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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 12:11

aff_338.jpgJe m’étais pourtant dit que je n’irai plus voir Air. Écouter leurs disques à la limite, mais en concert, non, ils étaient définitivement trop ennuyeux (qui a dit, "leurs disques aussi" ?). Pourtant, voilà, on aime bien les artistes dont Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin ont choisi de s’entourer pour leur carte blanche à la Cité de la Musique, et c’est pour ça que je me retrouvais là-bas hier (pour voir Gaz Coombes et Danny Goffey de Supergrass, aka The Hot Rats) et que j’y retournerai ce soir (pensez donc, ils ont invité l’immense Jarvis Cocker).

Hier, disons que pour voir The Hot Rats, j’aurais pu m’abstenir et demeurer sur le souvenir de leur concert au Point Éphémère. Face à un public qui, visiblement, ne les connaissait pas, qui, assurément, ne savait pas que Supergrass donnera au grand complet son tout dernier concert  (d'adieux) à la Cigale vendredi prochain, face donc à un public qui s’en foutait, s’ennuyait poliment (oui, le public de Air est très, très poli…), prenait le duo pour le premier groupe de reprises de la fête de la musique venu, The Hot Rats ne jouèrent qu’un petite demi-heure, sans même daigner balancer Queen Bitch de Bowie ou The Lovecats de Cure. Frustrant. Frustrant aussi de se sentir si seul, à côté d’un public hagard, so romantic et déjà mentalement envapé dans les nappes hypnotiques de leurs héros versaillais…

Pour autant, on savait que Gaz et Danny reviendraient puisque le gros morceau de la soirée consistait en la réinterprétation live par Air et The Hot Rats de la bande originale de Virgin Suicides, le film de Sofia Coppola, qui, on le sait, doit tant à la musique des premiers. Attendons donc, se disait-on alors, et qui sait, peut-être se fendront-ils ensuite de quelques reprises millésimées Hot Rats à quatre…

Avant cela, l’entracte. On regarde autour de soi. Les gens sont sages, propres, bien peignés. Comme la musique de (h)air. Et puis, on s’attarde sur ceux qui font tache. Il y a ces deux mecs tout petits mais très bodybuildés (on écoute donc Air dans les salles de sport ?), extatiques et criant très fort pendant le concert, cet ado mal dégrossi dont le foulard pendant autour du cou le fait ressembler à un scout, ces anglaises fines et élancées sorties des backstages et déjà vues au Point Éphémère (des copines à Gaz et Danny sans doute), cette famille bourge au grand complet : la mère élégante (qui a dit MILF ?), sa fille – jolie – qui doit, les soirs de spleen, se prendre pour une sœur Lisbon, un frère, un mec, un cousin, je sais pas trop, petit blazer, chaussures vernies, polo Lacoste, les cheveux mi-longs délicatement agencés, la barbe de trois jours bien étudiée. Le père ventripotent, un peu vieux beau, lui, ressemble à l’ancien PDG de la Fn*c. Ou alors, il bosse dans la pub. Il lit le programme, parle des deux mecs qui jouaient en première partie, découvre, article à l’appui, le nom de Supergrass : œil morne des teenagers l'accompagnant, trop jeunes pour avoir connu le groupe de Gaz et Danny du temps de sa splendeur. Grand moment de solitude. Et puis, en lisant le programme et la liste des morceaux repris sur disque par The Hot Rats, le père qui, content de lui et d'un air entendu, trouve un nom Roxy Music ! à mettre sur ce morceau... qu’ils n’ont même pas joué (ah ouais, tiens, Love is the Drug, ç’aurait été bien quand même)… Regard admiratif, du fiston, du cousin, du mec de l’adolescente, je sais pas, qui trouve que le presque quinqua, il assure quand même vachement à connaître comme ça les vieux groupes mythiques : Roxy Music, il a dû lire le nom en regardant le programme de Rock en Seine 2010 et comprendre que, quand même, ils avaient dû être un peu influents, il y a longtemps, deux, trois ans avant les Libertines, quoi…

Vite, par pitié, faut que ça commence… J’ai peur de voir débouler des "jeunes pop" de l’UMP…

Virgin Suicides donc. Seul vrai bon film de Sofia Coppola, premier grand livre de Jeffrey Eugenides (allez lire Middlesex !), album inégal de Air... Pour le coup, ce fut très chouette, l’acoustique du lieu étant en outre à la hauteur de la sophistication des arrangements. Et si l’énergie du chanteur et du batteur de Supergrass ne transformèrent pas littéralement les petits chimistes de Air en leurs Mister Hyde punk-rock, disons qu’on les sentit quand même un peu plus libérés, plutôt contents d’être là. Et puis, à la basse, en mode Herbie Flowers, Godin assura carrément. L'émulation, c'est bien. En guise de rappel de ce concert très court, les quatre musiciens s’aventurèrent dans un Don’t Be Light jadis chanté par Beck, qui, pourtant issu de leur meilleur album (10 000 Hz Radio), fut joliment foiré (oui, c’est sûr, j’aurais préféré The Vagabond). À 22 heures, c’était plié. Bon. Ça tombait bien, je devais me lever tôt.

Pour dire comme cette soirée fut punk (!), j’ai même vu en sortant Gaspar Noé, le réalisateur du film le plus con de l’année dernière (tellement idiot, d’ailleurs, ce film, qu’il a redoublé et qu'il n’est sorti que cette année)…

Courage, ce soir, il faut y retourner… On sera quoi, 5%, 10% à savoir que le grand échalas barbu qui va chanter avec eux fut le leader du plus grand groupe britannique des années 90…

 

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=10175

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 17:50

Sparklehorse.jpgOn a déjà écrit, depuis hier, de très belles choses sur Mark Linkous (Sparklehorse). Sa disparition me laisse dévasté, mais ne me surprend pas vraiment. On le savait en sursis. En 1996, il avait déjà effleuré la mort. Approchée de trop près sans doute, déjà, pour qu’il sache la tenir définitivement à distance. Il l’avait d’ailleurs dit en interview, notamment quand sortit le dernier album de Sparklehorse en 2006 : la musique, seule, le gardait en vie. Avant-hier, elle n'a plus suffi.

Il fallait le découvrir sur scène pour mesurer sa fragilité de survivant. Je me souviens de la première fois que je l’ai vu, à la Cigale, en 2001, je crois. Pour son troisième album déjà. Sous son chapeau, démarche mal assurée, titubante, livrant une prestation où la douceur se mêlait à la rugosité. Sa voix, si fragile, si bouleversante. Et aussi la violence de sa guitare saturée exorcisant – par à-coups – un mal-être inextinguible.

Aussi dissemblables que furent leurs disques, Mark Linkous me procura les mêmes émotions qu’Elliott Smith. Tous deux, comme deux faces d’une même médaille. Tous deux, compagnons de route, de déroute. Que je n’ai jamais cessé d’écouter. J’aurais préféré que cette association demeure intime et subjective, que Mark Linkous ne choisisse pas de se tirer une balle  dans la tête et de rejoindre l'auteur de Between the Bars dans la colonne "fait divers" des héros maudits du rock & roll. Pourtant, il me suffit de réécouter Sad and Beautiful World ou le paradoxal It’s a Wonderful Life pour me reprendre, pour y croire. Encore. Toujours. La musique de Sparklehorse a – comme, avant elle, celle d’Elliott Smith – ce genre d’effet magique. Malgré ce 21 octobre 2003. Malgré ce 6 mars 2010. 


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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:09

From the Linkous Family: "It is with great sadness that we share the news that our dear friend and family member, Mark Linkous, took his own life today. We are thankful for his time with us and will hold him forever in our hearts. May his journey be peaceful, happy and free. There’s a heaven and there’s a star for you."

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 12:54

P180110_23.01.jpgL’exposition soudaine d’un chanteur dont on chérissait un disque au-delà de toutes mesures place dans une situation paradoxale. Impression un rien snob, concédons-le, qu’un trésor caché, intime, nous échappe ; joie aussi de le voir trouver un public, accéder à une reconnaissance méritée grâce à un nouvel opus que l’on trouve pourtant un rien en deçà du précédent. Surtout, quand il n’y avait jusqu’à présent rien d’autre qu’un disque (Portrait du jeune homme en artiste) et une poignée de chansons, on découvre soudain que ces morceaux ont un visage, on entend leur auteur en interview, on le lit, mais l’ironie, la distance dont il fait montre parfois atténuent un peu la portée de textes que l’on trouvait hier bouleversants. Surtout, il y a ce constat désagréable – périphérique – que certains mettent leurs gros doigts dégueulasse, leurs avis dispensables, sur un disque que l’on n’avait pas du tout envie de leur prêter. Surtout que l’on range désormais ledit chanteur dans une case à laquelle il n’appartient pas (en gros, ce que l’on a appelé "la nouvelle scène française"), à côté d’autres que l’on aime ou pas, mais qui, définitivement, ne partagent pas grand chose avec lui, sinon le goût, peut-être, d’une forme noble et classique – idéalisée – de la variété française estampillée seventies…

Du coup, en allant voir Arnaud Fleurent-Didier hier soir au Méry, Place de Clichy, j’étais assez indécis, un peu inquiet. Je pensais que la scène gommerait forcément la sophistication de ses arrangements, je me disais – je ne sais trop pourquoi – que c’était typiquement le genre de chanteur dont je préfèrerai toujours écouter les disques plutôt que le voir sur scène. Les malentendus (la récupération ?), déjà, m’avaient volé un peu de désir.

Je me trompais. L’année a commencé par un concert formidable, étonnant, où AFD revisita totalement La Reproduction, livrant des versions le plus souvent novatrices, enrichies d'images vidéos, réellement alternatives (My Space Oddity réduite à son refrain), bel et bien durcies parfois… Bref, un concert qui n’avait rien justement d’une simple transposition live du disque, où le morceau La Reproduction vira en jouissive transe acide à la Daft Punk, où L’origine du monde révéla encore un peu plus son fumet Polnarêveur, où les cocottes funky de la guitare rivalisèrent avec des chœurs baroques, sur le fil, où le chanteur nous offrit aussi deux trop rares morceaux d’avant (Portrait du jeune homme en artiste et Une faiblesse de la nature), sublimes. Si l’on sait qu’Arnaud Fleurent-Didier enregistre seul toutes les voix et tous les instruments de ses disques, force était de constater hier qu’un véritable groupe était sur scène, offrant aux chansons d’AFD une homogénéité tant sonore que visuelle : un batteur efficace et discret, mais surtout la touche glamour et les chœurs somptueux de la paire Dorothée de Koon/Milo McMullen, musiciennes à franges et cheveux longs œuvrant respectivement aux claviers et à la basse…

Tous les quatre rejouent lundi prochain, même heure, même endroit… S’il n’y avait eu Rodolphe Burger et Jeanne Balibar au Café de la danse, sans doute y serais-je retourné…

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 15:40
Je ne l'avais pas fait ce coup-ci, faute de temps (d'envie aussi, un peu), mais, bon, comme mes voisins blogueurs, je sacrifie finalement au petit jeu du bilan 2009... Explications éventuelles en commentaires...

Des films

1) Montparnasse de Mikhaël Hers (lire ici) – 2) Au voleur de Sarah Leonor – 3) Démineurs de Kathryn Bigelow – 4) Harvey Milk de Gus Van Sant – 5) Morse de Tomas Alfredson – 6) Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa – 7) Là-haut de Pete Docter & Bob Peterson – 8) Inglourious Basterds de Quentin Tarantino – 9) Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleischer – 10) Adieu Gary de Nassim Amaouche – 11) Violent Days de Lucille Chaufour (ici) – 12) Tetro de Francis Ford Coppola

Flops : Avatar de James Cameron, Les chats persans de Bahman Ghobadi, Soudain le vide de Gaspar Noé, L’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher…

Des disques

1) JP Nataf, Clair – 2) Jarvis Cocker, Further Complications – 3) Them Crooked Vultures, TCV – 4) Dominique A, La Musique (+ La Matière) – 5) Zone Libre vs Casey et Hamé, L’angle mort  (ici) – 6) Arnaud Fleurent-Didier, La reproduction (ici) 7) Julien Baer, Le "La" 8) Franz Ferdinand, Tonight 9) The Dead Weather, Horehound 10) Anthony Joseph & the Spasm Band, Bird Head Son 11) Charlotte Gainsbourg, IRM – 12) M, Mister Mystère 13) Stuck in the Sound, Shoegazing Kids 14) Arctic Monkeys, Humbug 15) Brendan Benson, My Old, Familiar Friend 16) The Asteroids Galaxy Tour, Fruit

Flops : Working on a Dream de Bruce Springsteen (ici), A Woman a Man Walked By de PJ Harvey et John Parish…

Des concerts

1) Them Crooked Vultures (aka Les Petits Pois) à Rock en Seine (photos) – 2) Jarvis Cocker au Bataclan – 3) Nisennenmondai à Villette Sonique – 4) The Dead Weather à l’Olympia – 5) Eagles of Death Metal au Nouveau Casino (photos) – 6) Brendan Benson au Nouveau Casino

Flops : PJ Harvey et John Parish au Bataclan (ici), The Horrors à Rock en Seine (ici)…

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 12:33

beatle bassC’est sidérant. C’est la pire chanson des Beatles, celle que l’on saute toujours sur le White album, et c’est pourtant alors, pour elle, juste pour elle, que tout Bercy se lève pour la première fois depuis une heure et demie. Et moi, je chante aussi. Sur Obladi Oblada. Même pas honte ! En secret, j’espérais qu’il nous épargnerait cela ce soir-là. Eh bien non. C’est horrible. Pourtant, oui, il faut le faire une fois dans sa vie. Gueuler avec Macca et 17 000 autres personnes "Obladi Oblada, Life goes on, la-la-la-la, Life goes on". Chanter ça, donc, et perdre toute dignité. Même Patrick Bruel, à quelques mètres, en haut, dans les gradins, a l’air perplexe. Nous, au point où l’on en est, on s’attend presque à voir Patrick Sébastien débouler hilare sur scène. On se souvient aussi, dans un flash honteux, qu’enfant on adorait Live is Life de Opus, que chanter Obladi Oblada, c’est un truc aussi rare dans une vie que de danser la Lambada bourré. Obladi Oblada, c’est une grande rasade de mauvais goût dans laquelle on se vautre avec délice…

Sinon, quoi ? Ben voilà, j’ai vu Paul McCartney en vrai. Et ça ne m’a pas fait grand chose finalement. Même si nombre de standards des Beatles et des Wings y sont passés, même si le sexagénaire a joué sans s’essouffler durant 2h40… Le temps, pour moi, quand même, de me rendre compte que le mauvais goût ne pardonne pas. Enfin, qu’il gâche tout du moins une partie du plaisir attendu…

Bon, les quatre Beatles représentés en images de synthèse comme dans le jeu Rock Band, à la limite ça passait encore (un clin d’œil malin à la culture pop aujourd’hui, mettons), mais quand Paulo ne trouva rien de mieux à faire que d'interpréter sa nouvelle chanson sur les images du prochain film de Robert De Niro, on ne savait plus trop si on était à un concert du second frère Lumière de la musique pop ou à un séminaire Live Nation et associés destiné à nous vendre qui un jeu vidéo, qui un film, qui un live à NYC fraîchement disponible dans les bacs… Les écrans géants derrière la scène, c’est bien là que le bât blessait : parce que le diaporama Windows de jolis couchers de soleil et de beaux paysages accompagnant The Long and Winding Road nous a fait autant marrer que les insupportables chromos parisiens projetés durant Michelle ou que les bougies géantes pendant Let it Be.

Si les images habillant le spectacle réussissaient parfois à gâcher les merveilles des Beatles, on ne peut passer sous silence le grand carnage de la soirée. C’est Eleanor Rigby qui en fit les frais. Comment un mélodiste comme McCartney ne réalise-t-il pas qu’il salope un chef-d’œuvre en faisant jouer les somptueux arrangements de cordes par son pauvre clavier ? Laisse, Paul, c’était pas grave si tu l’arrangeais autrement, si tu la malmenais un peu… Franchement, tu as été plus inspiré quand tu nous a joué Blackbird seul à la guitare acoustique. Comme c’était beau alors. Tu aurais dû faire pareil avec le morceau-phare de Revolver

Ainsi, plutôt que les explosions, les canons et les pétarades à la AC/DC qui ont résonné durant Live and Let Die, on aurait préféré que le budget dispendieux du show passe dans un ou deux musiciens supplémentaires. Las, le groupe (compétent pourtant) restera tout du long ce quartet efficace et un peu lourdaud, qui,  à plusieurs reprises, nous aura donné envie de lancer un moratoire sur l’utilisation des claviers dans les groupes de rock. Mais tout seul dans la fosse, on le sait bien, personne ne vous entend crier…

J’ai l’air déçu comme ça, mais, non, avec B. et S., on a passé bon moment quand même. On a bien aimé la citation du Foxy Lady de Hendrix à la fin de Let Me Roll it, on a été assez touché par les deux chansons dédiées à John et à George tout en se disant que Ringo est vivant heureusement, sinon on aurait peut-être dû se fader Yellow Submarine

Alors, malgré tout ça, c’était McCartney ! L’entendre, le voir, chanter Hey Jude, Got to get You Into my Life, Drive my Car, Yesterday, Day Tripper ou Paperback Writer, ce ne fut pas rien. Et les fautes de goût manifestes n’ont pas empêché quelques extases passagères culminant avec l’exécution plus qu’inattendue du B-A-BA du hard rock, Helter Skelter, au rappel. Quant au riff malin de Let Me Roll it, je n’arrive pas à me l’ôter de la tête depuis ce matin.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 18:14

Vendredi 28 août

Just Jack
Du rap pour ceux qui n’aiment pas ça ou de la pop pour ceux qui aiment le rap mou ? "Viens, on se casse"…
The Tatianas
S’il n’y avait eu Mick Jones, le contexte des années 70, les riffs, les textes de Strummer et les mélodies, on aurait, 30 ans plus tard, pu parler de The Clash à propos des Tatianas. Mais, voilà, la vie est mal faite : sans Mick Jones, sans le mouvement punk, sans l’engagement et sans les mélodies, il n’y aurait jamais eu de tee-shirts London Calling fièrement arborés dans les allées de Rock en Seine. "Viens, on bouge !"...
Keane
"Whoaw ! C’est Keane, on en profite pour faire l’expo BD ?". N’empêche, si on ne voit pas le chanteur grassouillet, on entend ses gémissements. L’entame de chaque morceau comme une abomination, une nouvelle plongée dans l’horreur. On n’en croit pas ses oreilles tant ce truc craint, on n’en croit pas ses yeux tant le chanteur est laid… Keane, c’est sublime tellement c’est grotesque…
Yeah Yeah Yeahs
Mon grand moment vieux con : "De toute façon, je suis sûr que personne, ici, n’était au Trabendo en 2002". Variante : "De toute façon, je suis sûr que personne n’a autant de tee-shirts du groupe que moi". Reste qu’il y avait trop de monde, qu’on entendait mal l’essentielle guitare de Nick Zinner et que la clique à Karen O met désormais un peu trop d’électro pop dans son rock jadis hirsute. Pendant la prestation, à quelques mètres de moi, Luz dessine sur son petit carnet. Penser à acheter Charlie Hebdo mercredi.
Madness
"Ah, la vache ! Ils ont fait un paquet de tubes quand même !". Variante : "Ah ? C’est eux, ça ?". Penser à récupérer un best of.
Bloc Party
Pendant Bloc Party, je me récite déjà avec délectation la liste des tubes des frangins Gallagher que je vais entendre quelques minutes plus tard… Euh… Raté…
Oasis
Là, je me suis senti tout de même un peu plus concerné par l’annulation du concert que l’an dernier avec celle d’Amy Winehouse. Et si ces frères ennemis que la blogosphère déteste étaient, involontairement et très connement convenons-en, les plus rock’n’roll de tous ? Dire qu’au début, à l’annonce de l’annulation, nous, qui ne savions pas qu’ils faisaient tournée à part, avions cru à une blague…


Samedi 29 août

The Noisettes
Vague et bon souvenir d’un premier album. Bonne réputation du groupe sur scène. 1) Il faudrait réécouter les albums téléchargés à la va-vite. 2) Dire au groupe qu’une chanteuse acrobate et charismatique ne doit pas empêcher d’écrire de bons morceaux.
The Asteroids Galaxy Tour
Très bel état-civil déjà, au niveau duquel se hisse discrètement leur pop légère et nimbée d’influences soul. Par contre, dire au guitariste que le catogan combiné à la raie sur le côté, nan, ça ne le fait pas…
Jill is Lucky
Un agréable intermède, ma foi… Et un coup de pied au cul d’Herman Dune si tout se passe bien pour le groupe…
Dananananaykroyd
Non seulement ils avaient les mèches, mais ces sept mercenaires-là ont mis le feu. Des furieux, vous dis-je. On n’aurait pas cru en les voyant débarquer sur scène, tout proprets, tout mignons, que leur musique soit si peu aimable, si mal peignée. Par contre, si je retrouve le connard qui a planté son coude dans mes côtes pendant le pogo…
Zone Libre vs Casey et B. James
Déjà, disons que B. James remplace assez avantageusement Hamé avec qui le projet fut lancé. Mais surtout, remercions Casey d’avoir rappelé que le groupe avait d’abord été écarté de la programmation car jugé "trop violent" avant d’être rappelé suite au désistement d’un artiste qu’elle moqua gentiment et ne daigna même pas nommer. Zone Libre, pas dupe du concours de circonstances les ayant mené jusqu’à Saint-Cloud, assura donc son set fièrement et sans la moindre démagogie. Nous, on ne le connaissait pas, Esser, mais on savait déjà qu’on avait gagné au change.
The Horrors
Kevin est vénère. Oui, pour moi, désormais, le chanteur de The Horrors se prénomme Kevin, c’est comme ça. Donc, Kevin est vénère : son jean a encore rétréci au lavage. Lui qui voudrait tant porter des baggys, qui aimerait être si cool. Et sa mère s’obstine à lui flinguer ses jeans à chaque nouvelle machine ! Il est damné, c’est sûr. En plus, son père vient de lui filer une trempe parce qu’il n’a pas rangé sa chambre. Alors, tandis que son copain bassiste joue péniblement sur deux cordes et en 45 bonnes minutes toutes les notes que John Paul Jones déroule juste en reprenant son souffle, il nous fait les gros yeux, lève les bras au-dessus de sa tête et prend son air trop chanmé. Ouais, Kevin il a la rage. En d'dans. Rentrée. Parce que, bon, les voisins, ils aiment pas quand il gueule son mal-être dans sa chambrette. Sur le tableau noir de son existence, une satisfaction toutefois : le fin duvet d’homme qui commence à ourler sa lèvre supérieure. Ouais ! Quand il sera grand, Kevin, il fera Jesse Hugues !
Yann Tiersen
Tiersen, ça s’écoute gentiment, mais, bon, comme à chaque fois qu’on le croise, ben, on s’en fout un peu…
Calvin Harris
N’eussé-je été si fatigué, sûr que j’aurais dansé…
Faith No More
Bon sang ! Mike Patton, là, il faisait vraiment très peur… Et puis, au moins, maintenant, je sais pourquoi je suis complètement passé à côté de ce groupe à l’époque…




Dimanche 30 août

Metric
Dommage que les créateurs de Dead Disco aient un peu franchi la bande FM (qui a dit "syndrome Yeah Yeah Yeahs" ?). Ceci dit, il y avait pire perspective que commencer la journée avec Emily Haines (qui a parlé de se retrouver backstage seul avec le chanteur de Keane ?)
Lilly Wood and the Prick
Bah, on en profite pour se reposer et on dira juste, cruel, que la mini-jupe sied mieux à Emily Haines qu’à ladite Lilly (penser à lui présenter le chanteur de Keane, ils feraient sûrement de beaux petits)…
Macy Gray
La chouette Macy a dû se rendre compte que son dernier disque (Big) était une sacrée bouse. Elle n’a, ce dimanche après-midi, chanté quasiment que des tubes de ses trois premiers albums et nous a même gratifié de quelques citations assez goûtues (Jackson Five, Dee Lite, Rod Stewart). Sympa, Macy.
Eagles of Death Metal
Je leur dis ou pas, à cette nana en tee-shirt QOTSA ou à ce mec en tee-shirt Led Zeppelin, que Josh Homme et John Paul Jones jouent dans cinquante minutes de l’autre côté du site ?
Them Crooked Vultures
Là, ma tête a explosé. Trop de sons, trop de breaks, trop de notes, trop dense, trop bon. Mais, surtout, vivement l’album qu’on puisse faire un peu de tri là-dedans. Non, vraiment, ce soir, repu, je crois que je vais m’arrêter là.
MGMT
Bon, allez, je vais quand même manger mon sandwich en regardant de loin la fin du show de MGMT. Le premier album est tellement plaisant que c’est un plaisir d’entendre la transposition live de ces morceaux pourtant hyper produits. "Il ne se passe pas grand chose sur scène", dit-elle. Pas faux. J’attends Kids quand même. Comme tout le monde.
Quant aux Klaxons et à Prodigy, bah, qu’ils se débrouillent sans nous ! "Allez, viens, on rentre"...



En photo, Luz, The Asteroids Galaxy Tour, Zone Libre vs Casey et B. James
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 23:48

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 21:36

Jeudi soir, je n'étais pas à Carhaix, mais l'E Street Buddy Christophe Chauville y était. Lui laisser la place pour nous raconter ce concert allait de soi... Car, si, depuis treize ans, on échange nos impressions sur les disques inégaux et les concerts géniaux de Bruce Springsteen, l'occasion était trop belle, cette fois-ci, pour solliciter sa plume habile, et se payer enfin, par ici, le luxe d'un "envoyé spécial"... Et rien que pour ça, je ne suis pas mécontent d'avoir loupé ce concert... - Ska




Still Working on a Dream

La grande affaire, judicieusement marketée, c’était ça : le Boss en festival, descendant pour sa seule date française de l’été dans les profondeurs de la Bretagne bretonnante, pour ces “Vieilles charrues” ayant décroché l’année dernière le titre officieux de champion du nombre d’entrées. Un tour de force, donc, et un sacré symbole que d’avoir su attirer Bruce pour ouvrir le cru 2009 (bon courage pour trouver l’“équivalent” en 2010 !). J’avais pour ma part déjà assisté à six concerts, dont celui du Parc des Princes du 27 juin 2008, mais j’étais excité comme un novice à l’idée de ce que donnerait le fait de se produire dans une telle configuration, avec en face de la scène un imposant champ de trèfle (je ne suis pas très fortiche en botanique) où s’agglutinerait le public juillettiste. Avec en tête, étrangement, une seule image mentale – celle, mythique pour moi, de la fameuse vidéo de Born to Run, avec un plan furtif absolument dément sur la profondeur de “champ” (justement).

Et puis, comment réagirait un public qui ne serait pas forcément composé de convertis venus retrouver leur idole (quoique…), mais venu pour les groupes le précédant (assez peu, finalement, bien entendu) ou simplement pour participer à l’événement (les divertissements de ce calibre ne sont pas légion en Centre Bretagne, isn’t it !). Et puis, comment allait-on vivre la soirée sous les trombes d’eau annoncées depuis trois jours par Météo France (j’avais raté le Stade de France en 2003, et le Who’ll Stop the Rain inaugural, un souvenir absolument mémorable pour certains) ?

Pour avoir la réponse à ces anticipations, rien de tel qu’une arrivée très en avance sur le site, à l’ouverture des portes à 15h, qu’une installation stratégique à une douzaine de mètres de la scène, en léger décalage à droite, et une attente prolongée plus facile que prévue, d’autant que le ciel finistérien se montre d’une inexplicable clémence : alors que Brest est sous le déluge et que la tempête s’apprête à souffler sur Paris, Carhaix n’essuie que trois pauvres gouttes, qui ne douchent l’enthousiasme de personne. Car à 21h43, tous les membres du E-Street Band déboulent enfin du backstage, et le Boss, particulièrement affûté, lance quelques mots d’accueil, en breton svp, salue “Kawouess” (sans pour autant aucun besoin de K-Way, donc) et c’est parti…

Que dire d’autre que le miracle springsteenien de chaque soir se reproduit avec la même magie. D’emblée, un Badlands tellurique soulève les 45 000 spectateurs et humidifie les yeux, qu’on n’a pas eu le temps de sécher qu’un No Surrender saisit au cœur : comme un couillon, on pense au milieu des années 80, celles de la découverte du titre, aux potes de l’époque ou connus depuis, pour qui compte tant ce vœu – “always remember” – et qui ne sont pas là ce soir. Et ces inconnus autour de soi ne le sont plus tout à fait, dans l’euphorie qui déjà se déploie sur le corral de Kerampuilh… On en devient illico sentimental. Quel bonheur, aussi inattendu que sincère, que de voir sur la droite ces jeunes gens qui deux heures, auparavant se déchaînaient sur les morceaux des Killers (je les regardais à la fois condescendant et envieux de leur énergique insouciance, me demandant même s’ils allaient rester pour le Boss ?) être conquis sans réserve et transportés par l’énergie électrisante dégagée par Bruce. Ils reprennent les chœurs de Out in the Street, composé vingt ans avant leur naissance, et tombent sous le charme de la facétieuse version “tchou-tchou” de Johnny 99 où Bruce lance, hilare, “But what are you doing ?” à toutes ces mains qui tirent la sonnette ferroviaire… Et à gauche, cette petite famille british – des parents cool et leurs deux graciles adolescentes de filles – qui chantent de concert en échangeant des regards de délicieuse communion : complètement bouleversant… De fait, tout a l’air sublime : Outlaw Pete confirme être un solide morceau de scène alors qu’il semble un peu quelconque sur l’album, Bruce ressort Seeds dont j’ai toujours peine à associer spontanément le titre aux premières notes, et tant pis s’il ne se foule pas en ramassant les fameux cartons en enchaînant l’imparable mais habituel Tenth Avenue Freeze-Out et I’m Going Down, une drôle d’idée (mais pourquoi ne ramasses-tu pas ce Point Blank qui te tend les bras ?), mais qui résonne avec sympathie néanmoins et lui fait grand plaisir. Le Boss reste grand, généreux, et, grand sourire aux lèvres, s’amuse avec Miami Steve, met en valeur chaque membre du groupe (en tête le clavier qui a la lourde tâche de remplacer Danny Federici) et enchaîne les perles – Youngstown version “Live in NYC”, un Because the Night qui remouille le regard (y avait longtemps !), The Promised Land, The River forcément, et un Born to Run étourdissant dont le “everlasting kiss” fait chavirer chacun…

On est bien, si bien sous la nuit de Carhaix, et Bruce le premier, qui a comme tout le monde sur les grands écrans repéré un petit écriteau astucieusement estampillé “French Courtney Cox” et qui, dans le climax des rappels, vient chuchoter à l’oreille de Steve avant d’extraire d’une main solide la mignonne brunette de la foule et de la faire tourner durant quelques instants d’un Dancing in the Dark désormais si rôdé et pourtant à chaque fois irrésistible. La jeune fille se souviendra longtemps de ce jour, elle claque la bise à Bruce qui la repose délicatement derrière la barrière, comme Mary qui n’avait que dix-sept ans, pense-t-on, connement attendri. Comme on l’a été quelques instants auparavant quand fut présenté après coup l’un des jeunes musiciens débarqué sur scène pour le toujours plaisamment foutraque American Land : le fiston, rien de moins ! Papa gâteau (le sien, le nôtre) peut maintenant se payer le luxe de se casser la gueule pendant son énorme Twist and Shout, sans qu’on sache si c’est accidentel ou prévu par sa mise en scène de clown – en tout cas il s’en sert,  fait le mort, attend qu’un copain du groupe lui essore son éponge magique sur la tête, se relève et reprend de plus belle : “Come on Baby, Twist and Shout”… Tu m’étonnes qu’on va t’obéir, on crie, on saute, et les deux heures trente-cinq ont filé.

On a juste envie de te taper doucement sur l’épaule, cher Bruce Frederick, et te remercier une fois de plus… On pensera un peu plus tard que tes soixante balais se profilent et qu’on n’aura peut-être plus des dizaines d’occasions de connaître ça, les vieilles charrues se feront peut-être charrette… Alors on savoure…

Christophe Chauville

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 17:55

Les Wampas, Izia, Syd Matters, Stuck in the Sound
et Anthony Joseph and the Spasm Band ce week end à l'Hippodrome de Longchamp...




Solidays, ça brasse large et c’est normal. On y vient pour le soleil, pour une chouette ambiance et un peu quand même aussi parce que le sida, il ne passera pas par nous.. Noble cause oblige, c’est un festival qui ne s’encombre pas de cohérence esthétique, plus proche dans son esprit de la Fête de l’Humanité (ses stands, ses pétitions, ses manèges, sa bouffe de tous les pays, ses jeunes à dreadlocks) que de Villette sonique. À Solidays, on chante Bella Ciao et Hasta Siempre Comandante avec les sympathiques Mouss et Hakim, on ne peut pas faire trois pas sans tomber sur un concert de reggae. Et cette jeunesse-là, habillée trop large dans ses ponchos et ses fringues ethniques, elle continue, bien campée dans ses sandales, de résister à la dictature du slim, du tee-shirt moulant et de la Converse vintage.

Pas si rock Solidays, dans le fond, mais consensuel, lisse, plutôt bon enfant. On le sait en y allant. Il n’y a donc pas lieu d’être déçu. D’autant que les toilettes y sont d’une propreté ahurissante (à notre tour, à l’instar de chaque artiste se produisant durant ces trois jours, de remercier-les-bénévoles – voilà c’est fait). Et puis à la fin du week-end, c’est Manu Chao qui nous dit au revoir car Solidays, ouais, c’est alter à donf. Mais, nous, faut pas déconner, on est déjà dans la navette du retour, parce que, bon, à quoi ça sert de voir Manu (oui, à Solidays, tout le monde le connaît intimement et l’appelle Manu) quand tout ce qui nous intéresse dans son répertoire, c’est le boulet Mano Negra qu’il se traîne depuis des lustres et qui fait que, malgré d’ennuyeux albums solo, on continue à bien l’aimer quand même… D’ailleurs, on n’aura pas été voir non plus la carte blanche à Kool Shen parce que, franchement, ce qui nous bottait, c’était NTM, et que sans JoeyStarr, bon…
En tête de gondoles, du coup, The Do, Keziah Jones ou Izia, en ambassadeurs d’une variété rock "de qualité", étaient bien à leur place à l’Hippodrome de Longchamp (comme Patrice, l’an dernier, tiens…). Le genre d’artistes qu’on voit à la télé, estampillé Taratata, tout comme ceux que l’on voulait à tout prix éviter (Benabar, La Grande Sophie, Sinsemilia, Ayo, ce genre…). Et ce n’est pas leur faire injure que de préciser que chacun excella dans son registre – attendu – sans bouleverser, sans surprendre.
Keziah Jones a ainsi compris que son dernier disque était vraiment trop paresseux et mit plutôt en avant des morceaux de son splendide Black Orpheus. Le guitariste nigérian s’avère certes toujours aussi poseur, légèrement agaçant, mais sa reprise toute personnelle de All Along the Watchtower, ni hendrixienne ni dylanienne, fut l’un des moments les plus enthousiasmant du week end. Enfin, après mon sandwich aux falafels du samedi soir.
The Do, je ne sais pas, j’aime assez leur album fourre-tout, mais les nouveaux morceaux, plus mollassons, n’augurent pas du meilleur pour un prochain opus. Mais, bon, peut-être ai-je cette impression juste parce que j’étais, durant leur set, vautré dans l’herbe et somnolent… Ben oui, à un moment donné, il faut savoir s’arrêter de courir d’une scène à l’autre. On n’a plus vingt ans, quoi !
Sinon, le dernier jour il y eut Izia, qui, objectivement, avait tout pour me plaire (fille de son père, références heavy rock seventies, guitare SG, charisme indiscutable), mais pour qui un je-ne-sais-quoi de convenu, de formaté – un manque d’originalité surtout – m’empêchèrent d’adhérer complètement à sa prestation électrisante. C’est en tout cas un euphémisme que d’écrire que la petite fille que son père chantait il y a près de vingt ans dans Ce qui est dit doit être fait a mis le feu au festival…
Toutefois, si Izia connaît sa Janis sur le bout des doigts, le rock français à Solidays, ce furent surtout les excellents Stuck in the Sound qui l’incarnèrent le mieux le vendredi, puis les Wampas, bien évidemment, le dimanche. Didier Wampas est toujours aussi mal fringué et le vingtième degré sied toujours aussi bien à son gang tout droit issu d’une BD rock régressive. Les Wampas en live, c’est du cartoon, du cirque punk pour rire dont on ne se lasse pas. Des Bottes rouges à Ce soir c’est Noël en passant par C’est l’amour ou un Manu Chao de circonstance, le groupe "qui a inventé le rock & roll" s’est encore imposé comme champion toutes catégories de la prestation live sans filets, Didier proposant même, avec son micro dans le falzar, une toute nouvelle illustration de ce que peut être un instrument percussif.
Et puis il y eut aussi, pour le meilleur, Syd Matters et ses harmonies pop au bon goût assez irrésistible ainsi que Poni Hoax et son post-rock dansant et adulte, bizarre anomalie dans une programmation ne tolérant qu’exceptionnellement des chanteurs au crâne si désavantageusement dégarni et au costume si bien coupé. Vraiment classe, ce groupe évoquant parfois un Joy Division matiné de disco, qui, jadis, accompagna Jeanne Balibar pour la tournée consécutive à son deuxième album solo, et qui, à Solidays, nous changea un peu des branleurs ou des gravures de mode faisant habituellement vendre des disques et des posters.
On passe vite sur l’escroquerie Internet que sont les Naive New Beaters et sur les plaisants Ting Tings, découverts ici-même l’an dernier, mais que l’on ne revit pas ce coup-ci car on avait mieux à faire sur une autre scène. Samedi, à 23 heures, Anthony Joseph, performer bondissant (voir ici la chronique de son album par G.T.), donna en effet un concert fabuleux, entouré de ses six musiciens (dont trois percussionnistes tout de même). Soit une heure pour définir enfin ce qu’est le groove (ce truc essentiel que Stephanie McKay – une sous-Macy Gray bien consensuelle programmée l’après-midi même – aurait dû un peu réviser). Beau cadeau, le groupe d’Anthony Joseph fut même rejoint au rappel par un Keziah Jones inhabituellement humble.
Alors, comme on dit à la fin d’un festival, rendez-vous en 2010. Ou pas.



Bonus Track : tout un concert d'Anthony Joseph and the Spasm Band filmé à l'Olympic de Nantes le 24 avril dernier, ici.

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