Dimanche 30 mars 2008


Si on me demandait ce que c’est que le rock'n'roll, j’emmènerais illico la personne me posant cette question assister à un concert de Supergrass. D’aucuns citeraient d’autres groupes. Moi, c’est la clique à Gaz Coombes. Sans hésitation. Je n’ai jamais vu, sur scène, une telle sincérité, une telle énergie, un tel plaisir à jouer, à partager la musique avec l’auditoire. D’aucuns citeraient d’autres groupes. Moi, c’est la clique à Mick Quinn.
Donc Supergrass vient de sortir son nouvel album. La plupart des gens s’en foutent. Supergrass, ils sont arrivés un poil de rouflaquette après la britpop et ils n’ont pas publié leur Definitly Maybe, leur This is Hardcore ou leur Think Tank… Pourtant, le disque était attendu avec pas mal d’appréhension puisqu’on se souvient que l’été dernier, Mick Quinn, bassiste/choriste irremplaçable, avait eu la bien mauvaise idée de passer par une fenêtre lors d’une crise de somnambulisme. Dos pété, rééducation. Les autres tournèrent sous un autre nom le temps qu’il se remette. Mais qu’en serait-il de l’album ?
Après Road to Rouen et sa tournée semi-acoustique, on parlait d’un retour au rock des premiers albums. Et, pour moi, I Should Coco, le premier disque d’un groupe alors trio, a quand même la valeur d’un classique. Eh bien, ça commence en effet dans cet esprit-là. Le riff d’entrée, celui de Diamond Hoo Ha Man, évoque les White Stripes et quand la grosse caisse vient le rythmer, on pourrait penser s'être trompé de disque. Sauf que les petites inflexions funks de la guitare de Gaz dissipe vite le doute ; et quand explose le refrain, on se rappelle que Danny Goffey, batteur sur roulements, est bien plus proche de Keith Moon que de la métronomique Meg White. Dommage, pourtant, car alors qu’il s’achève, on ne sait pas encore que Diamond Hoo Ha Man sera le meilleur morceau d’un album un brin dévevant. Bad Blood et Rebel in You, qui suivent, sont de bons morceaux de Supergrass, mais, déjà, on se dit que le disque ne nous surprend pas vraiment, qu’on y entend juste ce que l’on attendait. Et que c’est quand même beaucoup moins bien qu’avant… Impression renforcée avec des ballades dispensables (When I Needed You, The Return of…, bien en-deça des morceaux mid-tempo de Road to Rouen). Bien sûr, il y a toujours ces refrains explosifs comme eux seuls savent les composer (345), mais l’impression qui se dégage assez vite est celle d’un groupe privilégiant le pilotage automatiques aux embardées risque-tout de la remise en question. On rapproche souvent – et à juste titre – Supergrass de T-Rex (Life on Other Planets étant l’album où la parenté était la plus manifeste). Mais point de Cosmic Dancer ici. Que des Get it On... Et la réécoute de Road to Rouen (album un peu sous-estimé) pendant l’écriture de ces lignes, donne une vilaine claque à ce nouveau disque s’achevant péniblement avec deux morceaux sans surprise (Outside et Butterfly, indignes des ouvertures promises par Tales of Endurance ou Roxy sur l'album de 2005).
Pourtant, les quelques images récentes du groupe, les montrent toujours aussi incandescents, toujours aussi classes. Bref, vivement la tournée…



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Mercredi 19 mars 2008

cave.jpgIl est des raccourcis agaçants. L’an dernier, quand sortit l’album de Grinderman, projet parallèle de Nick Cave et de quelques Bad Seeds, on lut beaucoup que le groupe réalisait là l’album rock qu’il n’osait plus faire sous son appellation originelle. C’était négliger un peu vite – au nom de l’argument marketing ? – la diversité d’influences de ces musiciens, oublier The Birthday Party et ranger un peu vite un Nick Cave assagi et pianotant dans la catégorie du crooner tourmenté (celui dont il endossait les habits avec classe sur The Good Son, Murder Ballads ou The Boatman’s Call). Mais, au final, le projet Grinderman, pris dans sa globalité, n’était pas si différent d’un album des Bad Seeds. Un peu plus électrique peut-être. Un peu moins bon aussi. Et si l’on n’imaginait guère un titre comme No Pussy Blues* sur un disque des Bad Seeds (mais plutôt sur une galette du Blues Explosion), bien d’autres auraient tout aussi bien pu y figurer.
Au même moment, découvrir le dvd retranscrivant la tournée Abattoir Blues/Lyre of Orpheus (dernier album – double – paru sous le nom Nick Cave & The Bad Seeeds) confirmait, s’il en était besoin, l’énergie et l'inventivité prodigieuses du groupe sur scène. Les australiens n'allaient pas en rester là : 2008 voit débouler Nick Cave et ses mauvaises graines encore plus remontés que sur Grinderman, prêts à en découdre, véritablement. Dig, Lazarus, Dig !!! est un disque à l’incandescence explosive, la démonstration en six points d’exclamation et onze titres ne s’écoutant qu’au plus fort volume possible de l’incroyable supériorité du groupe sur le reste du monde. Et toujours cette question : comment cette puissance de feu, ces décibels en fusion, s’allient-elles à des arrangements si subtils ? Chez les Bad Seeds, il y a ce plaisir éruptif et cette pure efficacité, certes, mais il y a surtout une production exemplaire, une souplesse de tous les instants, cette recherche du détail sonore, ces fioritures essentielles qui ravissent aussi l’esthète. C’est cette faculté à marier les contraires qui toujours étonne chez eux. Et sur ce disque-là (voir les breaks étonnants et les boucles de We Call Upon the Author par exemple) plus encore que sur d’autres.
Enfin, à ceux qui se gobergeraient de cette fronde rock’n’roll soit disant retrouvée, on conseillera de visionner ce long extrait de Nocturama, vieux de cinq ans déjà. Babe, I’m on Fire : sa basse entêtante, son orgue dissonnant, sa batterie furieuse et Nick Cave dans le rôle du prêcheur halluciné et exultant, nous terrassant de plaisir au fil de 43 couplets furibards…


 
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Lundi 14 janvier 2008
21.jpgEvidemment, la sortie, aujourd’hui, de l’album The Dø (voir ici) a un peu éclipsé celle du nouveau Daniel Darc, quatre ans après le sublime Crèvecœur. Pourtant, rentrant chez moi, avec les deux dans mon sac, c’est bien le sombre Daniel que j’ai d’abord écouté. Comment dire ? Pour moi, Crèvecœur, c’est à peu près ce qui est arrivé de mieux à la chanson française depuis L’imprudence de Bashung. Or, ça tombe bien, Alain Bashung est invité sur un titre, bouclant la boucle et faisant, indirectement, ressurgir cette image du concert de l’Olympia, il y a trois ans, quand, Christophe, le chanteur funambule, vint sur scène filmer au rappel l’ancien leader de Taxi Girl.
Bashung, Christophe, Darc. Une sorte de Sainte-Trinité, dirons-nous, pour demeurer dans le registre religieux désormais cher à l’auteur de Chercher le garçon.

Pour Amours suprêmes, donc, Daniel Darc a de nouveau confié le soin de mettre ses beaux textes en musique à Frédéric Lo. C’est bien, avec The Dø, un deuxième album de duettistes que j’ai rapporté chez moi ce soir. Mais si Lo s’occupait de presque tous les instruments sur Crèvecœur,
Amours suprêmes accueille d’autres musiciens, à commencer par Philippe Almosnino, guitariste aperçu avec les Dogs il y a bien longtemps, avec les Wampas souvent, puis avec Tarmac plus récemment. Bref, un deuxième guitariste, signe évident d’une tonalité rock plus affirmée (on s’amusera d’ailleurs du détournement, dans le livret, du célèbre logo d’AC/DC en un AR/DC plus conforme au patronyme du chanteur).
Alors, qu’est-ce qu’il vaut le nouveau Daniel Darc ? Je ne sais pas. Je viens de le retirer de la platine. Je ne suis pas aussi bouleversé qu’à l’écoute de Crèvecœur. Tout ce que je sais, c’est que The Dø, qui tourne, là, paraît tout terne à côté. Bon, allez, j’ai quand même pris deux, trois notes, alors à défaut d’une chronique du disque, réactions d’un fan presque en direct, titre par titre, avec une seule écoute au compteur.


1)
Les remords Eh bien, pour une ouverture d’album, on va dire que ça tape presque aussi fort que L’invitation sur le dernier Daho. Jubilation d’entendre, après la calme mélancolie de l’entame, ainsi résonner les guitares au refrain. C’est dire si la barre est placée très haut pour les neuf titres qui suivent. Trop haut ?
2) J’irai au Paradis Ce titre enlevé ferait un bon single. D’ailleurs, c’était le morceau qu’un cd des Inrocks avait permis de découvrir en avant-première. Si vous ne connaissez pas Daniel Darc, disons qu’il s’y présente idéalement en quelques mots : "Et quand je mourrai / J’irai au Paradis / Parce que c’est en Enfer que / J’ai passé ma vie". Ouais, quand même…
3)
L.U.V. On a beaucoup comparé Daniel Darc à Serge Gainsbourg. On ne s’arrêtera pas de le faire avec ce morceau chanté en compagnie d’Alain Bashung. Où les deux se régalent d’anglicismes et d’expressions très référencées comme "Hell Fire", "Raw Power", "No Fun", "Wham Bam Thank You Mum". Pas du name-dropping, mais presque. Pas besoin de vous faire un dessin donc sur le registre musical de ce titre.
4)
Un an et un jour C’est sur le disque la chanson qui, par son atmosphère, sa production, fait le plus penser à l'opus précédent. Elle aurait pu, se dit-on, être enregistrée il y a quatre ans. Superbe donc.
5)
La seule fille sur Terre Il faut bien une fausse note chez un ancien punk. Sur ce titre dispensable mais pas désagréable, on sent que l’arrangeur Lo, préposé au Minimoog et au Mellotron, s’est bien amusé. C'est déjà ça.
6)
Ca ne sert à rien Oh que si, Daniel ! Tes chansons nous aident à vivre. Chanson sur la mort, les morts (eh oui, encore une…) et la survie surtout… avec le survivant Robert Wyatt.
7)
Amour suprême C’est quand il s’arrête de chanter pour parler, presque réciter (Gainsbourg toujours…) que Darc est le plus émouvant. La preuve ici, encore une fois.
8) La vie est mortelle La bizarrerie de l’album. C’est presque de la variété française, dans ce que l’expression peut – parfois – avoir de plus noble. Là encore, on se dit que ça ferait un excellent single. Ce son de basse très seventies, rappelant un peu les sonorités de l’instrument sur Melody Nelson. En écoutant ce morceau – paradoxalement le plus enthousismant de l’album – on se prend à rêver d’un remix par Mellow, voire, en deuxième choix, par Air ou Bertrand Burgalat.
9) Serais-je perdu
Pas vraiment, non, Daniel. Tes "mots froissés au matin" sont toujours si bouleversants. D’ailleurs, faut que je pense à prendre ma place pour ton deuxième Olympia.
10)
Environ 8,5 sur 10. Si je devais mettre une note. En tous cas, une bien belle chanson pour terminer l’album. "Environ je dispose de presque / Un peu moins que rien". Pour nous, Daniel, c’est déjà beaucoup.

 


11) Le morceau caché
Taxi Girl, c’était aussi des textes rageurs. Piquouze de rappel ci-dessous.

 
 

 

 
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Jeudi 20 décembre 2007

undefinedDaft Punk, ce ne sont pas les disques qui m’y ramènent régulièrement. C’est avant tout le cinéma : un clip historique (Da Funk de Spike Jonze), un long métrage d’animation mélancolique (Interstella 5555 de Leiji Matsumoto) et un film expérimental fascinant (Electroma, réalisé par Thomas Bangalter et Guy Manuel de Homem-Christo). Les trois albums du duo, je les aime bien, mais ils n’ont jamais fait que quelques tours sur ma platine. Si certains morceaux, dans leurs atours numériques, ont quand même trouvé leur place bien au chaud dans mon baladeur, les disques de Daft Punk prennent chez moi un peu la poussière. Pour être franc, Discovery, album vulgaire quoique séduisant, n’a trouvé son sens véritable pour moi qu’une fois Interstella 5555 distribué en salles. Parce que les images du créateur d'Albator remettaient totalement en perspective les parti pris musicaux d’un album aussi clinquant que risqué. Quant à Around the World, c’est, à mes yeux, surtout un clip de Michel Gondry. Et quand j’ai entendu Robot Rock pour la première fois, ce qui m’a le plus intéressé, ce n’était pas le morceau, mais, là aussi, la vidéo l’accompagnant, véritable éloge du simulacre et de l’artifice.

Les choses changent du tout au tout avec le live que Daft Punk vient de publier. Depuis que je l’ai acheté, je l’ai beaucoup plus écouté que toute la discographie du duo en dix ans. Enregistrement du concert donné à Bercy en juin, Alive est un formidable mix où se téléscopent une vingtaine de morceaux issus des trois disques studio de Daft Punk. Surtout, Alive est véritablement un nouvel album, pas une compilation. Qui voudrait l’offrir à Noël pour remettre dans le droit chemin un petit cousin épris de Tecktonic et lui donner l’occasion de découvrir ce qu’est vraiment la musique "électro" ferait fausse route. Les morceaux les plus connus n’y sont souvent que des citations assez brèves et la plupart des pistes mélangent deux ou trois titres en une entreprise d’auto-mashup incroyablement stimulante. Du coup, les collisions entre des compositions éloignées de plusieurs années s’imposent comme des évidences, mettant de l’ordre et de la cohérence dans une discographie ici revisitée dans un passionnant jeu d’échos, de citations et de reprises.
Alive est donc un album, un vrai album, dont la construction n’a pas souffert la moindre approximation. Il s’écoute de bout en bout, de la première à la dernière minute. La tension y monte crescendo, les morceaux s’y enchaînent si bien que l’on n’a aucune envie de zapper, d’accélérer. Physiquement, c’est d’ailleurs quasiment impossible tant on se retrouve en l’écoutant comme les bêtes automates du clip de Gondry. Subjugués.
Numériser le disque pour son baladeur, l’écouter ensuite au casque en mode aléatoire est une expérience cruelle. Ce disque ne souffre pas le morcellement. Il nous attrape dès son entame avec ces voix déshumanisées annonçant Robot Rock ("Human… Robot… Human… Robot") pour ne plus jamais nous lâcher ensuite. Pour bien faire, même, ce disque aurait idéalement dû être réduit à une seule et unique piste. Comme le Lovesexy de Prince... Mais ce qui n’était pour Prince qu’un moyen d’obliger l’auditeur à écouter l'album dans l’ordre où il l’avait conçu (moi, je l’ai en 33 tours, donc je m’en fous), devient ici simple affaire de bon sens. On ne peut pas écouter ce disque dans le désordre. On ne peut pas le télécharger par petits bouts. Le faire, ce serait passer complètement à côté...
Le disque est en public. C’est un vrai live. Il est important de le souligner. Que font véritablement les Daft en direct ? Je ne sais pas. Peut-être que, comme chez leurs copains de Justice, presque tout est préenregistré. Peu importe, le résultat est là. Au son parfois trop lisse du duo en studio succède ici une approche beaucoup plus rugueuse. Comme s'ils lâchaient un peu la bride pour laisser la rumeur des humains s’infiltrer dans les interstices de leurs compositions. Enfin, la musique de Daft Punk vibre et respire. Et les morceaux les plus démagos (Robot Rock encore) se révèlent soudain bien plus tortueux qu'avant. Les expériences cinématographiques de Daft Punk m'avaient convaincu qu’un cœur battait dans la machine. La musique, à son tour, lève un coin du voile. La belle mécanique assume enfin de possibles défauts, d’éventuelles imperfections. "Human after all"… Dans la logique d’Electroma (leur premier film en tant que réalisateurs) les deux musiciens semblent ici se foutre à poil et livrer leurs titres dans leur nudité la plus crue. Les barrières opaques se dressant depuis des années entre eux (ou leurs avatars) et les fans paraissent enfin commencer à s’effriter.
Il faut entendre les spectateurs exulter quand démarre le riff de Robot Rock (2 mn 20 sec… et déjà l’extase), il faut les entendre crier leur joie aux premiers accords de Da Funk. Mais le public n’est pas là pour ponctuer, comme c’est le cas d’habitude dans un disque live, le début et la fin des morceaux (d’ailleurs, comme je le disais plus haut, il n’y a pas véritablement de début et de fin à ces pistes s’empilant harmonieusement) : sa clameur est intégrée au mix comme un instrument supplémentaire (les "Ouh !" ponctuant le break de Da Funk notamment).
A l’unissson des basses et de la rythmique, les cris des spectateurs sont même parfois utilisés pour faire monter la sauce d’un morceau, avant que les décibels des refrains ne déferlent sur le POPB.

Pour qui n’était pas à Bercy ce soir-là (ce qui est mon cas malheureusement), la force d’évocation de ce disque est prodigieuse. Elle en fait tout simplement le meilleur enregistrement en public que j’ai pu écouter depuis des lustres. Alors disque de l’année ? Avant Elliott Smith, avant les Queens of the Stone Age et Florent Marchet ? Eh bien, peut-être, oui…

 

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Dimanche 25 novembre 2007
Au début, c'est Guic' the Old qui a demandé à quelques-un(e)s d'entre nous de réfléchir à une sorte de compilation idéale de 80 minutes, la durée d'un cd gravé. Histoire de conjurer l'immatériel, de redonner un sens à la notion de "compil" à l'heure où nos baladeurs mp3 dégueulent leurs giga-octets de musique numérisée dans nos oreilles repues. C'était ici. Casse-tête impossible à résoudre. Exercice vain et forcément frustrant, je pensais d'abord ne pas participer. Puis sans réfléchir trop longtemps, je lui ai envoyé une liste de morceaux qui pourrait constituer, pour moi, cette playlist idéale. Des morceaux qui m'accompagnent, qui comptent, qui m'ont touché, qui me font sauter partout, quelques repères pas forcément surprenants pour qui est familier de 7and7is. Il y a quelques jours, lorsque cette liste fut publié sur le site de Guic' the Old (ici), elle a généré, en mon absence, quelques discussions sur les notions de rock et de "variété française", la présence de pas mal de titres français et de gens comme Brassens, Yves Simon ou Renaud dans ma liste ayant sans doute surpris qui s'attendait à une approche rock pure et dure. C'était mal me connaître. En revoyant ma liste quelques semaines après l'avoir envoyée, je l'ai trouvée pas si mal et me suis dit que ça valait bien un petit lecteur Deezer en son honneur. 
Pas mal de blogs amis se sont prêtés au jeu. Et c'est chouette. D'Arbobo à G.T. en passant par Systool, Alex La Baronne, Klak, Alf, Ama-L, Mxmm et bien d'autres, les listes (et les morceaux en écoute, souvent) sont .

Quant à ma playlist idéale, ces "80 minutes pour une éternité", les voici donc... Sauf que je m'aperçois que j'ai allègrement dépassé les 80 minutes en calculant initialement les durées à la louche. Tant pis. Parce que choisir entre Fun House et Jungleland, c'est trop demander à un seul homme...


free music

Michel Polnareff - Voyages (2'50)

Audrey Hepburn - Moon River (2'00)

Elliott Smith - Needle in the Hay (4'13)

Beta Band - B + A (6'32)

Led Zeppelin - Good Times Bad Times (2'44)

AC/DC - Back in Black (4'12)

FFF - Silver Groover (6'30)

Dominique A - Comment certains vivent (4'21)

Miossec - Regarde un peu la France (2'38)

Georges Brassens - La ballade des gens qui sont nés quelque part (3'20)

Renaud - Hexagone (4'55)

Rage Against the Machine - The Ghost of Tom Joad (5'35)

Jacques Higelin - Est-ce que ma guitare est un fusil ? (5'05)

Noir Désir - Tostaky  (5'29)

Beastie Boys - Sure Shot (3'16)

Beck - Devil’s Haircut (3'10)

The Stooges - Funhouse  (7'38)

David Bowie - Hearts Filthy Lessons (4'52)

PJ Harvey - Rid of Me (3'38)

Yves Simon - Le film de Polanski (2'58)

Simon & Garfunkel - America (3'28)

Bruce Springsteen - Jungleland (9'25)


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Vendredi 19 octobre 2007
PICT0009-copie-2.JPGUn beau cadeau à la sortie de L'Européen, le 29 octobre 2001...

La  première fois, c'était en 1999. Le 14 avril. L'album Remué venait de sortir. Et rien ne serait plus comme avant. C'était le plus sombre, le plus tourmenté, comme une claque donnée aux malentendus consécutifs au succès du Twenty Two Bar, ce morceau qui aurait pu être un tube (voir ici l'analyse du clip). Aujourd'hui, Remué, c'est encore l'album de Dominique A que je préfère. Cela ne doit pas être son cas tant ce disque suinte la colère, le malaise et la rage. Pourtant, s'il ne devait en rester qu'un...
Du balcon de la Cigale, il y a huit ans donc, je découvre Dominique A sur scène. Sec, intense (à l'image du disque), le concert est peu aimable, très rock. La gestuelle du chanteur m'impressionne, cette façon de bouger les bras devant lui, de marteler le rythme avec son corps, ses pieds, ses mains. Plus tard, dès lors qu'il s'affublera plus souvent d'une guitare, cela sera moins marquant. Dans mon souvenir, ce soir-là, il n'y eut pas de rappel. Je me rappelle aussi qu'il joua une version très punk du Courage des oiseaux et que beaucoup de fans furent déçus du tournant peu amène que prenait ce soir-là la musique du délicat auteur de La fossette
Depuis, je l'ai revu de nombreuses fois, chaque fois qu'il passe à Paris en fait. En solo, avec guitare et séquenceur, ou accompagné d'un groupe. De l'Européen aux Bouffes du Nord en passant par la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand ou la Cité de la Musique avec Katerine, chaque nouveau concert fut l'occasion pour le Nantais de revisiter un répertoire d'une qualité constante. 
Car Dominique A sur scène, ce n'est décidément pas la même chose qu'en studio. Il faut regarder son dvd En solo aux Bouffes du Nord, l'une des meilleures captations de concert que j'ai pu voir, pour mesurer à quel point Dominique A est l'un des meilleurs artistes français sur scène. Aujourd'hui, Sur nos forces motrices, bien beau premier album live, vient à son tour en témoigner. Avec un groupe aventureux qui rappelle un peu celui qui accompagnait Alain Bashung sur la "Tournée des grands espaces", Dominique A s'empare de ses chansons comme si leurs paroles venaient juste d'être couchées sur le papier. Les disques live sont souvent anecdotiques, dispensables, superfétatoires. Ce n'est pas le cas ici tant Sur nos forces motrices donne l'impression que les quinze chansons le composant n'ont jamais été entendues avant.
Il faut par exemple écouter ci-dessous la version studio de Pour la peau et sa transposition live. Ou encore, en vidéo, cette version impressionnante du Courage des oiseaux qui, sur la fin, ferait presque penser à du New Order...





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Mardi 25 septembre 2007


Imaginez un mauvais film américain des années 80, mettons un Adrian Lyne ou un Tony Scott. Songez à ses éclairages filtrés, à son kitsch rutilant… Oui, je sais, c’est dur, mais parfois il faut faire des efforts…
Maintenant, essayez de vous remémorer les B.O. de ces films, les trucs du genre Survivor pour Rocky, Jean Beauvoir pour Cobra ou Irene Cara pour Flashdance…
Ca fait peur, hein ?
Songez maintenant à Europe, mais à Queen aussi. Aux parties de guitare aussi basiques que funky de Big Soul. Et puis à ces trucs typiquement eighties et mainstream comme Katrina and the Waves. Trempez les dans un bain de disco. Assaisonnez de métal et de glam, et ça peut vous donner une idée très lointaine de ce à quoi ressemble l’ovni Fancy...

PICT0005bbis-copie-copie-1.jpg
Surtout, il y a le look. Incroyable. Assumé. Loin du chic "eudelinien" dictant aux né
o-rockers comment s’habiller.
Les patronymes aussi : Jessie Chaton, Mom, Rae Mone.

Tout ce que The Darkness a raté il y a trois ans dans son opportuniste volonté de réhabiliter le hard rock des années 80 (pouah !), Fancy le réussit haut la main.

Parce qu’ils y croient, eux, c’est évident.
Parce qu’ils ne se contentent pas de se déguiser, parce qu’ils sont comme ça et qu’ils ont, innée, l’attitude imparable.
Parce qu’ils ont pris le temps enfin. En 2004, Seventeen apparaissait sur la compil "CQFD" des In
rockuptibles. La même année, le fabuleux King of the World enflammait le disque collectif Le nouveau rock’n’ roll français, juché fièrement en haut de l'estrade juste à côté de The Film ou d'AS Dragon. Les deux morceaux reviennent sur l’album qui sort aujourd’hui. Le trio a attendu trois ans pour le sortir ce disque. Sur un petit label québécois. Cela n’a rien d’un "coup". Cela témoigne plutôt d’une démarche mûrement réfléchie, tandis que le "buzz" montait autour du groupe pour tous ceux qui les avaient vus sur scène (à Rock en Seine pour ma part, c’était l’an dernier et je n’en suis toujours pas revenu).
Ils font du rock n’roll pour devenir des héros, disent-ils, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.
PICT0010bbis-copie-2.jpgKings of the Worlds, ce n’est pas seulement le titre de l’album, c’est un programme. Devenir roi, certes, mais aussi réconcilier les différentes tribus, tous les mondes du rock.
Cet album est sorti hier, le même jour que le sobre White Chalk de PJ Harvey. Je vous en aurais bien parlé aussi de ce beau
disque, mais j’étais d’humeur frivole et Arbobo s’en est déjà chargé remarquablement par ici.
Fancy, donc. Loin du piano mélancolique de Polly Jean.
Pas un hasard si le troisième morceau partage son titre, Dressed to Kill, avec l’un des films les plus emblématique de Brian de Palma. Car Fancy, c’est du maniérisme pur jus, une façon de s’emparer des figures du genre, de les tordre, les travailler et les épuiser jusqu’au grotesque. Jusqu’à frôler, c’est selon, le génie ou le ridi
cule.
Cette voix haut perchée, enfantine parfois, ces riffs vulgos, ces chœurs fleurant bon le mauvais goût assum
é, cette énergie outrancière et débridée, on n’est pas obligé d’aimer. On peut même détester.
Fancy va sérieusement diviser, c’est certain. "Diviser pour mieux régner", dit l’adage…


Allez donc vo
us faire une idée sur leur MySpace, ils ont eu la bonne idée d’y mettre tous les titres en écoute.
http://www.myspace.com/welovefancy


Les recommandations de 7and7is

- si t’es punk : To Stir Someone Like You & We Stay Here
- si t’es disco : What’s Your Name Again ?
- si t’es glam : King
of the World
- si t’es Jennifer Beals dans Flashdance : Morning

 

 

 
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Dimanche 23 septembre 2007
cover2.jpgPar ici, on aime bien les bootlegs. Vous commencez à le savoir.
Grâce aux précieux site Bootlegsfr.com, on apprend que le DJ anglais Mark Vidler rend accessible l'intégralité de sa production de mashups produits depuis 2002. Douze cd sont à ce jour téléchargeables gratuitement sur le site de Go Home Productions (ici), agrémentés de pochettes dignes de ce nom. Or les morceaux de Mark Vidler sont - avec quelques perles des 2 Many DJ's ou de DJ Zebra - de ceux qui comptent dans l'histoire toute neuve d'un genre bâtard où le pire côtoie le meilleur.
Des choses formidables et la plupart du temps très inventives se trouvent donc rassemblées dans ces disques fort recommandables, comme Work it out with a Foxy Lady mêlant Hendrix et Beyonce ou encore un mélange étonnant entre A Day in the Life des Beatles et le Karma Police de Radiohead.
Comme il y a beaucoup à écouter et que le téléchargement de tous les disques prendra longtemps, je vous recommande de débuter avec This Was Pop, album rétrospectif absolument imparable. Plage 16, s'il ne fallait retenir qu'un morceau, il y a ce chouette fantasme musical enfin réalisé où s'entrechoquent les riffs d'AC/DC, de Queen et de Led Zeppelin...
par Ska publié dans : Bande son communauté : tiré par les oreilles
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Lundi 23 juillet 2007
Et voilà une chouette bande-son pour l'été grâce à DJ Gaston qui nous offre de télécharger librement un album entier de bootlegs où cuivres funky et basses généreuses viennent habiller des morceaux que l'on connaissait autrement arrangés... AC/DC, Beck, Madonna, les Rolling Stones, les B52's, Prodigy, les Beastie Boys et même le pénible Genesis des années 80, tous possédés ici par l'esprit de James Brown pour une épatante cure de jouvence... L'objet - précieux - se trouve juste ...

http://www.djgaston.net/


par Ska publié dans : Bande son
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Mardi 5 juin 2007

Quoi de plus tendance aujourd’hui que le jogging ? Courir, on l’a constaté ces dernières semaines, suffit à faire événement, à mobiliser caméras et micros. Pour être adoubé par les puissants, il faut donc se plier à la discipline sportive, il faut à son tour aller courir avec le Chef, moulé dans un short seyant. C’est formidable, cette énergie, cette jeunesse, cette façon d’étourdir en occupant le terrain. Visiblement, cela plait aux Français car un président nouvellement élu n’a jamais recueilli autant d’opinions favorables dans les sondages que le premier jogger de France… "Regarde un peu la France, c'est magnifique non, toute cette torpeur", chantait Miossec en 1995... Ouais... Alors, il va falloir s’y habituer à voir l'ami des people répondre aux questions ruisselant de sueur dans son tee-shirt crypto-sécuritaire barré des initiales NYPD.
En bon opportuniste, j’ai décidé de louer à mon tour les valeurs du sport et du « jogging républicain » en sélectionnant quelques titres (plus ou moins) dédiés à cette belle discipline de « winner ».
J’attends vos suggestions pour gaver mon baladeur d’autres titres sportifs. En cas de contrôle, sur le chemin des bureaux de vote dimanche prochain, ça pourra toujours servir...

PS : Sinon, avouez que Peter Strauss avait, dans le premier film de Michael Mann, une autre silhouette que le petit rablé de l'Elysée...

 

- Born to Run (Bruce Springsteen)
Deux versions acoustiques et dépouillées (ici et ) d’un titre que l’on connaît mieux dopé par les arrangements musclés du E Street Band.

- Run Like Hell (Pink Floyd)
A voir ici, extraite de The Wall, une captation live de 1980. Peu de temps après, le groupe courra droit dans le mur des égos...

- Cours vite (Silmarils)
Ici, le clip d’un groupe rageur un peu oublié dans lequel apparaissaient quelques pornstars de l’époque…

- Running Up That Hill (Kate Bush)
Le clip vintage, ici.

- Band on the Run (Paul McCartney and The Wings)
Ici, une captation live de 1976. 40 ans presque jour pour jour après la parution de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Paulo cours toujours…

- Always on the Run (Lenny Kravitz)
Aerosmith et Run DMC, ça ne fonctionnait pas dans cette playlist car ils ne faisaient que marcher. On se contentera donc du jumeau 90’s de Walk This Way. Une version live d’Always on the Run où LK est accompagné par Slash et les Guns & Roses… (ici)

- Run Through the Jungle (Creedence Clearwater Revival)
Pas de video de CCR sur ce titre, alors juste un petit extrait de concert où John Fogerty, ancien leader du groupe, le revisitait en 2005…(ici)

par Ska publié dans : Bande son
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