Samedi 26 avril 2008

Bourré à craquer le Trabendo pour le retour de dEUS à Paris. La polémique qui vient de Belgique quant à l’absurde embargo imposé aux journalistes par Universal, on s’en tape. L’un des meilleurs groupes du monde joue ce soir à Paris. Et les morceaux de Vantage Point, découverts depuis lundi, bourdonnent déjà dans mes oreilles, en rotation lourde. Evidents, savants, terriblement accrocheurs, ils prendront un relief prodigieux à l’épreuve de la scène : du tubesque The Architect jusqu’à l’ultime morceau de l’album, Popular Culture, joué en dernier pour le second rappel et rappelant enfin, après les explosions soniques et les arrangements tortueux, la douceur et la science mélodique de Little Arithmetics. Dans cette salle à la configuration si étrange, cerné par le public, Tom Barman semble s’amuser, se lâcher. C’est un bon soir. Le leader de dEUS est d’humeur dansante. Et Dieu sait si on l’a connu plus crispé.
Il apparaît assez évident que ce groupe enfin stabilisé, après de nombreux changements de personnel, n’a qu’un défaut tout relatif : celui de venir de Belgique. Si dEUS était un groupe anglais ou américain, gageons que ce ne serait pas au Trabendo qu’ils joueraient ce soir-là, mais juste à côté au Zénith… Ce n’est pas le cas. Tant mieux. A côté des nouveaux morceaux tous remarquables, le groupe aligne ses classiques avec autant de fougue que de classe : Fell off the Floor, Man, Instant Street et son irrésistible crescendo, Theme From Turnpike, For the Roses, Suds and Soda
Et les souvenirs de ce groupe-compagnon affluent en vrac. Douze ans dans mon rétroviseur intime. La découverte du groupe via un cd des Inrocks où explosait Fell off the Floor, Man (ce morceau, je crois que je ne m’en remettrai jamais) ; un show-case acoustique à la Fn*c Bastille ; les concerts de la fin des années 90 à la Cigale ou au Festival de Saint-Nolff, quand le beau Stef Kamil Carlens, parti depuis fonder Zita Swoon, faisait encore partie du line-up originel ; l’enchantement pop de The Ideal Crash ; le retour raté mais émouvant de la Route du rock 2004 ; la projection du long métrage d’un Tom Barman revenu au quasi-anonymat sous ses frusques de cinéaste au mk2 Beaubourg ; le concert de l’Olympia, Arno dans la salle, pour la sortie de Pocket Revolution ; celui de Paris-Plage il y a bientôt deux ans, où, divine surprise, SKC vint rejoindre Tom Barman pour enfin, frères ennemis réconciliés, rechanter avec lui Suds and Soda.
A voir le groupe jeudi soir, je me dis que la liste de ces bons souvenirs n'a pas fini de s’allonger.



par Ska publié dans : Instantanés communauté : Le Monde du Rock
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Lundi 21 avril 2008

Hier soir, pendant tout le concert de Gogol Bordello, assurant la première partie de The Hives au Zénith, on pouvait lire ceci en lettres rouges défilant sur deux panneaux lumineux : "stage diving / slam interdit sous peine d’exclusion"
Ce n'est pas que votre serviteur soit un adepte de la chose, mais tout de même... Si le Zénith ne voulait pas qu'Iggy Pop ou Mathias Malzieu de Dionysos remettent les pieds sur sa scène, il ne fallait pas s'y prendre autrement. Et puis si on interdit désormais de slammer aux concerts de rock, on ouvre la voie à quoi ?


- Accès à la fosse interdit aux plus de trente ans
- Interdiction de se frayer un chemin dans la foule une fois le concert commencé
- Interdiction de déborder, en dansant, le périmètre autorisé à chaque spectateur
- Interdiction de décoller ses deux pieds du sol de manière simultanée

- Interdiction de chanter faux
- Interdiction de frapper dans les mains à contretemps
- Interdiction de siffler la première partie
- Interdiction de discuter au bar pendant les concerts
- Interdiction de photographier sous peine de confiscation de l’appareil
- Interdiction de renverser son gobelet de bière par terre
- Interdiction d’assister au concert sans bouchons d’oreilles
- Interdiction de pogoter
- Interdiction de porter un tee-shirt à l’effigie d’un autre groupe que celui à l'affiche
- Interdiction de se lever pour quiconque aurait une place assise (une tolérance sera éventuellement accordée pour le rappel)
- Interdiction de réclamer un second rappel
- Interdiction de stationner dans la salle plus de cinq minutes après la fin du concert

 

Comment ? Certaines propositions ci-dessus ont déjà été validées ? Ah bon ?

 

par Ska publié dans : Instantanés communauté : Le Monde du Rock
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Lundi 14 avril 2008
Il y a une petite quinzaine d'années, autour de Beck, la pop se fit bricoleuse. Le folk venait chercher des poux dans la tête du funk, les samples et les machines s'incrustaient dans les studios au milieu des instruments vintage. Sur des structures volontiers décharnées, les apprentis-sorciers du Beta Band, les anglais de Cornershop se révélèrent, dans le sillage du blondinet californien, bidouilleurs de génie. Puis quelques tubes éphémères propulsèrent Eels, Badly Drawn Boy ou le momentanément mainstream Jude dans cette grande famille d'expérimentateurs. Certains n'ont enregistré que quelques albums (Cornershop), d'autres ont disparu (Jack, The Beta Band), d'autres poursuivent leur route, modestement, loin des lumières qui pavaient leur chemin à l'orée du 21e siècle (Eels, Jude) et les plus timides donnent trop rarement de leurs nouvelles (Baxter Dury, The Notwist). Déjà démodés, leurs collages pop, parfois éloignés de plusieurs années, participaient pourtant d'un même mouvement où l'érudition le disputait à la technique et à l'inventivité. On ne parlait pas encore de renaissance du rock. Mais la pop était belle à voir. Petite compil dans le rétroviseur, par ici... http://7and7is.muxtape.com/

Baxter Dury - Fungus Hedge
The Notwist - Neon Golden
The Beta Band - Dogs Got a Bone
Cornershop - Candy Man
Beck - Beercan
Jude - Rick James
Jack - Disco Cafe Society
Eels - That's Not Really Funny
Badly Drawn Boy - All Possibilities
par Ska publié dans : 9 Songs (une radio)
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Dimanche 6 avril 2008

Ce n'était pas un très bon acteur. Et quoique terriblement réactionnaire, il aimait bien porter la jupette (dans Ben Hur, dans Les dix commandements). S'il n'avait pas la classe d'un Steve McQueen, ses rôles tardifs ouvrirent pourtant la voie à tous les "action heroes" des années 80, Arnold Schwarzennegger en tête. Il n'est pas anodin, d'ailleurs, que deux des films les plus emblématiques de la science-fiction des années 70 (La planète des singes et Le survivant) aient donné lieu récemment à deux remakes médiocres, pas étonnant qu'on l'ait vu participer à la première vague des films catastrophes (747 en péril, Tremblement de terre), pas étonnant non plus que James Cameron lui ait demandé d'apparaître dans le fade True Lies, ce film dans lequel jouait justement l'actuel gouverneur de Californie du temps où il essayait encore de faire l'acteur. Science-fiction, anticipation, catastrophisme, pessimisme radical, les jalons posés par quelques films dans lesquels Charlton Heston joua dans les années 70, on n'allait pas finir de les retrouver développés plus tard dans tant de films d'action de la fin du vingtième siècle.  Alors, bien sûr, il joua aussi pour les plus grands metteurs en scène (Anthony Mann dans Le Cid, Orson Welles dans La soif du mal, Nicholas Ray dans Les 55 jours de Pékin, Sam Peckinpah dans Major Dundee), mais, franchement, réussirait-on longtemps à soutenir que c'était un bon acteur ? Non, plutôt le mec qui était là au bon moment, qui apportait soudain une prestance physique et une mâle assurance inhabituelles à Hollywood. Alors, voilà, il n'y était pas très bon, mais Charlton Heston était l'acteur principal de La planète des singes ou de Soleil vert. Et ça, ce n'était pas rien...


Ceci dit, quand Mozinor remixe Ben-Hur, ça donne ça...

 





Et puis, plus sérieusement, cette scène finale, mythique, l'une des plus belles de l'histoire du cinéma...



par Ska publié dans : 24 images/seconde
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Jeudi 3 avril 2008
C’était comme des retrouvailles.
Ça faisait longtemps que l’on ne s’était vus. Entre nous. Pour vous. Malgré ces beaux moments vécus ensemble par le passé, malgré les livres des Chats Pelés, malgré cette affiche du Bout du toit trônant depuis toujours dans mon salon.
On se croisait dorénavant dans des festivals, des fêtes de l’Huma boueuses, des manifs, des rassemblements citoyens.
La dernière fois, c’était bien déjà : dans un Bercy quasiment déserté, passé minuit, vous clôturiez une soirée de concerts organisés et programmés par Louise Attaque…
Mais ça faisait un petit moment que je n’étais pas allé vous voir jouer à domicile. Juste vous…
Banco, nouveau disque, valait bien cela. Car il me toucha comme Le bout du toit il y a déjà douze ans. Retour à la chanson après les embardées rock parfois brouillonnes de Fragile, ce disque en rouge et noir gâché par quelques morceaux trop ironiques mais sauvé in extremis par les hollandais de The Ex (sur De Kracht). Oui, je dois vous l’avouer, vous aviez fini par m’ennuyer un petit peu. Ce – il n’y a pas de hasard – depuis l’inégal Qu’est-ce qu’on s'fait chier ! Alors Banco me ravit par surprise. "Not Dead But Bien Raides", comme vous disiez aux grandes heures du rock alternatif et du premier album, celui dont les échos ne cessent de résonner encore aujourd’hui, quand Christian troque son piano à bretelles contre sa Fender à six coups.
Oui, parce qu’il faudrait casser, une bonne fois pour toutes, cette image des Têtes Raides en groupe de chanson réaliste. Voire passéiste. Ce n’est pas parce qu’un accordéon est souvent de la partie, parce que Christian se vêt tout de noir toujours, parce qu’il cite Robert Desnos ou Boris Vian que l’on nage dans ce folklore rance qui nous pue au nez. Vos imitateurs, nombreux et parfois pénibles, ont un peu galvaudé votre image. Vous n’y pouvez rien. C’est bien simple : sur les blogs consacrés au rock, vous n’existez pas. Il y a comme un malentendu. Mais vous avez toujours été rock dans le fond. Éminemment contemporains, aussi, des injustices agitant la société française. Pourtant, le rock, il en est qui croient encore que ça ne se chante qu’en anglais et que ça ne se conjugue qu’au son des guitares électriques. Après tout, pourquoi pas. Laissons leur ces certitudes. Ici, on n’aime pas trop les étiquettes. Et puis pourquoi, finalement, devrait-on ranger votre musique (vos musiques) dans une case dûment répertoriée ?

***

 

Ce qui m’étonna le plus hier soir, ce fut de constater votre capacité à renouveler votre public (encore que vous ne fassiez rien de particulier pour cela, j’en suis sûr). Quand paraissait Les oiseaux, la grappe de collégiens et collégiennes si fébriles devant moi ne devaient même pas être nés. Pourtant, là, dans leurs gestes malhabiles, dans leurs pogos maladroits, dans leur manière de faire bloc, soudés les uns aux autres, cherchant sans cesse dans le regard de l’autre le miroir de leur audace autarcique, ils étaient touchants. Vraiment. Premier concert peut-être. Une sortie en groupe encore inhabituelle ? Les parents les attendaient peut-être dehors. Qui sait... Flirt timide, baisers mouillés quand ralentissait la cadence. Alors, les Têtes Raides, groupe de lycée ? Eh bien, oui, sans doute un peu… Comme Trust ou Téléphone en leur temps… Comme Renaud – dont vous repreniez le cinglant Hexagone lors de votre tournée précédente – dans les années 80. Rassurant, ça, finalement : les teenagers ne jurent donc pas que par Pete Doherty. Ils aiment aussi les groupes citoyens, la littérature, les cuivres, les cordes et la poésie. Surtout, ils deviennent fous – eux aussi – quand claquent, au rappel, les premiers accords de L’iditenté, hymne anti-cons jadis chanté avec Bertrand Cantat. Rassurant, oui, comme ce stand Act-Up que vous avez hébergé toute cette semaine au Bataclan, comme cette femme tractant pour la manif de samedi contre la "xénophobie d’état".
Bon, il est vrai aussi – je dois vous le dire quand même – que le plus beau moment du concert fut paradoxalement celui où l’attention générale se relâcha d’un cran : cette parenthèse lettrée de vingt minutes, où les mains devant moi se baladèrent mutines, où les corps se rapprochèrent électriques, où l’impatience immature vint se nicher dans les creux de ces motifs rythmiques hypnotiques que vous, sur scène, vous dessiniez patiemment… Oui, pas faciles, quand on a quinze ans, les vingt minutes de lecture de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman. On les sentait s’agacer (mais d’autres plus âgés aussi). Ils en profitaient pour souffler, s’adosser contre les murs du Bataclan, se frôler, se tester, et, pour les plus audacieux, s’embrasser encore. Du moment qu’ils ne piaillaient pas, qu’ils me laissaient, moi, boire ces mots lumineux sur le fil du désespoir.
Hier, donc, certains vous découvraient sans doute.
Hier, donc, je vous retrouvais.
Et c’était bien.

 

par Ska publié dans : Instantanés
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Dimanche 30 mars 2008


Si on me demandait ce que c’est que le rock'n'roll, j’emmènerais illico la personne me posant cette question assister à un concert de Supergrass. D’aucuns citeraient d’autres groupes. Moi, c’est la clique à Gaz Coombes. Sans hésitation. Je n’ai jamais vu, sur scène, une telle sincérité, une telle énergie, un tel plaisir à jouer, à partager la musique avec l’auditoire. D’aucuns citeraient d’autres groupes. Moi, c’est la clique à Mick Quinn.
Donc Supergrass vient de sortir son nouvel album. La plupart des gens s’en foutent. Supergrass, ils sont arrivés un poil de rouflaquette après la britpop et ils n’ont pas publié leur Definitly Maybe, leur This is Hardcore ou leur Think Tank… Pourtant, le disque était attendu avec pas mal d’appréhension puisqu’on se souvient que l’été dernier, Mick Quinn, bassiste/choriste irremplaçable, avait eu la bien mauvaise idée de passer par une fenêtre lors d’une crise de somnambulisme. Dos pété, rééducation. Les autres tournèrent sous un autre nom le temps qu’il se remette. Mais qu’en serait-il de l’album ?
Après Road to Rouen et sa tournée semi-acoustique, on parlait d’un retour au rock des premiers albums. Et, pour moi, I Should Coco, le premier disque d’un groupe alors trio, a quand même la valeur d’un classique. Eh bien, ça commence en effet dans cet esprit-là. Le riff d’entrée, celui de Diamond Hoo Ha Man, évoque les White Stripes et quand la grosse caisse vient le rythmer, on pourrait penser s'être trompé de disque. Sauf que les petites inflexions funks de la guitare de Gaz dissipe vite le doute ; et quand explose le refrain, on se rappelle que Danny Goffey, batteur sur roulements, est bien plus proche de Keith Moon que de la métronomique Meg White. Dommage, pourtant, car alors qu’il s’achève, on ne sait pas encore que Diamond Hoo Ha Man sera le meilleur morceau d’un album un brin dévevant. Bad Blood et Rebel in You, qui suivent, sont de bons morceaux de Supergrass, mais, déjà, on se dit que le disque ne nous surprend pas vraiment, qu’on y entend juste ce que l’on attendait. Et que c’est quand même beaucoup moins bien qu’avant… Impression renforcée avec des ballades dispensables (When I Needed You, The Return of…, bien en-deça des morceaux mid-tempo de Road to Rouen). Bien sûr, il y a toujours ces refrains explosifs comme eux seuls savent les composer (345), mais l’impression qui se dégage assez vite est celle d’un groupe privilégiant le pilotage automatiques aux embardées risque-tout de la remise en question. On rapproche souvent – et à juste titre – Supergrass de T-Rex (Life on Other Planets étant l’album où la parenté était la plus manifeste). Mais point de Cosmic Dancer ici. Que des Get it On... Et la réécoute de Road to Rouen (album un peu sous-estimé) pendant l’écriture de ces lignes, donne une vilaine claque à ce nouveau disque s’achevant péniblement avec deux morceaux sans surprise (Outside et Butterfly, indignes des ouvertures promises par Tales of Endurance ou Roxy sur l'album de 2005).
Pourtant, les quelques images récentes du groupe, les montrent toujours aussi incandescents, toujours aussi classes. Bref, vivement la tournée…



par Ska publié dans : Bande son communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 25 mars 2008

Sensations futiles et fugitives du quidam pendant (et après) son passage au rayon disques *


1) Savourer la bouffée de satisfaction qui s’empare de tout son être quand on se trouve face au disque tant attendu.
Ben oui, dois-je vraiment vous rappeler que Bleu Pétrole, le nouveau Bashung vient de sortir ? C’est pas parce qu’il a atteint les sommets avec L’imprudence qu’il devait se taire, Alain. Après 2001, l’odyssée de l’espace, Kubrick a bien continué à faire des films, non ?

2) Hésiter une fraction de seconde entre le boîtier cristal hideux et l’édition limitée luxueuse.
Puissent les versions acoustiques présentes sur le dvd bonus être aussi belles que ce disque que je viens d’écouter. Et puis, quoi, la présence de Gérard Manset sur un disque de Bashung valait bien cela... En même temps, les éditions limitées, c'est pénible, on ne sait jamais où les ranger. Jamais la bonne taille...

3) Passer outre la déception de ne pas trouver le deuxième disque que l’on venait chercher.
Ben oui, dois-je vraiment vous rappeler que le nouveau Supergrass était annoncé pour aujourd’hui ? Tant pis, la découverte du nouveau forfait de mes hérauts de la chose pop, ce sera pour un peu plus tard dans la semaine…

4) Se laisser attendrir par ce disque découvert au casque et dont on aimait déjà bien le single passant en radio.
Ben oui, ça a l’air vraiment pas mal Alister… En tout cas, au rayon V.F. de la Fn*c, ils ont l'air d'y croire... Mais qu’est-ce qu’on va faire de moi ?

5) Découvrir, au gré de son vagabondage entre les rayons, le disque que l’on n’attendait vraiment pas du tout.
"Quoi ? Un nouveau disque des Raconteurs ?!". Bien sûr, ça ne vaudra pas les White Stripes ni le tout premier album de Brendan Benson, mais tout de même… Il me paraît même, au moment où je rédige ces lignes, bien meilleur que le premier, plus aventureux en tous cas… Et à la relecture, je confirme...

6) Constater, de retour chez soi, qu’il n’y a pas de hasard…
Ben oui, c’est tout ébaubi que l'on lit alors dans son livret que le disque d’Alister est coproduit par Baxter Dury, songwriter maudit responsable de deux albums aussi magnifiques que passés inaperçus… La classe !

7) Se rassurer en se disant qu’on a finalement de quoi torcher un billet dérisoire pour son blog.
Eh oui…



* Tout cela ce soir-même… Véridique…

par Ska publié dans : Instantanés communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 19 mars 2008

cave.jpgIl est des raccourcis agaçants. L’an dernier, quand sortit l’album de Grinderman, projet parallèle de Nick Cave et de quelques Bad Seeds, on lut beaucoup que le groupe réalisait là l’album rock qu’il n’osait plus faire sous son appellation originelle. C’était négliger un peu vite – au nom de l’argument marketing ? – la diversité d’influences de ces musiciens, oublier The Birthday Party et ranger un peu vite un Nick Cave assagi et pianotant dans la catégorie du crooner tourmenté (celui dont il endossait les habits avec classe sur The Good Son, Murder Ballads ou The Boatman’s Call). Mais, au final, le projet Grinderman, pris dans sa globalité, n’était pas si différent d’un album des Bad Seeds. Un peu plus électrique peut-être. Un peu moins bon aussi. Et si l’on n’imaginait guère un titre comme No Pussy Blues* sur un disque des Bad Seeds (mais plutôt sur une galette du Blues Explosion), bien d’autres auraient tout aussi bien pu y figurer.
Au même moment, découvrir le dvd retranscrivant la tournée Abattoir Blues/Lyre of Orpheus (dernier album – double – paru sous le nom Nick Cave & The Bad Seeeds) confirmait, s’il en était besoin, l’énergie et l'inventivité prodigieuses du groupe sur scène. Les australiens n'allaient pas en rester là : 2008 voit débouler Nick Cave et ses mauvaises graines encore plus remontés que sur Grinderman, prêts à en découdre, véritablement. Dig, Lazarus, Dig !!! est un disque à l’incandescence explosive, la démonstration en six points d’exclamation et onze titres ne s’écoutant qu’au plus fort volume possible de l’incroyable supériorité du groupe sur le reste du monde. Et toujours cette question : comment cette puissance de feu, ces décibels en fusion, s’allient-elles à des arrangements si subtils ? Chez les Bad Seeds, il y a ce plaisir éruptif et cette pure efficacité, certes, mais il y a surtout une production exemplaire, une souplesse de tous les instants, cette recherche du détail sonore, ces fioritures essentielles qui ravissent aussi l’esthète. C’est cette faculté à marier les contraires qui toujours étonne chez eux. Et sur ce disque-là (voir les breaks étonnants et les boucles de We Call Upon the Author par exemple) plus encore que sur d’autres.
Enfin, à ceux qui se gobergeraient de cette fronde rock’n’roll soit disant retrouvée, on conseillera de visionner ce long extrait de Nocturama, vieux de cinq ans déjà. Babe, I’m on Fire : sa basse entêtante, son orgue dissonnant, sa batterie furieuse et Nick Cave dans le rôle du prêcheur halluciné et exultant, nous terrassant de plaisir au fil de 43 couplets furibards…


 
par Ska publié dans : Bande son communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 13 mars 2008

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Ça commence à Manhattan. Non, plutôt par une présentation. Inhabituelle. Comme si les spectateurs aux tempes majoritairement grisonnantes ne savaient pas à qui ils vont avoir affaire. Peu probable. Cette brève introduction, c’est Yves Bigot qui s’en charge. Une présentation, c’est rare. C’est un peu désuet. C’est dire si l’événement est exceptionnel. Il y a trente ans, dit-il, il était déjà là pour le dernier Olympia d’Yves Simon. Moi non, j’avais cinq ans. J’étais excusé.
Ça commence à Manhattan donc. Juste après une longue standing-ovation rien que pour l’accueillir. Juste après qu’il ait, enhardi, d’emblée présenté ses musiciens. C’est inespéré, cette chanson fétiche (Manhattan) en entame. La setlist sera d’ailleurs d’un très bon niveau, oubliant Zelda et Le film de Polanski certes, mais variant harmonieusement les plaisirs : des nouvelles chansons bien sûr, mais surtout ces morceaux des années 70, ceux qui me faisaient écrire, il y a quelques mois, à quel point certains de ses albums m’étaient chers (ici). 2 heures 20, 23 chansons et de longs apartés plus tard, je serai rassuré de constater que cette durable émotion discographique n’a pas été trahie.
Mais revenons au concert. Juste après Manhattan, donc, arrive déjà ce beau moment où Yves Simon, dans un long monologue "springsteenien", évoque quatre influences parmi tant d’autres, agrémentant le récit de son apprentissage musical de quelques couplets empruntés à Brassens, à La chanson de Prévert, à Love Me Do, à Mister Tambourine Man. Brassens, Gainsbourg, les Beatles, Dylan, le chanteur reste, en 2008, fidèle à ces influences-là, solides balises d’un homme de goût ne se perdant pas – comme un certain Michel P. en 2007 – dans des arrangements grandiloquents et déjà démodés. La formule choisie est basique, entre rock amplifié et délicat folk acoustique.

À ce moment-là, donc, Yves Simon et ses quatre musiciens sont sur scène depuis près d’un quart d’heure et il n’a chanté qu’une seule de ses chansons. Le public s’impatiente. C’est dommage. Moi, j’aurais aimé que cette promenade musicale balisée de souvenirs intimes, tel un "Rockollection" du pauvre, dure plus longtemps encore. Yves Simon était disert hier. Il est vrai qu’il aime parler de lui, raconter des anecdotes, dire surtout d’où il vient, ce qui l’a accompagné, ce qui l’a construit (c’est la matière de deux de ses livres récents : La manufacture des rêves et Épreuve d’artiste). Entre les chansons, il narre des anecdotes, convoque Serge Gainsbourg, Yves Montand, Françoise Hardy, Alain Bashung. C’est parfois émouvant, irritant souvent. Mais on n’oublie pas qu’il était déjà dans ces chansons un adepte du name-dropping. Peu importe, après tout : quand il cite finement Proust ou se ravise, d’une boutade, sentant qu’il va un peu trop loin
sur le fil du narcissisme, on est prêt à lui pardonner.
Bien sûr, soyons honnêtes, il y aura aussi eu hier soir un tube peu recommandable – et presque annoncé comme tel (Amazoniaque, seule incursion dans le répertoire des années 80) – une récente "souchonnerie" (Les filles ont des sentiments), quelques hésitations et deux ou trois nouveaux morceaux plus faibles. Du coup, on aurait bien aimé discuter du concert – de ses hauts et ses bas – avec le chanteur Florent Marchet** et le romancier Arnaud Cathrine, présents dans la salle quelques rangs plus loin. Les voir là – sans doute aussi pour applaudir en première partie Valérie Leulliot – consolidait les passerelles déjà mentalement dressées entre les disques de Marchet et ceux de Simon. Le flirt poussé avec la littérature, le goût du talk-over, cela qu’ils partagent à trente ans d’intervalle, Yves Simon ne le laissera pas de côté, interprétant avec aplomb les textes poignants de Regarde-moi et Raconte-toi, morceaux-phares déjà présents sur le live japonais enregistré en 1977. Quoi d’autre ? L’essentiel : Les bords de la Moselle, Le joueur d’accordéon, Les héros de Barbès, Diabolo menthe, Les fontaines du casino, et bien sûr J’ai rêvé New York pour boucler géographiquement ce tour de chant entamé dans les brumes de Manhattan d’une voix alors pas tout à fait en place.
Puis vint ce rappel où Yves Simon enchaîna, seul à la guitare, trois chansons de cet album paru, je n’y peux rien, l’année de ma naissance : Les Gauloises bleues, Rue de la Huchette et Au pays des merveilles de Juliet. Sur cet ultime morceau, malgré les chœurs et les handclaps de 2 000 autres privilégiés, nous n’étions plus que deux alors. Lui et moi…

 

par Ska publié dans : Instantanés
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Dimanche 9 mars 2008
 
Il arrive, dans certains films, que l’utilisation de tel ou tel morceau connu vienne se superposer à une séquence, à l’œuvre entière parfois, jusqu’à la vampiriser. Je ne parle pas ici de la pratique de cinéma-jukebox dont un Martin Scorsese était, jusqu’à la caricature, le petit maître et que tant d’autres ont depuis copié. Je ne parle pas non plus de l’utilisation de chansons composées pour le film (dans des comédies musicales ou dans des "biopics" par exemple).
Non, je pense ici aux morceaux préexistants qu’un cinéaste va utiliser en guise d’illustration ou d’évocation.
Plus un film, en effet, sans sa B.O. tendance, sans le sticker sur l’affiche nous précisant qu’il y aura dans la bande-son des morceaux de tel ou tel groupe (cf Paris de Cédric Klapisch – un habitué du scénario-compil depuis Le péril jeune – ou Juno récemment). Le rock et la pop ont, depuis longtemps, infiltré le cinéma comme ils l’ont fait dans la publicité. Ce n’est pas un scoop.
Pourtant. Pourtant, certaines images, certaines séquences, résonneraient différemment sans ces notes, ces mélodies, qui leur sont associées… Récemment, par exemple, Philippe Ramos a fait une bien belle utilisation de morceaux pop dans Capitaine Achab (ici), convoquant Tim Buckley ou Mazzy Star sans que jamais l’anachronisme ne soit exhibé et revendiqué comme le fit la sotte Sofia Coppola pour Marie-Antoinette. Récemment, l’ouverture de La nuit nous appartient de James Gray, au son du Heart of Glass de Blondie, me fit ce genre de forte impression. Mais il existe bien d’autres exemples tout aussi – sinon plus – marquants.
 

 

 
Petite liste subjective ne demandant qu’à être complétée par vos soins
 


- Modern Love de David Bowie dans Mauvais sang de Leos Carax

En matière de mouvement et d’énergie rock, oserais-je dire qu’on n’a jamais fait mieux que cette course éperdue de Denis Lavant ?

 


 

 

- Cambodia de Kim Wilde dans Dans Paris de Christophe Honoré
Mettre un disque, se poser, l’écouter. Geste aussi rare au cinéma qu’il est fréquent dans nos vies. Fétiche du 45 tours, saute du microsillon, dépression du trentenaire ânonnant un spleen adolescent sans cesse revisité. La plus belle scène du cinéma français en 2006 ?

 



 

 

 

- America de Simon & Garfunkel dans Presque célèbre de Cameron Crowe
Mettre un disque, suite. Une ballade sublime pour une fin de séquence fétichiste que tous les amateurs de vinyles et de rock seventies sauront apprécier à sa juste valeur… Quand s'achève cette vidéo, c'est un disque des Who que le garçon posera sur la platine...



 


 

 

- Baba O’Riley des Who dans Summer of Sam de Spike Lee
Mettre un disque, troisième prise. La chanson est utilisée deux fois dans le film, une première fois ici, dans un montage-clip assez putassier, avouons-le, puis, la deuxième fois – de façon beaucoup plus nuancée – pour la mort injuste du punk joué par Adrien Brody.

 

 

 

- Kool Thing de Sonic Youth dans Simple Men de Hal Hartley
"I can’t stand the quiet !"
.
Le riff, off, s’intensifie. Le film s’arrête, pause arbitraire dans la narration. Pourtant, le disque commence. Let’s Dance !




- Tiny Dancer d’Elton John dans Presque célèbre de Cameron Crowe

L’intérêt de cette séquence, c’est de rappeler que, dans les années 70, Elton John composa des chansons fantastiques, mais c’est surtout le glissement s’opérant avec le changement de statut narratif de la chanson. D’abord off – bêtement illustrative – puis bientôt écoutée par les protagonistes dans le car de tournée et débouchant enfin, quand entrent basse et batterie, sur un karaoké jubilatoire.

 


 

 


- Across 110th Street de Bobby Womack dans la sequence d’ouverture de Jackie Brown de Quentin Tarantino
Tarantino pourrait bien évidemment figurer plusieurs fois dans cette liste… Mais ne serait-il pas, comme Scorsese, sur une mauvaise pente, les morceaux rares qu’il déniche désormais devenant ingrédients fades d’une "Tarantino’s Touch" tutoyant son propre académisme ?


 


 

 

- Where is My Mind des Pixies dans la séquence finale de Fight Club de David Fincher
On pense ce qu’on veut du film et de ses ambiguïtés, mais cette irruption de la guitare et du cri de Franck Black sur ces images explosives procure le même genre de frissons que le plan final de Lost Highway de David Lynch syncopé par le I’m Deranged de Bowie …

 

 

- The End des Doors dans la séquence d’ouverture d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola


 
 
 

Bonus Tracks

- Needle in the Hay d’Elliott Smith dans La famille Tenenbaum de Wes Anderson
Séquence mémorable – prophétique ? – dont j’avais déjà parlé ici


Et puis, comme je ne pardonnerai jamais à Stephen Daldry d’avoir popularisé et galvaudé Cosmic Dancer ou Children of the Revolution de T. Rex pour son fade Billy Elliott, une comparaison éloquente entre deux extraits de films pas si éloignés que ça… : ici
et .
Eh ouais, c’est pareil…

 
par Ska publié dans : Playlist Vidéo - Raretés, curiosités, etc.
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Communiqué

21 juin ... BOUM !

Pas de fête sans musique
Pas de musique sans culture !
Pas de culture sans nous !

R E N D E Z - V O U S

••••••••••••••••••••••••

11h00 à la Pyramide du Louvre et départ de la Caravane

autour d’un concert de TETES RAIDES

12h00 au Cinéma Le Méliès de Montreuil Projections :

« Charlot fait sa cure » de Charlie Chaplin 17’, « Courts Sauvons la culture »… débat autour du cinéma , prise de paroles d’acteurs et des surprises ...

15h00 au Théâtre du Rond Point

avec la présence de Bertrand Tavernier, Josiane Balasko , Guy Bedos ...

18h00 au Centre Commercial GALAXIE Place d’Italie 2

KARINE SAPORTA (danseuse chorégraphe) va investir une partie du lieu avec ses danseurs dans le cadre original du centre commercial ...

Final en fanfare !!!!!

De la musique, des lectures, des projections, de la danse, des performances…

Face au désengagement sans précédent de l’Etat, des artistes du monde de l’art et de la culture, tous domaines confondus, se rassemblent pour faire la fête et affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique, la nécessité d’une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique.

Le 21 juin, suivez la caravane

La culture, c’est des centaines de métiers, des millions de spectateurs, un patrimoine à entretenir, à transmettre et à construire !

La culture, c’est l’histoire de chacun, l’apprentissage de la différence et de la diversité, la construction de la liberté individuelle au travers d’expériences multiples et polymorphes, individuelles et collectives

La culture fait reculer la peur, l’ignorance et l’exclusion

La culture est préalable à la récolte, elle nécessite de l’attention et de l’opiniâtreté, de la quotidienneté, de l’investissement, du professionnalisme.

Quand l’Etat fixe des critères économiques de résultat à la culture, il renie sa mission d’intérêt général et de service public pour lequel il est élu.

Nous, professionnels de la culture, affirmons que nous ne laisserons pas démanteler notre histoire, notre passion, notre avenir, et que, comme la santé et l’éducation, c’est l’affaire et l’intérêt de tous.

La culture, c’est le relais indéfectible des idées, des luttes et des combats, elle transmet notre imaginaire individuel et collectif, interroge notre société, aide à sa transformation.

La culture nous lie et nous tient.

Ne laissons pas les chacals brouter nos idéals !

Les Têtes Raides

Le Collectif National de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle

Rejoignez la pétition en ligne : www.sauvonslaculture.fr !


 


 


 

Sauvons la culture !
Appel à une mobilisation citoyenne pour l'art et la culture

Face au désengagement sans précédent de l'Etat, des artistes et des acteur(e)s du monde de l'art et de la culture, tous domaines confondus, se sont réunis pour affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d'accéder à l'imaginaire et à la pensée, à l'éveil sensible et à l'esprit critique.

Tous les champs et toutes les disciplines de l'art et de la culture appellent à une mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l'enjeu démocratique.

Emparez-vous de ce texte, signez-le et faites-le signer ici.

Et rendez-vous le mercredi 7 mai pour une grande journée de mobilisation nationale autour du texte, dans tous les lieux d'art et de culture (théâtres, lieux de spectacles et de danse, cinémas publics et privés, lieux d'expositions, lieux d'arts contemporains, lieux de culture multimédia, lieux de musiques, opéras, centres culturels, MJC, foyers ruraux, conservatoires, bibliothèques, médiathèques, universités, écoles, collèges, lycées, musées, écoles d'arts...).



mardi 22 avril 2008


La remise en cause brutale de nombreux financements liés au soutien à la création indépendante, à la démocratisation de l’accès à la culture, à la politique de la ville, à l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle artistiques ou encore aux actions internationales, suscite inquiétude, indignation et colère chez tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’art et la culture.

Cinquante ans de politiques culturelles innovantes et audacieuses ont permis la création d’un maillage culturel territorial quasiment unique au monde. Des salles de cinéma, des théâtres, des bibliothèques, des lieux de spectacles et d’expositions, des orchestres, des artistes de toutes formes d’expression artistique (théâtre, danse, musique, cinéma, arts visuels, arts du cirque et de la rue…) qui se déplacent sur tout le territoire, des associations, des festivals et manifestations liés à tous les arts, permettent partout en France, à un vaste public de rencontrer des œuvres, leurs auteurs et interprètes.

Aujourd’hui, cette richesse collective est mise en péril.

« Le budget d’austérité » proposé par notre ministre de la Culture et de la Communication et par le Premier ministre, ainsi que les arbitrages annoncés pour l’année 2008, les perspectives sombres des futurs budgets bientôt triennaux nous alarment à juste titre. La part de la Culture représente déjà moins de 1 % du budget de l’État. Comment accepter que ce chiffre soit encore révisé à la baisse ?

Des dizaines de milliers d’emplois sont concernés. L’existence même de nombreuses actions et structures est menacée. Mais, par-delà l’aspect financier, c’est le renouvellement des talents, l’unité et la solidarité entre générations, le droit à accéder aux langages de l’art, à l’expression et à la création qui sont en danger.

Les collectivités locales, depuis des années, interviennent massivement en faveur de l’art et de la culture. Si elles sont amenées à jouer un rôle plus important, l’État a un rôle à jouer pour garantir l’égalité entre les territoires et assurer la cohérence, la complémentarité et la diversité des politiques publiques pour la création artistique et son appropriation citoyenne.

Nous soutenons que l’État doit affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique par l’art et la culture.

Pour cela, il doit :

- garantir la diversité des créations, tant dans leurs moyens de production que de diffusion, et non les réduire à des produits de consommation culturelle en les livrant à la seule loi du marché ;

- assurer à tout citoyen la rencontre avec des œuvres en accompagnant de manière volontariste l’action et la diffusion culturelles, et en épaulant les artistes et les relais institutionnels et associatifs ;

- maintenir et promouvoir l’éducation artistique dans les programmes de l’Éducation nationale en lien avec le ministère de la Culture et de la Communication. Réconcilier les enfants, à l’école comme à la télévision, avec toutes les formes d’intelligence ; les aider dans les établissements scolaires comme à l’extérieur, à distinguer une œuvre d’un produit ; leur donner le choix des arts dans leurs diversités, en faire une chance et une arme contre les déterminismes et les divisions.

L’État doit contribuer réellement au financement de cette ambition qui fait de la France une exception et lui confère son rayonnement et son attractivité internationale. Nous devons résister à ces bien maigres économies qui causeront de bien grands dégâts (Victor Hugo).

À quelques semaines de la présidence française de l’Union européenne, nous nous devons de relancer le débat national pour le porter ensuite au niveau communautaire.

Rassemblant toutes les disciplines artistiques, nous exigeons que cette question cruciale soit replacée au cœur des préoccupations de notre société.

Aussi appelons-nous à la mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique.



http://sauvonslaculture.fr/

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