Dimanche 24 février 2008


Depuis quelques semaines, vous pouvez lire ci-contre certains communiqués du Collectif national de l'action culturelle cinématographique. A l'heure où  des salles comme le Méliès de Montreuil ou le Comoedia de Lyon sont attaquées, sous le fallacieux prétexte de "concurrence déloyale", par l'hydre UGK2 / MKGC, il est important, ici, de s'aventurer hors de nos balises rock pour pointer les dangers encourus aujourd'hui par des lieux garants de la fameuse "exception culturelle française". Car ce ne sont pas que les salles qui sont menacées, c'est aussi les festivals, beaucoup d'associations, des réseaux de diffusion, des structures d'éducation à l'image, dont les subventions - publiques - ont considérablement baissé, voire été supprimées. Et surtout, il s'agit de pointer un climat général nauséabond où l'on voudrait nous faire croire que c'est forcément  mal, en matière de culture, de toucher de l'argent public. Opposition entre groupes privés et salles municipales, baisse massive des crédits aloués aux Directions régionales des affaires culturelles en direction de l'action cinématographique, bricolages pathétiques du Ministère de la Culture pour calmer la colère qui monte, remise en cause, surtout, de toute une politique de décentralisation pour que seulement quelques festivals - triés sur le volet - soient directement financés par le Centre National de la Cinématographie à Paris.

Toutes ces choses-là, pas mal de journaux (Libération, L'Humanité, Charlie Hebdo) s'en sont faits l'écho vendredi, jour de la cérémonie des César, le Collectif National de l'Action culturelle cinématographique ayant appelé ce jour-là à une opération "Ecran noir" dans les salles de cinéma. Enfin, quand je dis les salles de cinéma, vous aurez bien compris que je parle des salles indépendantes. Ce fut pour pas mal d'entre elles, l'occasion d'organiser des débats avec les spectateurs. Le rendez-vous fut suivi par 200 lieux (mais aussi, sous des formes d'action différentes, par des structures autres que les salles). Après, on pourra déplorer que certains se raccrochent aux wagons (l'Association française des cinémas art et essai jusqu'alors plus que discrète citée dans Libération ; le réseau Utopia aux positions plus qu'ambigües...), que l'on ne parle que des salles de cinéma quand c'est un secteur beaucoup plus large - tout ce qui a trait à la diffusion, à l'accompagnement des oeuvres - qui est concerné. Peu importe, ce qui compte, c'est que l'on en ait parlé et que le "grand public" ait enfin eu vent de ces problèmes, certes un peu techniques, mais tellement révélateurs d'un climat où tout ce qui a trait à l'action culturelle et au militantisme est assez mal vu...

En coulisses, il s'agissait aussi pour le
Collectif national de l'action culturelle cinématographique d'obtenir une prise de parole officielle durant la cérémonie des César. La demande faite par la Société des réalisateurs de films à l'Académie des César fut rejetée dans la journée de vendredi sous prétexte que seuls les remettants et les récompensés avaient le droit de parler. Dans sa réponse, Alain Terzian, président des César, expliquant que de toutes façons les professionnels étaient au courant et que certains ne manqueraient pas d'en parler (dans une belle hypocrisie pour justifier ses dires, il récupéra même le beau discours prononcé par Pascale Ferran l'an dernier). Les professionnels concernés ? Pas si sûr. Et regarder la cérémonie le confirma. Il y a deux mondes. Cette "grande famille du cinéma français", comme on dit (avec un Jean Rochefort parfait dans le rôle du notable bourgeois et je-m'en-foutiste) et les autres... Ceux qui s'escriment - bénévolement parfois - pour diffuser, accompagner les oeuvres. D'un côté, donc, ceux qui vendent du rêve (les stars, les "artistes", le glamour rance), de l'autre, ceux qui aiment le cinéma, qui le défendent au quotidien et se font une haute idée de l'action culturelle et de l'accessibilité des films aux publics les plus divers. Vendredi, donc, on regretta vraiment les dérapages jubilatoires des années précédentes, quand le Ministre de la culture était pris à partie par Pascale Ferran ou par Agnès Jaoui. Christine Albanel, elle, fut préservée. C'est toujours pareil. Les récompensés sont tellement contents de recevoir leur prix qu'ils n'ont guère la tête aux revendications. Et, quelque part, on peut les comprendre... Heureusement, vint Jeanne Moreau. Recevant un César d'honneur, elle n'oublia pas de dire quelques mots - improvisés paraît-il - sur la situation actuelle (à écouter ici). Ce n'était pas très vibrant, c'était assez généraliste malheureusement. La plupart des téléspectateurs ont déjà dû oublier ces quelques phrases. Dommage, mais c'était au moins ça...

Et puis ce matin, il y a un peu plus d'une heure, en écoutant France Inter, la nausée. Dans le "7/9 du dimanche", où la fin de l'émission était consacrée à ce qui nous tracasse, Jean-Michel Frodon, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, révèle à l'auditeur se réveillant tout juste que le texte de remerciement de l'absent Mathieu Amalric (César du meilleur acteur) a été censuré. Lu par Antoine de Caunes. Mais privé de sa conclusion. Une conclusion où Amalric part dans une vibrante attaque contre les multiplexes, citant notamment le travail accompli par l'Association des Cinémas de recherche en Ile-de-France et par les salles de province sur le film de Nicolas Klotz, La question humaine. On peut écouter l'émission ici, la déclaration d'Amalric étant à 1h54 du début. Invité dans l'émission pour représenter la Société des réalisateurs de films, Christian Vincent (La discrète, Quatre étoiles) se déclara atterré et affirma que la SRF allait très vite demander des comptes à Alain Terzian, Président de l'Académie des César. Il y a de quoi.

A suivre donc...


Déclaration (complète) de Mathieu Amalric sur le site des Cahiers du cinéma :
http://www.cahiersducinema.com/article1507.html

http://cinema-diversite-culturelle.blogspot.com/






Par Ska - Publié dans : A suivre...
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Commentaires

je doute qu'il le fasse, mais je me demande si amalric ne serait pas légalement fondé à porter plainte pour atteinte la propriété intellectuelle. Il gagnerait presque à coup sûr.
Commentaire n°1 posté par arbobo le 24/02/2008 à 11h42
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/24/mathieu-amalric-se-plaint-d-avoir-ete-censure-pendant-la-ceremonie-des-cesars_1015128_3476.html?xtor=RSS-3208
Commentaire n°2 posté par Ska le 24/02/2008 à 14h28
on vit une époque formidable non ? :-(
Commentaire n°3 posté par rififi le 24/02/2008 à 16h46
Si ces pauvres cons d'intermittents raleurs ne se cassent pas, je censure tou nai
Commentaire n°4 posté par Christophe le 25/02/2008 à 11h20
Arbobo : non, la propriété intellectuelle protège une œuvre créée. Or la création n'est pas avérée par un mail perso (il ne l'a sûrement pas déposé à la SGDL ou autre). A la limite, la création serait la lecture publique par Decaunes, mais c'est le résultat alors qui compte. Eventuellement, ce serait davantage sur des champs liés à l'expression : - travestissement de paroles entraînant une atteinte à l'image de MA, - voire l'outil ultime employé par l'autre pauvre con : faux, usage de faux et recel. Je me demande aussi si c'est une initiative de Decaunes ou de l'organisation. De toute façon, la Cour de Cass va annuler tout ça ^^. tr7
Commentaire n°5 posté par Christophe le 25/02/2008 à 11h25
Au dernieres nouvelles, Decaunes affirme avoir lu la lettre tel quelle et qu'il ne l'avait pas ouverte avant de savoir qui allait gagner
Commentaire n°6 posté par StephA le 25/02/2008 à 11h36
Quelques explications dans Libé aujourd'hui...
Le texte aurait été coupé pour gagner du temps. Comme un internaute le signale sur le site, c'est des foutaises : le temps qu'Amalric - s'il avait été là - monte sur scène, etc, ç'aurait été pareil. Et l'on n'interrompt pas les autres récompensés quand ils sont présents, même s'ils font trop longs, même s'ils se complaisent dans l'émotion et les remerciements de circonstance...
Apparemment, l'agent d'Amalric aurait donné son accord... tout ça se serait fait seulement 10 mn avant la remise du prix... Bizarre...
Et puis, surtout, cet argument du producteur de l'émission pour se justifier : Jeanne Moreau avait déjà dit cela mot pour mot. D'une part, c'est faux. D'autre part, il n'y a pas de mal à répéter certaines choses et les mots d'Amalric étaient autrement violents et marquants que ceux de l'actrice...
Bref, tout cela est évidemment une décision politique.


Et puis une précision par rapport à mon texte.
La demande d'intervention avait été adressée aux César par le Collectif pour l'action culturelle cinématographique. Et la réponse (négative) de Terzian n'a été adressée qu'à la Société des réalisateurs de films. On reste entre soi - les réalisateurs, les producteurs, les acteurs - et on affirme clairement son mépris pour les festivals, les salles indépendantes, etc (toutes ces structures de diffusion et d'accompagnement des œuvres faisant partie du Collectif). Le théâtre du Chatelet comme camp retranché ?
Forcément, on ne s'étonnera pas que le cri d'alarme d'Amalric ne leur ait pas plu.






En complément, donc, l'article de Libé...

Mathieu Amalric n’était pas présent vendredi soir au théâtre du Châtelet où il devait recevoir le césar du meilleur interprète masculin pour le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel. En tournage au Panama pour Quantum of Solace, le prochain James Bond, il a envoyé par e-mail une lettre qu’il voulait qu’Antoine de Caunes lise à sa place.
Le lendemain, Amalric, furieux, téléphone à des journalistes, affirmant avoir été «censuré» parce que n’avait pas été lue la dernière partie du message : «Insupportable "trompe-l’œil" des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d’horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe ? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. "Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir." Au suivant ! bande de Brel.Alors que le travail souterrain, patient, divers, dédié au public, aux écoles, aux rencontres que font et ont envie de faire tellement d’exploitants de salle se voit de plus en plus nié aujourd’hui.La Question humaine [de Nicolas Klotz, dans lequel Amalric tient le premier rôle, ndlr] n’aurait par exemple jamais fait autant d’entrées sans le travail de curiosité des exploitants de province et de l’Acrif [ Association des cinémas de recherche d’Ile-de-France ]. Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos poumons. Sinon… Sinon on va tous finir devant nos home cinémas à se tripoter la nouille… Bons baisers de Panamá.»

Antoine de Caunes tombe des nues : «Mathieu Amalric a demandé que ce soit moi qui lise sa lettre, nous confirme-t-il. A la dernière minute, on m’a passé quatre fiches et j’ai tout lu de la première à la dernière ligne. Vous pensez bien que je ne me serais pas privé d’une déclaration politique ni de la chute sur "se tripoter la nouille".» Le producteur exécutif des Césars (depuis six ans), Renaud Le Van Kim, surpris par la polémique, revient sur les conditions de cette coupe : «Nous avons reçu le texte par le biais de l’agent d’Amalric dix minutes avant la remise du prix, nous explique-t-il . Sur a utorisation expresse de son agent, nous avons décidé, avec Laurent Chalumeau [auteur des textes d’Antoine de Caunes] de raccourcir la lettre parce que nous avions déjà du retard. On a enlevé la partie sur les multiplexes parce que Jeanne Moreau venait, mot à mot, de dire la même chose

Commentaire n°7 posté par Ska le 25/02/2008 à 12h34

Peut-on encore parler de censure?
Le mot n'est-il pas un peu fort

Commentaire n°8 posté par StephA le 25/02/2008 à 13h39
Pff... mais écoutez tous ces esprits chagrins ! Amalric n'est qu'un acteur de seconde zone sur le retour. Il veut un cinéma élitiste et nombriliste qui ne crée pas d'emploi. M'étonne qu'on n'ait encore entendu quiconque de l'UMP balancer ça ou quelque chose du genre. Ils sont tellement bons dans ce registre ;o) sn8
Commentaire n°9 posté par Christophe le 25/02/2008 à 15h24
c'est vrai ça, la censure c'est quand on t'empêche de t'exprimer et qu'on coupe tes propos.
quel rapport avec un petit gain de temps de 2 minutes ;-/
hereusement qu'il y a direct 8 la chaine de bolloré, et la 9, chaine de seydoux, pour réintroduire un peu de liberté d'expression ^^-
Commentaire n°10 posté par arbobo le 26/02/2008 à 02h40
Les professionnels de la diffusion et de l’action culturelle cinématographique réunis
Texte co-signé par le Collectif national pour l'action
culturelle cinématographique, l'AFCAE et le SCARE,
proposé à la lecture le soir de la cérémonie des César
que l’Académie des César n’a pas souhaité voir lu de manière officielle.



Bonsoir,


Depuis plus de cinquante ans, le cinéma français fait figure d’exception. Et, comme vous le savez, cette exception fait référence.

Au regard de ses succès et de l’extraordinaire diversité cinématographique que connaît notre pays ce système a fait la preuve qu’un modèle de régulation et d’accompagnement public est de nature à faciliter une véritable dynamique d’innovation et de pluralité des expressions.


Mesdames, Messieurs, aujourd'hui, il est bel et bien question à nouveau de politique culturelle. Oui, encore.

Mais est-ce que le mot culture a finalement toujours sa place aujourd’hui dans la grande famille cinéma ?
La question se pose de manière cruelle…


Depuis quelques mois, nombre d’entre nous subissons une remise en cause de ce qui fonde notre engagement collectif et public en faveur du cinéma, de sa création et de sa rencontre avec tous les publics.


Des dizaines de festivals, l’ensemble des réseaux de diffusion art et essai et de recherche, et de très nombreuses associations culturelle et d’éducation à l’image, plus de 1000 cinémas et villes concernés sont aujourd’hui fragilisés par des baisses de financements importantes.


Sans aucune concertation sont remises en cause les politiques de proximité qui forment le maillage exceptionnel de la diffusion, de l’éducation artistique et de l’action culturelle


Comment qualifier ces mesures lorsqu’on les confronte aux déclarations du chef de l’Etat sur la priorité à accorder à la « démocratisation culturelle » et à « l’éducation artistique » ?

Comment ne pas y voir un nouveau symptôme du décalage entre les effets d’annonce d’une part, les faits et les pratiques d’autre part ?


Qui diffusera bientôt sur tout le territoire Resnais, Kiarostami, Godard ou Ferran, ou, pour ne parler que de quelques unes des premières œuvres nominées cette année, qui s’attachera à accompagner Et toi t'es sur qui ?, Naissance des pieuvres ou encore Persépolis et Tout est pardonné ?

Qui s’intéressera encore au Fils de l’épicier ?

Qui défendra notre travail de création cinématographique si l’on détricote le travail de celles et ceux qui défendent le cinéma au plus près de nous tous ?



Dans le même mouvement – faut-il y voir une simple coïncidence ? - certains opérateurs multiplient les attaques juridiques et médiatiques ainsi que les pressions commerciales à l'encontre de cinémas indépendants, qu’ils soient publics ou privés.


Que ces attaques, qui, par delà les exemples du Méliès à Montreuil et du Cœmedia à Lyon visent à fragiliser toutes les aides publiques au cinéma, et surviennent à l’heure de la révolution numérique ne saurait être un hasard.

Le Médiateur du cinéma lui-même écrivait dans son dernier rapport :

« Le risque d'un cinéma à plusieurs vitesses est devenu une réalité, une réalité qui pourrait, si l'on y prenait garde, remettre en cause la tradition de diversité et le principe de solidarité qui fondent notre vie culturelle.


Ces menaces sont vécues comme autant de signes supplémentaires d’une volonté de démantèlement, de ce qui fonde l’exception culturelle et le modèle d’intervention publique français.


Ce soir, nous, réalisateurs, créateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, passeurs et acteurs de l'action culturelle cinématographique… déclarons que :


Remplacer le principe de l'exception culturelle par celui de la sanctification de la libre concurrence revient de fait à légitimer la raison du plus fort. Ainsi, de la production à l’exploitation,en passant par les structures d’éducation à l’image ,on pourrait défaire en 60 jours, ce qui a été accompli patiemment en 60 ans.


Il faut au contraire poursuivre et rénover une politique d'ambition, qui défende l'intérêt général des œuvres, des territoires et des spectateurs.


C'est le sens de la mobilisation réalisée dans de très nombreuses salles de cinémas, à partir de ce soir durant cette cérémonie, pour alerter sur ces menaces à la fois les élus, les médias, l'ensemble de la profession ainsi que le public et pour demander des clarifications aux pouvoirs publics. Il n'en va pas seulement de l'avenir du cinéma, si indispensable à notre imaginaire,à notre Culture, et à la cohésion sociale de nos territoires. C'est aussi un enjeu de civilisation.




Commentaire n°11 posté par Ska le 26/02/2008 à 18h21
Hello,
je me permet de mettre en lien cet article sur le blog de mon projet culturel (cultures alternatives VS media de masse), c'est fort intéressant !

http://l3mediaculture.blogspot.com/
Commentaire n°12 posté par Miléna le 27/02/2008 à 19h53

C'est sûr que c'est pas Moreau qui aurait parlé de "se tripoter la nouille" ^^

Blague à part, belle démonstration de mauvaise foi que ces justifications. Le paragraphe en plus, c'est une minute de lecture.
Une minute.
Alors le gain de temps...

Et Chalumeau aurait prêté la main à cette guignolade? Ben bravo :-/

Commentaire n°13 posté par Ama-L le 28/02/2008 à 01h04
hello,
j'ai une question... alors c'est quoi le vrai probleme, le fait qu'alamaric ait ete censure ou le fait que l'etat se desinteresse petit a petit de la culture?!
Ici, aux oscars, ils ont carement coupe la paroles et vire de la scene 2 personnes qui etaient en train de faire leur remerciement, evidemment ces personnes n'etaient pas connues, ca ne serait jamais arrive sinon.... sur les 2 personnes ils en ont rappele une seule pour qu'elle dise ce qu'elle avait a dire!
Je vois que la ceremonie des cesar ne change pas, j'ai pas pu la regarder habitant outre atlantique dorenavant, mais a ce que je comprends, il y eut kkes revendications, justifiables ou non j'en sais rien...
ce que je sais, c'est que comparer a ici, usa, on a bien de la chance d'avoir l'aide et ce droit a culture qu'on a en france... alors oui il faut toujours se battre pour que cette aide et ce droit reste, mais franchement croyez moi, compare a ici, culturellement, ideologiquement, gastronomiquement (pitie donnez moi du saucisson!!!), socialement parlant, la France est un paradis...
mais bon, vous me direz que comparer n'est qu'un moyen commode pour l'ignorant de se dispenser de juger...
je crois que j'ai tout dit...
Peace
Commentaire n°14 posté par ziggypop le 28/02/2008 à 19h29
Ziggypop, tout cela, en France, se rejoint... C'est un contexte général qui menace... Et la censure d'Amalric est surtout un symptome du peu de cas qui est fait de la Culture et de la politique culturelle par le gouvernement actuel...
Bien sûr, si on compare aux Etats-Unis, la Culture est plutôt bien lottie en France, mais comme tu le dis à la fin, ce n'est pas une raison... (l'argument "Oui mais il y a bien pire ailleurs" est toujours bien commode pour relativiser les choses... et ne rien faire...).



Sinon, je vous recommande la lecture du Libération de ce jour, qui consacre un dossier conséquent et documenté à la mobilisation contre les désengagement de l'Etat en matière de culture (tous secteurs confondus)
http://www.liberation.fr/culture/312828.FR.php
Commentaire n°15 posté par Ska le 29/02/2008 à 13h01
bon article aussi, sur l'échelon local, dans le sInrocks de cette semaine.
Commentaire n°16 posté par arbobo le 29/02/2008 à 14h53
Merci beaucoup Ska pour tous les liens que tu donnes ici et le texte refusé par l'Académie.
Pas grand chose à dire, parce que j'ai l'impression qu'on est d'accord à peu près sur tout là-dessus ;-)
Je te propose d'aller là :http://martinepage.com
le billet du 29 février, intitulé Danger.
Ce n'est pas directement nous, aujourd'hui, si on veut, et c'est un autre versant du problème, mais je crois que ça va t'intéresser, si tu n'es pas déjà au courant de ce qui se passe au Canada.
Tout ça m'effondre...
Commentaire n°17 posté par D&D le 29/02/2008 à 22h12
Le feuilleton continue, avec la lettre ouverte adressée par le Collectif national de l'action culturelle cinématographique et audiovisuelle au Président de l'Académie des César, lettre faisant suite au refus de l'Académie d'offrir au Collectif une prise de parole officielle durant la cérémonie...






Paris, le 26 février 2008


«  Le spectacle doit continuer… »
lettre ouverte à Monsieur Alain Terzian,
Président de l’Académie des César


Monsieur le Président,

Par votre courrier à la SRF en date du 22 février dernier, vous avez répondu par la négative à la proposition de lecture par le cinéaste Eric Guirado d’un court texte écrit, à l’occasion de la cérémonie des César, par le Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle*.Au-delà du fait que nous nous étonnons que vous n’ayez pas jugé utile de répondre directement au Collectif qui vous sollicitait mais à un de ses membres, comme si le rassemblement inédit de plus de 300 structures dévouées à la diversité du cinéma sur tout le territoire national n’avait à vos yeux aucune importance ou légitimité, nous regrettons profondément cette fin de non-recevoir.
Après plusieurs mois d’une mobilisation inédite consécutive aux menaces de baisse de soutien de l’État aux différents acteurs de la diffusion culturelle du cinéma, et alors que se structure un mouvement sans précédent en faveur du maintien d’une politique favorisant la diversité et l’action culturelle cinématographique, dont la mobilisation dans plus de 200 salles vendredi dernier constituait le point d’orgue inédit dans les annales des César, comment interpréter le refus d’une simple parole sur des inquiétudes qui, malheureusement, sont aussi la réalité du cinéma français aujourd’hui ?
Dans votre réponse, vous expliquiez n’avoir pas souhaité « que l’académie ait à substituer  quiconque aux artistes et aux techniciens qui monteront sur scène… ».  
Ce « quiconque », dont on appréciera au passage la précision du terme,  est le fait de plus de 300 structures ou associations locales, départementales, régionales ou nationales, signataires du manifeste contre le démantèlement de la diversité culturelle cinématographique et audiovisuelle ; à cela se rajoute près d’un millier d’individus, réalisateurs, artistes, intellectuels, enseignants investis dans d’éducation à l’image et la formation des publics, en particulier le « jeune public », mais aussi artistes, techniciens et producteurs, tous investis au quotidien dans la défense  et la diffusion d’un cinéma inventif et singulier. Cinéma souvent distingué par les membres de l’académie au cours de ces dernières années.
Vous précisiez dans votre courrier que les récompensés «  disposent d’une liberté de parole absolue, sur tous les sujets, en particulier ceux qui concernent leurs métiers. Nous en faisons un point d’honneur, en particulier vis-à-vis de Canal +, diffuseur de la cérémonie, qui a parfaitement compris notre exigence et nous en garantit le respect ». Vous conviendrez avec nous que cette affirmation est pour le moins fragilisée par l’amputation significative du texte de Mathieu Amalric. Comment justifier que les différentes motivations « techniques » invoquées depuis aient malencontreusement porté sur la partie la plus engagée de son texte qui rejoignait nos préoccupations ? Hasard ou coïncidence ?
Heureusement que dans le silence – et il est des silences assourdissants - bien orchestré de cette soirée, Mademoiselle Jeanne Moreau a su dans sa belle improvisation trouver les mots justes :
« Je voudrais profiter de cet instant pour vous dire que ce qui m’inquiète beaucoup, c’est que certaines mesures gouvernementales risquent de nous affaiblir parce que les subventions diminuent de plus en plus pour des festivals, pour des cinémas indépendants, des cinémas de proximité dont certains sont attaqués par des groupes puissants comme provoquant une concurrence déloyale. Et je n’aimerais pas qu’on touche à l’exception culturelle française (…). »
Relayant avec conviction et ferveur nos inquiétudes, elle a au passage rendu service à l’Académie en évitant à la cérémonie de sombrer dans l’autisme absolu. Et nous ne pouvons que saluer son beau geste de transmission de son « super César d’honneur » aux membres de l’équipe du premier film La Naissance des pieuvres. Il y a quelques années c’est à Abdellatif Kechiche qu’elle aurait pu le remettre de la même manière, à un moment où il réalisait son premier film La Faute à Voltaire, avec des mesures d’accompagnement pour sa production et sa diffusion que nous défendons et qui lui ont permis une reconnaissance et la possibilité de réaliser ensuite L’Esquive puis  La Graine et le mulet, aujourd’hui récompensé, à notre plus grande joie, par le César du meilleur film.
Soucieux de dépasser de manière constructive cette incompréhension que nous espérons momentanée, nous serions très heureux de pouvoir rencontrer prochainement les membres du bureau de l’Académie et revenir avec eux sur ce maillage patiemment construit que nous représentons et dont la pérennité est essentielle à la diversité comme au renouvellement du cinéma français, donc aux César.
Dans l’attente, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, nos plus sincères salutations,
Pour le Collectif  National

*texte co-signé avec l’AFCAE et le SCARE
P.S.  Copie de la lettre à Canal +

Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle

Pétition nationale et actualité du mouvement disponible sur : www.cinema-diversite-culturelle.blogspot.com   
Commentaire n°18 posté par Ska le 03/03/2008 à 16h52

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