Bande son

Mardi 29 août 2006


Pouvait-elle seulement se planter ? Air aux compositions et aux instruments, Jarvis Cocker (Pulp) et Neil Hannon (Divine Comedy) aux textes, David Campbell (le papa de Beck !) aux arrangements de cordes et Nigel Godrich à la production. Le casting était énorme, on n'avait plus qu'à rêver...

Au final, le tout est incroyablement cohérent, parsemé d'hommages décomplexés à Serge Gainsbourg (un riff évoquant celui de Bonnie and Clyde, des basses rondes et étouffées à la Melody Nelson). Mais c'est aussi le problème de l'album - le seul - d'être trop évidemment "sous influence". D'ailleurs, David Campbell n'avait-il pas déjà explicitement cité les arrangements de cordes de Jean-Claude Vannier pour Melody Nelson sur le Paper Tiger de son fiston ?

Plusieurs écoutes depuis lundi : le disque est formidable et en même temps il est presque trop parfait, presque trop conforme aux attentes, laissant un drôle de bourdonnement dans les oreilles. L'impression, surtout, c'est celle d'une réification iconique de la chanteuse. Comme si la fine-fleur de la pop s'était emparée de Charlotte - avec son consentement - pour assouvir un fantasme gainsbourien autour duquel certains (Air, Cocker) tournaient déjà depuis quelques temps. Vu sous cet angle, l'apparemment lisse 5:55 est un disque très étrange et, finalement, plus dérangeant que Charlotte Forever il y a 20 ans.

Vrai-faux nouvel album de Air, 5:55 serait-il alors le vrai album-hommage à Gainsbourg avec, dans le rôle principal, la diaphane Charlotte pour remplacer Jane B. dans une entreprise aux volutes mortifères ?

Scotty Fergusson, dans Vertigo, transformait Judy en nouvelle incarnation d'une morte, la revêtait d'atours portés par la défunte Madeleine pour lui donner l'identité (l'image) d'un fantasme. Jane B., heureusement, n'est pas morte. Eprise de modernité, elle multiplie même, depuis deux disques, des collaborations (Beth Gibbons, Miossec, Dominique A, Brian Molko, Mickey 3D) lui permettant de s'affranchir enfin des chansons que lui écrivit Serge et, surtout, d'en chanter de nouvelles.

Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel de Air campent au contraire délibérément dans le passé, s'emparant du patronyme de Charlotte avec une gourmandise non-feinte. Avec 5:55, ils ont façonné la fille en égérie pop et l'ont habillée de mélodies qu'aurait pu chanter sa mère. 35 ans auparavant... Une histoire de double, donc, comme dans Vertigo... On ne s'étonnera pas, alors, que Morning Song, la chanson sur laquelle se clôt l'album, évoque le souvenir d'un fantôme...
Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 31 août 2006
The Doors (Soul Kitchen) vs The Kingsmen (Louie Louie)
Jimmy Jammes - Louie's Kitchen
Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006
Et si The Pipettes avait été le nom des Spice Girls dans les années 60 ?
Et si The Pipettes n’était que le fantasme d’un producteur « spectorien » en mal de « mur du son » ?
Et si The Pipettes n’était que la version « mainstream » de The Go Team ?
Et si The Pipettes avait été le premier « girl group » issu de la télé-réalité ?
Et si le directeur de casting de The Pipettes était aussi incompétent que leur compositeur est brillant ? (voir les clips et bâiller)
Et si quelque chose, niveau charisme, clochait vraiment avec The Pipettes ?
Et si The Pipettes avaient été signées chez Swan Records et si le réalisateur de leurs clips s'appelait Brian de Palma ?
Et si The Pipettes s'appelaient "Les Pipelettes", est-ce que Michel Polnareff leur aurait consacré une chanson ?
Et si The Pipettes n’était pas la sensation annoncée mais juste un truc joyeux, léger, anecdotique et ensoleillé pour bien terminer l’été et mieux entamer nos journées ?
Et si j'allais voir The Pipettes au Festival des Inrocks en novembre ?
Et si The Pipettes était un chewing-gum à la fraise ?
 
Site officiel : http://www.thepipettes.co.uk/


Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006
Serge Gainsbourg (Initials BB) vs The Beastie Boys (Right Right Now Now)
DJ Zebra : Initials (B)eastie (B)oys
Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006
Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 23 septembre 2006

 en photo : Katerine à la Cigale, le 21 mars 2006

 

 

Le  concert de Katerine à l’Olympia est complet. Tant pis. Je ne le verrai pas une quatrième fois cette année. Mais Katerine rempile en mars 2007… au Zénith. Katerine au Zénith ?! Il y a quelque chose qui cloche, non ?

Je me réjouis du succès récent de Katerine et en même temps il m’inquiète. Il m’inquiète parce qu’il y a quelques mois les Victoires de la musique, cette sinistre cérémonie, en faisait l’un des prétendants au titre de « meilleur album révélation ». Alors que son premier album date de 1992, alors qu’il en a enregistré six autres depuis, sans compter ses collaborations nombreuses avec Héléna, Anna Karina, etc. Ce succès soudain m’inquiète parce que Robots après tout n’est certainement pas son meilleur disque et parce que que la formule basique de l’album (arrangé avec une simple groovebox) ne doit pas devenir un système. Les chansons sont d’ailleurs devenues encore plus jouissives sur scène dès lors que les anciens Little Rabbits – accompagnant Katerine dans sa tournée – leur ont apporté une vraie énergie rock.

Toujours est-il que Katerine, sans vraiment le faire exprès, a trouvé la formule du succès. Mais le personnage est si atypique, si particulier, qu’il faut sans doute se plonger dans sa discographie pour l’appréhender correctement, pour éviter les contresens, pour bien comprendre, surtout, qu’au-delà de ses deux tubes de 2006, c’est une œuvre d’une vraie profondeur qui s’écrit depuis de nombreuses années.

Alors, est-ce de sa faute ? Non, car les chansons potaches, une certaine trivialité (Je vous emmerde, Comme Jeannie Longo, son hymne non-officiel de l’Euro 2004) ont toujours été une composante essentielle de ses albums. Et c’est aussi pour cela – pour cette dérision admirablement dosée – qu’on l’aime. Mais quelque chose dérange depuis que Katerine est courtisé par la télévision. Il a quand même passé dix minutes dans l’atroce émission de Cauet (ici), s’en tirant d’ailleurs plus que bien. Il a fait « En aparté », avec Pascale Clark (ici) . Mais il paraît évident qu’on l’envisage, dans ce contexte, comme un « bon client », comme une sorte de Brigitte Fontaine au masculin, avec ses étrangetés, ses lubies, sa bizarrerie. Katerine se prête à ce jeu, rentre dans ce manège ironique avec délectation, jamais dupe sans doute du rôle qu’on lui fait jouer. Je ne m’inquiète pas quant à son intégrité, mais il est quand même assez irritant d’entendre le plus infect des animateurs télé lâcher qu’il « adore ce mec ». Pourquoi ne l’a-t-il pas reçu, alors, au moment de la sortie de Peau de cochon, ce beau film intime dont on ressort maintenant des extraits pour illustrer, hors contexte, la bizarrerie de son auteur (la – trop ? – fameuse scène des étrons) ?!

On remarque aussi, dans les récents concerts de Katerine, un rajeunissement impressionnant du public, on entend des ados ou des enfants hurler « Et je coupe le son ! » comme il chanteraient tel ou tel truc cynique sur Zidane. Et l’on oublie la délicatesse pop de Huitième ciel, la noirceur des Créatures et de L’homme à trois mains

Ce contresens que l’on fait sur Katerine me fait penser à celui qu’a subi Zebda. Groupe politiquement très engagé, Zebda ne s’est jamais vraiment remis de Tomber la chemise, leur tube démago du troisième album, cultivant dès lors une image de groupe nostalgico-festif alors que de nombreuses chansons (à commencer par Le bruit et l’odeur) en avaient fait, au milieu des années 90, un groupe de rock « citoyen » essentiel. Je ne m’inquiète pas pour l’avenir de Katerine. Il est trop malin pour souffrir de cette soudaine notoriété. Mais il est évident qu’il rallie désormais un public qui, sans Louxor, j’adore ou 100% VIP, ne l’aurait jamais écouté.

Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 1 octobre 2006

Photos : Karen O (The Yeah Yeah Yeahs) à l'Elysée Montmartre, le 24 mai 2006

Eve Massacre : The Yeah Yeah Yeahs (Cheated Hearts) vs Etienne De Crécy (Fast Track)

Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 4 octobre 2006





Sorti lundi, le nouvel album de Beck, The Information, présente la particularité d'être dénué de livret.
Juste quatre pages blanches, quadrillées comme celles d'un cahier d'écolier (ce quadrillage léger étant là peut-être en partie pour ne pas évoquer un nouveau White Album, après celui des Beatles).

Pourtant, le livret de The Information ne devrait pas rester vierge longtemps puisque le disque est vendu avec une planche d'une soixantaine de stickers que l'acquéreur peut disposer à sa guise sur les quatre pages. Et me voici donc lundi soir me vautrant dans ce plaisir régressif, m'emparant de la photo de Beck pour lui mettre sur le nez telle ou telle paire de lunettes, sur la tête tel ou tel chapeau. On y passerait des heures à "habiller" ce disque. À l'heure de la dématérialisation de la musique, quand l'argument de vente d'un album repose bien plus qu'avant sur le packaging, l'idée est séduisante. Ici, chacun(e) se fait sa propres pochette. Le mauvais goût se déploie sans honte (il suffit de regarder la photo jointe). Mais surtout The Information, dans l'idéal, devrait ainsi prendre autant de visages que d'acheteurs.

A défaut de s'approprier les chansons (aux "remixeurs" de le faire...), il est ainsi donné à tout un chacun l'occasion de s'approprier leur contenant. Toujours très fort, ce Beck.

Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 31 octobre 2006
Dans le désert intellectuel qu'est la grille matinale de France Inter, une illumination tout à l'heure, à la fin de la pitoyable émission servant d'alibi culturel à la station : un titre du prochain album de Jacques Higelin, produit par Rodolphe Burger. La patte de l'ancien chanteur de Kat Onoma est reconnaissable dès ce Prise de bec de bonne facture : des guitares tranchantes, une tonalité rock qu'Higelin avait abandonné sur un dernier album studio décevant (Paradis païen il y a huit ans) et durant sa récente et peu excitante tournée consacrée à Trénet. On se prend à rêver d'un album digne des splendeurs des années 70, voire à une réussite proche d'Illicite, le dernier bon  disque d'un incroyable "performer" qui a toujours su se faire pardonner sur scène. Le récent travail de Burger pour Jeanne Balibar (Paramour) laisse augurer le meilleur.
Amor Doloroso sort le 20 novembre. D'ici-là, il y aura eu Le dahlia noir de De Palma, TV on the Radio à l'Olympia et le nouvel album des Who. L'attente devrait être supportable.
Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 novembre 2006
Par Ska
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Commentaires

Avec le temps...

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Sommaire

Pour obtenir l'affichage de toutes les pages, aller dans la rubrique "Archives"

Liens

Recommander

Abonnement

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés