24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 16:40





De Cyann & Ben à Sonic Youth, une maison, un appartement, investis par un groupe. Le terrain de la fiction, celui que le clip a depuis 25 ans artificiellement opposé aux musiciens, se trouvant dans ces deux clips réinvesti par ceux-ci...
Ce n'est pas le disque que l'on passe, ce n'est plus une bande-son, c'est le groupe qui joue. Bel et bien. Là, chez toi. Pour toi. Sans que tu les aies invités, comme si de rien n'était.
Words et 100%, où comment en finir avec la principale plaie du clip, cette facilité usante consistant à parasiter une vidéo par des plans toujours très artificiels du groupe ou de l'artiste, désynchronisés, toujours pièces rapportées d'une fiction qui rêve de se la jouer cinéma...
En finir donc avec cet arbitraire montage parallèle entre trame fictionnée et contractuelle captation de la performance live, lot ingrat de bien des vidéos musicales.
Mais alors, de Words à 100%, doit-on envisager l'image du groupe comme une simple bande-son ici mise en situation ? Ou sont-ce au contraire ce couple et ces teenagers, que le dispositif renvoie à leur statut de pantins audiovisuels dont la présence n'est manifeste, contextualisée quelques minutes durant, que pour illustrer deux chansons ?
Deux clips, où comment, en quelques minutes, par la confrontation paradoxale de deux univers (celui des musiciens/celui des acteurs) réaffirmer la place primordiale de l'artiste/du groupe et renvoyer à son triste  sort le "personnage" de clip...

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commentaires

Frederic 25/11/2008

"contractuelle captation de la performance live"
Ah ! je souris ! je viens de me taper il y a trois jours le visionage des Stones par Scorcese, i.e. "Shine a Light"... touche "fast fwd" enfoncée tellement le truc était ennuyeux et convenu...
Ska, voudrais-tu transmettre tes deux (excellentes... je me suis régalé... j'abonde tout à fait dans le sens de ton analyse) videos à Martin S. pour qu'il prenne la mesure de son erreur ?

Ska 25/11/2008

Shine a Light m'avait prodigieusement ennuyé aussi... Heureusement, au cinéma, avec le son, ça le faisait un peu sur certains morceaux... Ça fait un paquet d'années, d'ailleurs, que Scorsese n'est plus que l'ombre de lui-même... Outre Aviator (en étant gentil et en passant sur un Di Caprio trop jeune pour le rôle) et No Direction Home sur Dylan, c'est quoi ses derniers grands films ? After Hours, Les affranchis... Et qu'on ne me parle pas de ces boursouflures que sont Casino et Gangs of NY...
Ceci dit, Shine a Light, c'était une vraie captation de concert (même s'il s'agissait d'un concert exclusivement conçu pour être filmé, avec des spectateurs qui sont plus des figurants - les bimbos au premier rang ! - que de véritables fans)... Ces deux clips, eux, intègrent le groupe à l'image (ce qu'impose souvent le cahier des charges de ce type de produits) mais ils le font d'une façon à la fois intelligente et singulièrement jubilatoire. L'idée n'était pas révolutionnaire - d'ailleurs, une quinzaine d'années séparent ces deux clips - mais au moins on offre au groupe autre chose que des plans de coupe, et ça fait du bien...

Mster K-ribou 26/11/2008

Encore une fot belle analyse mon Ska ! J'adore le clip de C&B :)

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