Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 18:14

Vendredi 28 août

Just Jack
Du rap pour ceux qui n’aiment pas ça ou de la pop pour ceux qui aiment le rap mou ? "Viens, on se casse"…
The Tatianas
S’il n’y avait eu Mick Jones, le contexte des années 70, les riffs, les textes de Strummer et les mélodies, on aurait, 30 ans plus tard, pu parler de The Clash à propos des Tatianas. Mais, voilà, la vie est mal faite : sans Mick Jones, sans le mouvement punk, sans l’engagement et sans les mélodies, il n’y aurait jamais eu de tee-shirts London Calling fièrement arborés dans les allées de Rock en Seine. "Viens, on bouge !"...
Keane
"Whoaw ! C’est Keane, on en profite pour faire l’expo BD ?". N’empêche, si on ne voit pas le chanteur grassouillet, on entend ses gémissements. L’entame de chaque morceau comme une abomination, une nouvelle plongée dans l’horreur. On n’en croit pas ses oreilles tant ce truc craint, on n’en croit pas ses yeux tant le chanteur est laid… Keane, c’est sublime tellement c’est grotesque…
Yeah Yeah Yeahs
Mon grand moment vieux con : "De toute façon, je suis sûr que personne, ici, n’était au Trabendo en 2002". Variante : "De toute façon, je suis sûr que personne n’a autant de tee-shirts du groupe que moi". Reste qu’il y avait trop de monde, qu’on entendait mal l’essentielle guitare de Nick Zinner et que la clique à Karen O met désormais un peu trop d’électro pop dans son rock jadis hirsute. Pendant la prestation, à quelques mètres de moi, Luz dessine sur son petit carnet. Penser à acheter Charlie Hebdo mercredi.
Madness
"Ah, la vache ! Ils ont fait un paquet de tubes quand même !". Variante : "Ah ? C’est eux, ça ?". Penser à récupérer un best of.
Bloc Party
Pendant Bloc Party, je me récite déjà avec délectation la liste des tubes des frangins Gallagher que je vais entendre quelques minutes plus tard… Euh… Raté…
Oasis
Là, je me suis senti tout de même un peu plus concerné par l’annulation du concert que l’an dernier avec celle d’Amy Winehouse. Et si ces frères ennemis que la blogosphère déteste étaient, involontairement et très connement convenons-en, les plus rock’n’roll de tous ? Dire qu’au début, à l’annonce de l’annulation, nous, qui ne savions pas qu’ils faisaient tournée à part, avions cru à une blague…


Samedi 29 août

The Noisettes
Vague et bon souvenir d’un premier album. Bonne réputation du groupe sur scène. 1) Il faudrait réécouter les albums téléchargés à la va-vite. 2) Dire au groupe qu’une chanteuse acrobate et charismatique ne doit pas empêcher d’écrire de bons morceaux.
The Asteroids Galaxy Tour
Très bel état-civil déjà, au niveau duquel se hisse discrètement leur pop légère et nimbée d’influences soul. Par contre, dire au guitariste que le catogan combiné à la raie sur le côté, nan, ça ne le fait pas…
Jill is Lucky
Un agréable intermède, ma foi… Et un coup de pied au cul d’Herman Dune si tout se passe bien pour le groupe…
Dananananaykroyd
Non seulement ils avaient les mèches, mais ces sept mercenaires-là ont mis le feu. Des furieux, vous dis-je. On n’aurait pas cru en les voyant débarquer sur scène, tout proprets, tout mignons, que leur musique soit si peu aimable, si mal peignée. Par contre, si je retrouve le connard qui a planté son coude dans mes côtes pendant le pogo…
Zone Libre vs Casey et B. James
Déjà, disons que B. James remplace assez avantageusement Hamé avec qui le projet fut lancé. Mais surtout, remercions Casey d’avoir rappelé que le groupe avait d’abord été écarté de la programmation car jugé "trop violent" avant d’être rappelé suite au désistement d’un artiste qu’elle moqua gentiment et ne daigna même pas nommer. Zone Libre, pas dupe du concours de circonstances les ayant mené jusqu’à Saint-Cloud, assura donc son set fièrement et sans la moindre démagogie. Nous, on ne le connaissait pas, Esser, mais on savait déjà qu’on avait gagné au change.
The Horrors
Kevin est vénère. Oui, pour moi, désormais, le chanteur de The Horrors se prénomme Kevin, c’est comme ça. Donc, Kevin est vénère : son jean a encore rétréci au lavage. Lui qui voudrait tant porter des baggys, qui aimerait être si cool. Et sa mère s’obstine à lui flinguer ses jeans à chaque nouvelle machine ! Il est damné, c’est sûr. En plus, son père vient de lui filer une trempe parce qu’il n’a pas rangé sa chambre. Alors, tandis que son copain bassiste joue péniblement sur deux cordes et en 45 bonnes minutes toutes les notes que John Paul Jones déroule juste en reprenant son souffle, il nous fait les gros yeux, lève les bras au-dessus de sa tête et prend son air trop chanmé. Ouais, Kevin il a la rage. En d'dans. Rentrée. Parce que, bon, les voisins, ils aiment pas quand il gueule son mal-être dans sa chambrette. Sur le tableau noir de son existence, une satisfaction toutefois : le fin duvet d’homme qui commence à ourler sa lèvre supérieure. Ouais ! Quand il sera grand, Kevin, il fera Jesse Hugues !
Yann Tiersen
Tiersen, ça s’écoute gentiment, mais, bon, comme à chaque fois qu’on le croise, ben, on s’en fout un peu…
Calvin Harris
N’eussé-je été si fatigué, sûr que j’aurais dansé…
Faith No More
Bon sang ! Mike Patton, là, il faisait vraiment très peur… Et puis, au moins, maintenant, je sais pourquoi je suis complètement passé à côté de ce groupe à l’époque…




Dimanche 30 août

Metric
Dommage que les créateurs de Dead Disco aient un peu franchi la bande FM (qui a dit "syndrome Yeah Yeah Yeahs" ?). Ceci dit, il y avait pire perspective que commencer la journée avec Emily Haines (qui a parlé de se retrouver backstage seul avec le chanteur de Keane ?)
Lilly Wood and the Prick
Bah, on en profite pour se reposer et on dira juste, cruel, que la mini-jupe sied mieux à Emily Haines qu’à ladite Lilly (penser à lui présenter le chanteur de Keane, ils feraient sûrement de beaux petits)…
Macy Gray
La chouette Macy a dû se rendre compte que son dernier disque (Big) était une sacrée bouse. Elle n’a, ce dimanche après-midi, chanté quasiment que des tubes de ses trois premiers albums et nous a même gratifié de quelques citations assez goûtues (Jackson Five, Dee Lite, Rod Stewart). Sympa, Macy.
Eagles of Death Metal
Je leur dis ou pas, à cette nana en tee-shirt QOTSA ou à ce mec en tee-shirt Led Zeppelin, que Josh Homme et John Paul Jones jouent dans cinquante minutes de l’autre côté du site ?
Them Crooked Vultures
Là, ma tête a explosé. Trop de sons, trop de breaks, trop de notes, trop dense, trop bon. Mais, surtout, vivement l’album qu’on puisse faire un peu de tri là-dedans. Non, vraiment, ce soir, repu, je crois que je vais m’arrêter là.
MGMT
Bon, allez, je vais quand même manger mon sandwich en regardant de loin la fin du show de MGMT. Le premier album est tellement plaisant que c’est un plaisir d’entendre la transposition live de ces morceaux pourtant hyper produits. "Il ne se passe pas grand chose sur scène", dit-elle. Pas faux. J’attends Kids quand même. Comme tout le monde.
Quant aux Klaxons et à Prodigy, bah, qu’ils se débrouillent sans nous ! "Allez, viens, on rentre"...



En photo, Luz, The Asteroids Galaxy Tour, Zone Libre vs Casey et B. James
Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 23:34


On le savait déjà mais, vu du premier rang, Dave Grohl tape vraiment fort, John Paul Jones joue vraiment vite et Josh Homme chante vraiment bien !
Par Ska - Publié dans : Rock Album - Photos live, etc. - Communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 23:48

Par Ska - Publié dans : Instantanés
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 10:18
Il y a sur ce pressage français du quatrième 33 tours de Led Zeppelin, cette mention fameuse de "Super-Group Volume 4"...
Super Groupe... Le terme, désignant l'addition de membres de formations diverses pour un projet particulier s'applique, cet été, après The Dead Weather (The White Stripes + The Kills + The Raconteurs + The Greenhornes + Queens of the Stone Age) au très mystérieux nouveau projet de Josh Homme des Queens of the Stone Age.
On en entendit parler pour la première fois il y a quelques semaines avec un communiqué lapidaire faisant savoir que Josh Homme, Dave Grohl et John Paul Jones travaillaient ensemble en studio... Et puis ce fut tout...
Tout va très vite aujourd'hui, les albums sortent alors qu'ils sont à peine annoncés (The Raconteurs l'an dernier, The Dead Weather en juin), on découvre, en passant par chez Gibert que le bien aimé Brendan Benson vient de sortir un nouvel album alors que personne n'en a encore parlé. Alors, le super groupe de Josh Homme n'en sera pas resté longtemps au stade du fantasme... Dimanche prochain, Them Crooked Vultures passe donc, en invité surprise, à Rock en Seine, tout juste après The Eagles of Death Metal, autre side-project de Homme qui, pourtant ne joue que rarement live avec eux... Soit, l'occasion inespérée, de découvrir autour de l'ancien leader de Kyuss ce groupe extrêmement excitant composé par Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters... et Queens of the Stone Age pour l'album Songs for the Deaf), Alain Johannes (Queens of the Stone Age) et surtout John Paul Jones, légendaire bassiste de Led Zeppelin.
On apprécie beaucoup la manière dont le groupe a été lancé, ne donnant que quelques concerts suprises dans les festivals depuis quelques jours, annoncé à Rock en Seine sous le nom "Les petits pois", la rumeur enflant depuis deux semaines sur l'identité de ladite formation, et le groupe balançant il y a quelques jours sur son site un  maigre extrait de quinze secondes de musique rageuse...
Le temps pour moi de revenir d'un séjour dans le sud, de repartir une semaine à Florence, et voilà que la venue de Them Crooked Vulture à Saint-Cloud est confirmée. Seul hic : si Eagles of Death Metal passe à 18h sur la Grande scène, comment faire pour ne rien rater du show de l'immense Jesse Hugues et être à 18h50 aux premières loges de la Scène de la Cascade pour découvrir le nouveau groupe de son copain Josh ?
Rendez-vous dans une semaine pour le compte-rendu, les photos...
Et d'ici là, on peut toujours constater par que le match imaginaire entre QOTSA et Led Zep tourne nettement  du point de vue du son, à l'avantage des premiers...
Par Ska - Publié dans : A suivre... - Communauté : Le Monde du Rock
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 21:36

Jeudi soir, je n'étais pas à Carhaix, mais l'E Street Buddy Christophe Chauville y était. Lui laisser la place pour nous raconter ce concert allait de soi... Car, si, depuis treize ans, on échange nos impressions sur les disques inégaux et les concerts géniaux de Bruce Springsteen, l'occasion était trop belle, cette fois-ci, pour solliciter sa plume habile, et se payer enfin, par ici, le luxe d'un "envoyé spécial"... Et rien que pour ça, je ne suis pas mécontent d'avoir loupé ce concert... - Ska




Still Working on a Dream

La grande affaire, judicieusement marketée, c’était ça : le Boss en festival, descendant pour sa seule date française de l’été dans les profondeurs de la Bretagne bretonnante, pour ces “Vieilles charrues” ayant décroché l’année dernière le titre officieux de champion du nombre d’entrées. Un tour de force, donc, et un sacré symbole que d’avoir su attirer Bruce pour ouvrir le cru 2009 (bon courage pour trouver l’“équivalent” en 2010 !). J’avais pour ma part déjà assisté à six concerts, dont celui du Parc des Princes du 27 juin 2008, mais j’étais excité comme un novice à l’idée de ce que donnerait le fait de se produire dans une telle configuration, avec en face de la scène un imposant champ de trèfle (je ne suis pas très fortiche en botanique) où s’agglutinerait le public juillettiste. Avec en tête, étrangement, une seule image mentale – celle, mythique pour moi, de la fameuse vidéo de Born to Run, avec un plan furtif absolument dément sur la profondeur de “champ” (justement).

Et puis, comment réagirait un public qui ne serait pas forcément composé de convertis venus retrouver leur idole (quoique…), mais venu pour les groupes le précédant (assez peu, finalement, bien entendu) ou simplement pour participer à l’événement (les divertissements de ce calibre ne sont pas légion en Centre Bretagne, isn’t it !). Et puis, comment allait-on vivre la soirée sous les trombes d’eau annoncées depuis trois jours par Météo France (j’avais raté le Stade de France en 2003, et le Who’ll Stop the Rain inaugural, un souvenir absolument mémorable pour certains) ?

Pour avoir la réponse à ces anticipations, rien de tel qu’une arrivée très en avance sur le site, à l’ouverture des portes à 15h, qu’une installation stratégique à une douzaine de mètres de la scène, en léger décalage à droite, et une attente prolongée plus facile que prévue, d’autant que le ciel finistérien se montre d’une inexplicable clémence : alors que Brest est sous le déluge et que la tempête s’apprête à souffler sur Paris, Carhaix n’essuie que trois pauvres gouttes, qui ne douchent l’enthousiasme de personne. Car à 21h43, tous les membres du E-Street Band déboulent enfin du backstage, et le Boss, particulièrement affûté, lance quelques mots d’accueil, en breton svp, salue “Kawouess” (sans pour autant aucun besoin de K-Way, donc) et c’est parti…

Que dire d’autre que le miracle springsteenien de chaque soir se reproduit avec la même magie. D’emblée, un Badlands tellurique soulève les 45 000 spectateurs et humidifie les yeux, qu’on n’a pas eu le temps de sécher qu’un No Surrender saisit au cœur : comme un couillon, on pense au milieu des années 80, celles de la découverte du titre, aux potes de l’époque ou connus depuis, pour qui compte tant ce vœu – “always remember” – et qui ne sont pas là ce soir. Et ces inconnus autour de soi ne le sont plus tout à fait, dans l’euphorie qui déjà se déploie sur le corral de Kerampuilh… On en devient illico sentimental. Quel bonheur, aussi inattendu que sincère, que de voir sur la droite ces jeunes gens qui deux heures, auparavant se déchaînaient sur les morceaux des Killers (je les regardais à la fois condescendant et envieux de leur énergique insouciance, me demandant même s’ils allaient rester pour le Boss ?) être conquis sans réserve et transportés par l’énergie électrisante dégagée par Bruce. Ils reprennent les chœurs de Out in the Street, composé vingt ans avant leur naissance, et tombent sous le charme de la facétieuse version “tchou-tchou” de Johnny 99 où Bruce lance, hilare, “But what are you doing ?” à toutes ces mains qui tirent la sonnette ferroviaire… Et à gauche, cette petite famille british – des parents cool et leurs deux graciles adolescentes de filles – qui chantent de concert en échangeant des regards de délicieuse communion : complètement bouleversant… De fait, tout a l’air sublime : Outlaw Pete confirme être un solide morceau de scène alors qu’il semble un peu quelconque sur l’album, Bruce ressort Seeds dont j’ai toujours peine à associer spontanément le titre aux premières notes, et tant pis s’il ne se foule pas en ramassant les fameux cartons en enchaînant l’imparable mais habituel Tenth Avenue Freeze-Out et I’m Going Down, une drôle d’idée (mais pourquoi ne ramasses-tu pas ce Point Blank qui te tend les bras ?), mais qui résonne avec sympathie néanmoins et lui fait grand plaisir. Le Boss reste grand, généreux, et, grand sourire aux lèvres, s’amuse avec Miami Steve, met en valeur chaque membre du groupe (en tête le clavier qui a la lourde tâche de remplacer Danny Federici) et enchaîne les perles – Youngstown version “Live in NYC”, un Because the Night qui remouille le regard (y avait longtemps !), The Promised Land, The River forcément, et un Born to Run étourdissant dont le “everlasting kiss” fait chavirer chacun…

On est bien, si bien sous la nuit de Carhaix, et Bruce le premier, qui a comme tout le monde sur les grands écrans repéré un petit écriteau astucieusement estampillé “French Courtney Cox” et qui, dans le climax des rappels, vient chuchoter à l’oreille de Steve avant d’extraire d’une main solide la mignonne brunette de la foule et de la faire tourner durant quelques instants d’un Dancing in the Dark désormais si rôdé et pourtant à chaque fois irrésistible. La jeune fille se souviendra longtemps de ce jour, elle claque la bise à Bruce qui la repose délicatement derrière la barrière, comme Mary qui n’avait que dix-sept ans, pense-t-on, connement attendri. Comme on l’a été quelques instants auparavant quand fut présenté après coup l’un des jeunes musiciens débarqué sur scène pour le toujours plaisamment foutraque American Land : le fiston, rien de moins ! Papa gâteau (le sien, le nôtre) peut maintenant se payer le luxe de se casser la gueule pendant son énorme Twist and Shout, sans qu’on sache si c’est accidentel ou prévu par sa mise en scène de clown – en tout cas il s’en sert,  fait le mort, attend qu’un copain du groupe lui essore son éponge magique sur la tête, se relève et reprend de plus belle : “Come on Baby, Twist and Shout”… Tu m’étonnes qu’on va t’obéir, on crie, on saute, et les deux heures trente-cinq ont filé.

On a juste envie de te taper doucement sur l’épaule, cher Bruce Frederick, et te remercier une fois de plus… On pensera un peu plus tard que tes soixante balais se profilent et qu’on n’aura peut-être plus des dizaines d’occasions de connaître ça, les vieilles charrues se feront peut-être charrette… Alors on savoure…

Christophe Chauville

Par C.C. - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 15:31
"Quand je pense à Queen, toute ma vie me revient…"
Cette phrase, qui apparaît à deux reprises dans ce premier roman graphique de Mike Dawson, résume assez justement le point d’équilibre où celui-ci se situe. Entre autobiographie et œuvre de fan, cette riche bande dessinée tout juste parue chez Rackham imbrique un récit intime (de l’enfance à l’âge adulte) à une passion jamais démentie pour le groupe Queen. Et tandis que le jeune Mike passe de l’enfance à l’adolescence, que sa famille déménage de l’Angleterre aux États-Unis, ce sont plein de petits détails qui viennent pointer la sincérité de sa passion pour un groupe que l’on réduit bien trop souvent à quelques tubes et à l'outrance de son leader. Cette cassette de A Night at the Opera que lui donne son père, sa rivalité avec sa petite sœur au sujet de Wham !, son groupe préféré à elle, cette BD qu’il crayonne basée sur les paroles de Bohemian Rhapsody, la découverte du clip de I Want to Break Free, et surtout ces quelques jours fulgurants où il fut annoncé que Freddie Mercury était séropositif, puis, soudain, qu’il était décédé.
Comment les chansons rythment nos vies, comment certaines nous reviennent en mémoire à l’occasion de tel ou tel événement, c’est de cela que parle Freddie et moi de façon assez touchante.

Ce qui frappe aussi dans la BD de Mike Dawson, c’est qu’elle ne s’adresse pas spécialement au plus grand nombre, que les chansons citées ne sont pas forcément les plus connues (voir l'anecdote sur Stone Cold Crazy, passé à une boum et qui fut ce bide musical vidant la piste de danse que beaucoup d'entre nous connurent). Dawson a 34 ans. Son album préféré de Queen est le deuxième, signe d’un bon goût manifeste. On le suit moins quand il s’enthousiasme pour certains morceaux de Hot Space (Las Palabras de Amor, sa chanson préférée suite à sa première rupture amoureuse), pour George Michael ou pour la comédie musicale We Will Rock You.
Mais du concert Tribute de Wembley que je vécus en direct et en intégralité dans les locaux de je ne sais plus quelle radio aux premiers pas en solo de Brian May (que je vis deux fois en concert à l'Elysée Montmartre, avec Cozzy Powell à la batterie, tandis que le pauvre Mike, lui, ne réussit même pas à décrocher une place lorsqu'il passait près de chez lui), il y a bien des évocations ici qui sont comme autant de raisons pour lesquelles ce Freddie et moi m'a tant plu. Par chance, cette œuvre, qui n'est pas par moments sans évoquer celles d'Alex Robinson, fut achevée avant que Queen ne sorte enfin un nouvel album (pitoyable) l’an dernier avec Paul Rodgers (mais sans le bassiste John Deacon). On aimerait savoir ce qu'en a pensé Mike Dawson, lui qui, comme moi, assista quand même à un concert de la "reformation" de 2005 plutôt circonspect (réduisant même Paul Rodgers au "mec qui chantait All Right Now"…).
On aimerait aussi savoir s’il a fini par rencontrer Brian May, comme il l’imagine dans une des ultimes planches du livre…

Par Ska - Publié dans : Des livres... - Communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 17:55

Les Wampas, Izia, Syd Matters, Stuck in the Sound
et Anthony Joseph and the Spasm Band ce week end à l'Hippodrome de Longchamp...




Solidays, ça brasse large et c’est normal. On y vient pour le soleil, pour une chouette ambiance et un peu quand même aussi parce que le sida, il ne passera pas par nous.. Noble cause oblige, c’est un festival qui ne s’encombre pas de cohérence esthétique, plus proche dans son esprit de la Fête de l’Humanité (ses stands, ses pétitions, ses manèges, sa bouffe de tous les pays, ses jeunes à dreadlocks) que de Villette sonique. À Solidays, on chante Bella Ciao et Hasta Siempre Comandante avec les sympathiques Mouss et Hakim, on ne peut pas faire trois pas sans tomber sur un concert de reggae. Et cette jeunesse-là, habillée trop large dans ses ponchos et ses fringues ethniques, elle continue, bien campée dans ses sandales, de résister à la dictature du slim, du tee-shirt moulant et de la Converse vintage.

Pas si rock Solidays, dans le fond, mais consensuel, lisse, plutôt bon enfant. On le sait en y allant. Il n’y a donc pas lieu d’être déçu. D’autant que les toilettes y sont d’une propreté ahurissante (à notre tour, à l’instar de chaque artiste se produisant durant ces trois jours, de remercier-les-bénévoles – voilà c’est fait). Et puis à la fin du week-end, c’est Manu Chao qui nous dit au revoir car Solidays, ouais, c’est alter à donf. Mais, nous, faut pas déconner, on est déjà dans la navette du retour, parce que, bon, à quoi ça sert de voir Manu (oui, à Solidays, tout le monde le connaît intimement et l’appelle Manu) quand tout ce qui nous intéresse dans son répertoire, c’est le boulet Mano Negra qu’il se traîne depuis des lustres et qui fait que, malgré d’ennuyeux albums solo, on continue à bien l’aimer quand même… D’ailleurs, on n’aura pas été voir non plus la carte blanche à Kool Shen parce que, franchement, ce qui nous bottait, c’était NTM, et que sans JoeyStarr, bon…
En tête de gondoles, du coup, The Do, Keziah Jones ou Izia, en ambassadeurs d’une variété rock "de qualité", étaient bien à leur place à l’Hippodrome de Longchamp (comme Patrice, l’an dernier, tiens…). Le genre d’artistes qu’on voit à la télé, estampillé Taratata, tout comme ceux que l’on voulait à tout prix éviter (Benabar, La Grande Sophie, Sinsemilia, Ayo, ce genre…). Et ce n’est pas leur faire injure que de préciser que chacun excella dans son registre – attendu – sans bouleverser, sans surprendre.
Keziah Jones a ainsi compris que son dernier disque était vraiment trop paresseux et mit plutôt en avant des morceaux de son splendide Black Orpheus. Le guitariste nigérian s’avère certes toujours aussi poseur, légèrement agaçant, mais sa reprise toute personnelle de All Along the Watchtower, ni hendrixienne ni dylanienne, fut l’un des moments les plus enthousiasmant du week end. Enfin, après mon sandwich aux falafels du samedi soir.
The Do, je ne sais pas, j’aime assez leur album fourre-tout, mais les nouveaux morceaux, plus mollassons, n’augurent pas du meilleur pour un prochain opus. Mais, bon, peut-être ai-je cette impression juste parce que j’étais, durant leur set, vautré dans l’herbe et somnolent… Ben oui, à un moment donné, il faut savoir s’arrêter de courir d’une scène à l’autre. On n’a plus vingt ans, quoi !
Sinon, le dernier jour il y eut Izia, qui, objectivement, avait tout pour me plaire (fille de son père, références heavy rock seventies, guitare SG, charisme indiscutable), mais pour qui un je-ne-sais-quoi de convenu, de formaté – un manque d’originalité surtout – m’empêchèrent d’adhérer complètement à sa prestation électrisante. C’est en tout cas un euphémisme que d’écrire que la petite fille que son père chantait il y a près de vingt ans dans Ce qui est dit doit être fait a mis le feu au festival…
Toutefois, si Izia connaît sa Janis sur le bout des doigts, le rock français à Solidays, ce furent surtout les excellents Stuck in the Sound qui l’incarnèrent le mieux le vendredi, puis les Wampas, bien évidemment, le dimanche. Didier Wampas est toujours aussi mal fringué et le vingtième degré sied toujours aussi bien à son gang tout droit issu d’une BD rock régressive. Les Wampas en live, c’est du cartoon, du cirque punk pour rire dont on ne se lasse pas. Des Bottes rouges à Ce soir c’est Noël en passant par C’est l’amour ou un Manu Chao de circonstance, le groupe "qui a inventé le rock & roll" s’est encore imposé comme champion toutes catégories de la prestation live sans filets, Didier proposant même, avec son micro dans le falzar, une toute nouvelle illustration de ce que peut être un instrument percussif.
Et puis il y eut aussi, pour le meilleur, Syd Matters et ses harmonies pop au bon goût assez irrésistible ainsi que Poni Hoax et son post-rock dansant et adulte, bizarre anomalie dans une programmation ne tolérant qu’exceptionnellement des chanteurs au crâne si désavantageusement dégarni et au costume si bien coupé. Vraiment classe, ce groupe évoquant parfois un Joy Division matiné de disco, qui, jadis, accompagna Jeanne Balibar pour la tournée consécutive à son deuxième album solo, et qui, à Solidays, nous changea un peu des branleurs ou des gravures de mode faisant habituellement vendre des disques et des posters.
On passe vite sur l’escroquerie Internet que sont les Naive New Beaters et sur les plaisants Ting Tings, découverts ici-même l’an dernier, mais que l’on ne revit pas ce coup-ci car on avait mieux à faire sur une autre scène. Samedi, à 23 heures, Anthony Joseph, performer bondissant (voir ici la chronique de son album par G.T.), donna en effet un concert fabuleux, entouré de ses six musiciens (dont trois percussionnistes tout de même). Soit une heure pour définir enfin ce qu’est le groove (ce truc essentiel que Stephanie McKay – une sous-Macy Gray bien consensuelle programmée l’après-midi même – aurait dû un peu réviser). Beau cadeau, le groupe d’Anthony Joseph fut même rejoint au rappel par un Keziah Jones inhabituellement humble.
Alors, comme on dit à la fin d’un festival, rendez-vous en 2010. Ou pas.



Bonus Track : tout un concert d'Anthony Joseph and the Spasm Band filmé à l'Olympic de Nantes le 24 avril dernier, ici.

Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 10:30
Ça y est. Les disques sont rangés, classés. Les siens, les miens, mélangés, accouplés. Pas de larsens, tout se passe bien. L’ordre alphabétique doit avoir des vertus pacificatrices.
Pourtant, quand on mélange amoureusement nos CD (voir épisode précédent ici), on tombe forcément sur des disques que l’on a en double.
Dans les 33 tours, ces doublons se comptent sur les doigts d’une seule main (Grease, Saturday Night Fever, le premier A-Ha, un Eurythmics, Thriller de Michael Jackson), trahissant insolemment que nous avons grandi dans les années 80, au rythme hebdomadaire du Top 50 de Marc Toesca…
Mais pour les CD, c’est autre chose. Et nombreux sont ceux qui, délogés par leur double maléfique (plus beau, pas délavé par le soleil, le digipack intact, le cristal pas rayé, l'original plutôt que la copie), n’ont plus le droit de trôner sur les rayonnages rouges, condamnés au purgatoire ou sommés de se trouver de nouveaux propriétaires parmi nos amis (voire parmi nos ennemis ?)…
Bien sûr, pour certains, on aura gardé les doublons, parce qu'il s'agit d'éditions différentes (Le Live au Roxy de Polnareff), parce que le boîtier ou le livret n'est pas le même (Sea Change de Beck, Faites vibrer la chair de Zone libre), parce que l’une des deux versions est agrémentée d’inédits ou de titres bonus (OK Computer de Radiohead, You All Look the Same to Me d’Archive).
Mais, déjà, avec tous ceux-là, on se dit que "disquairement parlant", on avait deux, trois choses en commun, non ?


PJ Harvey, Uh Huh Her Mercury Rev, Deserter’s Song Mercury Rev, All is Dream – Mercury Rev, The Secret Migration John Butler Trio, Grand National – Noir désir, Des visages, des figures – Noir désir, Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient) – Garbage, Beautiful Garbage – Sonic Youth, Dirty – Sonic Youth, The Destroyed Room – The Cure, Kiss Me, Kiss Me – The Cure, The Cure – Nick Cave & The Bad Seeds, Nocturama Nick Cave & The Bad Seeds, The Boatman’s Call – The Clash, London Calling – Coldplay, A Rush of Blood to the Head – Coldplay, Parachutes – Eagle Eye Cherry, Desireless – Smashing Pumpkins, Gish – Smashing Pumpkins, Siamese Dream – Tindersticks, Tindersticks – Tindersticks, Simple Pleasure – Laurent Voulzy, Avril – The White Stripes, Get Behind Me Satan – Neil Young, Unplugged – Nirvana, In Utero – Portishead, Dummy – Radiohead, Hail to the Thief – Radiohead, Kid A – Red Hot Chili Peppers, Blood Sugar Sex Magic – Sigur Ros,( ) – The Silver Mount Zion, Born Into Trouble as the Sparks Fly Upwards – Archive, Disc – Air, Pocket Symphony – Abd Al Malik, Gibraltar – Louise Attaque, Comme on a dit – Louise Attaque, À plus tard crocodile – Louise Attaque, Louise Attaque – Luke, La tête en arrière – Massive Attack, 100th Window – Moby, Play – Daniel Darc, Crèvecœur – Depeche Mode, Violator – Depeche Mode, Playing the Angel – Dominique A, Auguri – Eels, Beautiful Freak – Eels, Daisies of the Galaxy – Charlotte Gainsbourg, 5.55 – Gorillaz, Gorillaz – Herman Dune, Giant – Alain Bashung, Fantaisie militaire

Par Ska - Publié dans : Instantanés - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /Juin /2009 15:52
Il est toujours particulièrement agréable, quand rien ne nous y a préparé, de découvrir, au détour d'un article, qu'un de ses groupes fétiches - un véritable compagnon de route - a sorti un nouvel album. Ainsi, juin 2009 m'offre un nouveau disque de Sparklehorse alors que je ne m'y attendais vraiment pas, me consolant de la toujours trop longue absence de Mark Linkous dans les douces mélodies du Delano Orchestra. Un nouveau Sparklehorse, donc... Enfin, pas tout à fait... Un disque de Sparklehorse et du producteur Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz...) accompagné d'un livre de visuels de David Lynch et agrémenté d'une floppée d'invités. Un projet se déclinant aussi en installation, bientôt à Los Angeles.
On se méfie des disques collectifs déroulant leur carnet d'adresses avec arrogance, mais vous conviendrez, si vous l'avez vu sur scène, que l'arrogance n'est pas vraiment le terme le plus à même de qualifier le fragile et délicat Mark Linkous. Alors, voilà, malgré la présence d'un rescapé de Grandaddy, malgré les Flaming Lips, Iggy Pop, Frank Black, les chanteurs de The Shins ou des Strokes, Suzanne Vega, Vic Chesnutt ou Nina Persson, c'est bel et bien à un nouvel album de Sparklehorse que l'on a affaire sur la majorité des plages. La plupart des titres auraient pu trouver leur place sur un successeur de Dreamt for Light Years in the Belly of a Mountain (produit, justement, par Danger Mouse). Et si les apparitions de Frank Black, d'Iggy Pop et de Julian Casabancas convainquent moins, c'est justement parce qu'elles dénotent un peu trop par rapport aux tonalités habituelles de Sparklehorse, parce que la greffe (évidemment parfaite pour Wayne Coyne ou Jason Lytle) prend avec eux un peu moins bien...
Précisons qu'un litige entre Danger Mouse et EMI empêche la sortie physique de l'album. Dark Night of the Soul est donc pour l'heure, et sans doute pour toujours, un livre de David Lynch vendu avec un CD vierge sur lequel l'album, téléchargeable gratuitement un peu partout, pourra être gravé... Cruel paradoxe pour le disque de Mark Linkous qui, vertu du net, sera sans doute le plus écouté mais le moins rétributeur...

Album disponible ici.

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Par Ska - Publié dans : Bande son - Communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 11:21


Un lundi soir. Mes VHS abandonnées dans la rue. Du côté de Vincennes et de Montreuil, comme chaque semaine ce soir-là, c’est la veille du ramassage des encombrants, et les glaneurs sont de sortie. Jusque tard dans la nuit. J’ai laissé les trois cartons ouverts exprès. Je ne peux pas juste les jeter. Je discute avec un curieux en descendant le dernier carton. Plus tard, du balcon, j’observe, c’est émouvant. Des gens passent, ne les regarde pas. D’autres se retournent, reviennent sur leurs pas. Les cassettes leur font de l’œil. Les jaquettes Télé K7 font le trottoir, aguicheuses, donnent l’illusion de boîtiers du commerce, d’originaux. Des centaines de films. Et, si je puis me permettre, vraiment pas de la merde. Que des copies pourtant. Avec de la pub au milieu, souvent. Mais, couchées sur bandes, des milliers d’heures de plaisir, de découvertes s’égrainant sur une petite douzaine d’années. Elles ont survécu au premier déménagement. Il y a neuf ans. Je n’avais pas encore, alors, de lecteur DVD. Là, ce n’est plus possible. Il faut faire de la place dans l’appart’ tout autant que dans ses souvenirs. Les originales, j’en ai gardé quelques-unes, d’autres, je les ai données. J’en avais de toute façon acheté assez peu. L’objet était moins tentant. Pas comme les DVD. Oui, avant on ne téléchargeait pas, on enregistrait à la télé, on se faisait des copies entre potes, on dupliquait les films qu’on louait au vidéo-club ou qu’on empruntait à la médiathèque… Je ne connais même pas l’état des bandes, je n’en avais pas regardé depuis des lustres. Mais je sais, pour chacune, où je l’ai enregistrée, quand je l’ai enregistrée. Elles moisissaient dans des cartons et, pour les plus chanceuses, sur des étagères depuis quelques années. Même la première d’entre toutes, cette 240 minutes enregistrée en période de fêtes sans doute au début des années 90 et rassemblant Errol Flynn en collants verts et le Monolithe kubrickien.

Mes cassettes, comme un itinéraire. De beaux souvenirs d’apprentissage.
Si d’autres peuvent s’en emparer avant le passage des poubelles, tant mieux… Avec elles, c’est un peu de ma cinéphilie qui s’en va… C’est pas grave…


Il y avait tant d’heures de musique, aussi, copiées sur bandes magnétiques...


"Et nos CD, alors, on les mélange ?"


Les sept étagères sont là, montées depuis trop longtemps. Les cartons scotchés depuis tout autant. Elle est bien trop longue, cette transition. Les cartons attendent chez moi. Les étagères patientent chez elle. Dans dix jours, on mélange. Dans dix jours, on déballe !


"De toutes façons, moi, le classement des CD, je ne m’en occupe pas". Eh bien, encore heureux ! En attendant, nos étagères rouges prennent bien la poussière sur leurs deux mètres de hauteur. Il est temps de les garnir, de mots, de notes et de musiques.


Mes potes, j’y tiens. Ils apprécieront qu’on ait déjà transporté, petit à petit, dans mon nouveau chez moi presque tous mes vinyles. Sauf qu’en vrai, ce n’est pas pour les ménager, c’est juste que je n’avais pas trouvé de cartons à la bonne taille… Eh oui…


À deux, nous avons quand même trois fois la B.O. de Saturday Night Fever en 33 tours. Ça fait six disques et douze faces… Mais comment on a fait ça, nous qui étions trop jeunes pour nous trémousser sous boules discos quand sortit le film de John Badham ?!


"Mais tu veux vraiment la garder ta lava-lamp ?"


Sea Change de Beck, Uh Uh Her de PJ Harvey, Dirty et The Destroyed Room de Sonic Youth, OK Computer et Kid A de Radiohead, Des visages, des figures de Noir désir, Faites vibrer la chair de Zone libre. Quelques doublons qui feront le bonheur des amis. Bizarrement, ce ne sont pas les pires horreurs de nos discothèques respectives que nous avons en double. Et Dieu sait si nous en avons des horreurs ! Enfin, moi, surtout…


Mais à quoi ça sert d’habiter désormais à côté de la Cigale, du Divan du Monde et de l’Elysée Montmartre si, depuis un an, presque tous les concerts que je vais voir se déroulent bizarrement au Bataclan ?!


D’ailleurs, il y a quelques heures, c’était Jarvis Cocker…


Le joueur d’accordéon, je l’aime bien quand c’est Yves Simon qui le chante. Par contre, l’entendre tous les soirs exécuter les mêmes airs pour les clients du café d’en bas, ça donne une furieuse envie de pousser le Marshall à onze… Mes nouveaux voisins m’adorent déjà…


Par Ska - Publié dans : Instantanés
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