Il y a trop de mauvais documentaires sur le rock, basés sur des
images d’archives ou sur des témoignages de has been, pour ne pas s’attarder sur le splendide film qu’A.J. Schnack a consacré à Kurt Cobain. Ici, pas de décor neutre interchangeable, de fond
noir, de canapé moche et de lumière artificielle de studio, pas la moindre image recyclée (hormis quelques photos de Charles Peterson en fin de dernière bobine), pas de musicien bedonnant ou
perdant ses cheveux, pas de témoignages de pairs admiratifs ou de stars moisies servant de caution people. On est bien à mille lieux du film de Julian Temple sur Joe Strummer, loin de ce truc ne
valant guère plus qu’un pâle bonus dvd qu’a pondu Grant Gee sur Joy Division, très loin aussi du pourtant beau travail d’archiviste de Scorsese sur Dylan.