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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 17:41

Tenacious D in The Pick of Destiny

de Liam Lynch


L’acteur Jack Black enseignait le rock à des enfants dans le lisse Rock Academy de Richard Linklater. C’était moyennement convaincant à force de bons sentiments et de visées familiales évidentes. Le film à la gloire de son groupe métal Tenacious D, dont la première (?) aventure vient de bénéficier d’une sortie technique en France, ramène Jack Black en des territoires beaucoup moins fédérateurs. Back to Black, donc. Et en dessous de la ceinture cloutée de préférence.
De professeur, voici Black qui passe au statut d’élève, du moins dans la première partie du film où il incarne un nigaud cherchant à percer les mystères du riff ultime. Il faut redire ici à quel point Jack Black s’est imposé, en quelques films, en corps burlesque paradoxal, son embonpoint étant sans cesse contredit par la souplesse de ses mouvements et la nervosité de son jeu. Le film de Liam Lynch est à sa démesure, parfaitement raccord avec la personnalité d’un acteur qui, parfois, agaçait par son cabotinage déplacé (dans le King Kong de Peter Jackson par exemple).
Pour aller vite, Tenacious D in The Pick of Destiny, ce serait un peu le chaînon manquant entre Spinal Tap et Wayne’s World, un jubilatoire délire fétichiste avant tout réservé aux fans de Black Sabbath, de Deep Purple ou de AC/DC. Dès le prologue, qui convoque tout aussi bien des réminiscences cinématographiques du Tommy de Ken Russell que le souvenir de pages (peu ?) glorieuses de l’histoire du rock avec l’apparition fantomatique de Ronnie James Dio, le film promet beaucoup. Et l’on se dit que l’on tient là le film culte qui sera au métal ce que Dodge Ball fut à la balle au prisonnier ! C’est dire, non ?
Comédie musicale assez réussie, Tenacious D in The Pick of Destiny s’appuie surtout sur l’imagerie satanique liée au hard rock puisque la quête de Jack Black et de son acolyte Kyle Gass, c’est de retrouver un médiator aux pouvoirs démoniaques ayant la particularité d’avoir été sculpté au Moyen-Age à partir d'une dent du Diable. Ce médiator, ensuite passé entre les mains de tous les maîtres du riff, de Pete Townshend à Eddie Van Halen jusqu'à Angus Young, devrait leur permettre de composer le plus grand morceau de l’histoire du rock. Rien que ça. Cette histoire-là, c’est un personnage incarné par Ben Stiller (également producteur exécutif) qui la raconte, et cette apparition est l’une bonnes surprises du film, avec celle, géniale, de Tim Robbins qui
avec un rôle où il ressemble étonnamment à Michael Palin – ramène dans le film une influence pop plus inattendue, celle des Monty Pythons.
Le hard rock seventies et le métal ne sont pas à la mode aujourd’hui. L’éphémère succès du très bon disque de Wolfmother l’an dernier demande à être confirmé. Hier soir, très logiquement, la salle était quasiment vide. Je ne pense pas que nous ayons été nombreux, en rentrant, à avoir eu envie de ressortir nos vieux 33 tours de Rainbow…

 

A voir, pour vous faire une idée, de nombreux extrait du film sur YouTube :

- Le prologue, featuring le "Mini-Me" de Jack Black et surtout Ronnie James Dio, le chanteur de Rainbow puis de Black Sabbath.
- Master Exploder par Tenacious D
- Le duel final avec un Belzebuth inteprété par Dave Grohl, pote de Jack Black, mais surtout ancien batteur de Nirvana et actuel leader des Foo Fighters.

 

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commentaires

marc bruimaud 31/07/2007 11:33

Je n'ai jamais dit que Rock Academy avait des prétentions rebelles ou gauchistes. Effectivement, je ne crois pas... Concernant Lintlaker, je suis d'accord que son diptyque Before sunrise et Before sunset est, jusqu'à présent, ce qu'il a fait de mieux. Moi aussi, je n'ai pas aimé A scanner darkly et encore moins Waking life qui est un tunnel d'ennui. Une petite curiosité : son remake des Bad News Bears de Michael Ritchie, une comédie où rien ne fonctionne vraiment, ce qui la rend très décalée. En tout état de cause, c'est un réalisateur tout à fait étonnant dans le choix de ses projets et la façon parfois jusqu'au-boutiste qu'il adopte pour les mener.
A propos de Jack Black : là aussi je te trouve un peu dur. Il s'en sort généralement bien, même dans des mauvais films comme The Holiday (où il n'est franchement pas le pire) ou Super Nacho qui n'est regardable que grâce à lui. Et n'oublions pas, tout de même, L'Amour extra-large...

Ska 28/07/2007 20:50

Marc, j'ai du mal à raccorder les qualités que tu énumères à Rock Academy. Si je t'accorde que le film est plutôt agréable, plutôt sympathique, je maintiens que je le trouve assez convenu. Le rock y est quand même un truc assez lisse, le vecteur d'une rebellion aseptisée (on pourra me répondre que c'est effectivement ce qu'il est devenu mais je ne crois pas qu'il y ait dans le film de Linklater la moindre portée théorique sur un tel sujet). Quant à Jack Black, je le trouve généralement beaucoup moins drôle et beaucoup moins intéressant que des acteurs comme Ben Stiller, Owen Wilson, Will Ferrel ou Steve Carell. Plus limité, me semble-t-il. Il suffit de voir comme il est mauvais dès qu'il n'est plus dans le registre comique (cf King Kong).De Richard Linklater, cinéaste assez intriguant (en cela qu'il met à mal la notion d'auteur en brouillant les pistes d'un film à l'autre), j'avais détesté A Scanner Darkly mais j'avais adoré le très beau et touchant Before Sunset...

marc bruimaud 27/07/2007 11:46

C'est évidemment très bien d'attirer l'attention sur ce film, mais je te trouve assez sévère avec Linklater. Il y a de très beaux moments dans Rock Academy, un vrai sens de la mise en scène et du montage (contrairement à beaucoup de comédies US actuelles) et surtout, l'ensemble respire une certaine forme de sincérité, me semble-t-il...

G.T. 17/07/2007 01:05

C'est sûr que la France n'est pas le pays le plus rock'n'roll du monde, donc c'était un peu couru qu'il n'y aurait pas beaucoup d'efforts de fait pour le distribuer...
J'ai adoré Spinal Tap... mais je n'ai pas du tout aimé Wayne's world. Je ne sais absolument pas s'ils pourront me plaire...

lyle 13/07/2007 21:19

Le film n\\\'est pas récent, donc il s\\\'agit sans aucun doute d\\\'une sortie salle uniquement due à un contrat préalable ( comme le film de catch avec Jack Black dont j\\\'ai oublié le nom ). Le distributeur n\\\'ayant jamais su quand le sortir, il s\\\'en débarasse pour ne pas avoir à payer une pénalité...
Le film est sorti en DVD il y a bien longtemps aux States ou en Angleterre, donc aucune chance qu\\\'il ne marche...

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