Instantanés

Jeudi 28 septembre 2006

Juin 2004. La reformation inespérée d'un groupe légendaire.
Après la première partie, les roadies s'activent. Tout est normal. Le Zénith de Paris est surpeuplé. Comme toujours, les gens discutent, sirotent leurs bières. Les lumières sont allumées. Rien ne peut arriver. C'est toujours long ce moment. On prend son mal en patience. On a déjà un peu mal au dos. Du coin de l'œil, distraitement, j'aperçois quatre types débouler sur scène. Les techniciens venant une énième fois vérifier les instruments... Pourtant, l'un d'entre eux ressemble à Iggy Pop. Il se dirige vers le micro. Il est torse nu. Le trouble n'a duré qu'une fraction de seconde. C'est Iggy Pop ! Personne ne regarde, peu ont remarqué l'irruption des quatre hommes, les gens discutent toujours. Et les lumières restent allumées. Rien ne peut arriver... Malgré tout, Ron Asheton, dans l'indifférence générale, balance les premiers accords de Loose. Toutes les têtes, soudain, se tournent vers la scène, quelques milliers de personnes conscientes d'avoir raté l'essentiel ? Les lumières restent allumées. Pourtant c'est en train d'arriver : Iggy and the Stooges jouent à Paris.

D'un acte anodin, par le simple refus du cérémonial marquant le début d'un concert, les Stooges rassuraient d'emblée sur une éthique punk toujours intacte. Bien sûr, les lumières éclairant la fosse ont fini par s'éteindre, mais ce sont surtout ces quelques secondes qui me restent en mémoire.

Par Ska
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Mercredi 18 octobre 2006
Par Ska
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Jeudi 19 octobre 2006

No Disc - Babalù - Paris - mardi 17 octobre 2006

Par Ska
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Mardi 28 novembre 2006

Vendredi dernier, Philippe Katerine était l’invité inattendu de l’émission de « prime time » de la Star Academy. Une consécration sans doute et la confirmation d’un malentendu dont il aurait tort de ne pas jouer… Depuis quelques mois, depuis l’étrange succès de Robots après tout, plus rien ne surprend de sa part. Il va chez Cauet, il passe au Zénith en mars 2007, les enfants adorent ses chansons. Bon, admettons… Ceci dit, on s’étonne déjà un peu moins de sa participation à la Star Academy lorsqu’on sait qu’il est sous contrat avec Universal…

Vendredi soir, donc (je me suis renseigné a posteriori), les autres invités avaient pour noms Chimène Badi, Nadiya, Patrick Fiori et Mireille Mathieu, soit un condensé d’horreur contemporaine susceptible de mener à l’implosion suicidaire n’importe quel téléviseur… J’ai vu Katerine et son groupe au moment où j’allumais le mien et, encore une fois, ce fut une bonne surprise. Une vraie prise d’otage. Une grenade dégoupillée. Un groupe incendiaire. Et un lisse candidat – un certain Jean-Charles – tentant d’assurer pour le duo mais faisant bien pâle figure face à un Katerine totalement décomplexé. On se rendit surtout compte qu’il était fondamentalement impossible pour quelqu’un d’autre de chanter de tels textes (surtout ce Louxor, j’adore explicitement con). Si ça passe, c’est parce que Katerine les chante. C’est un ensemble. Sa voix. Sa gestuelle. Sa dérision. Son look.

De plus en plus, les outrances vestimentaires de Katerine, son mauvais goût assumé, rappellent les grandes heures du glam-rock. Sur le plateau pépère de la Star Academy, la formule rock mise en place avec les ex-Little Rabbits il y a désormais un an confinait presque au punk. C’est dire. Sur scène en tout cas – et jusqu’au prochain album – Katerine ne se conjugue plus qu’au pluriel. Et ce n’est plus un chanteur que l'on voit, c’est un groupe énorme. Des musiciens qui, à la fin, lâchent leurs instruments, se barrent sans demander leur reste, pas dupes, alors qu'un sinistre animateur tiré à quatre épingles croyait à son tour pouvoir faire joujou avec eux comme il tournait ses pages de pub (voir ce moment pitoyable, à l’issue de la chanson, où il se piqua lui aussi de « couper le son » et où il fut juste pathétique).

On imagine avec délectation la stupeur de certains téléspectateurs face aux fous furieux maquillés, emperruqués et travestis qui investirent la scène en compagnie de majorettes. Et, en même temps, on se dit aussi, un peu effrayé, que la machine médiatique digère tout, que plus rien ne fait sens, que le public qui applaudissait Nadiyah ou Chimène Badi s'est aussi trémoussé au son de Louxor, j’adore.

Je suis allé faire un tour sur des forums internet liés à la Star Academy par curiosité. Finalement, on y parle beaucoup plus de Katerine que de Mireille Mathieu. Certains ont même été tellement interloqués par cet énergumène qu’ils ne connaissaient pas qu’ils déclarent avoir envie d’écouter ses disques. C’est déjà ça...

 

La prestation de Katerine est visible ici.

Par Ska
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Lundi 4 décembre 2006

Je crois bien que je n'avais jamais vu de bande-annonce de concert... Voici donc un effet des fameux sites d'artistes...
Celui de Seb Martel, d'ailleurs, est plutôt agréable, regroupant de chouettes vidéos (dont un duo live avec Camille), une radio... http://www.sebmartel.com/SEB_MARTEL/html/new.htm
Par Ska
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Mardi 5 décembre 2006
Difficile de résumer la prestation de Seb Martel à La Cigale, hier soir.
Une fois n’est pas coutume, un clip récent, réalisé par Arno Salters, fera l’affaire, ce bric-à-brac visuel résumant assez bien l’ambiance du concert.

J’avais pris une place par curiosité, sur la foi d’un disque plaisant et ami, Coitry. Ce fut finalement l’un des meilleurs concerts vus cette année, le plus original en tout cas.
Plaisir, surtout, d’une configuration de salle inédite où une scène, circulaire, se trouvait au milieu de La Cigale, et moi assis au bord de celle-ci, à trois mètres des musiciens.
Chaleureux et décontracté, le spectacle mêla danse, projections vidéos, théâtre. Entre la troupe Illico et les musiciens, des allées-venues, un mélange harmonieux et un refus d’assigner chacun à un rôle précis : l’un des danseurs viendra jouer les choristes sur quelques chansons, Seb Martel lui-même se lancera dans une chorégraphie hilarante le temps d’un morceau…
 
Incursion inattendue du cinéma, le maître des lieux précisa aussi, tandis que Fred Poulet le rejoignait sur scène, que celui-ci venait d’être primé à Belfort pour son déjà fameux Substitute réalisé avec Vikash Dhorasoo pendant la Coupe du monde de football… (lire ici ce qu’il en est de cette collaboration). À quand la sortie en salles ?


Par Ska
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Vendredi 8 décembre 2006

Fin d’année. Un peu partout, l’époque des bilans, des classements.

On commente, on s'indigne, on cherche des ressemblances, des affinités...

Cela ne sert strictement à rien... Mais, moi, ça m’a toujours amusé.

Alors voilà, soyons futiles et dérisoires…


 

 

2006, 10 films parmi d’autres…

Un couple parfait de Nobuhiro Suwa

Les Berkman se séparent de Noah Baumbach

Les fils de l’homme de Alfonso Cuaron           

Truman Capote de Bennett Miller

Monster House de Gil Kenan

Bled Number One de Rabah Ameur Zaïmeche

Silent Hill de Christophe Gans

Casino Royale de Martin Campbell

Dans Paris de Christophe Honoré

The Passenger de François Rotger

2006, 2 séquences parmi d’autres…

Un plan-séquence d'embuscade en forêt (Les fils de l’homme)

Romain Duris, en slip sur son lit, écoutant Cambodia de Kim Wilde (Dans Paris).

 

 

2006, 10 disques parmi d’autres

Jeanne Balibar – Slalom dame

TV on the Radio – Return to Cookie Mountain

Sparklehorse – Dreamt for Light Years in the Belly of a Mountain
The Arctic Monkeys - Whatever People Say I Am, That's What I'm Not

Yeah Yeah Yeahs – Gold Lion

Dominique A – L’horizon

Eagles of Death Metal – Death By Sexy

Jarvis Cocker – Jarvis

Cat Power – The Greatest

The Black Keys – Magic Potion


2006, 5 concerts parmi d’autres

The Black Keys au Trabendo

Iggy Pop and the Stooges au Zénith

Yeah Yeah Yeahs à l’Elysée Montmartre

Sparklehorse à la Cigale

Eagles of Death Metal au Trabendo

2006, une chanson parmi d’autres

Gibraltar de Abd Al Malik

Par Ska
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Dimanche 28 janvier 2007
Par over-bug
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Samedi 3 mars 2007

Les médias s’en sont fait (trop ?) largement l’écho, Michel Polnareff donnait ce vendredi 2 mars son premier concert en France depuis 34 ans. Un réel événement.

On n’expliquera pas ici pourquoi Polnareff compta tant dans le paysage de la pop française de la fin des années 60 et du début des années 70. Libération (ici) et Télérama () l’ont très bien fait ces derniers jours. On ne répétera pas qu’il importa en France le savoir-faire et les techniques d’enregistrement anglo-saxonnes un peu avant que Gainsbourg s’y intéresse. On ne redira pas à quel point ses qualités de mélodiste et d’arrangeur ringardisèrent d’emblée la génération Yé-Yé un poil plus âgée que lui, sans pour autant que sa manière génère une suite ou un héritage. Il est plus problématique d’envisager la carrière de Polnareff après son départ forcé pour les Etats-Unis puisqu’il alterna alors le pire et le meilleur, brouillant les cartes entre superficiel et essentiel, ne retrouvant jamais vraiment l’inspiration de ses albums du début des années 70 (Polnareff’s et Polnarêve, ses deux chef-d’œuvres, avec le live Polnarévolution)… Quoi d’autre, alors ? Des albums truffés de synthés et à la production chargée dans les années 80 (Bulles et Incognito), des singles effroyables livrés parcimonieusement ces dernières années (Je rêve d’un monde, Ophélie Flagrant Des Lits)... Il y a dix ans, un live enregistré à Los Angeles, promesse non tenue d’un premier retour, avait rassuré, Polnareff y revisitant de façon inspirée ses plus grands succès…

On n’en dira pas autant de la tournée « best of » révélée hier soir à Bercy…

Polnareff est donc revenu sur Terre. En se livrant ainsi enfin à ses fans, il abandonne sciemment ce qui en fit un mythe vivant de la chanson française : le mystère et la rareté. Polnareff existe, je l’ai vu hier. Et il était très mal habillé. Le fantasme de son retour, rengaine régulière de ces quinze dernières années pour moi et quelques autres, est devenu réalité. Et le constat n’est qu'à moitié réjouissant.

Mais commençons par le début. Dans Bercy, en arrivant, on croisait plein de clones du chanteur à lunettes. Celui-ci, comme on l’avait pressenti avec le clip de son dernier single (lire ici), continuait donc de favoriser la dilution de sa personnalité dans un imaginaire collectif où sa paire de lunette, sa paire de fesses et sa crinière blonde suffisaient à le caractériser. Polnareff, c’est un logo, une marque. Aujourd’hui, plus que jamais tant au final c’est le retour/événement que l’on veut nous vendre, pas de nouvelles chansons. On pouvait acheter le programme de la soirée : 25 euros quand même ! Surtout, on pouvait acquérir le super Polnapack constitué, outre ledit programme, d’une perruque et des fameuses lunettes blanches. Vulgarisation et banalisation de l’artiste jusque dans le lieu de son grand retour. En écho involontaire au générique de fin du récent Rocky Balboa – où les anonymes reproduisent sur les marches du Palais des Arts de Philadelphie les gestes de Stallone lors de la fameuse séquence d’entraînement du premier film de la série – les fans étaient là aussi mis à contribution puisque des photos de ces doubles emperruqués étaient projetées avant le début du concert dans les lunettes géantes où se nichaient les indispensables écrans géants…

Puis arriva la star… Mais après tous ces people qui captèrent l’attention du gentil spectateur pour quelques minutes : un premier ministre, une comédienne de petite taille à la popularité inversement proportionnelle, un chanteur jadis populaire et désormais joueur de poker, des présentateurs télé et plein d’autres dont on se foutait éperdument…

L’entrée, au son des trois accords de La poupée qui fait non, fut grandiloquente, ombre projetée, frime, posture ouvertement ironique. Tout allait bien. Premier morceau : Je suis un homme. On avait rêvé mieux (l’instrumental Voyages, l’autoréférentiel Petite, Petite), mais, bon, ce n’était pas si mal. Surtout que la suite, pendant une grosse demie heure, ne vint trahir la moindre faute de goût dans le choix des chansons. Pourtant, d’emblée, un truc clochait. Tout cela était très lisse, très formaté, sans prise de risque aucune, avec un Polnareff que l’on devinait un rien crispé, étonnamment statique, tandis que les musiciens s’appliquaient à donner aux chansons un écrin rock FM aux sonorités discutables. A vrai dire, j’aurais pu (dû) m’évanouir lorsqu’il entama très tôt dans la soirée Sous quelle étoile suis-je né, mais, comme pour toutes les splendeurs qu’il se permit de revisiter (Le bal des Laze, Holidays, La mouche), il fallut bien s’avouer que l’on n’était pas loin du saccage. Non pas que Michel soit devenu punk, non pas que sa voix l’ait trahi, non, c’est simplement que le groupe l’accompagnant était ignoble. Des techniciens sans âme. Un guitar-hero qui bossa avec Steve Vai, des choristes mercenaires venant palier les rares défaillances d’un Polnareff ne montant plus si haut, un bassiste/arrangeur tartinant des tonnes de notes superflues et, pire que tout, deux claviers venant gâcher à force de ringardes nappes et d’intervention absconses les si simples mélodies tant attendues. Par exemple, L’homme qui pleurait des larmes de verre se prêtait à une interprétation dépouillée piano/voix, mais il fallut que le bassiste vienne cabotiner et qu’un clavier vienne coucher quelques notes superfétatoires. A une époque, il y avait, dans les chansons de Polnareff, des déluges de cordes et de cuivres. C’était quand Jean-Claude Vannier travaillait avec lui. Dans cette tournée au budget que l’on imagine pourtant dispendieux, ces instruments ont été remplacés par deux claviers. Imaginez le carnage sur La mouche : un son eighties pourri et l’intro réservée aux cordes jouée à la guitare électrique…

Au final, quels furent les morceaux qui passèrent le mieux ? Logiquement, ceux de Bulles (Tam Tam) ou ceux d’Incognito (Dans la rue), tout simplement parce que, au niveau des arrangements, Polnareff, qui semble musicalement en être resté aux années 80, était raccord. La plupart des morceaux « classiques » subirent ce traitement eighties/rock FM (ah ! le final heavy metal du Bal des Laze, quelle audace !...) et cela réussit à ternir un peu le plaisir de découvrir en live des chansons longtemps chéries. Pour se faire une idée des choix artistiques incriminés, il faudrait imaginer le groupe Toto ou, comme me le soufflait un ami, les musiciens de Lionel Richie jouant les chansons de Polnareff… Dommage car le choix des morceaux n’était pas mal du tout, avec quelques vraies surprises parmi les moins connus (L’homme qui pleurait des larmes de verre, Je cherche un job, Hey You Woman).

Un morceau aussi éculé que On ira tous au Paradis (fin logique du concert) fut tout de même rendu jubilatoire par l’option karaoké géant auquel se prêtèrent avec ferveur les 17000 spectateurs. Ah ! oui, on a eu droit aussi à une chanson inédite. Un texte multipliant les allusions sexuelles (sacré Polna !) et une mélodie jazzy aussi indigente que celle de la sinistre Ophélie Flagrant Des Lits… A quoi bon, dans les interviews, citer Weather Report, Mahavishnu Orchestra, balancer qu’il ne jouera pas Dans la maison vide parce que c’est trop « variété », si c’est pour pondre de telles nullités ?

Quand Christophe, son contemporain et double en dinguerie, a su, ces dernières années, se renouveler de la plus belle manière qui soit, quand d’autres sexagénaires (Alain Bashung, Robert Plant, Iggy Pop) livrent des albums et des prestations live étonnantes, Polnareff a démontré en un peu plus de deux heures qu’il n’était plus que l’ombre de l’artiste qu’il fut. Faute de dignement créer, le voici cantonné à l’exercice du revival. Comme s’il n’avait plus rien d’autre à faire désormais qu’à jouer un rôle. Le sien.

Enfin, du moment que TF1 et RTL, ses sponsors, sont contents…

Par Ska
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Mercredi 7 mars 2007

195 minutes... Ce fut la durée du concert de Jacques Higelin mardi soir au Bataclan... Ouais, quand même !

Yann Péchin et Giant Jack...

 

Profitons-en pour signaler la sortie de versions remasterisées des disques essentiels du Higelin des années 70, le 19 mars : BBH 75, Alertez les bébés, Irradié, No Man's Land, Champagne pour tout le monde & Caviar pour les autres. Rien de moins que ses six meilleurs albums (avec, hors-concours, le triple Live à Mogador de 1981)...

Par Ska
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