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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 11:54

P241011_22.39.jpgCe soir, ça doit être la huitième fois que je vois dEUS en concert. Le groupe anversois a moins la côte aujourd'hui, ses disques n'étonnent plus comme avant, mais, au moins, sur scène, il demeure une valeur sûre. Sur le fond, les disques se suivent, se ressemblent (un peu) et s’assemblent (sans peine), mais force est de constater que le dernier très bon album de dEUS, Pocket Revolution, date maintenant d’une grosse poignée d’années. Les deux qui ont suivi, dont le récent Keep You Close, n'ont pas déçu mais n’ont pas enthousiasmé non plus. Il y a sur Vantage Point et sur son successeur un truc en moins, c’est certain. Leur volontarisme pop et leur désir d’accessibilité (surtout Vantage Point, assurément le moins bon de toute la discographie) ménagent moins de place aux expérimentations et à la folie contrôlée des albums précédents. Peut-être devra-t-il en aller ainsi désormais de leurs concerts, les setlists mélangeant (souvent très harmonieusement) nouveautés et classiques dont on espère à chaque fois que ce ne seront pas les mêmes ; sans pourtant pouvoir imaginer un concert de dEUS sans Instant Street, sans Fell Off the Floor, Man, sans Theme From Turnpike, sans Suds & Soda.

Ce soir, contrairement au concert du Bataclan il y a deux ans, pas question de s’asseoir, cela avait été trop frustrant : un concert de dEUS requiert toute notre mobilité. Ici, au Trianon, salle à la jauge et à l'élégance idéales pour le quintet, tout se passe pour le mieux. Plaisante première partie (leurs compatriotes du groupe Balthazar, inconnus jusqu’alors et très bien accueillis), puis dEUS qui déroule. Sans génie mais sans ennui. Certes la pression retombe sur certains nouveaux morceaux, certes la coda de Instant Street est ce soir complètement foirée, certes la voix de Tom Barman s'avère un peu fatiguée. Mais, comme on s’en doutait, à l’écoute de Keep You Close, un morceau comme Dark Sets In se révèle sans ambigüité taillé pour le live et un If You Don’t Get What You Want explosif réussit instantanément à anéantir mes quelques réserves et à pomper une bonne part de mon énergie. Soyons clairs : sur l’échelle dEUS, un concert moyen demeure un très bon concert.

Mais c’est au rappel que Barman et son gang nous assènent le coup de grâce. On était - mu par une vilaine curiosité - allé voir les setlists des concerts de ces derniers jours et on avait constaté, un peu déçu, que le groupe ne jouait plus certains classiques cités ci-dessus (Fell Off the Floor, Man, Theme From Turnpike, ce genre). Vers 22h30, hier soir, ils ne les jouèrent pas non plus, mais ils firent beaucoup mieux, le genre de truc dont un fan de la première heure n’aurait osé rêvé comme cadeau… Après un Sister Dew apaisant échappé de The Ideal Crash (finalement leur meilleur album d’après moi), c’est aux sommets de son tout premier disque que le groupe se confronte dans un flashback me ramenant en 1996 ou en 1997, je ne sais plus, la première fois que je les vis, à quelques dizaines de mètres de ce Trianon pas encore rénové, à la Cigale. Pas seulement Suds & Soda, donc, dernier titre attendu (et pourtant peu joué ces dernier mois), mais d’abord Worst Case Scenario, puis, divine surprise, Morticiachair où le guitariste Mauro Pawlowski (que je préférais quand même barbu) assure on ne peut mieux en doublure voix de Stef Kamil Carlens (co-architecte en chef, rappelons-le, des deux premiers chef-d'œuvres et parti, on le sait, après l'album In a Bar, Under the Sea). Finir ainsi sur trois titres d’un disque datant de 1994, c’était plus qu’inattendu. C’était sublime et inespéré, le meilleur des scénarios, et ça rattrapait très largement les petits coups de mou d’une setlist convenable mais plus convenue. De ce quart d'heure-là, je ne suis toujours pas revenu...

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 16:19

 

Capture-d-ecran-2011-09-20-a-16.15.06.pngHasard et cruauté des listes de lecture iTunes.

Journée de boulot : rédaction d’un bilan quelconque.

Besoin de s’isoler. Casque vissé sur les oreilles, je me passe en boucle Keep You Close, le nouveau disque de dEUS.

Je veux m’en imprégner. J’ai envie de l’aimer. Je l’aime.

Mais quand s’achève l’outro de Easy, le dernier morceau, ce sont les larsens introductifs de Put the Freaks Up Front, le tout premier titre de l'album de 1999, The Ideal Crash, qui cinglent mes oreilles, qui, bouleversant la chronologie, prennent avantageusement le relais.

L'événement s'est reproduit trois fois depuis ce matin. C'est à chaque fois très douloureux. Parce que j'aime dEUS. Et parce que je ne veux pas mesurer cela.

Quelques secondes, rien du tout, stridences délectables, qui ouvrent un gouffre. Celui qui sépare Keep You Close du chef-d’œuvre d’un groupe qui faute d’être à nouveau génial n’est plus que très bon…

 

http://www.deus.be/home/

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 08:00


Cette année, je n’irai pas à Rock en Seine.

L’an dernier, j’avais une bonne excuse. Ma fille, Lola, venait tout juste de naître. Deux semaines avant le festival.

Pourtant, entre Roxy Music reformé, Queens of the Stone Age, Black Rebel Motorcycle Club, French Cowboy, The Black Angels, Foals et Arcade Fire, l’affiche était plus qu’excitante…

Je n’ai eu évidemment aucun regret.

Cette année, d’excuse valable, je n’en ai pas vraiment. Et ça me désole. Il faudrait surtout voir du côté de la programmation qui n’a jamais, au fil des mois, relevé le niveau de la première salve de noms annoncés.

Secrètement, cette année, côté poids lourds, j’attendais Pulp (qui préféra les Vieilles Charrues) ou The Cure (il y avait une rumeur). Eh bien, ce sera les Foo Fighters et une tripotée de groupes qui ont l’air super connus sur le Facebook du festival…

Bien sûr, il y a quand même des formations ou des artistes que j’aime bien (The Arctic Monkeys, The Kills, Keren Ann, Miles Kane, The La’s, Gruff Rhys), mais soit je les ai déjà vus (Arctic Monkeys, au tout début : je les avais trouvés fades, mais ils se sont améliorés sur scène, paraît-il), soit je les ai trop vus (The Kills, qui ne font plus, depuis des années, que mimer la sauvagerie), soit je n’ai pas vraiment envie de les voir dans ce cadre et leur présence ne suffit pas à me motiver (Keren Ann). Vraiment dommage car depuis 2003 et jusqu’en 2009, je n’avais pas raté une seule édition. Même si je n’y allais, chaque année, pas forcément sur toute la durée (vous croyez vraiment que je suis allé voir Björk le dimanche en 2007 ?!).

Ben oui, Rock en Seine, c’était aussi un rendez-vous incontournable, une sorte de pause plaisante juste avant la rentrée, comme un sas entre la fin des vacances et la reprise du boulot. Pas encore vraiment rentré, la tête encore ailleurs, un bon moment pour fêter la fin de l’été, pour retrouver des amis dans ce joli cadre boisé, lieu vivant et incarné qui faisait que l’on pardonnait bien volontiers certaines dérives "mainstream" de la programmation.

J’aurais tant aimé retourner à Rock en Seine cette année. Mais y aller le samedi et n’être au final vraiment intéressé (d’autant que Q-Tip a annulé au profit du pénible set de The Streets déjà subi il y a deux ans) que par The Arctic Monkeys et par Gruff Rhys, est-ce bien raisonnable ? Et je ne vais pas y aller le dimanche juste pour vérifier que le retour des La’s est bien une escroquerie. D’autant qu’ils sont programmés presque en même temps que Miles Kane. Faut pas déconner.

Pourtant, la liste est longue des concerts absolument enthousiasmants que j’ai vus dans le Parc de Saint-Cloud depuis huit ans : Electric Six, PJ Harvey et Beck (en 2003), White Stripes, Blanche et The Roots (en 2004), Queens of the Stone Age, Robert Plant et Franz Ferdinand (en 2005), TV on the Radio, Radiohead, Beck, Wolfmother et Fancy (en 2006), Jarvis Cocker et The Jesus and Mary Chain (en 2007), Tricky, The Raconteurs et The Roots (en 2008), Dananananaykroyd, The Asteroid Galaxy Tour, Macy Gray et surtout, surtout, Them Crooked Vultures (en 2009).

Oui, c’est sûr : ne pas aller à Rock en Seine sera, encore une fois, un paradoxal crève-cœur cette année…

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:51

Clarence Clemons (11 janvier 1942 - 18 juin 2011)

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 15:08

 

Songer à écrire un truc sérieux et documenté sur la variété française et la pop  en croisant les disques d’Arnaud Fleurent-Didier, de Florent Marchet et de Julien Doré.

Expliquer pourquoi on ne mettrait pas JP Nataf et Bertrand Belin dans la même catégorie.

Faire râler les lecteurs de bon goût en écrivant que Bichon de Julien Doré est un super disque et que le clip de Kiss Me Forever est hilarant.

Écrire aussi qu’on n’en a jamais rien eu à carrer des Strokes (tout en les appréciant à petite dose) et que le dernier album n’est pas si nul (ben oui, j’avoue, j’aime bien Phoenix et Jamaica, alors Machu Pichu, malgré son titre ridicule, m’amuse vraiment).

Expliquer, deux ans après L'angle mort, comme le deuxième album de Zone Libre, avec Casey et B. James, nous a déçu.

Avouer avoir découvert The Suburbs avec six mois de retard et essayer de convaincre tout le monde que c’est de très loin le meilleur album d’Arcade Fire (le mieux produit en tout cas).

Confesser qu’on vient, dans un moment de faiblesse, d’acheter la réédition "Deluxe" de Layla and Other Assorted Love Songs de Derek and the Dominos et qu’en réécoutant deux, trois riffs d’intro, on a eu la drôle d’impression d’avoir retrouvé la cassette 90 minutes de ses quinze ans (juste une réserve : que le CD de Jams précédemment paru dans un coffret vieux de 20 ans ne soit pas, lui, réédité).

Régler leur compte à tous ces blogueurs qui, pour prouver qu’ils avaient grandi et qu’ils n’avaient pas des goûts mainstream, ont décidé que 2011 serait l’année où ils n’aimeraient plus ni Radiohead ni PJ Harvey.

Écrire quelque part qu’on aime bien les chanteurs geignards mais que James Blake, non, vraiment, c’est pas possible.

Oser dire que la production dudit James Blake rappelle certaines expérimentations absconses de The Age of Adz et que cet avènement des machines froides pour enrober le vide ou le trop plein laisse bien perplexe.

Essayer d’expliquer le paradoxe qui fait qu’on a plus envie d’aller à l’Olympia pour enfin voir John Mellencamp sur scène que d’y aller pour enfin voir Sufjan Stevens (partir) en live.

Faire ce foutu compte-rendu sur le plutôt bon concert de PJ Harvey à l’Olympia tout en déplorant que le rock ne soit plus vraiment sa préoccupation première.

Parler de l’excellent Hotel Shampoo de Gruff Rhys.

Evoquer le plaisir de redécouvrir le premier album des Pretenders après l’avoir trouvé en vinyle, pour presque rien, sur un vide-grenier.

Conseiller aux lecteurs avisés de ce blog d’aller voir le très bon Avant l’aube de Raphaël Jacoulot, le meilleur film de Chabrol depuis sa mort (euh, non, j’irai même plus loin : le meilleur film de Chabrol depuis au moins quinze ans).

Poster la bande annonce de Super 8, le prochain film de JJ Abrams, produit par Spielberg, où le créateur de Lost semble se rêver en réinventeur de mythologies eighties siglées Amblin (Les Gremlins, Les Goonies, Explorers, Retour vers le futur… et E.T. bien sûr).

Se plonger dans le 13e tome de Walking Dead plutôt que perdre son temps à écrire que la série est tout juste passable.

Parler d'Un pays avant l'aube de Dennis Lehane et de la manière dont il m'a emporté comme le font les grandes sagas cinématographiques (Le Guépard, 1900, Il était une fois en Amérique, la trilogie du Parrain...)

Expliquer à quel point Michel Gondry nous insupporte aujourd’hui après nous avoir tant passionné (entre son dernier clip en roue libre, sa démagogique fabrique de film à Beaubourg et l’atroce Green Hornet, c’est à désespérer…)

Songer à trouver une nouvelle formule permettant d’alimenter 7and7is sans peine et plus régulièrement.

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:02

10 films...

Amer de Hélène Cattet et Bruno Forzani

Memory Lane de Mikhaël Hers

A Serious Man de Joel et Ethan Coen   

Bliss de Drew Barrymore

Ne change rien de Pedro Costa

Kaboom de Gregg Araki

Fantastic Mister Fox de Wes Anderson

Crazy Heart de Scott Cooper   

Scott Pilgrim vs The World de Edgar Wright 

Yoyo et Le soupirant de Pierre Etaix (reprises)

 

14 albums...

Steve Mason – Boys Outside

Midlake – The Courage of Others

Bertrand Belin – Hypernuit

The Hot Rats – Turns Ons

The Delano Orchestra – Now That You are Free my Beloved Love

The Dead Weather – Sea of Cowards

Florent Marchet – Courchevel

A Silver Mt Zion – Kollaps Tradixionales

Damien Jurado – Saint Bartlett

Katerine – Philippe Katerine

Foals – Total Life Forever

Neil Young – Le Noise

Bruce Springsteen – The Promise

Grinderman – Grinderman 2

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 17:38

 

À l’époque, en 2003 donc, j’étais persuadé que vous ne vous en relèveriez pas. Non pas que vous ne le puissiez pas. C’est juste qu’il ne le fallait pas. C’était une question de bon sens, de dignité peut-être. Je me disais que vous sauriez vous taire. D’autres prétendaient le contraire. On en a éclusé des bières à ce propos, on en a noirci des pages sur le sujet…

Certes, le groupe n’avait pas splitté. Mais les circonstances feraient qu’il s’éteindrait doucement, discrètement, dans l’âcre fumée d'un brasier estival, emportée par le vent…

J’étais persuadé que vous ne prêteriez pas le flanc aux critiques, que vous sauriez mesurer combien rejouer ensemble serait ouvrir la porte sur une avalanche de malentendus, de procès d’intention, et que tes futurs textes, Bertrand, seraient toujours perçus à l’aune de ton geste tragique. Votre amitié indéfectible, vous la garderiez au chaud dans vos cœurs, puis vous renaîtriez, peut-être sous une autre forme. Je vous le souhaitais. Je te le souhaitais. Serge avait évidemment montré la voie.

À vrai dire, vos disques me suffisaient. Nous n’étions pas des amis, ni même des proches. Passés le choc et la surprise, le drame, je m’en étais remis. C’était finalement assez facile. Parce que tes mots, vos musiques, comptaient bien plus que le fait divers. Vos disques, je n’avais pas promis de ne plus les écouter, de les jeter ou de les détruire, comme quelques crétins un peu trop sensibles avaient pu l’écrire à l’époque.

Et puis vous aviez finalement promis de revenir, tout du moins d’essayer.

Je m’étais trompé. Vous avais-je donc surestimé ?

Travailler, écrire, composer, retrouver la flamme…

Pourquoi pas, après tout…

Du moment que c'était pour vous, pas pour Barclay...

Arrivèrent deux morceaux médiocres, en 2008, il y a pile deux ans, et j’avais déchanté.

Définitivement, je préférais de bons albums de Zone Libre qu’un piètre retour de Noir désir...

Puis, il y a quelques semaines, on avait revu Bertrand sur scène. Pour des reprises, amicalement épaulé. Et, surprise, l’entrain y était. Même moi, j’ai alors eu envie d’y croire. Alors que l'on murmurait aussi que les mots ne venaient plus.

Hier, un dernier chapitre. Court, lapidaire, cinglant comme un riff. Et dans le larsen, le poids de mots très durs, plutôt inattendus, sur lesquels on se perd en conjectures.

Aujourd’hui, l’épilogue. Qui clôt l'histoire sur un soulagement paradoxal. Même si je regrette que ce suspens de sept ans se termine dans ce qui semble être de l’acrimonie.

Noir désir n’est plus ? Et alors ? Ne le savait-on pas depuis 2003 ?


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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:58

pulp logo"Is this nostalgia ?", "Is this a miracle ?", "Is this a collective mid-life crisis ?", "Is this someone's idea of a joke ?", "Is this the  last chance to see the truly important pop group this country ever produced ?"...

C'est un beau teaser. Ironique et sardonique. Tel qu'on le croirait écrit par Jarvis Cocker himself. La page d'accueil d'un site de promo (presque) comme un autre devant laquelle on reste pourtant subjugué. Pourquoi ? Tout simplement parce que les photos sur le matériel et les archives qui s'enchaînent sont superbes et surtout parce que les commentaires tournent en dérision la grande nouvelle du jour : la reformation de Pulp pour quelques concerts en 2011. Avec le Goncourt de Houellebecq, c'est donc l'autre très bonne nouvelle de ce 8 novembre 2010. Reste à espérer que cette reformation passe par la France, mais connaissant la francophilie du parisien Jarvis Cocker, on n'en doute pas un instant...

Reste une question : compte-tenu de la qualité du deuxième album solo de Jarvis (le bowiesque Further Complications de 2009) et de l'excellence de ses prestations en solo, cette reformation est-elle une si bonne nouvelle ?

http://www.pulppeople.com/


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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 19:45

Parce qu'elle est née le 12 août 2010...

Et parce que son prénom est Lola...

 


 

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 10:18

PICT0052-copie-copie-1.jpg

 

Ainsi, c'est fini...

Supergrass a donné son dernier concert hier soir dans une Cigale bondée, tandis qu'à côté, au Divan du Monde, le pseudo-événement n'était pas un concert mais la retransmission sur écran géant du premier match de l'équipe de France de football...

Avec ces adieux vaillants, c'est bien la première fois que j'ai vu Supergrass jouer aussi longtemps (deux heures). Et le concert fut à la hauteur des espérances, le groupe revisitant en remontant le temps plusieurs titres de chacun de ses albums. A chaque nouveau disque, un court intermède vidéo montrait le groupe en studio, visages rajeunissant doucement, chaque petit film faisant résonner quelques notes bien connues, faisant monter d'un cran l'effervescence. Quand on sait que, de l'avis général, Supergrass n'a jamais été aussi bon que sur ses trois premiers opus, on mesure le risque pris avec le choix d'ordonner ainsi la setlist. Risque mesuré, toutefois, puisqu'il promettait une véritable montée en puissance au fur et à mesure qu'avançait le concert. Aucun disque ne fut négligé, la salle s'électrisant encore plus nettement au bout d'une heure, une fois les cinq musiciens arrivés à leur troisième album, celui de 1999. A ce moment-là, je me suis dit que c'était sans doute la dernière fois que je pourrais bondir sur le refrain de Moving en même temps que quelques centaines de fans. Cela m'a fait bizarre.

Heureusement, jamais Gaz, Danny et Mick n'ont joué la carte de la nostalgie ou de la tristesse. Il y avait toujours autant d'allant dans l'exécution des morceaux. Tout au plus Gaz, le chanteur, mentionna-t-il à un moment qu'il s'agissait de leur tout dernier concert, mais - malgré les quelques huées qui accueillirent ses mots - il allait de soi qu'il ne s'agissait pas d'en faire un plat. Dans cette générosité teintée d'humilité, on a retrouvé le groupe tel qu'on l'a toujours aimé. Non, il fallait surtout profiter de ce moment exceptionnel clôturant de la meilleure des manières une belle histoire d'amitié et de musique. Epaulés, comme ils le furent au gré des concerts les plus récents par les deux frangins de Gaz Coombes (Rob et Charlie - ce dernier assurant d'ailleurs brillamment la première partie avec son projet Charlie Coombes and the New Breed, oscillant entre Supergrass et Tahiti 80), le trio initial se retrouva finalement seul en scène pour Lenny et Caught By the Fuzz. Symboliquement, Gaz délaissa alors le milieu du plateau et reprit momentanément sa place à droite de la scène, comme aux premières heures. La boucle était bouclée.

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