichel Gondry, un peu comme Tim Burton, est devenu une marque, presque un logo. Un cinéaste-star qui apparaît dans son dernier film dans un rôle-clé quand il se réservait plutôt de sympathiques caméos jusqu’alors (voir le clip Walkie Talkie Man en 2005, ici). Si L’écume des jours, sorti il y a quelques semaines, étouffe volontairement sous le trop-plein d’images et les effets de signature encombrants, on ne s’inquiète pour autant guère pour le cinéaste qui, à côté de gros projets, a toujours su se réinventer au gré de films plus modestes mais souvent plus digestes. Ce fut par exemple le très beau The We and the I après l’affreux The Green Hornet. Ce fut, dans une moindre mesure, L’épine dans le cœur ou Interior Design (son segment du film collectif Tokyo !) après le malin mais faiblard Soyez sympa, rembobinez. Comme si devait toujours succéder aux paris industriels ouvertement commerciaux (faire un film de super héros à Hollywood ; réaliser une adaptation réputée impossible avec un casting éminemment “bankable” en France) la possibilité de changer radicalement d’optique, d’environnement et d’économie.

Alors revoir aujourd’hui L’épine dans le cœur à l’aune de L’écume des jours, c’est constater que Gondry n’a pas forcément besoin de s’encombrer de concepts brillants, d’effets devant la caméra, de casting rutilant ou d’imaginaire labellisé pour toucher ou émouvoir. Portrait de famille où le cinéaste s’implique directement à l’image et dans l’image, ce documentaire sorti en 2010 relègue au second plan la maestria formelle qu’on attend généralement du génial réalisateur de clips qu’il fut. Si le cinéaste est omniprésent dans le film, c’est d’abord en tant qu’acteur, tout simplement parce que le film se nourrit des dialogues qu’il instaure avec les membres de sa famille (sa tante Lucette en premier lieu, son cousin Jean-Yves ensuite). Gondry s’y met au service des siens, restant, lui – cinéaste, on le sait, brillant – nettement en retrait.

Le film n’éblouit donc pas. Il déçoit même un peu tant la simplicité qu’il déploie le pose en œuvre mineure, transitoire. C’est pourtant toute l’intelligence de Michel Gondry que de savoir prendre le temps de mener à bien un tel projet. C’est avec des films-respiration comme celui-ci – ou avec un projet comme l’usine de films amateurs au Centre Pompidou – que son cinéma se renouvelle constamment et ne s’écroule pas dans la quête forcenée du tour de force. Gageons qu’après L’écume des jours, il le démontre à nouveau bientôt.

 

SK

 

Michel Gondry, L’épine dans le cœur, DVD, éditions Montparnasse, 15 euros (en vente depuis le 2 avril 2013).


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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 16:16

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Bizarrement, je n’étais jamais allé à Londres. Bizarrement, je n’étais jamais allé en Angleterre. Enfin, si, un peu. C’était il y a un peu moins de trente ans, pour un voyage scolaire, en sixième. C’était en 1985 sûrement. En juin peut-être bien.

Je me souviens du goût des chips mangées sur le bateau, de la nausée, un peu, pendant la traversée. Puis au-delà, pas tant de choses. Là-bas, j’étais hébergé avec un copain blondinet (Ludo ou Ludovic, il me semble) dans une "famille", comme on disait. On jouait au foot dans le jardin, en fin d’après-midi. On avait cassé un carreau – je crois que j’avais marqué – on avait fait comme si de rien n’était, et le lendemain matin, quand notre hôte nous avait réprimandé, la barrière de la langue, face à ses reproches, maladroitement érigée, nous avait bien arrangé. Pourtant, je me souviens de la honte. Du rouge au front, des oreilles qui chauffent. De son regard, de son air déçu à l’heure de se dire au revoir. Y avait-il des enfants dans cette famille, je ne sais plus.

Plus tôt, en groupe, avec cette classe dont je ne me rappelle pas vraiment (ma première sixième alors, pas la deuxième – oui, j’ai redoublé), on avait visité Westminster, on avait vu Big Ben. On était allé, plus loin, mais où ?, dans un endroit avec des machines à sous. J’avais joué. À douze ans. Bizarre. Pas loin, un lac ou un étang. Je me rappelle avoir fait du pédalo. Ça m’avait plu. Quand, la semaine dernière, je proposais à Hélène, dans Hyde Park, d’en faire un tour (de pédalo), forcément, elle ne pouvait pas comprendre. On n’en a pas fait. La nostalgie a ses limites. Qu’avais-je rapporté de Londres ? Un torchon (immonde…) avec les monuments dessinés dessus, qui, longtemps, abrita de la poussière mon CPC464.

En 1985, à Londres, je ne m’intéressais pas aux disquaires, encore moins au rock anglais et à son histoire flamboyante. Le film Highlander, porte d’entrée vers un groupe local alors au sommet de la gloire, ne sortirait que l’année suivante. Connaissais-je Queen ? Avais-je déjà écouté Queen Live Killers, ce double vinyle emprunté à la discothèque (on ne parlait pas encore de médiathèque) et très vite copié sur cassette. Je ne sais plus. Je n’aime pas ne plus savoir. En 1985, pourtant, à Londres, j’ai acheté une cassette, je le sais. Une seule. Je l’ai encore. Dans un bac à vinyles de Brick Lane, j’ai revu cet album dimanche dernier. Sans doute s’en est-il vendu des pelletées là-bas. Pas de quoi être fier : c’était Fantastic !, le premier album de Wham !, disque qui n’était pas sorti en France et que j’étais trop content, en 1985, de trouver là-bas, moi qui était fou de Wake Me Up Before You Go-Go et de l’album Make it Big… Avais-je un Walkman sur place ? Avais-je écouté la cassette là-bas ou avais-je dû attendre le retour à Paris ? Je ne sais plus trop. Bizarre comme certains souvenirs de l’époque sont nets et précis (les films, les salles de cinéma où je les ai vus, par exemple) et comme ce voyage de quelques jours ne reflète aujourd’hui que quelques réminiscences nébuleuses.

Vingt huit ans sont passés sans que je retourne à Londres. J’en ai eu envie souvent. Mais l’occasion ne s’est jamais présentée. Je suis allé ailleurs. Londres demeurait une sorte de fantasme confortable car accessible. Trop accessible ? 40 ans. Un beau cadeau. Elle. Moi. Nous. J’y suis retourné. C’était évidemment comme si je n’y étais jamais allé. Pas grand-chose de commun entre moi aujourd’hui et le freluquet de douze ans. On n’est pas allé à Westminster. On a à peine aperçu Big Ben. On a snobé Buckingham Palace. Je m’en foutais. Par contre, j’ai vu Primrose Hill, Camden, Notting Hill, Brick Lane, la Tate Modern, Hyde Park, Regent Park. Tout ça d’un coup pour la première fois. J’ai marché sous la pluie. J’ai vu Baker Street. Je n’ai pas vu de coucher de soleil à Waterloo. Je suis ressorti du London Beatles Store sans avoir rien acheté. J’ai résisté au body AC/DC pour mon petit Lou. Je ne suis pas allé voir We Will Rock You ni Thriller ni Singing in the Rain (j’aurais aimé, quand même, voir l’une de ces trois comédies musicales mais j’ai trop tergiversé). Par contre, j’ai sali mes doigts dans les bacs à vinyles, profité de la liquidation du stock du HMV de Picadilly Circus (c’est toujours triste un magasin de disques qui ferme). C’était bien. C’était mieux que ça. Je m’en souviendrai mieux que la première fois, c’est sûr. Et quelque chose me dit que je n’attendrai pas 28 ans pour retourner là-bas.


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