Dimanche 17 juin 2007
New Moon, somptueux double album d'inédits d'Elliott Smith, est déjà pour moi l'album de l'année. Et qu'il s'agisse là de titres enregistrés entre 1995 et 1997 importe peu tant, soudain, ces 24 morceaux abolissent le temps.
J'ignore si les routes d'Elliott Smith et de Sparklehorse se sont un jour croisées, mais Mark Linkhous est le seul, aujourd'hui, dont les chansons me paraissent atteindre le degré d'urgence, de fragilité et de sincérité des splendeurs gravées sur New Moon. Chanter pour survivre, oui, sans doute...
Mais si Mark Linkhous le fut, cliniquement, pendant quelques minutes, Elliott Smith, lui, est bel et bien mort.

Elliott Smith est né, aux yeux du public, quand Gus Van Sant utilisa plusieurs de ses chansons dans Will Hunting. C'est aussi une chanson d'Elliott Smith qui hissa une séquence filmée par Wes Anderson au rang des plus belles de ces dernières années. La scène de la tentative de suicide du personnage incarné par Luke Wilson dans La famille Tenenbaum était déjà bouleversante à la sortie du film. La revoir aujourd'hui prend un sens très particulier quand on sait comment disparut Elliott Smith entre temps. C'est la version studio dépouillée de Needle in the Hay qu'utilisa Anderson. Mais Elliott Smith la jouait aussi sur scène dans une version beaucoup plus rock (voir la vidéo ci-dessous).

Pour le plaisir, enfin, il serait dommage de se priver d'écouter la belle Emily Haines de Metric rendre hommage à Elliott Smith en reprenant son Between the Bars...



par Ska publié dans : Playlist Vidéo - Raretés, curiosités, etc.
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Mardi 12 juin 2007

Le nouvel album des White Stripes, le cinquième, sort dans une semaine.
Le concert du Zénith fut, pour Jack White, un retour aux bases, à ce format chanson qui lui permit de composer Seven Nation Army, morceau qu'il dégaine désormais habituellement pour clore les concerts. Une bonne chose que ce retour au format pop de chansons troussées autour d'un riff toujours imparable car j'étais resté sur le souvenir des dérives guitaristiques un peu pénibles des Raconteurs, le groupe parallèle de Jack White, à Rock en Seine. Comme si cette escapade avait permis aux White Stripes de revenir plus sereins vers un rock fleurant bon l'énergie des premiers albums, loin des errements récents d'un duo que l'on disait lassé. Ce soir, quasiment pas de morceaux de Get Behind Me Satan  (l'album de la rupture enregistré presque sans guitares), peu de nouvelles chansons (mais l'extraordinaire Icky Thump...) et beaucoup de standards issus, donc, des trois premiers albums du duo. Et toujours Ball and Biscuit et Jack White s'accordant l'air de rien tout en improvisant un solo au début dudit morceau. La grande classe.
par Ska publié dans : Rock Album - Photos live, etc.
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Mardi 5 juin 2007

Quoi de plus tendance aujourd’hui que le jogging ? Courir, on l’a constaté ces dernières semaines, suffit à faire événement, à mobiliser caméras et micros. Pour être adoubé par les puissants, il faut donc se plier à la discipline sportive, il faut à son tour aller courir avec le Chef, moulé dans un short seyant. C’est formidable, cette énergie, cette jeunesse, cette façon d’étourdir en occupant le terrain. Visiblement, cela plait aux Français car un président nouvellement élu n’a jamais recueilli autant d’opinions favorables dans les sondages que le premier jogger de France… "Regarde un peu la France, c'est magnifique non, toute cette torpeur", chantait Miossec en 1995... Ouais... Alors, il va falloir s’y habituer à voir l'ami des people répondre aux questions ruisselant de sueur dans son tee-shirt crypto-sécuritaire barré des initiales NYPD.
En bon opportuniste, j’ai décidé de louer à mon tour les valeurs du sport et du « jogging républicain » en sélectionnant quelques titres (plus ou moins) dédiés à cette belle discipline de « winner ».
J’attends vos suggestions pour gaver mon baladeur d’autres titres sportifs. En cas de contrôle, sur le chemin des bureaux de vote dimanche prochain, ça pourra toujours servir...

PS : Sinon, avouez que Peter Strauss avait, dans le premier film de Michael Mann, une autre silhouette que le petit rablé de l'Elysée...

 

- Born to Run (Bruce Springsteen)
Deux versions acoustiques et dépouillées (ici et ) d’un titre que l’on connaît mieux dopé par les arrangements musclés du E Street Band.

- Run Like Hell (Pink Floyd)
A voir ici, extraite de The Wall, une captation live de 1980. Peu de temps après, le groupe courra droit dans le mur des égos...

- Cours vite (Silmarils)
Ici, le clip d’un groupe rageur un peu oublié dans lequel apparaissaient quelques pornstars de l’époque…

- Running Up That Hill (Kate Bush)
Le clip vintage, ici.

- Band on the Run (Paul McCartney and The Wings)
Ici, une captation live de 1976. 40 ans presque jour pour jour après la parution de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Paulo cours toujours…

- Always on the Run (Lenny Kravitz)
Aerosmith et Run DMC, ça ne fonctionnait pas dans cette playlist car ils ne faisaient que marcher. On se contentera donc du jumeau 90’s de Walk This Way. Une version live d’Always on the Run où LK est accompagné par Slash et les Guns & Roses… (ici)

- Run Through the Jungle (Creedence Clearwater Revival)
Pas de video de CCR sur ce titre, alors juste un petit extrait de concert où John Fogerty, ancien leader du groupe, le revisitait en 2005…(ici)

par Ska publié dans : Bande son
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Dimanche 3 juin 2007
L'image tremble. Mark Linkhous s'approche lentement, s'asseoit sur son tabouret. Ce soir, Sparklehorse, en formation réduite, s'engouffre dans des spirales musicales rêveuses. It's a Wonderful Life, entame comme souvent le concert, tandis que les images Super 8 filmées par Guy Maddin pour cette chanson plongent l'Elysée Montmartre dans une douce mélancolie. "It's a sad and beautiful world", nous confiera quelques minutes plus tard le chanteur... Issues des quatre albums de Sparklehorse, les ballades tristes et mélancoliques se succèdent, parées de sonorités électroniques et d'expérimentations leur donnant un relief inédit. Une heure plus tard, Linkhous et ses deux musiciens quittent la scène. Il est temps de rouvrir les yeux.
par Ska publié dans : Rock Album - Photos live, etc.
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Jeudi 31 mai 2007
Bien avant d'être le bon client un peu pénible des émissions télévisées les plus convenues ou un second rôle familier dans des films à la qualité très variable, Jean-Claude Brialy avait été l'un des deux ou trois acteurs les plus emblématiques de la Nouvelle Vague. C'était il y a 50 ans tout de même... Inoubliable en dragueur insouciant dans le court métrage de Jean-Luc Godard Tous les garçons s'appellent Patrick en 1957, c'est surtout face à Gérard Blain, dans les deux premiers films de Claude Chabrol, qu'il impressionna le plus. Aussi fragile et émouvant dans Le beau Serge (1958), qu'il fut glaçant et cynique dans Les cousins (1959).

Sinon, il essaya aussi de chanter dans Anna, la comédie musicale pop écrite par Serge Gainsbourg en 1967 et adaptée pour la télévision par Pierre Koralnik. C'est dans cette comédie musicale qu'Anna Karina interprétait ces merveilles que sont Roller Girl ou Sous le soleil exactement. Ce fut l'unique incursion de Brialy dans le registre chanté. Et c'est aussi bien comme ça...

Triste actualité oblige, voici deux extraits où l'acteur donne la réplique à Serge Gainsbourg : Un poison violent, c'est ça l'amour et C'est la cristallisation comme dit Stendhal.






par Ska publié dans : 24 images/seconde
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Mardi 29 mai 2007

De retour de Cannes - et pour une digression côté cinéma - deux, trois impressions sur quelques films marquants découverts la semaine dernière...



Le meilleur film du festival ?

La forêt de Mogari de Naomi Kawase, sans doute. Après Tropical Malady d’Apichatpong Weerasethakul et Gerry de Gus Van Sant... La jungle, le désert, la forêt millénaire... Deux personnages qui ne font peut-être qu'un... Un film de marche plutôt que d’errance... Une forêt où l'on se perd pour mieux se retrouver... Dans ce beau film, la cinéaste nous embarque, après un long prologue, dans le sillage de deux personnages (un vieillard et une jeune infirmière) en phase d’apprivoisement, ensemble dans un long trajet pour en finir avec le deuil (vieux de plus de 30 ans pour l'un, récent pour l'autre). Une poignée de séquences mémorables, une manière inouïe de saisir la nature, auraient dû faire de ce film une légitime Palme d'or. Kawase dût se contenter du Grand Prix, ce qui, tout de même, n'est pas si mal...




Quatre films en un

Dire de We Own the Night que je l’attendais impatiemment est un euphémisme. Le nouveau film de James Gray vient sept ans après The Yards, ce beau polar crépusculaire qui fut plutôt mal accueilli à l’époque à Cannes et à cause duquel Gray se grilla à Hollywood. De We Own the Night, je n’avais qu’une crainte : qu’il ne me surprenne pas. Et pourtant si. Si Gray reste dans le même système, dans le même genre de polar sec et familial, s’il emploie à nouveau les deux acteurs de The Yards pour en faire deux frères, comme l’étaient déjà Edward Furlong et Tim Roth dans Little Odessa, il réussit paradoxalement à se renouveler. Cela tient à peu de choses. A l’ampleur de son film d’une part (scènes de foule et d'action qu'il dirige à la perfection). Mais surtout à la nature très étrange de ce polar qui pourrait en fait en comporter quatre différents. A ne pas choisir une voie plutôt qu'une autre, Gray a dû en décevoir certains, mais cela lui a permis de signer un film autrement plus étrange que le pourtant réussi Zodiac de David Fincher. We Own the Night est un film en apparence classique qui a cela de fascinant qu'il ne cesse de puiser dans le genre sans jamais paraître citer (tout l'inverse d'un Tarantino, quoi !). Cela tient à un seul personnage et à son itinéraire dans le film : Joaquin Phoenix y passe en effet par quatre statuts qui, chacun, pourrait suffire à un seul long métrage...

1)    Deux frères : l’un est flic, fidèle à la tradition familiale, l’autre côtoie des truands sans pour autant tremper directement dans leurs trafics (en ce début de film, Phoenix, camé et survolté, gère une boite de nuit, comme Pacino dans Scarface ou dans L’impasse de De Palma). Cela commence de façon on ne peut plus classique. Whalberg vs Phoenix et l'impérial Robert Duvall pour arbitrer, ça devrait le faire...

2)   Le programme se grippe et l'attente générée par l'entame du film est très vite déçu. Phoenix, pour protéger sa famille, va jouer les indicateurs. On passe du mélodrame familial au thriller d’infiltration avec micro planqué, incursion dans la planque des méchants trafiquants et tout le toutim. Là, c’est à des films de Lumet (Serpico, Le prince de New-York) voire au récent Narc que l'on peut penser. A peine, ce récit-là a-t-il commencé qu'il touche à sa fin...

3 ) Phoenix devient un témoin protégé. Comme Ray Liotta à la fin des Affranchis. La paranoïa le gagne… Et si ses ennemis le retrouvaient. Une scène anthologique d'embuscade sous la pluie vient solder l'événement dramatique faisant basculer Phoenix vers un nouveau statut...

4)    Phoenix devient flic à son tour et le film vire au film de vengeance, flirtant avec la série B la plus convenue.

Ca pourrait donc être une compil de polar et pourtant c’est une toute autre chose, car James Gray est un immense metteur en scène et parce que les enchaînements entre ces différents états narratifs se font dans des ellipses sèches, sans souci aucun de fluidifier le récit.

Alors, si We Own the Night est moins fort que Little Odessa, il a pour lui une étrangeté tenace qui dément très vite ses signes extérieurs de classicisme. Visiblement, ceux qui huèrent le film en projection de presse n'avaient pas compris cela...


 

 

La douceur paradoxale

Ce n’est pas parce que Gus Van Sant utilise à nouveau des chansons d’Elliott Smith (comme dans Will Hunting) que j’ai tant aimé son nouveau film. Non, c’est paradoxalement parce que Paranoid Park est une toute petite chose. Un film qui, contrairement à Last Days, ne pose pas au chef-d’œuvre. C’est un film humble qui prête plutôt le flanc à toutes les critiques. Et ça n’a pas loupé. GVS tourne en rond, ne se renouvelle pas, fait les mêmes plans que dans Elephant. Oui, c’est vrai en partie, mais c’est comme la fin d’un cycle, le film se déroulant tranquillement dans un apaisement serein le situant à mille lieues de Larry Clark à qui on serait – à nouveau – en droit de comparer GVS. Son film, comme Wassup Rockers, se situe dans le milieu des skateurs. Mais Paranoid Park est un film étonnamment doux. Même s’il parle de la culpabilité lié à un homicide involontaire. Pour moi, le film est très supérieur à Elephant car il ne s'embarrasse pas des pistes explicatives qui alourdissaient le film palmé du réalisateur. Pourant, GVS n’eut droit cette fois-ci qu’à un prix honorifique.

 

 



A fond la caisse

Si GVS refait ses propres films après avoir refait presque plan par plan un chef-d’œuvre (Psychose), Tarantino, lui, questionne la question du remake avec son propre film scindé en deux parties presque jumelles. De Death Proof qui sort dans quelques jours, je me suis d’abord dit que c’était un film très con, que l’argument en était tellement bête qu’il n’était même pas défendable. Beaucoup encensent pourtant le nouvel opus de Tarantino et il est vrai qu’un film citant Vanishing Point de Sarafian ne peut être entièrement mauvais, mais bon, moi je regrette quand même le Tarantino de Jackie Brown. Définitivement, il semble que le Mister Hyde de la déconne fun et de l'autocitation l’ait emporté…

 



Et puis il y eut aussi Avant que j’oublie de Jacques Nolot, sombre film (presque) autobiographique, sur le fil et touchant au sublime sans jamais se casser la gueule. Il y eut aussi, sur le même registre intime, Persepolis, belle surprise et retour d’une animation « ligne claire » et traditionnelle où la narratrice ado se met à écouter Iron Maiden dans un Iran où le rock était interdit… Ah ! oui, le film des Frères Coen aussi, qui, c'est une bonne nouvelle, sortent enfin de l'inconséquence où barbotait leur cinéma depuis dix ans...

Plein de bonnes choses en somme, suffisamment pour oublier le cirque vulgaire d'une ville puant le fric. Et tellement à l'image de notre nouvelle France de "winners"... Ceci dit, là-bas, il faisait beau et à Paris il flotte et il fait froid...



A lire aussi, pour l'ambiance et pour le détail sur les films, le très pertinent blog cannois de Chronicart (ici)

 

 

par Ska publié dans : 24 images/seconde
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Jeudi 17 mai 2007

Une nouvelle sélection de neuf chansons pour alimenter la radio mensuelle de ce blog...

(Lecteur audio dans la colonne de droite...)

 


Comme promis, la playlist du mois est, cette fois-ci, liée à un texte, celui d'hier qui était consacré à quelques beaux souvenirs de concerts (ici). Essentiellement du live donc. Des raretés acoustiques (Beck, Springsteen, Supergrass), des groupes français dont l'engagement citoyen manque particulièrement en ce moi de mai 2007 (Zebda, FFF), mais aussi quelques repères intimes évoqués hier (Higelin, JSBX, Dominique A).
Ah ! oui, poussez donc à fond le bouton du volume, histoire de bien réveiller notre pays de vieux électeurs...


 

 

1) FFF - Silver Groover (live en 1996)

2) Zebda - Mala Diural (live à Toulouse en 1998)

3) Beck - One Foot in the Grave (live en 1997)

4) Bruce Springsteen - Spare Parts (solo acoustique en 1995)

5) Supergrass - Caught by the Fuzz (live on KCRW, acoustique en 2004)

6) Jon Spencer Blues Explosion - Brenda

7) The Stooges - Fun House (live à Tokyo en 2004)

8) Dominique A - Pères

9) Jacques Higelin - Est-ce que ma guitare est un fusil ? (live au Grand Rex en 1992)




 

Pour une meilleure lisibilité des morceaux,
cliquer, dans le lecteur audio, sur la loupe qui permet
d'ouvrir une fenêtre uniquement consacrée à cette sélection

par Ska publié dans : 9 Songs (une radio)
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Mercredi 16 mai 2007

L'autre jour, en rangeant, je m'attardais sur les tickets de concert que je garde scrupuleusement depuis une petite vingtaine d'années. Ça m'a donné l'idée de dresser une liste des concerts m'ayant laissé la plus forte impression, les meilleurs souvenirs, au fil des ans. Quand on ne sait plus trop quoi raconter, rien de tel qu'une liste, n'est-ce pas ?

Si vous étiez avec moi - ou sans moi - et si vous fréquentez ce blog, n'hésitez pas à me dire si vous gardez un aussi bon souvenir de ces quelques concerts. Et pour accompagner tout ça, je promets de réactualiser d'ici quelques jours la playlist de la radio ci-contre...


 



Jacques Higelin à La Grande Halle de La Villette (10 décembre 1988)

Le premier d'une longue série.

Higelin, à l'époque, c'est surtout le souvenir du triple album Higelin à Mogador écouté au walkman, en voiture, avec ma grande soeur pour les départs en week end ou en vacances. C'est elle, justement, qui m'emmène voir Higelin à la Grande Halle de la Villette en 1988. C'est une révélation même si, rétrospectivement, l'album pour lequel il se produisait (Tombé du ciel) est loin d'être l'un de ses meilleurs. C'est en tous cas le premier concert où, encore aujourd'hui, je sois fier d'être allé (ben oui, parce qu'alors les quelques concerts auxquels j'avais assisté, c'était Les Forbans ou Jean-Jacques Goldman...).

Depuis ce premier concert, Higelin, je l'ai revu une quinzaine de fois, dans des salles, dans des festivals, dans des fêtes politiques... Il y aura le Cirque d'hiver où il joue en 1994 pendant plus de 3 heures, un show-case Fnac complètement barré qui dure à peu près aussi longtemps, un concert foiré à La Cité de la Musique en 1998 où Higelin à la crève, s'empêtre et se relève finalement grâce à la ferveur du public, puis le Bataclan il y a peu où il tint la scène encore une fois plus de trois heures. Mais là, à La Villette, ça reste la seule fois où je l'ai vu avec ma grande soeur...  



Bruce Springsteen au Zénith (21 février 1996)

Lui, depuis quinze ans, je vais le voir chaque fois qu'il passe à Paris. Je n'y peux rien. C'est dans mes gênes, comme dirait l'autre. Découvrir l'album Born in the USA à 11 ans, c'est difficile de s'en remettre ensuite. J'ai grandi avec Springsteen. Tout simplement. La première fois que je le vois, donc, c'est le soir du bac, en juin 1992. Pourtant, ce n'est pas là qu'il fut le plus mémorable. Non, c'est plutôt en 1996, lorsqu'il se produit en solo pour accompagner The Ghost of Tom Joad, son plus bel album depuis Nebraska. Depuis, il a reformé le E Street Band (concert mémorable à Bercy en 1999) puis je l'ai vu en 2003, sous une pluie battante, au Stade de France, entamant le concert avec la reprise de Creedence Clearwater Revival, Who'll Stop the Rain. Beau souvenir, n'est-ce pas, Mister K ?

Il y a deux ans, en 2005, Springsteen est revenu en solo à Bercy pour l'album Devil and Dust. J'y étais encore, toujours avec Mister K. L'album, lourdement produit, n'était pas très bon. Mais quand Springsteen se réapproprie seul, à la guitare et à l'harmonica, les chansons d'un album moyen, celles-ci se hissent sans problème au niveau des splendeurs de Nebraska.



Zebda à La Cigale (2 mai 1996) et à l'Olympia (9 novembre 1998)

Pour Zebda, il y a deux concerts qui m'ont plus particulièrement marqué. C'était avant que le tube Tomber la chemise ne crée un malentendu sur le compte de ce groupe qui manque aujourd'hui cruellement.

Le premier concert, c'est en 1996, à l'époque du Bruit et l'odeur, leur meilleur album, le plus engagé, le plus rock. Ça doit être aussi le premier concert auquel j'assiste avec Mr J. Et je découvre là un groupe doté d'une énergie incroyable, faisant passer des messages clairs et essentiels avec morgue, générosité et intelligence.

Pour l'autre concert, deux ans plus tard, je me souviens surtout du samedi matin où nous nous rendons dans une annexe du magasin Tati, à Barbès, avec Mr J et Mister K, pour acheter des billets à 10 francs. C'était un beau concept marketing, ça, les billets à 10 balles vendus exclusivement à Tati. C'était un beau billet d'ailleurs, reprenant le visuel de l'album. Quelle tristesse de n'en avoir plus de tels aujourd'hui !



FFF à l'Olympia (27 novembre 1996)

Avec Mr J encore. Avec Mister K aussi. Décidément ! Entre ce concert de l'Olympia et celui du Bataclan dans la foulée, les souvenirs se mélangent (auquel des deux était John Steed ?). FFF est alors au meilleur de sa forme avec un troisième album truffé de perles fusion (Barbès, Act Up). Ça commence par Silver Groover, morceau d'ouverture du deuxième album et, au bout de cinq minutes, secoué en tous sens par la foule en furie, je me souviens avoir lâché un truc du genre « Putain ! Et ce n'est que le premier morceau ! ». Finalement, je m'en suis sorti vivant... Vivants, c'est d'ailleurs le titre de l'album live indispensable de ce groupe qui a malheureusement bien mal fini...



Dominique A à La Cigale (14 avril 1999)

En solo, avec sa guitare et son sampler, ou en groupe, Dominique A ne m'a jamais déçu sur scène. En 1999, il a les idées noires et il publie Remué. À la Cigale, avec A., je le découvre habité, accompagné par un groupe nerveux. Le concert est court, sec, sombre, intense. Par la suite, il retrouvera un sourire qui lui sied bien aussi, comme à L'Européen en 2001, pour l'album Auguri, quand il termine son concert par une reprise des Enfants du Pirée de Dalida.

En première partie, en 1999, c'était Calexico. L'an dernier, Dominique A a sorti un album intitulé L'horizon. Mais ce soir-là de 1999, l'horizon, il était incarné par le groupe de Joey Burns et John Convertino, pas par le sombre Dominique Ané...



Jon Spencer Blues Explosion + Yeah Yeah Yeahs au Trabendo (6 avril 2002)

Au début, il s'agit d'aller voir le Blues Explosion et ça, déjà, c'est énorme. Avec A., on use Orange et Acme depuis des mois, et, là, on va enfin voir en vrai et en cuir l'icône du rock d'avant « le retour du rock » (cette blague !).

La salle du Trabendo est formidable. Sa configuration, très particulière, permet aux spectateurs d'être, s'ils le souhaitent, presque derrière la scène, tout du moins sur le côté quand ils vont au bar. On y entoure littéralement les groupes et ça crée souvent une ambiance très chaleureuse (Jesse Hugues des Eagles of Death Metal, hilare, s'en réjouissait ouvertement lors du concert que le groupe donna dans cette salle de la Porte de Pantin en août dernier).

Mais ce qu'on n'avait pas prévu en allant voir Jon Spencer, c'était qu'il allait se faire voler la vedette (dans nos coeurs en tout cas) par la furie Karen O et par ses deux comparses des Yeah Yeah Yeahs. À l'époque, pas d'album, pas de hype sur ce groupe new-yorkais et une claque absolue. Le lendemain, je déniche le mini-album 5 titres au Virgin Megastore des Champs-Elysées. Depuis, ce groupe sous-estimé me fascine. Il me fera même faire l'an dernier un aller-retour Cannes-Paris pour ne pas rater - même pendant le festival où je suis supposé voir des films - leur concert parisien... À la fin du concert de 2002, après avoir acheté deux tee-shirts que je porte encore, Yarol Poupaud, toujours guitariste d'un FFF déjà au creux de la vague, discutait avec Russell Simmins, le batteur du Blues Exposion. Ça m'a plu. Presque autant, deux ans plus tard dans la même salle, que de voir Dominique A s'entretenir au bar avec Rodolphe Burger à l'issue d'un concert de Jeanne Balibar.



Supergrass au Trabendo (20 novembre 2002)

Supergrass, pour moi, c'est le rock. Tout simplement. Le groupe le plus généreux qui soit, des mecs qui ne sont absolument pas dans la pose. Les écouter, les voir sur scène, c'est une sorte d'évidence. Un plaisir total. L'énergie, les mélodies, l'attitude, le charme. Ils ont tout ce que les autres n'ont pas. Et B. qui, malgré mes exhortations répétées, ne les a toujours pas vus sur scène !



Beck au Grand Rex (22 avril 2003)

À l'époque, Beck n'est plus trop en odeur de sainteté dans la presse rock. Et ça ne s'est pas arrangé depuis. Moi, je conserve toute mon affection au californien et j'ai même un faible pour ses deux albums intimistes d'alors (Mutations et Sea Change) où des cordes gainsbouriennes le disputent à un chant et à une mélancolie fortement influencés par Nick Drake. Au Grand Rex, Beck se produit seul, passe de la guitare au piano, revisite son répertoire de façon inspirée. Et c'est magnifique.



The White Stripes à l'Olympia (22 mai 2003)

Encore merci à Meg et à Jack pour Ball and Biscuit ce soir-là. Et une question en quittant la salle. Mais comment, à deux seulement, réussissent-ils à sortir ce son ?! Je me poserai peu ou prou la même question ces derniers mois au sortir de deux concerts de The Black Keys, un autre duo guitare/batterie...



The Stooges au Zénith (8 juillet 2004)

Bon, je ne les ai pas vu au Bol d'or pour leur fameux concert de reformation (qu'est-ce que je serais allé foutre au Bol d'or ?!), mais seulement quelques mois plus tard pour leur première date parisienne. La première de leur histoire, en fait, car les Stooges n'ont jamais joué à Paris. Iggy Pop que j'avais déjà vu en solo est une extraordinaire bête de scène, tout le monde le sait, et les deux premiers albums qu'il a enregistrés avec les frères Asheton, y passent en 1h15 de concert abrasif. Raw Power, le troisième album, est laissé de côté car Ron Asheton ne souhaite pas jouer les parties de guitare de James Williamson, celui qui, à l'époque, l'avait relégué à la basse. Pas grave. Le meilleur moment de ce concert fut l'entrée en scène des musiciens, lumières encore allumées et dans l'indifférence générale (je l'ai déjà raconté ici). Par charité, je ne parlerai pas du nouvel album des Stooges. Et d'ailleurs je n'irai pas, dans quelques jours, les revoir au Palais des sports.



Eagles of Death Metal au Bataclan (30 janvier 2007)

C'est, sur le papier, un projet parallèle de Josh Homme, le leader des Queens of the Stone Age. Mais quand on les a vu deux fois en concert (au Trabendo puis au Bataclan) et que Josh Homme y est remplacé par un autre batteur, on se rend compte que, finalement, son absence nous importe peu. La vraie star, c'est Jesse « The Devil » Hugues. Une rock star « bigger than life », un vrai héros de film. Il en fait des tonnes certes (des bises aux garçons et aux filles des premiers rangs dès l'entrée en scène, des oeillades aux groupies), mais en même temps on le sent sincère, vraiment heureux d'être là, venant, 30 minutes après la fin du concert, remercier, torse nu, les spectateurs encore attardés près du vestiaire. La classe.

 

par Ska publié dans : Instantanés
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Lundi 7 mai 2007
Now Tom said "Mom, wherever there's a cop beatin' a guy
Wherever a hungry newborn baby cries
Where there's a fight 'gainst the blood and hatred in the air
Look for me Mom I'll be there
Wherever there's somebody fightin' for a place to stand
Or decent job or a helpin' hand
Wherever somebody's strugglin' to be free
Look in their eyes Mom you'll see me."

(Bruce Springsteen, extrait de The Ghost of Tom Joad, d'après Les raisins de la colère)


Pourquoi ça fait du bien de revoir ce passage du film de John Ford, Les raisins de la colère, aujourd'hui... un jour après une funeste élection ?
Pourquoi ça fait du bien d'écouter la chanson sublime qu'en a tiré Bruce Springsteen ainsi que la reprise qu'en fit Rage Against the Machine quelques années plus tard ?
Parce qu'on a encore, peut-être, quelques idéaux...


 
 
par Ska publié dans : A suivre...
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Lundi 7 mai 2007
 

Pour un lundi souriant : The Mamas and Papas - Monday Monday
Pour un lundi grimaçant : The Boomtown Rats - I Don't Like Mondays

par Ska publié dans : Playlist Vidéo - Raretés, curiosités, etc.
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Communiqué

21 juin ... BOUM !

Pas de fête sans musique
Pas de musique sans culture !
Pas de culture sans nous !

R E N D E Z - V O U S

••••••••••••••••••••••••

11h00 à la Pyramide du Louvre et départ de la Caravane

autour d’un concert de TETES RAIDES

12h00 au Cinéma Le Méliès de Montreuil Projections :

« Charlot fait sa cure » de Charlie Chaplin 17’, « Courts Sauvons la culture »… débat autour du cinéma , prise de paroles d’acteurs et des surprises ...

15h00 au Théâtre du Rond Point

avec la présence de Bertrand Tavernier, Josiane Balasko , Guy Bedos ...

18h00 au Centre Commercial GALAXIE Place d’Italie 2

KARINE SAPORTA (danseuse chorégraphe) va investir une partie du lieu avec ses danseurs dans le cadre original du centre commercial ...

Final en fanfare !!!!!

De la musique, des lectures, des projections, de la danse, des performances…

Face au désengagement sans précédent de l’Etat, des artistes du monde de l’art et de la culture, tous domaines confondus, se rassemblent pour faire la fête et affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique, la nécessité d’une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique.

Le 21 juin, suivez la caravane

La culture, c’est des centaines de métiers, des millions de spectateurs, un patrimoine à entretenir, à transmettre et à construire !

La culture, c’est l’histoire de chacun, l’apprentissage de la différence et de la diversité, la construction de la liberté individuelle au travers d’expériences multiples et polymorphes, individuelles et collectives

La culture fait reculer la peur, l’ignorance et l’exclusion

La culture est préalable à la récolte, elle nécessite de l’attention et de l’opiniâtreté, de la quotidienneté, de l’investissement, du professionnalisme.

Quand l’Etat fixe des critères économiques de résultat à la culture, il renie sa mission d’intérêt général et de service public pour lequel il est élu.

Nous, professionnels de la culture, affirmons que nous ne laisserons pas démanteler notre histoire, notre passion, notre avenir, et que, comme la santé et l’éducation, c’est l’affaire et l’intérêt de tous.

La culture, c’est le relais indéfectible des idées, des luttes et des combats, elle transmet notre imaginaire individuel et collectif, interroge notre société, aide à sa transformation.

La culture nous lie et nous tient.

Ne laissons pas les chacals brouter nos idéals !

Les Têtes Raides

Le Collectif National de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle

Rejoignez la pétition en ligne : www.sauvonslaculture.fr !


 


 


 

Sauvons la culture !
Appel à une mobilisation citoyenne pour l'art et la culture

Face au désengagement sans précédent de l'Etat, des artistes et des acteur(e)s du monde de l'art et de la culture, tous domaines confondus, se sont réunis pour affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d'accéder à l'imaginaire et à la pensée, à l'éveil sensible et à l'esprit critique.

Tous les champs et toutes les disciplines de l'art et de la culture appellent à une mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l'enjeu démocratique.

Emparez-vous de ce texte, signez-le et faites-le signer ici.

Et rendez-vous le mercredi 7 mai pour une grande j